‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 101 sur 344 · GUE · texte numérisé non relu

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la première dorsale aiguillonnés; ceux des pectorales très-longs. On le trouve dans toutes les mers d'Europe. Sa chair est dure et maigre, ce qui fait qu'il n'est pas recherché ; cependant il arrive souvent qu'on le paie fort cher à Paris, parce qu'on le vend sous le nom de rouget., et qu'on le confond avec \& grondin, dont la chair est très-délicale. Ou en prend quelquefois plus qu'on ne veut, parce qu'il va en troupes. 11 fait entendre, lorsqvi'on le touche, une espèce de sifflement.

GROS-YEUX ou CALET. Duhamel a donné, dans son Traité des Pèches, t. III, p. 3i , et PI. 8 , la description d'un poisson du genre des spares, que les pêcheurs de Cette nomment grosyeux , et qui est appelé calet par les pêcheurs catalans. Cette description, qui lui a été fournie par des officiers généraux de la marine , lui a fait penser que ce spare ne pouvait être ni \e pa^el, ni \e pagre, ni le bogue , ni le poisson nommé acarnc par Rondelet. Ce ne peut être non plus le gros-œil, décrit et figuré par Bloch , et dont on ignore la demeure , ni le grand-œil , qui se trouve dans la mer Rouge.

Quoi qu'il en soit, voici la description que Duhamel en a donnée : c'est un fort beau poisson , qui a le corps allongé et charnu ; la tête grosse ; les yeux très-grands et très-brillans ; l'iiis argenté; les opercules aussi argentés . principalement auprès des yeux; la gueule assez grande, et dont l'intéi-itur est d'un rouge de vermillon très-vif; le dessus de la tête de couleur pourpre, avec des leflets jaunes, couleur d'or, bleus ou verts; le dos pourpre audessus de la ligne latérale, avec quelques grandes écailles argentées cjui paraissent encadrées dans un réseau pourpre, ce cjui fait un très-bel effet, et les lignes latérales fort rouges. Cette couleur s"'éclaircit peu à peu, et les côtés deviennent d'un blanc argenté^ ainsi que le dessous du corps. On aperçoit auprès des ouïes une grande tache noire tiraiit au vert, traversée par les lignes latérales avec d'autres taches brunes sur les côtés. Les nageoires , ainsi que l'aileron de derrière l'anus, celui de l'anus et celui de la queue, sont rouges. Ce poisson se tient dans les grands fonds, et ne s'approche du rivage que quand il veut déposer ses œufs. Sa chair est agréable au goût.

GUAPERYA. Nom vulgaire de deux poissons : l'un du genre silène, le silène argenté} l'autre du genre chétodon , le chétcdon lancéolé , et qui se trouvent à l'Ile-de-France.

GUATTE. Nom des jeunes aloses à Rayonne. V. Alose .

GUATABLE ou GUÉ AELE. Passage facile appelé gué, que l'on trouve dans les petites rivières et ruisseaux que l'on peut traverser sans baLeau, surtout à la fin de l'été.

GUE. On nomme ainsi l'endroit d'une rivière ou d'un ruisseau que l'on peut traverser sans bateau et sans nager.

GUELDRE, GUILDRE, GUILDILLE , GUI- LIDIVE ou GUILD. Appât qu'on fait avec des poissons du premier âge, de petites chevrettes, ou de la chair de quelques poissons cuits.

Il est défendu de pêcher les petits jîoissons connus sous la dénomination de guildre , blanchemalie ,

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menusse^ saumonelle , manne , semence , etc. V. le •mot Blanche ^ article Pêche maritime -, § 2; et la Uéclaratinn du roi., du 23 avril 1726, art. 28.

GUELK. C'est ainsi qu'on appelle les jeunes morues snr les côtes septentrionales de France. V. Morue.

GUELLEKENS. Nom qu'on donne en Flandre à VAnon. V. ce mot.

GUERAGNON. Fond de la manche du gangui , qui est fait de gros fil qu'on nomme de six. V. Gangui.

G t' IDE AU. C'est un filet qui a la forme d'une chausse, dont l'embouchure est large, et qui va toujours en diminuant jusqu'à son extrémité, qui est fermée de différentes façons. (V. la PI. 26, iV". VI, fig. 1 . ) Sou embouchure A est fixée à un châssis cdef. Le filet se termine par une pointe b.

