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LEURS USAGES SPECIAUX

Après avoir parlé des lignes en général et de lu manière de les fabriquer, il convient d'indiquer les différentes espèces de lignes et leurs usages spéciaux. En voici la description, d'après le Vâcheur français.

Ligne à ablettes. — Elle se compose de crin de cheval le plus clair possible et rond. On ne fait point usage du crin de jument , parce que l'urine , tombant quelquefois sur la queue, le roussit, le brûle et lui ùte toute sa force. Le crin qu'on emploie doit être rond et non plat , parce qu'il est beaucoup plus aisé à tordre entre les doigts. La longueur de cette ligne est de 10 pieds, et sa grosseur diminue de tiers en tiers , étant formée de trois crins à sa partie supérieure, de deux à sa partie moyenne, et d'un seul à son extrémité inférieure. On y attache, à 6 pouces de distance les uns des autres, trois hameçoiis n°. j6, empilés sur un seul crin. Entre le premier et le second hameçon, on place un piomb à rincer les bouteilles, fendu par le milieu pour y introduire la ligne, et resserré par-dessus; à 3 pieds de l'hameçon du bas est placée une flotte, Pi, 11 ,

fis- 9-

On se sert encore , pour les ablettes , d'une autre espèce de ligne , dite ligne à fouetter ^ qui se compose, dans toute sa longueur, d'un seul crin sur lequel sont empilés cinq hameçons n°. 16, et qui n'a ni plomb ni flotte.

Ligne à goujons. — Cette ligne, cjui a 12 pieds de longueur, se compose de quatre crins dans le premier tiers de cette longueur, de trois dans le second tiers et de deux dans le dernier 5 elle est armée de deux hameçons n°. 12 , empilés sur un fort crin choisi , nommé crin (Tempile. A 4 pouces de l'hameçon du bas, sont placées deux balles à loup, fendues et resserrées sur la ligne : celle-ci est passée dans le bouchon, PL 1 1 ffig. \o, que l'on peut monter et descendre à volonté pour le placer convenablement.

On emploie encore cette ligne à pêcher des loches, des épei'lans, des vérons, et quelquefois même de petits barbillons.

Ligne à gardons. — Elle se compose de six crins dans toute sa longueur , qui doit être de i5 pieds , attendu que les gardons se tiennent dans les fonds d'eau; elle n'a qu'un seul hameçon n°. 10, empilé sur racine (empile qui se recommande par sa finesse , sa force et sa transparence), et à 10 pouces de l'hameçon on place suffisamment de plomb pour que la flotte, PL 1 \yfig' 9, soit droite dans l'eau, et qu'il n'y ait c[ue sa partie supérieure qui en sorte ; ce qui est essentiel , car le gardon, nageant la tête en bas, ne tire presque point en mordant. Lorsque les gardons sont gros, on peut remplacer l'hameçon n°. 10 par un n°. 8. Quand le temps est froid , les petits poissons, se retirant dans les fonds, on peut les pêcher avec cette ligne en y attacliant un hameçon Ji°. i3.

iJgne à vandoises. — Elle est la même que la

précédente: seulementl'hameçon doitêtredu n". 16.

i Ligne à barbillons. — Cette ligne, que l'on ap-

( pelle encore ligne à soutenir, doit être faite en soie

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ecrue n**. 4, que l'on trouve chez les fabricans d'ustensiles de pêche , ou chez les marchands de soie. On prépare cette soie en la faisant tremper pendant 24 heures dans l'huile grasse, pour l'empêcher de se mêler et lui donner une grande solidité. En sortant de l'huile, on la tend sur deux clous pour la taire sécher , et on ne s'en sert que lorsqu'elle l'est parfaitement.

