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les fleuves, s'arrêtent ordinairement dans les lieux où l'eau est très-rapide , et où se trouvent des pierres sur lesquelles ils puissent déposer leurs œufs. Après le frai, qui a lieu à la fin de l'été, ils retournent pêle-mêle à la mer. Les petits restent dans le lieu de leur naissance jusqu'à ce qu'ils aient acquis 3 pouces de grosseur: alors ils reprennent le même chemin, pour ne revenir qu'au bout de 5 à 6 ans, lorsqu'ils sont aptes à la génération.
Qualités. — La cliair de ce poisson est tendre , blanche, de bon goût : aussi l'eslime-t-on beaucoup dans le Nord. Dans cjuelques endroits, il est si abondant, qu'on ne peut le consommer frais : alors on le fume et on le sale pour l'envoyer au loin.
Pêche. — On pêche le lavaret avec de grands filets, avec le tramail et la louve; on le harponne aussi avec le trident. Les pécheurs, connaissant la marche de ce poisson, tendent leurs filets en conséquence, et souvent ils en prennent de grandes quantités à -la -fois; mais souvent aussi le chef de la troupe trouve sous le filet ou à côté un trou par lecj^uel il passe, toute la bande le suit.
Multiplication. — On a essayé d'introduire les lavarets dans les lacs et les étangs , et on est parvenu à l'y conserver en Prusse, pays où ce poisson est fort commun. Il faut que les étangs où on veut le multiplier soient grands, profonds et qu'ils aient un fond de sable.
LAVIGNON. Nom que les pêcheurs des environs de la Rochelle donnent à un coquillage que l'on mange dans cette ville , et qui est peut-être un solen à valves ovales, car il est brillant et s'enfonce dans les sables.
LAVOIR . Cage à jour établie au bord de la mer, dans laquelle on lave les morues qui ont été mises au premier sel. V. Morue,
LAU. On donne ce nom à la dorée , poisson du genre des zées. V. Dorée.
LAUT. Bâtiment qui sert à Cette à faire la pêche à la tartane.
LAXTERTRE. Nom qu'on donne en Norwege aux saumons au-dessous de 9 livres.
LECHES ou ACHÉES. V. ce mot.
LEGRAU. Filet qui sert à pêcher à la jagude dans l'étang d'Arcachon. V. Jagude.
LENÏILLAC. On donne ce nom, sur les côtes de la Méditerranée , au squale-émissole. V. Emissole.
LENTILLADE. L'un des noms de la raie-oxyringue. V. Raie.
LEPAS- Nom que les anciens naturalistes donnaient à un genre de coquillages univalves , et qui sont attachés au rocher, qui leur sert de seconde valve. Ce sont las patelles de Linnaeus.
LESQUE ou LISQUE. C'est un filet semblable
aux cibaudières ou folles. Ces dénominations sont
en usa"e dans les environs d'Eu. V. Cibaudières et o
Folles f § 7.
LEST. Poids dont on charge le pied du filet pour le faire caler, ou pour empêcher cpie les gros poissons, en soulevant le filet, ne puissent s'échapper. On le fait ordinairement de plomb ou de cailloux, ou de grosses pierres qu'on nomme câblières, quelquefois avec un gros cordage.
LÉTIS. y.Battude.
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LEUGEON. Filet dont les mailles ont 2 pouces d'ouverture, que les pêcheurs de la Tète-de-Buch tendent sédentaires et en pleine eau. V. 1 rama il. LEURRE. C'est un appât factice qu'on métaux haims pour attirer le poisson. C'est quelquefois une espèce de poisson fait avec de l'étain fondu ; d'autres fois un morceau de licge couvert d'une peau de poisson, des chenilles , des papillons, etc., imités avec différentes substances ; de petites anguilles d'étain pour prendre des vives avec la fouane. V. Appât.
LEVEE. Elévation, digue, chaussée pratiquée sur le bord des rivières en forme de quai, pour arrêter les eaux et empêcher l'inondation ; c'est aussi le nom de l'assemblage de trois ou quatre petits ais qui servent de siège dans un bateau.
LÊVÉNEGATtE. V. Lieu.