Comme les chausses ont quelquefois 6 ou 7 brasses de longueur, on ne pourrait pas les retourner pour en retirer le poisson. On laisse donc ouverte l'extrémité de la chausse , et on la lie avec une corde/^ •^°. III ) qu'on dénoue pour secouer le poisson sur le sable 5 ou bien on ajuste au bout de la chausse un panier d'osier^, dans lequel se ramasse le poisson , d'où on le tire aisément en ouvrant une porte qui est au bout.

Dans tous les guideaux, les mailles de l'embouchure sont assez larges : elles ont au moins 2 pouces d'ouverture en carré. Leur grandeur diminue à mesure qu'on approche du fond : elles devraient avoir à cet endroit 2 pouces, pour laisser au petit poisson la liberté de s'échapper 5 mais souvent on les réduit à 3 ou 4 lignes. Ainsi, elles retiennent le frai et les poissons du premier âge, qui s'y accumulent avec la vase et sont entièrement perdus.

Tente des miideaux .

Si l'on tendait des guideaux dans une eau dormante, comme rien ne déterminerait le poisson à entrer dans la manche, on n'y prendrait rien. C'est pourquoi on tend toujours ces filets dans un courant, auquel on oppose la bouche du filet, afin d'arrêter au passage le poisson qui fuit ou qui est entraîné par la force de l'eau. Il faut donc que la bouche du filet soit disposée à recevoir le courant; et l'on fait ordinairement cette embouchure fort évasée , pour qu'elle admette une plus grande masse d'eau. On conçoit qu'il est nécessaire que cette embouchure soit tenue ouverte. Pour cela, on la tend quelquefois sur un châssis d'assemblage 5 d'autres fois, on l'attache sur des piquets qu'on a enfoncés dans le sable à la basse mer, et auxquels on ajuste une traverse haut et bas, ce qui forme un châssis moins solide.

Dans les environs de Marenncs , les pêcheurs tendent l'embouchure de leurs guideaux sur des perches qui ont depuis 4 jusqu'à'ô brasses de hauteur; la manche est longue de 4 à 5 brasses, et elle a autant d'ouverture : ils divisent cette ouverture en quatre, et attachent à la corde qui la borde quatre anneaux de bois, dans lesquels ils enfilent les perches. Comme ils tendent q\ielquefois leurs guideaux dans des endroits où il y a certaine épaisseur d'eau , ils font descendre jusque sur le terrain les deux an-

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neaux d'en bas, au moyen d'une perche terminée par une petite fourche , et ils amarrent les deux anneaux du haut aux perches , 1 pied et demi ou 2 pieds au-dessus de la surface de l'eau.

On prend avec les guideaux tous les poissons qui suivent le courant.

Tente des guideaux à hauts étaliers.

Les guideaux dits à hauts étaliers, et qu'on nomme en différens endroits û'ifl?eau:r, quidiats, tiriats, etc., sont des chausses qui ont 3 brasses et demie ou 4 brasses de longueur. Ils s'évasent à leur embouchure jusqu'à 7 ou 8 pieds de diamètre : cette embouchure est bordée d'une corde assez forte. Les mailles auprès de l'embouchure ont 1 pouce ou 18 lignes en carré; au tiers de la longueur, elles ont seulement g lignes. On continue à les faire de plus en plus étroites, de sorte que dans la dernière demi -brasse elles ont souvent moins de 3 lignes. Pour tendre ces guideaux, PL 26, N°. /, on plante dans le terrain , vis-à-vis de quelque courant ou de l'embouchure d'une rivière, le plus près qu'il est possible de la laisse de basse mer, des pieux ou forts piquets aaa, qu'on nomme chèvres ^ qui ont g à 10 pieds de longueur. Ils sont enfoncés de 2 pieds dans le terrain ce , et ils doivent l'excéder au moins de 7 à 8 pieds. On met tous ces pieux sur une même file , au nombre quelquefois de vingt-cinq ou trente : c'est ce que les pêcheurs appellent étalieis. Pour les affermir contre l'effort de la marée, chaque pieu est retenu par une corde h c , qui forme un étai , frappée d'un bout à la tête des pieux , et de l'autre aux piquets qui sont enfoncés dans le terrain, à une petite distance des pieux c c, du côté par où l'eau vient avec rapidité. On affermit encore les deux pieux qui terminent les files de chèvres , par un étai qui est à-peu-près dans l'alignement des pieux ; et cette corde d b sq proloni;e dans toute la longueur de l'étalier, étant bien tendue et attachée par une boucle à la tête de chaque pieu. Cette manœuvre affermit les pieux; elle en assujettit les têtes à des distances proportionnées à la largeur de l'embouchure des guideaux. On tend à 18 pouces au-dessus du terrain en g un pareil cordage, qui assujettit les pieux par le bas.

