‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 115 sur 344 · JAR · texte numérisé non relu

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çant à naviguer, et il sera inscrit sur un rôle particulier.

» 5. Sera compris dans l'inscription maritime tout citoyen âgé de 18 ans révolus, qui, ayant rempli une des conditions suivantes, voudra continuer la navigation ou la pêche : 1°. d'avoir fait deux voyages de long cours j 2°. d'avoir fait la navigation pendant 18 mois; 3°. d'avoir fait la petite pèche pendant 2 ans; 4°- d'avoir servi pendant 2 ans en qualité d'apprenti marin. A cet effet, il se présentera accompagné de son père, ou de deux de ses plus proches parens ou voisins, au bureau de l'inscription de son quartiei", où il lui sera donné connaissance des lois et réglemens qui déterminent les obligations et les droits des marins inscrits.

» 6. Celui qui , ayant atteint l'âge et rempli l'une des conditions exigées par l'article précédent , continue la navigation ou la pêche sans se faire inscrire au bureau de son quartier, ainsi qu'il est prescrit, sera compris dans l'inscription maritime , étant censé y avoir consenti par le fait seul qu'il continue à naviguer.

r> 7. Tout citoyen français compris dans l'inscription maritime est dispensé de tout service public autre que ceux de l'armée navale , des arsenaux de la marine , et de la garde nationale dans l'arrondissement de son quartier. »

Les autres dispositions de la même loi règlent tout ce qui concerne les arrondissemens , quartiers et syndicats maritimes, l'appel des marins au service public , les avantages attachés à l'état des marins inscrits, les apprentis marins et l'appel des ouvriers propres aux travaux des ports.

On doit encore consulter sur ces matières l'arrêté du directoire exécutif du 21 ventôse an 4» celui du gouvernement consulaire , du 7 vendémiaire an 9 , les décrets des 29 fructidor an 12 et 16 frimaire an i4, et ordonnance du Roi, du 5 août 1826.

INSTRUMENS DE PÊCHE. Ce sont les lignes, les filets, les nasses, etc. : nous les indiquons aux mots Engins., Filet, Ligne et Pêche.

ISLOT ou ILOT. Petite île. Les marins disent quelquefois ilette. V. ces mots dans notre Dictionnaire des Forêts.

ISSAUGUE. Petit issaugue ou bourgin. V. Aissauge , Ere gin.

JABEBIRETTE. C'est une espèce de raie , qu'on pêche sur les côtes du Brésil : on ignore à quelle espèce il faut la rapporter.

JACARA. C'est le nom qu'on donne, au Brésil, au crocodile -caïman.

JAGUDE. La pêche qu'on nomme ainsi dans le bassin d^Arcachon est une espèce de manet qu'on tend sédentaire dans les chenaux. V. Manet.

JAMBE D'UNE MAILLE. En terme de pêche , c'est le fil qui forme un de ses côtés. On nomme jambes de filet les ailes qu'on ajoute à côté des filets à manche. V. Filet.

JARDINET. Compartiment fait sur le pont des gondoles, pour servir à caquer le hareng à Yarmouth.

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JARRET. Nom donné en Provence à un poisson du genre des spares , au Smaris. V. ce mot.

JARRETIÈRE. Lien de charpente qui soutient les jumelles des bondes. C'est sur ces jarretières qu'on cloue les planches percées qui forment la cage.

JAUDRE. Nom que les Bretons donnent aux herbiers marins.

JAVELLES. On nomme ainsi de petits tas de huit morues lorsqu'elles ont reçu plusieurs soleils. V. Morue.

JETER (FILET A). On appelle ainsi, dans le Rhin, un ]ietit épervier à mailles serrées, qu'on jette aux endroits où l'on a rassemblé des ables avec différens appâts.

JETS DE PICARDIE. Ce sont des demi-folles tendues en ravoir. On fait quelquefois du bruitjîour engager le poisson à donner dans le filet : alors on nomme cette pêche chantage , cantage , huage. V. Folles 6 5.

JEU ou LIGNE DE FOND. C'est une ligne dormante , que l'on fixe au fond de l'eau aii moyen d'un plomb du poids d'une livre {PI. i ^.,fig. 7}? à la tête duquel on attache une forte ficelle pour le descendre à fond et pouvoir le relever ; à la queue h de ce plomb est liée une ligne de 1 2 pieds de long , garnie de six hameçons n°. 3, empilés sur double racine, et placés de 2 en 2 pieds. On change les hameçons suivant les amorces que l'on emploie.

On prend , pendant le jour, avec cette ligne tous les poissons de fond, et pendant la nuit des anguilles avec des vers de terre.

JONCHE. Ganse de corde qui sert à joindre plusieurs pièces de filet l'une au bout de l'autre.