La ligne a 25 pieds de longueur; elle porte un hameçon no. i , empilé sur deux brins de boyau de ver à ^soie , et à 24 pouces de l'hameçon est placé un plomb, ^^. i3,P/. 11-

On se sert encore , pour les barbillons , d'une autre ligne appelée ligne à pocher dans les pelotes : elle se compose de la même manière, à l'exception que l'hameçon doit être empilé sur la soie de la ligne , et que le plomb n'en est éloigné que de 2 pouces , parce que l'on renferme l'un dans l'autre dans une pelote de terre grasse garnie de vers. On se sert de cette ligne et de la première en l'attachant au brin de baleine, yî'jg'. 4-

Ligne à perches. — Cette ligne, qui doit avoir i5 pieds de longueur, se compose de crins; savoir, de 8 dans le premier tiers de sa longueur, de 6 dans le second , et de 4 dans le tiers inférieur ; on y attache cinq brins de boyau de ver à soie les uns au bout des autres , et sur le dernier brin est empilé un hameçon n". 5. Cette ligne porte un bouchon, fis. 11, et un plomb à loup fendu, et resserré sur le boyau, est placé à 6 pouces de l'hameçon.

Les perches étant armées de dents , on doit mettre beaucoup de soin dans le choix du boyau de ver à soie, pour être assuré qu'elles ne pourront le couper. Quelques pêcheurs empilent leur hameçon sur du fil de laiton j mais la raideur de ce fil a des inconvéniens , et il n'y a que les perches affamées qui se font prendre. Il est préférable d'empiler l'hameçon sur une double racine. On peut prendre des carpes avec cette ligne , en remplaçant l'hameçon n°. 5 par un n**. 2.

Ligne à chevesnes. — Cette ligne , qui a 20 pieds de longueur , se compose de quinze crins en haut , de douze au milieu , de neuf aux deux tiers, et de six à l'extrémité inférieure ; elle porte un hameçon n". o, empilé sur boyau de ver à soie double, attaché aux six crins ; un plomb plat et mince , roulé sur la jonction des crins et de la racirje , dont il doit couvrir le nœud. Le plomb doit avoir un poids suffisant pour que le bouchon , fig. 12 , adapté à cette ligne , soit maintenu droit dans l'eau.

Cette ligne sert aux différentes pêches du meunier; on change seulement l'hameçon, suivant les appâts que l'on emploie. Ainsi, on fait usage de l'hameçon n». o, pour les appâts composés de raisin, de cerises, de hannetons ou de grosses chenilles ; de l'hameçon n». 2 pour les appâts faits de sang, de sauterelles, de grillons; enfin de l'hameçon n°, 6 pour les appâts composés de mouches, de vers.

Lignes à chevesnes à la volée. — On emploie encore pour la pêche aux chevesnes une ligne appelée ligne à la volée , dont la longueur est de 24 pieds , et qui se compose , de 4 pieds en 4 pieds , à partir de l'extrémité supérieure, de vingt-quatre, vingt, seize, douze , huit , et enfin quatre crins ; un hameçon n". 3,

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empilé sur un boyau de ver à soie, est attaché aux quatre derniers crins. Cette ligne est garnie de huit flottes, ^"^. 9, PL 1 1, placées de 2 pieds en 2 pieds pour soutenir la ligne sur l'eau : elle ne porte point de plomb.

Ligne d tanches et à carpes. — Elle se compose avec de la soie et du crin couleur d'eau; elle doit avoir 24 pieds de longueur, et être terminée en queue de rat. Elle porte un bouchon, ^^. 12 , une balle de plomb percée et placée entre deux nœuds , dont le premier est à 2 pieds de distance de l'hameçon et le second à 4> et un hameçon n°. 2, empilé sur racine.

Ligne à brochets.-— ^&i\.Q est formée de soie écrue, n°. 1 ; sa longueur est de 4o à 5o pieds ; elle a un bouchon, ^^•. 1 1 , et deux flottes .^fig. 9 , placées de 2 en 2 pieds, àpartir du bouchon : on n'y met point de plomb ; elle porte un hameçon à brochet .,fig. 2, PL 11.

Ligne à truites avec des mouches. — Elis se compose de soie et de crin sans nœud, couleur d'eau, grosse à l'extrémité supérieure, et très-fine à celle inférieure ; sa longueur est de 4o à 5o aunes; il ne faut ni plomb ni flotte : elle porte une mouche artificielle.