LEVEUR. INIousse qui lève le câble au sortir du cabestan.
LE^'IERE. Grosse corde qui pose sur un treuil, et sert à relever le filet qu'on tend aux arches des ponts lorsqu'on veut les faire sécher. Y. Diguiaux . LEV L'RE. Les mailleurs iiomment ainsi des demi-mailles par lesquelles on commence le filet. Lever un filet y c'est en faire la levure ; et le poursuivre, c'est continuer à faire les mailles. V. Filet. LÉZARD DE MER. On a donné ce nom au Dra^oneau. V. ce mot.
LIBAN. On appelle ainsi , en Provence, la corde qui borde le pied du filet , et à laquelle on attache le lest : c'est encore une corde de 4 ou 6 pouces , faite avec de l'auffe , et qui sert à attacher de grosses pièces de liège au filet de la madrague. V. Madrague.
LIBOURET. Pêche qui se fait avec une ligne qu'on enfile dans un trou qui est au bout d'un morceau de bois, qui, à son autre extrémité, porte plusieurs piles garnies d'haims. Cette ligne est terminée par un poids. Le morceau de bois du libouret se nomme avalette. V. Ligne.
LICENCE DE PÊCHE. C'est la permission que donne le Gouvernement à un particulier de pêcher sur une partie de rivière navigable, moyennant une somme payée annuellement au receveur des domaines. V. Pèche.
LICHE. Poisson du genre des squales , qui a environ 3 pieds de longueur, et que l'on pêche sur les côtes de l'Amérique septentrionale.
LICORNE DE MER. Y. Narwhal.
LIEGER. C'est, en terme de pêcheur, mettre du liège à un filet.
LIEU , gadus pollachius. (Lin.) Poisson du genre des gades , que l'on nomme en allemand pollack , teisser, gelber kohlmaul ^ en suédois , lyrblukj en norwégien, lyr, lisse ; en anglais, grée cod on mJhting pollach. Duhamel dit que ce poisson se nomme lieu en Bretagne ; merlu-verdin au Havre j grelin à Fécamp; luts à (>aen; merlu en Picardie; lévénégate chez les Bas-Bretons; colin à Granvillej abadiva chez les Basques. Mais nous allons voir que dans ces différentes dénominations on confond le colin et le lieu, qui appartiennent au même genre.
Description. — Le lieu (Y. Pi. IF, fig. 8) fait partie du second sous-genre des gades de Lacépède ,
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c'est-à-dire des poissons de ce genre qui ont trois nageoires sur le dos, et point de barbillons au mivseau. Il a la nageoire de la queue fourchue; la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure ; la ligne latérale très-courbe. La longueur ordinaire du lieu ou pollack est d'environ 5 décim. (i8 pouces); sa couleur, qui est d'un brun noirâtre sur le dos, s'éclaircit sur les côtés , y devient argentée , et se change sur la partie inférieure de l'animal en blanc pointillé de brun ; l'iris est jaune, avec des points noirs; chaque écaille est petite, mince, ovale et liserée de jaune ; les nageoires pectorales sont jaunâtres, les jugulaires couleur d'or, et celles de l'anus olivâtres et pointillées de noir. Il a 7 rayons à la membrane des branchies , i3 à la première nageoire dorsale, i 8 à la seconde, ig à la troisième, 19 à chacune des pectorales, 6 à chacune des jugulaires, 28 à la première de l'anus , ig à la seconde , et Sa à celle de la queue.
Duhamel observe que, sur plusieurs de nos côtes, on confond le Colin (voy. ce mot) avec le lieu , parce qu'en effet ces deux espèces se ressemblent beaucoup. Le colin ressemble au lieu par ses yeux, qui sont grands, la forme de sa tête, le nombre et la position des nageoires, la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure , la nageoire de la queue, qui est fourchue, et par beaucoup d'autres caractères. Mais, dans le lieu, la ligne latérale est trèscourbe, tandis que dans le colin elle est presque droite , blanche et assez large. La couleur du colin n'est pas claire comme celle du lieu : elle est, surtout au dos et à la tête , d'un jaune obscur tirant sur le noir; ce cjui le fait nommer cale ou colin ^ terme anglais qui veut dire charbonné, Y. Colin.
