‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 124 sur 344 · SONT PAS SÉDENTAIRES · texte numérisé non relu

SONT PAS SÉDENTAIRES

JDe la pèche qu'on appelle en quelques endroits au doigt, et qui se fait avec une ligne simple et sans canne.

Il est bon de remarquer que la principale différence qu'il y a entre cette façon de pêcher et celle qu'on fait avec des perches dans un petit bateau , consiste en ce que, quand la ligne est attachée à une canne ^ elle ne peut avoir qu'une longueur médiocre , au lieu que la ligne qu'on tient à la main peut avoir 12, j 5 ou 20 brasses de longueur.

Il y a des ports de mer, et notamment la côte de Valence, où l'on pêche avec une ligne simple sans employer de canne : pour cela, deux hommes s'embarquent dans un petit bateau, la nuit au clair de la lune, tenant chacun à la main une ligne, au bout de laquelle sont des haims amorcés. Ils tirent la ligne à bord quand ils sentent qu'il y a quelque chose de pris. Cette pêche se fait depuis le mois d'avril jusqu'à celui de septembre lorsque la mer est calme. Ils y prennent particulièrement des oblades. Ces bateaux s'écartent peu de la côte.

On fait à la côte de Guinée une pêche à-peu-près semblable : sa princi(iale différence consiste en ce qu'au lieu de tenir la ligne à la main les pêcheurs en entourent leur front ; au moyen de quoi ils s'aperçoivent bientôt s'il y a du poisson de pris, et ils ont les deux mains libres pour s'en servir à conduire leurs bateaux.

Pèche nommée le bolantin à la côte de Valence.

Tiois ou quatre hommes se mettent dans un petit bateau , et vont jusqu'à 4 lieues au large chercher 40 brasses d'eau , tenant chacun à la main une ligne de 5o brasses de longueur, au bout de laquelle sont attachés avec des empiles trois ou quatre haims amorcés de chevrettes , avec un plomb pour faire caler la ligne. Ils font cette pêche toute l'année, par toutes sortes de temps, pourvu qu'ils puissent tenir la mer. Elle se fait de jour , et les poissons qu'ils prennent le plus communément sont des pajets.

De la poche du germon avec une ligne simple.

On fait à l'Ile-Dieu la pêche du germon avec des lignes simples de 25 à 3o brasses de longueur et de 6 lignes de circonférence , faites de bon fil fin : au bout de cette ligne, on attache avec une empile un haim de fer étamé , presque de la même grosseur que la ligne.

On va à cette pêche dans des bateaux.

Fâche de la morue avec des lignes simples.

Quand un vaisseau est rendu au lieu où le capitaine se propose de s'établir pour la pêche de la

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morue destinée à être séchée , on mouille l'ancre dans une anse qui forme , autant qu'il est possible , un bon abri. On établit à terre l'échafaud pour la préparation du poisson ; puis on arme des chaloupes, dont le nombre est proportionné à la force de l'équipage. Toutes partent le matin pour leur pèche , qui se fait avec une ligne simple qu'on tient à la main. Cette ligne est chargée d'un plomb, et elle porte au bout un haim amorcé.

Quelques chaloupes , armées aussi de quatre ou six hommes, ne pèchent point: elles sont destinées à faire le batelage, c'est-à-dire à prendre le poisson des chaloupes pêcheuses pour le porter à l'échafaud , et fournir des haims et des appâts aux pêcheurs qui en manquent.

La pêche de la morue qu'on nomme verte se fait aussi avec des lignes simples , mais presque toujours hors la vue de terre , et les pêcheurs sont dans leur navire, qu'ils ont dégréé, ne conservant qu'un petit mât et une seule voile pour se soutenir contre la lame. V. l'article Morue.

JDe la pêche à la ligne simple dans de fort petits batclets.

Sur les marais salés de Cette, en Languedoc, tandis qu'un homme entre dans un petit bateau, qu'ils nomme barquette , son compagnon , ou ses compagnons, s'il y en a plusieurs , tiennent à la main une ligne garnie de plusieurs haims ; ils la retirent quand ils sentent que quelque poisson a mordu.

De même à la Guadeloupe , trois hommes se mettent dans un petit canot fort court : deux nagent, le troisième gouverne, et tient en même temps une ligne qui a 4° ou 5o brasses de longueur, au bout de laquelle sont plusieurs haims empilés avec du fil d'archal. Cette pêche se fait depuis la pointe du jour jusqu'à 10 heures du matin : ils prennent communément des tazars , des bonites, etc.

La même pêche se fait encore dans la baie de Kola : deux ou trois Russes vont dans un petit bateau à la pêche du cabillaud avec des lignes simples, de la grosseur d'un tuyau de plume à écrire, au bout de chacune desquelles est un haim garni de son appât.

Pêche aux lignes simples avec de petits radeaux.

Les voyageurs rapportent qu'en Chypre les paysans voisins de la mer rassemblent des brins de fenouil bien secs , de 5 à 6 pieds de longueur , qu'ils lient les uns aux autres pour en former de petits radeaux , qu'un homme seul conduit le long de la côte, ayant attaché des lignes autour de ce radeau , et qu'ils prennent ainsi quantité de petits poissons.

Pêche dite au calimaran, avec des lignes simples.

Nous lisons dans des livres de voyages que, depuis Masulipatan jusqu'à Madras, les pêcheurs prennent des raies , des mulots et d'autres poissons avec des lignes simples , qu'ils attachent à un catimaran, qui est une espèce de radeau fait avec trois pièces de bois léger, qui sont assemblées en triangle : deux hommes nus les conduisent avec des pagayes. Pour

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peu que la mer soit grosse , les pêcheurs sont presque toujours dans Pe.iu.

Nos mers sont trop agitées et l'air trop froid pour qu'on puisse s'y servir de pareils radeaux : on y supplée par de fort petits bateaux.

Pêche sur les étangs avec des corps Jlottans.

Quand on pêclie dans un étang où il y a beaucoup de poisson, et sur-tout du brochet , on peut, lorsqu'il fliit du vent, attacher à une vessie remplie d'air, ou à un fagot de roseaux secs, ou à une bouée de liège, une ligne garnie d'haims amorcés. On attache de plus une ficelle ou corde menue à ces corps flottans ; on les met sur l'eau , le vent les porte au large avec les lignes qui y sont attachées , et on file la corde. Quand on s'aperçoit que les poissons sont pris, ce qu'on reconnaît aux mouvemens de la vessie ou des autres corps légers nommés ci-dessus, on tire la ficelle , et on amène les poissons à terre.

Autre pêche.

On peut encore, par forme d'amusement, attacher des haims amorcés aux pattes d'un canard ou d'une oie, qui, nageant sur l'étang, les présente aux poissons, et s'il se rencontre un gros brochet qui morde aux appâts , on voit un combat amusant entre l'oiseau et le poisson 5 mais , pour ne pas perdre l'un et l'autre, il faut avoir passé sous les ailes du canard une ficelle dont on conserve le bout à terre.

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