‹ Traité général de versification françaiseChapitre 33 sur 54 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

DES RYTHMES DERIVES

II est impossible de traiter de la versification sans faire intervenir à chaque instant la diction. Un poète entend chanter en lui les vers qu'il compose. Il est donc avantageux, pour mieux juger certains phénomènes métriques, de les soumettre, ainsi que fait le poète luimême, à l'interprétation musicale, et de remonter ensuite de TefTet à la cause. Nous allons nous occuper dans ce chapitre des formes dérivées, soit classiques, soit romantiques; et Ton verra, par l'emploi des dotations musicales, que cette dérivation consiste dans une altération du temps normal du vers ou d'une de ses par* ties composantes.

Pour les personnes appelées à réciter des vers, et en particulier pour les acteurs, l'étude attentive du rythme musical est essentielle. Dans le plus grand nombre des cas, elle leur permettra de résoudre des difficultés de diction que beaucoup de vers semblent offrir au premier abord. C'est cette étude qui les déterminera à déplacer avec connaissance de cause un accent rythmique

OU à choisir entre deux accents possibles celui qui met le mieux en relief la pensée du poète. Ainsi, ce vers très simple du premier acte de Phèdre :

Dans le dou — te mortel — dont je suis — agité, se traduit par cette phrase musicale :

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