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V. j^ai'eneaw ^ et, pour les réglemens, l'article Pêche

HAVENA. Filet en usage en Saintonge pour prendre des feintes , pucelles ou gattes , et qui est le même qu'on appelle ailleurs Haveneau et Savanelle. V. ces mots.

HAVENEAU ou HAVENET. Filet de pèche tendu sur deux perches qui se croisent comme une paire de ciseaux. V. la PL 25, N°. V, fig. 3.

La pêche du grand haveneau, qui est sur-tout en usage sur les côtes de Haute-Normandie , ne se pratique guère que sur les grèves plates; et pour en tirer quelque avantage , il faut s'établir dans un courant formé par le retour de la marée, ainsi qu'à l'embouchure d'une rivière où la marée entre.

Ce filet est monté sur deux perches ah , qui ont 12 à i5 pieds de longueur : elles sont jointes l'une à l'autre par un lien, ou, plus fréquemment et mieux , par un clou rivé qui les traverse , et leur permet un mouvement semblable à celui des lames d'une paire de ciseaux. Un peu au-dessus du point de réunion , il y a des entailles où s'emboîte une traverse c, qui, tenant les perches écartées l'une de l'autre d'une quantité convenable , sert aussi à conserver la même ouverture de l'angle b cb ; ordinairement les deux extrémités b h des perches sont éloignées l'une de l'autre de i5 pieds.

Le fond de ce filet forme une poche a, qui est plus du côté de la traverse que vers l'extrémité des perches.

Le bord du filet qui est du côté de la poche s'attache à la traverse ; les deux côtés s'amanent aux parties des perches, et le reste à une corde qui borde le filet. Ordinairement on met à cette corde un peu de plomb, mais au plus 3 ou 4 onces jtar brasse 5 car un poids plus considérable empêcherait qu'on ne pût relever promptement le filet.

Pour se servir du grand haveneau, qu'on nomme aussi havenet et havenat sédentaire , le pêcheur le présente au courant, posant sur le fond les deux bouts h h des perches, ainsi que la corde qui s'étend de l'un à l'autre. Les deux extrémités postérieures a a des perches passent sous les aisselles , et l'angle qu'elles forment s'appuie contre son corps.

Le moindre poisson qui se présente et qui donne dans le filet se fait sentir au pêcheur, lequel relève aussitôt le haveneau pour faire tomber le poisson dans la poche f, qui est du côté de la traverse. L'ayant tiré de la poche, il le met dans sa gline , qui est un panier couvert qu'il porte attaché sur son dos. Il replonge immédiatement après son filet, et continue la même pêche jusqu'à ce que la marée trop haute l'oblige de se retirer. Pour le faire aisément et très-promptement , parce que, dans les endroits que nous venons d'indiquer comme les plus favorables à cette pêche, la marée monte trèsvite , il ôte la traverse; il rapproche les deux perches l'une de l'autre ; il les entoure du filet, et forme du tout un paquet, fg. 4, qu'il met sur son épaule pour gagner promptement le bord. Au reste, on fait cette pêche tant de flot que de jusant, opposant toujours le filet au cours de l'eau, et l'on y prend de toutes sortes de poissons, mais plus fréquemment

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des poissons plats , qui se laissent entraîner par le courant, que des ronds qui nagent entre deux eaux. Pour ne point faire tort à la multiplication du poisson en retenant le frai et les plus petits poissons, il faudrait que l'ouverture des mailles fiit de i5 lignes en carré. Cependant quand il s'agit de prendre des chevrettes, on est obligé de se servir de filets dont les mailles soient beaucoup plus petites, et en conséquence le filet doit être petit, j)arce que, s'il était grand , on aurait trop de peine à le relever, à cause de la petitesse des mailles.

Grande pêche au haveneau.

Les pêcheurs au haveneau ne peuvent pousser leur filet devant eux , les bâtons qui entreraient dans le sable les en empêcheraient : ainsi, ils sont obligés de se placer dans un courant qui amène le poisson dans leur filet. Quelquefois, quand ils veulent embrasser toute la largeur d'un courant qui a de l'étendue, ils se placent douze, quinze, vingt, sur une même ligne , et assez près les uns des autres pour que les filets se touchent, N° . IJ^^fig. n y opposant toujours l'embouchure de leurs filets au courant : de sorte qu'ils prennent, au retour de la marée , ce qui leur a échappé à la marée montante.

Quand il se rencontre quelque route que les poissons pourraient prendre pour éviter les filets , plusieurs aides se mettent dans l'eau , qu'ils frappent avec des perches pour déterminer le poisson à donner dans les haveneaux, Jîg. 2.

Pêche au haveneau dans de petits bateaux.