L'embouchure des guideaux est bordée d'une corde assez forte, à laquelle on pratique des œillets pour pouvoir les attacher bien tendus à des anneaux de fer qui sont amarrés aux pieux. En tendant des guideaux au bord de la mer, les pêcheurs mettent toujours l'ouverture du côté de la terre, afin de recevoir l'eau lorsque la marée baisse. On conçoit que ces étaliers doivent être solidement établis , pour résister à l'effort que l'eau fait sur une rangée de filets qui s'oppose à son cours.

L'embouchure des guideaux est fort grande, et comme ils se joignent tous les uns aux autres, ils forment, par leur réunion, une file de manches toujours prêtes à recevoir les poissons qui suivent le courant, gros et petits; mais on les y trouve toujours morts , quand même on les tirerait du filet peu de temps après qu'ils sont jiris.

L,Qs pêcheurs préj)arent leurs guideaux, de basse mer; c'est aussi de basse mer qu'ils vont en retirer

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le poisson. Pour cela, comme il n'y a point de panier au bout des guideaux, ils délient une ligne qui ferme le bout du sac, et secouent la manche sur le sable pour en faire sortir le poisson.

La pêche des guideaux à hauts étaliers est une lies plus considérables qu'on fasse à pied sur plusieurs côtes : elle est en usage vers le Havre, Caen , et particulièrement sur les côtes de Tou([ue et Dive j de sorte qu'en certains endroits toute la p'age est traversée de chèvres à guideaux.

Le fort de cette pêche est depuis le commencement d'octobre jusque vers la fin du mois de mars : on est obligé de la discontiniier quand les chaleurs se font sentir , à cause de la quantité d'orties de mer et de crustacés voraces qui se portent à la côte.

Tente des guideaux à bas étaliers.

Les pêcheurs étaliers, riverains du mont Saint- Michel, tendent des guideaux avec trois piquets, dont deux servent à tenir l'embouchure ouverte au moyen d^inneaux d'osier qui sont de chaque côté, et dans les(juels on passe les piquets ; la queue du guideau est amarrée sur un troisième piquet , et ils tiennent le guideau le plus tendu qu'il leur est possible. Parce moyen, ils ferment les mailles, qui sont déjà fort étroites. On nomme ces guideaux à petits étaliers , PI. 26 , N°. I; mais ce nom convient encore à d'autres , dont nous allons parler.

Ceux qu'on appelle en Normandie haches volantes ou guideaux à petits étaliers, sont ainsi nommés , j>arce que les piquets sur lesquels ces filets sont tendus ne s'élèvent que de 3 ou au plus de 4 pieds au-dessus du terrain. On les appelle aiissi volans ^ parce que les pêcheurs les changent souvent de place et de disposition d'une marée à l'autre , suivant l'état des bancs de sable, qui assez fréquemment sont mouvans.

Ces piquets ne sont point retenus par des cordes, comme le sont les pieux des grands étaliers. Les chausses de ces guideaux n'ont que 2 ou 2 brasses et demie de longueur, au lieu que celles des grands en ont quelquefois 6 ou 7. Enfin, les petits étaliers se placent sur les grèves sableuses et vaseuses , ainsi que dans toutes les plages où il se forme des courans.

On a donc jugé à propos de diminuer la longueur des chausses des guideaux et d'en augmenter la largeur; mais en les tenant larges et courtes, les poissons auraient pu s'échapper. C'est ce qui a fait imaginer un moyen très-ingénieux d'empêcher le poisson de sortir du filet sans former aucun obstacle à son entrée. On a rempli cette intention en plaçant un goulet avec un cerceau, qui tient ouverte l'embouchure du filet a d ,^g. 2 , PL 26.

Ce goulet est un filet figuré comme un entonnoir, dont l'ouverture du pavillon est attachée au cerceau a a. La pointe de ce filet se termine vers Z», et est soutenue dans l'axe du filet principal par quelques fils déliés 5 et pour que le poisson entre aisément dans le filet a a, ce par des fentes qu'on pratique à la pointe du goulet, ces fils sont tendus mollement. Il est sensible que le poisson entre sans effort dans le corps du filet par ces fentes, et que se trouvant à l'aise dans l'intérieur du filet, il ne

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