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signal fait avec un fagot de roseaux , qui sert à la trouver quand on veut tirer de l'eau l'archet.
Pêche dite potera.
A la côte de Valence , depuis le mois de septembre jusqu'au mois de janvier , on pêche les calamars avec une ligne qui est singulièrement ajustée, et qu'on nomme potera. Deux ou trois hommes vont avec un bateau à demi-quart de lieue en mer , se portant à un endroit où il y ait au moins 6 ou 7 brasses d'eau j ils ont une ligne , Pi. i4 ifig- i^, d'environ 20 brasses de longueur , au bout de laquelle est une baguette longue de 8 à 10 pouces. Ces pêcheurs enfilent dans la baguette uu petit poisson qu'on nomme bogue , ou un leurre d'étain 5 au-dessous est un morceau de plomb pour faire caler la ligne , et ils attachent à la baguette , au-dessus du poisson , des piles de différentes longueurs, où tiennent de petits haims sans appât. Les calamars , qui viennent pour manger l'appât, s'embarrassent les jambes dans les haims, et aussitôt que le pêcheur , qui tient la ligne , s'aperçoit qu'il y a quelque chose de pris , il retire la ligne , détache le calamar , et remet la ligne à l'eau. Cette pêche se fait la nuit.
Vêche qu'on fait au bord de la mer sur les grèves avec des lignes sédentaires.
Les pêches dont nous venons de parler ne sont guère d'usage que dans les endroits où il n'y a point de marée; on ne les [iratique sur les côtes de l'Océan qu'entre les roches. Les pêcheurs de ces côtes préfèrent de tendre les lignes sur les sab!es et les grèves , dans les endroits où ils savent que la marée montera. Ainsi , au lieu de porter des lignes dans l'eau, on les tend à sec au bord de la mer, et c'est l'eau qui vient les chercher et qui y amène le poisson.
Avant d'entrer dans le détail des différentes façons de pêcher sur les grèves ou le sable , nous ferons remarquer qu'à certaines côtes vaseuses les pêcheurs se servent d'épines au lieu d'haims de métal, prétendant que le poids du métal les ferait entrer dans la vase , au lieu que la légèreté des épines fait que les appâts restent exposés à la vue du poisson. Nous avons déjà fait remarquer qu'un petit corceron de liège rendrait les haims de métal assez légers pour les soutenir au-dessus de la vase. La vraie saison de cueillir les épines est l'automne, lorsqu'il a fait quelques petites gelées; si on les prend plus tôt, le bois n'étant pas mùr, elles sont trop molles; après les grandes gelées, elles sont sèches et cassantes. Au reste, la pêche aux épines, qu'on appelle épine tte ^ se pratique de même que celle avec les haims de métal.
De la pêche sur les sables et grèves , nommée petite
càblière.
Les femmes et les enfans, après s'être approvisionnés d'appâts, ajustent un haim au bout d'une ligne qui a environ une brasse de longueur, et ([uelquefois ils mettent , à 6 pouces de cet haim, un petit corceron de liège. Ils ajoutent encore à l'autre extrémité de la ligne un caillou gros comme un
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œuf de dinde, ainsi qu'on le voit à la main d'une femme , P/. i5 , N°. V.
Ils amorcent les haims avec des vers marins ou des loches , ou des crabes poltrons , qu'ils déchirent en plusieurs morceaux pour en faire une moindre consommation. Les pères, les mères et les enfans portent sur la grève ou le sable un grand nombre de lignes ainsi disposées , qu'on nomme petites câb Itères .^ parce que les pêcheurs appellent câblières les pierres qu'ils emploient pour faire caler leurs cordes ou leurs filets.
A mesure qu'on apporJ.e des lignes au bord de la mer, les femmes âgées et faibles mettent des cailloux aux haims qui en manquent; et les hommes, ainsi que les femmes robustes, font, avec des louchets ou des pelles de fer , de petits trous dans le sable , pour recevoir les cailloux qu'on a mis dans un des bouts des lignes. Celui qui tient le louchet les recouvre de sable, qu'il affermit avec son pied, de sorte que la ligne et l'appât i-estent couchés sur ie sable.
On en tend ainsi une grande quantité le plus près que l'on peut de la laisse de basse mer.