Habitation. — Les lieux sont très-communs dans les mers de Norwege et d'Angleterre : on en trouve quelquefois dans la Baltique, près de Lubeck, et dans la mer du Nord , près de Heiligeland ; mais ils j sont dispersés, tandis qu'ailleurs ils paraissent en grandes troupes. Ces poissons se tiennent volontiers à la surface de l'eau, et sautent quelquefois au-dessus en prenant diverses formes et attrapant tout ce qui nage sur les vagues. Ils se plaisent dans les parages où les eaux sont violemment agitées. Ils arrivent en grandes troupes, pendant l'été , sur les côtes d'Angleterre. Ils sont plus rares en France ; cependant on en pêche toute l'année sur plusieurs rivages occidentaux, et on en trouve souvent qui sont pris dans les divers filets préparés [>our la pêche d'autres espèces de poissons ; mais, de plus , il y a sur les côtes des endroits où vers le printemps ils sont très-recherchés.
Nourriture. — Le lieu , quoiqu'il paraisse plus fréquemment à la surface de l'Océan que les autres espèces de gades , sait cependant aller chercher dans le sable des rivages V Ammodyte-Appdt (voy. ce mot), dont il aime à se nourrir. Il vit aussi de petits poissons et de crustacés.
Propagation. — Il paraît ^u'il fraie pendant l'été, puisque c'est dans cette saison qu'on le voit arriver en grandes troupes sur les côtes d'Angleterre.
Qualités. — La chair du lieu est blanche, ferme et de meilleur goût que celle du colin; mais elle est inférieure à celle du merlan.
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Pêche. — On prend des lieux pendant toute l'année sur les côtes de Bretagne, et qui sont de toute grandeur. Quelquefois ces poissons vont de compagnie ; mais souvent ils sont seuls, ou confondus avec d'autres espèces de poissons. Si l'on en prend une plus grande quantité en été qu'en hiver, c'est , à ce que l'on prétend , parce qu'ils sont attirés par les sardines, qu'ils aiment beaucoup; cependant on interrompt la pêche du lieu pour faire celle des sardines.
Dans les endroits où l'on ne fait pas une pêche expresse de ce poisson, on en trouve dans les guideaux, verveux ou nasses et dans les parcs j on en prend avec des filets flottés et lestés, ou avec des filets à manche que l'on traîne, et les petits se prennent aux filets qu'on tend à la côte sur pâlots, ou dans les grands fonds quand la rigueur du froid les y fait retirer. On tend des tramaux, des demi-folles, cibaudières, ou rets à colins, flottés et pierres par fonds et sédentaires , autant qu'on le peut , par le travers des anses; si ce sont des tramaux, les mailles de la flue ont 6 à 8 lignes d'ouverture , et les hamaux ont 4 '<• 5 pouces en carré. On met au bout de ces filets une càblière ou petite ancre avec des haubans à 2 ou 3 brasses les uns des autres, et on choisit, autant qu'on le peut, des fonds de roche 1 ouverte de varec. Quelquefois encore on prend de petits lieux dans les manets , lorsqu'on pêche des maquereaux à la dérive. Enfin, on en prend à Oléron dans des courtines et dans des casiers. On prend encore des lieux avec des haims, les petits avec les tessures que les Normands tendent pour prendre des maquereaux, et qu'ils r\.om.m.ent gravettes . Dans le cjuartier de Brest , principalement dans le chenal du Conquet et du Mingan , on en prend toute l'année avec des haims et des tramaux : on en prend qui ont depuis 14 jusqu'à 24 pouces de longueur, et 4 à 5 pouces de largeur ; on amorce les haims avec des lançons.
Toutes ces pèches peuvent être regardées comme accidentelles , puisqu'on ne les fait pas expressément pour prendre des lieux ; mais on en fait d'expresses à Audierne, à l'ile des Saints et autres lieux circonvoisins. Elle commence après Pâque et ne finit qu'à la Saint-Jean , qu'on la cesse pour en faire d'autres.