On se sert d'une ligne semblable , mais plus forte et plus longue , pour le saumon et la truite saumonée : la canne dont on se sert a aussi plus de solidité.

§ 3. — Lignes dormantes.

Nous avons déjà dit que les lignes dormantes sont celles qui sont garnies d'hameçons dans leur longueur, et dont l'extrémité inférieure est fixée au fond de l'eau, tandis que l'autre extrémité est fixée à un corps solide. Il y a plusieurs sortes de lignes dormantes.

Ligne dormante pour les anguilles. — Cette ligne, qu'on appelle aussi traînée ou cordeau, consiste en une corde de la grosseur au plus du petit doigt , sur laquelle on attache de distance en distance , par exemple de 2 pieds en 2 pieds, quelques cordelettes , d'un à 2 pieds de long au plus , munies à leur extrémité d'hameçons d'un pouce de longueur, qu'on amorce d'ablettes, de goujons , de loches et d'autres petits poissons , et même plus avantageusement de petites lamproies et de gros vers de terre.

Lorsqu'on veut faire usage de cette ligne , soit dans l'eau douce, soit dans l'eau salée, on attache à une des extrémités de la corde un pieu planté sur le bord de l'eau, et l'autre à une pierre, que l'on jette dans l'eau aussi loin qu'il est possible.

Quelquefois les pêcheurs , pour éviter les vols, qui dans ce cas deviennent très-faciles , fixent les deux extrémités de leur ligne à deux pieux enfoncés dans l'eau à quelque distance , mais toujours cependant disposés de manière que la corde traverse la rivière , et soit perpendiculairement au courant.

On place ordinairement la ligne dormante le soir, et on va la relever le matin pour détacher et emporter les anguilles qui s'y trouvent prises; mais certains pêcheurs, pour économiser le temps, la laissent pendant presque tout l'été , époque de l'année où cette pêche est la plus fructueuse , et secon-

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tentent, chaque matin, en enlevant le poisson pris pendant la nuit, de remettre de nouveaux appâts, et de réparer les dommages qu'elle peut avoir éprouvés.

En Allemagne et dans d'autres contrées du Nord, les pêcheurs vigilans ne jettent leurs lignes que vers minuit , et vont les retirer au point du jour, parce qu'ils ont remarqué que, s'ils laissent les anguilles se débattre long-temps , elles rompent souvent les ficelles , cassent les hameçons et s'échappent.

Pour qu'une ligne dormante, ainsi abandonnée dans des eaux ordinairement bourbeuse>, puisse durer plus d'un été, il faudrait qu'elle fut de soie 5 mais peu de pêcheurs sont en état de faire les avances nécessaires pour se munir des enchins ordinaires , et par conséquent ne sont rien moins que disposés à se livrer à des dépenses inusitées , quelque avantageuses qu'elles soient. Les lignes et les filets en soie, outre une durée quadruple , ont une force double sous le même volume et absorbent moins d'eau; ce qui leur donne une supériorité inappréciable dans beaucoup de circonstances.

Ligne dormante pour les étangs. — Elle est formée de soie écrue n°, 3, apprêtée par le même procédé que pour la ligne à barbillons; sa longueur est de 24 pieds. Elle porte un fort bouchon, ^^^. 12, PL 1 1 , pour qu'il puisse être vu de loin, et trois hameçons n". 5, empilés sur boyau de ver à soie et placés de 10 en 10 pouces : entre le premier et le second hani eçon, on fixe quatre grains de plomb à loup.

On se sert de cette ligne pour les carpes et les tanches et pour les brochets, en remplaçant les hameçons du n° . 5 par un du n°. 1 à brochet, PI. 1 1 ,

On attache cette ligne à une gaule de noisetier ou autre bois flexible.

Bricoles. — Ce sont de longues lignes qui, au lieu d'être attachées à une perche, le sont à une branche d'arbre , à un pieu ou tout autre corps solide et fixe. V. Bricoles.

Cerceau. — On attache des lignes simples et dormantes à la circonférence d'un Cerceau. V. ce mot.

Lignes dormantes attachées d des plombs.