A mesure que la marée monte, l'eau couvre toute la grève; quantité de poissons suivent son courant, étant attirés par une grande quantité de petits poissons et d'insectes qui se trouvent à ces endroits. Les poissons qui rencontrent les appâts qu'on leur a préparés en abondance se jettent dessus, se prennent aux haims, et la mer étant retirée, on les trouve sur le sable.
Cette pêche se fait toute l'année sur les grèves et lessables fort étendus; mais elle ne se pratique point sur les vases molles.
Les demi-vives eaux sont plus favorables pour les pêches qu'on fait sur les grèves que les grandes vives eaux , parce qu'alors l'eau de la marée ayant uu courant fort rapide, le poisson qui est venu à la côte n'y peut tenir; au lieu que, quand les marée-^ sont plus faibles, le poisson, qui attérit (pour parler comme les pêcheurs) , ayant monté avec le flot, séjourne quelque temps sur les grèves, et ne retourne à la grande eau qu'à la fin du jusant; ce qui lui donne le temps de mordre aux appâts.
Des cordes dormantes et sédentaires, chargées de lignes ou de piles p et tendues au bord de la mer.
La principale corde a b^ PI. i5, fig. i5, se nomme , dans l'Océan , maîtresse corde , et dans la Méditerranée le mestre de palarigre. Dans l'Océan, les cordes latérales se nomment lignes ou lanes , et quelquefois p/Ze.? ou empiles quand les haims y sont immédiatement attachés, commcy,* caries termes de piles ou empiles conviennent particulièrement à la ligne qui attache l'haim , et qui est différente de la ligne qui tient la maîtresse corde ; mais les liaims sont souvent immédiatement attachés aux lignes latérales, qui alors font l'office d'eni piles , et en prennent souvent le nom. Les empiles sont doubles ou OA'ales et quelquefois simples. Les lignes latérales se nomment bresseaux dans la Méditerranée ; une maîtresse corde garnie de lignes latérales se nomme en quelques enciroits iaw/y'e, ailleurs «j7pelet^ en Provence palangre.
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Pour certaines pèches , on cliarge la maîtresse corde de cailloux fff, qu'on met de distance en distance. Pour d'autres pèclies, on met sur cette corde des flottes de liège; enfin on attache quelquefois au bout de la maîtresse corde de grosses pierres percées H , H , qu'on nomme cdhlières.
Pèche sur les grèves avec des bauffes.
Au lieu d'amarrer au bout de chaque ligne un caillou qu'on enfonce dans le sable, quelques pêcheurs attachent, à environ une brasse les unes des autres, des lignes ou des piles sur une mai tresse corrle, PI. i5, N'^. y. Ils portent au bord de la mer ces bauffes avec les haims amorcés', puis, a\ec un louchet ou pellot de fer, ils font dans le sable ou la grève un sillon seulement de 3 ou 4 pouces de profondeur, dans lequel ils couchent et étendent la maîtresse corde en remplissant le sillon avec le sable qu'ils en ont tiré 5 de sorte qu'il n'y a que les lignes et les haims amorcés qui restent couchés sur le sable. Pour cette façon de pêcher, il en coûte aux pêcheurs la maîtresse corde , qui est ordinairement mauvaise ; mais la tente des lignes se fait plus promptement : c'est le seul avantage qu'elle ait sur la^etite câhlière.
Pèche à la hauffe sédentaire , qu'on tend au fond
de la mer.
D'autres pêcheurs tendent encore plus promptement leurs cordes chargées d'empilés. Au lieu d'enfouir la maîtresse corde dans le sable , ils attachent à chaque bout de cette corde une grosse pierre ou câblière H , PI. \5 , flg. iSj ils étendent sur la grève cette corde chargée de lignes. Les câblières suffisent pour empêcher que le courant de la marée n'entraîne la corde, sur-tout quand la grève est peu inclinée.
De la pêche appelée arondelle ou harouelle , qui se fait aux environs de Saint-Brieux.
Cette pêche se fait avec une corde pas tout- à-fait grosse comme le petit doigt , et d'environ 24 brasses de longueur, à laquelle on attache, de 2 en 2 brasses, un fil à voile ou gros fil retors, qui, excédant également la maîtresse corde des deux côtés , produit une espèce de croix, dont les bras , qui sont formés par les lignes , ont à-peu-près une brasse de longueur. A chaque extrémité de ces lignes fines, sont attachés de petits haims.