On emploie pour cela de petits bateaux de 3 à 4 tonneaux, dans lesquels se mettent 6 ou 8 hommes , appareillés d'une ou de deux voiles carrées ; car cette pêche se fait en filant à [la voile. Les lignes dont on se sert sont un diminutif de celles qui servent pour la morue ; elles ne portent qu'un haim de la grosseur de ceux qu'on emploie dans le Nord pour la pêche de la morue. On les amorce avec une sardine, et souvent avec un morceau de peau d'anguille long de trois à quatre travers de doigt. Comme le bateau qui est sous voile file assez vite, et comme les pêcheurs donnent continuellement des secousses à leurs haims, les lieux, qui sont voraces, prennent l'appât pour un poisson qui fuit ; ils se jettent dessus et se prennent à l'iiaim. Quand on a halé le poisson à bord, on retire l'haim, qui souvent est garni de son appât : de sorte qu'il sert quelquefois assez long-temps.
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On prend dans les mers du Nord beaucoup de lieux et de colins : on n'en fait point de cas lorsque la morue donne abondamment ; mais quand on trouve peu de morue , on sale les lieux et les colins , et alors il faut être connaisseur pour les distinguer des morues. Néanmoins , à la vente en France, les trieurs ne s'y trompent pas; ils les mettent avec le rebut, et on les vend moitié moins que les vraies morues.
Préparation. — Autant qu'on le peut, on vend ces poissons frais ; mais, quand la pêche est abondante, on en sale et on en sèche presque comme la morue. On leur tranche la tête ; on les fend par le dos dans toute leur longueur pour les vider ; on les met au sel pendant deux fois 24 heures ; ensuite on les lave dans l'eau de mer, et enfin on les étend sur la grève pour les faire sécher au soleil. Des marchands viennent les acheter des pêcheurs, et ils en forment des paquets de 2 quintaux. Duhamel , qui donne ces détails, dit qu'on en prépare dans la Bretagne jusqu'à 4 , 5 et 600 quintaux , qu'on envoie à la foire de Bordeaux. On en consomme aussi dans l'intérieur de la France, qu'on vend pour de la morue sèche à ceux qui ne s'y connaissent pas.
LIÈVRE DE MER ou BLENNIE A MOUCHE, blennius accellarius. (Lin.) Poisson du genre hlennie f qui se trouve dans la Méditerranée, et dont la longueur est d'environ un pied, il a deux nageoires sur le dos et des filamens sur la tête ; un appendice non palmé au-dessus de chaque œil ; une grande tache œillée sur la première nageoire du dos; le corps allongé et comprimé, de couleur verdâtre , avec des bandes irrégulières plus foncées , et enduit d'une mucosité très-abondante j les écailles très-petites , et les mâchoires armées d'un seul rang de dents ; sa chair est de médiocre qualité.
LIÈVRE DE MER. C'est aussi l'un des noms du cycloptèie-lompe. V. Gycloptère.
LIGNE, du latin Linea. C'est, en terme de pêche, une ficelle ou un tissu de crin, de soie, de pite, de racine, ou à-la-fois de soie et de crin, auquel on attache un ou plusieurs hameçons pour prendre du poisson.
§ ler. DES LIGNES EN GÉNÉRAL, ET DE LA MA- NIERE DE LES FAIRE.
Il y a des lignes flottantes et des lignes dormantes : les premières sont celles dont les hameçons se trouvent attachés à des corps flottans : on les appelle lignes flottantes et sédentaires , si on les attache à des corps fixes, au lieu de les tenir à la main par le moyen de la perche ou canne; les lignes dormantes sont celles qui sont garnies d'hameçons dans leur longueur, et dont l'extrémité inférieure est fixée au fond de l'eau, tandis que l'autre extrémité est attachée à un pieu ou à quelque chose de solide sur le bord de l't au.
Les lignes reçoivent d'autres dénominations, suivant les usages qu'on en fait pour pêcher telle ou telle espèce de poisson : nous en parlerons plus loin.
Nous avons suffisamment parlé des perches ou cannes au mot Cannes. Nous devons dite quelque chose des lignes qu'on attache au bout des perches , et c[ui portent à leur extrémité un haim.