Il y en a de plusieurs sortes : nous avons déjà parlé de la ligne de fond appelée Jeu. V. ce mot.

Ces lignes sédentaires , au lieu d'être attachées à un corps flottant, sont amarrées à un corps pesant, qui tombe au fond de l'eau.

Les pêcheurs ont un plomb , Jîg. 1 1, PI. i5, qui est percé à sa pointe , ou qui a en cet endroit un anneau, auquel on attache une ligne b, qui porte au bout opposé au plomb une flotte de liège, ou un petit fagot de roseaux secs : ce signal sert à trouver la cortie au moyen de laquelle on retire le plomb. Autour de ce plomb sont des lignes de crin ou des empiles e?, qui portent des haims rf, et l'on ajuste à chaque ligne un petit morceau de liège, pour que les haims n'entrent pas dans la vase. Il est bon que les lignes soient de différentes longueurs.

Le soir , 2 heures avant le soleil couché , on cale le plomb au fond de l'eau , et on le retire le lendemain , 2 heures après le soleil levé.

On voit que le plomb fournit un point qui résiste

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au courant et qui retient toutes les lignes. Il ne faut pas en mettre en aussi grand nombre qu'elles sont représentées dans \a. Jig. 11 , quand on tend dans une eau courante , parce que les hameçons se mêleraient.

Pèche avec des lignes dormantes., qui se pratique en

Bretagne.

On fait à la mer des pêches assez approchantes de celle dont nous venons de parler.

Sur les côtes de Bretagne, quelques pêcheurs attachent au bout d'une corde , PL i5 ^Jrg- 16 , un morceau de plomb c , qui a une forme allongée et un trou à chaque bout. Un de ces trous sert à attacher le plomb à l'extrémité de la ligne, qui a 20 ou 3o brasses de longueur, plus ou moins, suivant la profondeur de l'eau ; à environ une brasse au-dessus du plomb est attachée quelquefois une pile longue àpeu-près d'une brasse; et au trou qui est à l'autre bout du plomb c, on amarre deux ou un plus grand nombre de piles , qui sont de différentes longueurs. On pêche avec ce plomb entre les roches ; et les poissons qu'on prend le plus communément sont des congres, des crabes, des homards et d'autres poissons saxatiles.

Pêche à la fourquette.

La ligne qu'on appelle dans la MéditerranéeybwAquette j PL \^ ■^fig- i3, est une croix de fer ou de cuivre a, qu'on attache au bout d'une longue ligne ou corde b, à l'extrémité de laquelle est une bouée c, et aux bouts de chaque bras de la croix sont attachées nombre de piles d , garnies d'haims. On descend cette croix au fond de la mer; la bouée c, qui est au bout de la corde opposé à celui qui tient à la croix , sert à reconnaître où elle est, quand on veut la retirer de l'eau pour prendre les poissons qui ont mordu aux appâts : ce sont ordinairement des 2>oissons plats.

Couffe de palangre.

Dans le fond de la Provence, du côté de Nice , il y a des pêcheurs qui ajustent des haims et lignes d au bord d'un panier a , qu'ils nomment couffe^ ils suspendent ce panier comme un plateau de balance par trois cordes b y qui se réunissent à une seule c, laquelle a -2.5 ou 3o brasses de longueur et qui est terminée par une bouée. Ils remplissent de pierres ce panier et le descendent à une grande profondeur eu mer ; ils le retirent de temps en temps [)Our prendre le poisson , qui est des mêmes espèces que celles qu'on prend avec la fourquette.

Pêche à l'archet.

On fait entre les roches, sur les côtes de Poitou , une pèche que l'on nomme à l'archet^ et qui est peu différente de celle dont nous venons déparier: ces pêcheurs, PL \'b.,fg. 17, prennent une baleine ou un rotin , qu'ils plient en rond ; la ligne dépasse la partie circulaire, et porte à son extrémité un plomb qui pèse 2 ou 3 livres. A chaque bout de l'archet, sont frappées une ou deux piles, dont chacune porte un haim. On attache au bout de la ligne un

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