Les pêcheurs tendent ces cordes sur le sable, et au lieu de l^'S arrêter par des câblières, ils amarrent les deux bouts de la principale corde à deux piquets qu'ils enfoncent dans le sable.
Au reste , toutes ces façons de pêcher reviennent au même. Lorsque la mer est retirée, on trouve sur le sable le poisson qui a mordu aux appâts.
Tente sur pâlots ou piquets au bord de la mer.
Lorsque les pêcheurs veulent prendre les poissons ronds , qui nagent entre deux eaux , au lieu d'assujettir leur corde au fond de l'eau , ils la tendent sur des piquets ou pâlots , PI. 16 , i\^o. /. Pour cehi , les pêcheurs portent au bord de la mer , ou peu-à-peii
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sur leur dos , ou avec des chevaux , de longues cordes garnies de piles et d'haims,^^^ i et 2 , avec des piquets de 3 , 4 ou 5 pieds de longueur, N<^. II .^ fig. 1 et 2 5 ils enfoncent à coups de maillet ou masse, fig. 4 et 5 , les piquets dans le sable ou le tuf même, entre de petites roches, seulement à la profondeur nécessaire pour qu'ils soient bien assujettis , car ils doivent s'élever de 18 à 20 pouces sur le sable, et quelquefois de 3 à 5 pieds, suivant l'épaisseur de la nappe d'eau que la marée rapporte.
Lorsque le fond est dur , on prépare les trous avec un barreau de fer pointu yjlg. 6 , que l'on appelle p/«ce. Quelquefois, pour mieux assujettir les piquets , on enfonce à leur pied des chevilles, fi^. 7, ou quand les sables sont mouvans, on garnit la pointe des piquets avec de petites torches de paille ou d'herbe sèche, qu'on entortille autour de la partie pointue , et qu'on arrête avec de la ficelle : alors il faut préparer le trou dans le sable avec un louchet, et lorsqu'on a comprimé le sable au pied des pâlots, ils sont suffisamment assujettis.
Les piquets ou pâlots étant fermement assujettis dans le terrain , les pêcheurs tendent leur corde en faisant une demi-clef sur la tête des pâlots, de façon que les haims pendent en bas, TVô. I,/ig. 3, jusqu'à ce que la mer ait assez monté pour les faire flotter.
On fait donc cette tente de mer basse , et on détache le poisson à mesure que la mer se retire. On se met pour cela dans l'eau jusqu'au genou , afin de prévenir que les crabes, les homards ou autres poissons voraces ne dérobent le fruit de la pêche. Cette précaution est sur-tout importante pour les pêches qu'on fait en été, parce qu'alors les crustacés s'approchent beaucoup de la terre.
Dans les fonds de roche ou de tuf dur, on fait ordinairement les piquets plus forts, on les enfonce avec une masse , et on les affermit avec des chevilles. Au moyen de ces précautions, le propriétaire jouit plusieurs années de ses pâlots , si on ne les vole pas. Quand on tend les cordes sur des pâlots élevés , on craint moins les rapines des crustacés.
Aux côtes de Valence , les pêcheurs sont obligés de tendre leurs cordes sur des piquets assez longs : 1°. parce qu'ils ne peuvent pas les tendre sur les vases 5 2**. parce que les poissons qui resteraient sur les vases seraient bientôt dévorés par les crabes , les araignées, etc.
L'été est la saison la plus favorable pour faire les pêches au bord de la mer , attendu qu'en hiver , lorsque l'eau devient froide , les poissons se retirent dans la grande eau ; mais aussi c'est pendant l'été que les pêcheurs redoutent le plus les poissons voraces.
Cordes qu'on nomme de pied dans le Boulonais.
Ce sont des bauffes chargées de lignes semblables à celles dont nous avons parlé j on les tend sur le sable au pied des falaises. Chaque pièce a 5 ou 6 brasses de longueur, et les lignes latérales sont à une brasse les unes des autres : on enfouit la maitresse corde dans le sable à la profondeur de 3 ou 4 pouces. Comme les piles portent un petit corcerou de liège , l'eau de la marée soulève les piles et les fait voltiger de côté et d'autre. Quoiqu'il soit à pré-
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su mer que l'on prendrait à cette pêche plus de poisson dans les temps de chaleur que par le froid , on ne la pratique point durant l'été, parce que tout le poisson qu'on aurait pris serait dévoré par les crabes , les araignées , les bourbes, qui , dans cette saison , se portent en grande quantité à la côte.