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Beaucoup de pécheurs, qui n'y prennent pas garde de fort près , font ces lignes avec un fil retors bien travaillé , formé de trois ou quatre bons fils à coudre ; quelques-uns, un peu plus attentifs, mettent au bout de cette ligne un empilage de crin 5 mais les lignes sont meilleures et plus propres, si on les fait dans toute leur longueur avec un cordonnet de sole ou de crin.
Il y a aussi des pêcheurs qui font des empilages de crin en arrangeant les brins simplement les uns à cote des autres en manière de faisceaux, sans les commettre; mais cela ne se pratique guère que pour les pèches à la mer , sur-tout loi'squ'on se propose de prendre de gios poissons.
Les pêcheurs de rivière font pour leur usage des lignes avec des crins, qu'ils commettent ou tordent les uns avec les autres : pour cela, ils choisissent les crins les plus longs de la queue d'un cheval. Ces crins doivent être ronds, clairs , exempts de lentes, gale et autres semblables maladies ; car un seul crin bien choisi est aussi fort que le seraient trois qui auraient les défauts que nous venons d'indiquer. Les crins blancs sont plus sujets que les noirs à avoir ces défauts; cependant des | êcheurs leur donnent la préférence , prétendant qu'ils paraissent moins dans l'eau. Il faut encore faire tout son possible pour les assortir d'égale grosseur, afin qu'ils se roulent plus régulièrement les uns sur les autres , et qu'ils résistent de concert ; ce qui ne serait pas s'ils différaient sensiblement de grosseur.
Certains pêcheurs prétendent, comme nous venons de le dire, que les crins blancs paraissent moins dans l'eau ; d'autres soutiennent que les noirs n'y paraissent pas plus que les blancs; quoi qu'il en soit, cette raison fait qu'on en teint quelquefois, et voici ce que Walton dit à ce sujet.
Pour teindre les crins des lignes, il faut prendre une chopine de bonne bière , mesure de Paris, une demi-livre de suie, une petite quantité de jus de feuilles de noyer et un peu d'alun ; on met le tout ensemble dans un pot de terre, et on le fait bouillir pendant une demi-heure; ensuite on retire le pot du feu, et quand il est refroidi, on y met le crin , qu'on laisse dans cette liqueur jusqu'à ce qu'il ait acquis une couleur verte. Plus il reste dans la teinture, plus il verdit; mais il faut éviter qu'il ne devienne trop vert.
Quelques-uns cependant désirent que le crin soit fort vert, pour C|u'il imite la couleur de l'herbe. En ce cas , il faut prendre une pinte , mesure de Paris, de petite bière et une demi-livre d'alun; mettre l'un et l'autre avec les crins dans un pot de terre , qu'on fera bouillir doucement pendant une demiheure ; après quoi , on en retirera le crin pour le laisser sécher. On mettra ensuite deux poignées de fleur de souci dans 3 pintes d'eau , on couvrira le pot , et on le fera bouillir doucement pendant une demi-heure ; il s'y formera une écume jaune, et alors on ajoutera une demi-livre de couperose concassée , avec le crin qu'on veut teindre ; on entretiendra la liqueur bouillante doucement jusqu'à ce qu'elle soit réduite à moitié ; enfin on ôtera le pot du feu, et 3 à 4 heures après on en retirera le crin, que l'on trouvera bien vert. Plus on met de couperose, plus la
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teinture est forte ; mais le vert pâle est préférable.
D'autres poussent l'attention jusqu^à vouloir que le crin soit jaune dans la saison où les herbes des eaux douces se fanent et se dessèchent. Pour lui donner cette couleur , on augmentera le dose du souci, et l'on diminuera considérablement celle de la couperose.
On apporte des îles de l'Amérique des filamens qu'on retire d'une espèce d'aloès ou aloïdes : on appelle ces filamens ^7^ de pite. Il y a de ces fils qui sont longs et très-fins; quand ceux-là sont bien préparés , ils sont préférables aux crins , et on s'en sert principalement pour empiler les haims.