On se sert, dans la Garonne, de bateaux pour pêcher avec le haveneau ; mais les pêcheurs se disposent différemment quand ils ont intention de prendre des chevrettes, que lorsqu'ils veulent pêcher des poissons.

Pour la pêche des chevrettes, qu'on fait dans les mois de juillet, août et septembre , ils prennent des filets semblables à celui qui est représentée^. 3, N° . V, dont les perches ou barres ont 20 pieds de longueur. Pour établir ces grands haveneaux sur de petits bateaux qu'ils nomment filadières , ils amarrent bâbord et tribord de la filadière deux espares , qui soutiennent à l'arrière de la filadière une traverse de bois d'environ 20 pieds de longueur, qu'ils nomment barioste : elle sert à supporter les deux bras du haveneau.

l es mailles de ce filet sont assez larges d'un côté; mais elles se rétrécissent beaucoup vers la poche.

Comme le haveneau est presque en équilibre sur la barioste , un seul homme peut faire cette pêche dans sa filadière. Quand donc il est rendu au lieu où il veut établir sa pêche , il mouille à tribord un petit grapin dont le câbleau , qui est amarré à la filadière, peut avoir 20 ou 25 brasses de longueur. A 10 brasses de la filadière, il frappe sur le càbleau un petit grelin, qui a de même 10 brasses de longueur; et cette manœuvre, qu'ils nomment traversière , est à bâbord de la filadière : de cette façon, ce petit bateau est comme enfourché sur son ancre, l'étambol à la marée.

Le pêcheur élève le gros bout des barres qui est

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dans la flladière , et plonge ainsi la partie dans l'eau, au plus de 4 pieds. Le courant fait entrer les chevrettes dans la poche ; elles y restent, et ne cherchent point à en sortir. C'est pourquoi le pêcheur ne relève son filet pour les prendre que deux fois ou au plus trois pendant une marée , lors même qu'il pèche de ilôt et de jusant.

Il est sensible que quand , après avoir pêche de flot, on veut pêcher de jusant, il faut que la filadière tourne sur ses amarres pour se mettre au courant ; mais après cette évolution, elle est affourchée par son càbleau et sa traversière, comme elle l'était dans sa première situation.

Pour relever le filet et prendre les chevrettes, le pêcheur pèse sur la partie des barres qui est dans la filadière , et afin de tenir son filet élevé, il tourne autour des barres un petit cordage , qui est amarré au dedans de la filadière.

Le filet étant ainsi soutenu hors de l'eau , le pêcheur rassemble toutes les chevrettes dans un coin de la jioche pour les ramasser avec une sébile , et les mettre dans sa gline ou dans un sac.

A cette pêche , les pêcheurs se mettent toujours plusieurs de front, à lo pieds les uns des autres, pour se prêter la main dans le besoin , do crainte sur-tout que quelqu'un ne s'endorme j car la moindre chose peut faire chavirer ces petites filadières.

Quand les pêcheurs se proposent de prendre des mulets ou muges, et d'autres poissons de moyenne taille , ils emploient des filadières plus fortes que pour la pêche des chevrettes; et les mailles du filet étant plus grandes , il éprouve moins d'effort de la part du courant, qui tend à faire plonger l'arrière du bateau non- seulement en raison du poids du filet, mais encore à cause des amarres qui répondent au grapin.

La pêche des mulets, dans la Garonne, commence quand on finit celle des chevrettes, environ au mois de septembre j et on la continue jusqu'à Pâques , à moins qu'on ne l'interrompe pour faire la pêche des aloses avec de grands filets.

On fait la pêche des mulets de jour et de nuit, et un vent frais y est favorable, pourvu que la filadière puisse tenir la mer.

On ne plonge le haveneau que d'un pied dans l'eau j et comme les mulets font effort pour s'échapper, il faut relever fréquemment le filet. Pour cela, deux pêcheurs ont toujours les mains sur des barres, afin de relever aussitôt qu'ils sentent qu'un poisson a donné dans le filet.

Dans les environs de la Rochelle , on se sert d'une chaloupe sans voile, N°. VI > fi^- i, qu'on affourche sur deux ancres, côté en travers à la marée. Le haveneau est placé par le travers du mât à tribord : le surplus de la manœuvre est semblable à ce que nous venons de dire des pêcheurs de la Garonne.

On pêche encore au haveneau, dans les environs de la Rochelle , avec de petits bateaux à cul carré qu'on nomme acons , N° . VII, fig- i. La grande largeur de l'arrière des acons est très-propre à fournir un point d'appui au haveneau. Trois hommes se mettent dans l'acon : un rame pour refouler la marée, et les deux autres gouvernent le filet.

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