JONCHÉES. Ancien instrument de pêche fait de jonc, et prohibé par les ordonnances de i326, i388 , 1402, i5i5 et i55o , citées par Saint- Yon, p. 224, et auxquelles se réfère l'ordonnance de 1669, titre XXXII, art. 10. Toutefois on en permettait l'usage quand leur ouverture était assez grande pour qu'un homme pût y mettre tous ses doigts. {Salnt- Yon , p. 22.5.)

JONCHERES. Touffes de jonc qui se forment dans les étangs, et deviennent quelquefois des iles flottantes.

JONQUINE ou JONQUILLE. On nomme ainsi les cordes d'auffe. V. Corde.

JOZO. Nom que l'on donne à Rome à un poisson du genre Gobie. V. ce mot.

JOUSION. On appelle ainsi le squale-marteau dans quelques pays. Y. Marteau,

JUBARTE , halœna boops. (Lin.) Cétacé du genre des baleines. Il paraît que le mot Jubarte est une corruption du nom du gibbar, cétacé du même genre. Les pêcheurs biscayens et xaintongeois appellent ainsi ces baleines, à cause de la bosse élevée qu'elles portent sur le dos : Vocant gibbar, à gibbero dorso, ici est in tuniorem elato , dit Rondelet, De piscibus, lib. XVI f cap. XII. Anderson a donné à la jubarte le nom Hq poisson de Jupiter ; lesGroenlandais la nomment yte/JOA/aX:, et les Islandais krafu-reydus.

Description, — Celte baleine , qui a beaucoup de rapport avec le Gibbar (V. ce mot) , est souvent confondue avec lui , et Anderson croit même que ces deux cétacés ne forment qu'une espèce. Elle

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est presque aussi grande que la baleine franche ; mais elle est moins grosse et moins épaisse. Son bec est plus pointu et plus allongé 5 sa mâchoire inférieure est aussi plus courte et plus mince que la supérieure. De même que les vraies baleines , elle porte , au lieu de dents, des fanons larges en bas , noirâtres ou blanchâtres, très-fragiles, de forme triangulaire et seulement longs de 2 pieds. Cet animal a le corps rond , épais vers les nageoires des côtés , et très-aminci vers la queue } le miiseau large j deux évents très-rapprochés; les yeux fort bas, et de la grosseur de ceux du bœuf; les orifices des oreilles très-étroits , et placés derrière les yeux 5 la langue de plus de 5 pieds de longueur 5 tout le dessous du corps couvert d'une peau plissée , que la jubarte peut dilater lorsqu'elle prend beaucoup de nourriture. Elle peut avoir plus de 20 pieds de circonférence dans sa grande épaisseur, et 5o à 60 dans sa longueur. Elle souffle l'eau de ses évents avec un effort prodigieux, et s'engloutit ensuite dans la mer, la tête la première et la queue relevée comme les tritons de la fable. Elle plonge pendant long-temps. Lorsque la mer est calme , elle s'étend à la surface des eaux , et s'y endort mollement comme sur un grand lit. Quand elle est éveillée, on la voit bondir et fendre les vagues avec une grande agilité ; tantôt elle frappe l'eau avec force et se jette sur le dos , tantôt d'un saut rapide elle s'élève en pirouettant dans l'air, et retombe bien loin avec une merveilleuse habileté. Les vieux individus de cette espèce portent souvent attachés à leur peau des coquillages ou glands de mer, qui s'enfoncent jusque dans la graisse de l'animal. Selon les Indiens de l'Amérique septentrionale , ces coquillages marquent la vieillesse des baleines , dont la peau dure leur sert de support.

Habitation. — La jubarte habite dans les mers du Nord, près duGroenland , et plus rarement dans les autres parages. En hiver, elle demeure en pleine mer, entre le 61^. et le 65^. degré de latitude boréale. Elle vient en été et en automne sur les côtes; elle entre dans les grandes anses vers Pamink et Pissuk-Bik : il parait qu'on la rencontre aussi dans les parages des Bermudes.

Nourriture. — Elle se nourrit de limaçons planorbes du Nord, qui couvrent la mer par leur immense multitude. Elle vit aussi d'une petite espèce de saumon du Nord et de l'appât de vase {ammodites tobianus f Lin.).

Propagation. — V. ce que nous avons dit de l'accouplement des Baleines à l'article qui leur est consacré. Le jeune baleineau suit sa mère , qui n'en produit qu'un seul jusqu'à une nouvelle gestation; ce qui n'arrive pas toujours chaque année. Lorsque les baleineaux sont blessés, ils jettent des cris affreux ; la plus petite plaie suffit pour faire périr ces animaux, car elle se gangrène promptement, et ils vont périr au loin dans les solitudes de l'Océan.

Qualités. — La jubarte est moins recherchée des pêcheurs que la baleine franche , parce qu'elle a beaucoup moins de lard. On retire de cet animal environ 14 à i5 tonneaux d'une huile claire et aqueuse, qui s'évapore presque toute lorsqu'on l'expose au feu. La graisse des jeunes baleineaux est

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