On choisit ces fils très-fins : étant plies par pièces, on les met dans un pot, et l'on verse dessus un peu de l'écume d'un pot où l'on a fait bouillir de la viande fraîche, et non pas salée; au bout de 3 ou 4 heures, on tire les pièces de pite les unes après les autres, et on les passe entre le pouce et l'index pour ôter la graisse qui pourrait y être restée adhérente, mais on ne les essuie point autrement; ensuite on étend chaque pièce de toute sa longueur , et quand ces fils sont secs, on en forme de petits écheveaux. Par cette préparation, ils deviennent presque aussi fins, aussi ronds et plus forts que les crins les mieux choisis. Pour les conserver souples, on les roule dans un morceau de vessie huilée; et avant d'en faire des lignes , il faut , ainsi que les crins, les mettre tremper dans de l'eau environ une demi-heure.
La grosseur des lignes doit être proportionnée à celle du poisson que l'on pêche; mais il est toujours avantageux qu'elles soient fines , sur-tout au bout qui tient à l'haim : c'est pourquoi ceux qui pèchent avec des insectes et des haims très-déliés font l'empilage avec un seul crin ; mais , en ce cas , il faut être bien adroit pêcheur pour ne pas la rompre : ainsi il est mieux de faire de deux crins cette partie de la ligne.
Il est sensible qu'on ne peut pas trouver de crins assez longs pour faire une ligne , qui doit quelquefois avoir 5 ou 6 brasses de longueur ) il faut donc faire des pièces séparées , qu'on noue les unes au bout des autres pour en former une ligne suffisamment longue. Pour cela , on met deux de ces pièces de façon qu'elles entament un peu l'une sur l'autre ; on les unit par un nœud , en faisant faire deux révolutions aux bouts des crins. Quand on a serré le nœud , les crins ne peuvent plus se séparer , et l'on coupe alors avec des ciseaux ce qui excède le nœud : on en réunit ainsi un nombre suffisant pour faire une ligne de la longueur qu'on désire.
Il y a des pêcheurs qui prétendent que , pour la pièce qui fait le bout de la ligne du coté de l'haim , il ne faut pas commettre les crins ; qu'il vaut mieux se contenter de les tendre l'un à côté de l'autre , disant qu'alors les crins paraissent moins dans l'eau ; et qu'ils n'effarouchent pas le poisson ; mais l'usage le plus commun est de les tordre l'un sur l'autre, comme nous l'expliquerons dans un instant.
Les lignes doivent toujours diminuer de grosseur depuis l'extrémité de la perche jusqu'à l'haim , et pourcertaines pêches les dernières pièces sont seulement formées jiar un crin, ou un fil de pite très-délié , ou même un fil simple de soie.
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Pour les pêches ordinaires, il faut que les deux pièces les plus près de l'haim soient faites seulement de deux crins , les trois pièces au-dessus de trois crins : on en met quatre aux trois suivantes ; et ainsi cinq, six, sept et même huit, jusqu'au bout de la ligne qui tient à la perche : de sorte que la ligne diminue uniformément de grosseur depuis la perche jusqu'à l'haim.
Quand on veut allonger une ligne , il faut que ce soit par le gros bout qui tient à la perche ; cependant lorsqu'on pêche avec des insectes , on peut ajouter une ou deux pièces fines au-dessus de celle qui porte l'haim : car il est important que la ligne soit fine auprès de Fhaira , d'autant qu'un pêcheur adroit peut, avec une ligne bien faite, faire tomber l'haim juste à l'endroit qu'il désire , sans former sur l'eau de petites vagues circulaires qui effaroucheraient le poisson.
Les pêcheurs qui font des lignes pour leur usage choisissent les brins de crin les plus longs , pour que leurs pièces aient plus d'étendue et qu'il en faille moins pour faire la longueur entière de la ligne. Ils les mettent tremper quelques heures dans de l'eau j puis, en en tenant deux, quatre ou six rassemblés en faisceau , ils les lient d'un simple nœud auprès d'un des bouts; puis, les séparant un à un, deux à deux ou trois à trois, ils placent une pointe entre ces fils , tout auprès du nœud ; ensuite , tenant chaque deux ou chaque trois crins entre le pouce et le doigt index de chaque main, ils les tordent sur eux-mêmes : ces crins ainsi tortillés étant rapprochés, ils se roulent les uns sur les autres, et forment une petite ficelle. On noue bout à bout ces petites pièces jusqu'à ce qu'il y en ait assez pour faire la longueur de la ligne ; puis on met la ligne entière tremper pendant quelques heures dans de l'eau chaude , et on la tend en la tirant par les deux bouts , pour qu'elle ne fasse point de pli et qu'elle reste droite quand elle sera sèche.
Ceux qui font les lignes pour les vendre aux pêcheurs se servent d'une machine , qui consiste en une poulie horizontale, PL i5, N°. IV,fig' 4? ^^ trois molettes traversées par une broche de fer, qui porte un crochet à un de ses bouts. Cette broche ou axe est reçu par deux platines de cuivre , écartées l'une de l'autre d'environ un demi-pouce. Les crochets qui terminent les broches des molettes excèdent de quelque chose la platine de dessous.
On fait tourner la grande poulie par une manivelle placée au-dessus de la platine supérieure , et cette poulie communique son mouvement aux molettes, ou par un engrenage, ou au moyen d'une courroie, comme dans les rouets des fileuses.
Pour faire le cordonnet , on prend le nombre de crins qui doivent le former 5 on les partage en deux ou trois faisceaux; on lie chaque faisceau à un bout do fil retors plié en deux , long d'environ 6 pouces. On passe les crochets dans la duplicature de ces fils; ensuite on réunit par en bas, au moyen d'un nœud, les faisceaux de crin , et on les attache à un morceau de plomb, qui pèse environ 2 livres, et qui est terminé par un crochet. On fait , avec un bouchon de liège, un petit toupin,qui a autant de rainures qu'il doit y avoir de faisceaux au cordon, et
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on place ce toupin entre les faisceaux , de façon que chaque faisceau entre dans une rainure du toupin. Quand on tourne la manivelle, les crochets tordent les faisceaux , et ceux-ci , faisant effort pour se détordre , font tourner le plomb, et se roulent les uns sur les autres au-dessous du liège. Lorsqu'on juge que le cordon est suffisamment tors , on remonte le toupin ; lorsqu'il est arrivé auprès des crochets, la pièce est commise , et on la termine par un nœud. Il dépend de l'adresse de l'ouvrier que tous les brins de crin soient également tendus , et que le cordonnet soit tors régulièrement dans toute sa longueur. Cette pièce étant finie , on en fait une autre , et on a soin de retrancher des brins à mesure qu'on veut qu'elles soient moins grosses.
Cette machine est en petit celle que nous avons représentée PI. i?t ^ Jig. i3, pour faire les empiles de chanvre.
Quand les pièces sont tressées , on les met tremper dans l'eau, et on les tend jusqu'à ce qu'elles soient sèches. Sans cette précaution , il y aurait des crins qui se retireraient plus que les autres , et la ligne en serait affaiblie d'autant.
Il est sensible qu'on peut faire de pareils cordonnets avec de la soie et du fil; mais on peut se dispenser de prendre cette peine , parce qu'on trouve chez les marchands des fils retors et de petits cordonnets de soie.
La ligne étant faite , il faut l'attacher au bout de la perche : pour cela, quelques-uns font une entaille à l'extrémité de la perche , et ils y amarrent un bout de ligne composé de six crins , qu'on double pour former une anse qui s'attache au bout de la perche par des révolutions de soie cirée : cette anse est destinée à recevoir l'extrémité de la ligne.
Mais par cette entaille on affaiblit le bout de la perche , qui doit être menu : c'est pourquoi nous pensons que ce n'est pas à l'extrémité la plus menue b , Jig. 37 , PI. 14 , qu'il convient de l'attacher, mais à quelque endroit plus fort, vers i^ ensuite, en la roulant en hélice autour de la perche , depuis / jusqu'à^, on lui fait ainsi gagner l'extrémité, où on l'arrête par un nœud coulant.
On trouve deux avantages à attacher ainsi la ligne : le premier est qu'on peut l'allonger ou la raccourcir à volonté , en lui faisant faire plus ou moins de révolutions autour de la perche ; le second est que, par cette disposition de la ligne, non-seulement le bout de la perche est moins exposé à se rompre, mais encore les révolutions de la ligne fortifient la partie menue de cette perche.
Il y a des pêcheurs qui veulent avoir des lignes fort longues ; d'autres prétendent cju'elles doivent être proportionnées à la longueur de la perche , et surtout pour pêcher avec des insectes ; et enfin il y en a qui, suivant différentes circonstances, tiennent les lignes tantôt plus longues et tantôt plus courtes.
Avant d'attacher la ligne à la perche , on la fait passer dans un petit morceau de plomb : les uns prennent tout simplement une chevrotine fendue, dans laquelle ils passent la ligne et resserrent la fente , pour que le plomb reste à l'endroit où on l'a placé; d'autres placent la ligne dans une balle de plomb percée, et d'autres, au lieu d'une balle assez
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grosse, en mettent plusieurs petites , qui sont arrêtées sur la ligne à un pouce les unes des autres. Tout cela est assez indifférent ; mais il faut que le plomb soit attaché à la ligne à environ 6 pouces audessus de l'haim , et il est important que ce poids soit assez précisément ce qu'il faut pour que la ligne çaone le fond de l'eau, alln que la moindre force l'en détache ; mais il doit être plus considérable dans les eaux courantes que dans les eaux dormantes.
Quelques pécheurs attachent à la ligne un tuyau de plume couvert de toile cirée, et bouché par les deux bouts ; mais plus ordinairement on passe la ligne dans un morceau de liège : quelques-uns se servent tout simplement d'un bouchon de bouteille/^ fiS' "^7 > ^^' ^4"' d'autres donnent à ce liège une figure conique, et d'autres, ce qui est un peu mieux, font ce liège sphérique. De quelque forme que soit le liège, on le perce pour recevoir la ligne ; et comme il faut le fixer à la ligne plus près ou plus loin de l'haim , suivant la profondeur de l'eau où l'on pêche , on fourre dans le même trou où passe la ligne un petit morceau de bois appointi , ou, encore mieux, un tuyau de plume, qu'on peut retirer aisément , et qui fait l'office d'un coin, pour empêcher que la ligne ne coule dans le trou , afin que le liège reste à l'endroit cpie l'on juge convenable. Il importe que le liège n'ait que la grosseur nécessaire pour se soutenir sur l'eau ; car un morceau de liège trop gros effaroucherait le poisson : pour les pêches où l'on fait sautiller l'haim à la surface de l'eau, il ne faut ni plomb ni liège. Quand on pêche certains poissons, comme la carpe, l'haim doit traîner sur le tond : pour d'autres poissons , il faut que l'haim soit entre deux eaux , et généralement parlant, il convient qu'il soit plus près <'e la surface de l'eau durant les chaleurs que par le froid. On doit régler sur ces considérations la distance qu'il faut mettre entre le liège, le plomb et l'haim.
11 ne reste plus qu'à attacher l'haim m à l'extrémité de la ligne j ce qui peut se faire de différentes façons. Pour les fort petits haims qui sont terminés par un anneau , on passe deux fois le bout de la ligne dans l'anneau ; on le couche sur le corps de l'haim, auquel on le joint par plusieurs tours d'une soie cirée \ ensuite on relève le bout de la ligne vers l'anneau , et on continue les révolutions du fil de soie. Pour en arrêter le bout, on fait quatre ou cinq révolutions de soie sur une aiguille un peu grosse, PL \5 , iVo. IVfJig. 2 , dans l'œil de laquelle on a enfilé la soie; on retire cette aiguille vers le crochet de l'haim , et ainsi la soie se trouve engagée dans les révolutions qu'on a faites en dernier lieu 5 on serre Pune après l'autre ces révolutions, et enfin on tire le bout de soie qui se trouve engagé entre l'haim et les révolutions qu'on a faites sur l'aiguille. De cette façon, l'extrémité de la soie est arrêtée fort proprement et solidement.
Quand les haims sont terminés par un aplatissement et qu'ils ne sont pas très-fins, on peut les arrêter par un fort nœud , comme on le voit PL i4)
Quant à la manière d'amorcer les haims pour la pêche à la ligne, nous en parlons au mot Appât. V . ce mot.
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