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ALBE. V. Ablette.
ALBELEN. C'est un poisson qu'on nomme lavaret dans les lacs de la Suisse. V. Lavaret.
ALBULE. Nom spécifique d'un poisson du genre des Mutiles (S . ce mot ) , qu'on trouve sur les côtes de l'Amérique septentrionale, et qui se rapproche beaucoup, pour le goût, des poissons qu'on appelle mulets en France. Les plus gros poissons de cette espèce ont 9, pieds.
ALENE. Nom vulgaire de la raie oxyrinque. V. Raie.
ALEVIN. Du grec alieus , qui signifie pécheur. C'est le menu poisson dont on peuple les étangs.
L'ordonnance de 1669, ^^^' XX.5l1, art. 21 , porte: ce Pour l'empoissonnement de nos étangs, le carpeau aura 6 pouces au moins , la tanche 5, et la perche 4 ; et à l'égard du biocheton, il sei-a de tel échantillon que l'adjudicataire le voudra; mais il ne se jettera aux étaugs,, mares et fossés, cju'un an après leur empoissonnement; ce qui sera observé pour les étangs, mares et fossés des ecclésiastlqvies et communautés, de même que pour les nôtres. Enjoignons aux officiers des maîtrises d'y tenir la main, sans pouvoir prétendre aucuns frais ni droits, à peine de concussion. » V. Etang et Pêche.
ALEVIERS. On nomme ainsi de petits étangs destinés à élever de l'alevin ou de petits poissons, pour peupler les grands étangs.
ALGUES. On comprend sous ce nom une famille de plantes rampantes , souvent aquatic^ues , d'une nature coriace , ou membraneuse, ou gélatineuse, ou filamenteuse. Elle renferme pjrincipalement les genres hisse f conferve, tremelle , ulve ^ varec , lichen ^ hépatique et jungermane.
Sur les bords de la Méditerranée, ce mot s'applique principalement à la zostère marine , et sur les côtes de l'Océan, Il se donne généralement à toutes les plantes marines qui sont rejetées par les flots , c'est-à-dire une réunion de conferves, d'ulves, et sur-tout de varecs, dans laquelle il y a quelquefois de la zostère, des sertulains , des alcyons , et beaucoup d'animaux marins morts , et même en partie putréfiés.
Les habltans des bords de la mer , et sur-tout les pêcheurs, emploient ces plantes à faire de la soude , en les brûlant, ou à former des engrais.
ALIGNOLE. Filet de Provence , qui est une simple nappe lestée et flottée , qu'on établit près de la surface de l'eau. On le fait avec un fil retors assez fort, parce qu'il sert à prendre des bonites^ des thons, des espadons, etc.
Ce filet , dont on fait usage à Fréjus, à Saint-Tropez et ailleurs , n'a que 23 brasses de longueur sur 3 de chute. Il est fait d'un fil très-fin.
Le filet qu'on nomme à Alicante rcclara en diffère peu. 11 paraît qu'il est fait avec du fil plus fort. Il a 40 brasses de longueur. Deux hommes vont dans un petit bateau, à un quart de lieue en mer, par 6 ou 7 bipasses d'eau. Ils amarrent un bout do leur filet à une corde à l'extrémité de laquelle est une boude ou câblière. Ils attachent ensuite une bouée à l'autre extrémité, et tiennent ce filet flottant près de la surface. Cette pêche ne se fait que durant les
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nuits obscures, depuis le coninieucement de novembre jusqu'en mai.
ALIiSETTES. Petites baguettes dans lesquelles on embroche les harengs qu'on veut saurir.
ALITER. C'est mettre les anchois le dos en haut dans des barils, entre plusieurs couches de sel.
ALLOCHE. Poisson qu'on croit, en Basse-Bretagne, être le grand Célerin. V. ce mot.
ALLEGEUR. On appelle ainsi le mousse qui, dans les bàtimens de pêcheurs d'Yarmouth, aide au ieveur à tirer le câble.
ALMADRABA. C'est la madrague en espagnol. Ce mot ne signifie pas toujoui's une enceinte de filets ; il se dit aussi du massacre des thons.
ALMAIRADES. Filets en usage en Languedoc. Y. Amairades.
ALOES, aloïdes. Plante dont on tire le fil de pitte. V. Ligne.
ALOSE , clupea alosa. ( Lin. ) Poisson du genre des dupées , c|ue l'on nomme à Bordeaux coulac ; dans plusieurs parties du midi de la France, cola , alouze , loche d'étang', à Marseille, halachia ^ en Espagne, sahoga ', en Allemagne, aise , gold-Jîsch ; en anglais, shad.
Histoire. — L'alose fut mieux connue des Espagnols qu'elle ne l'avait été chez les Grecs. Leshabitans de la partie occidentale de l'Espagne, que traverse le Bétis , la reconnurent solennellement comme l'une des espèces les plus utiles que renfermaient les eaux poissonneuses de ce fleuve. Plusieurs villes situées sur les bords du Bétis, telles que Caiira , Ilipa, Aria, Nema, etc.^ qui se livraient à la pêche de ce poisson , le firent graver sur leurs médailles comme un symbole de l'abondance et du commerce que leur procurait la pêche avantageuse qu'elles en faisaient.
Sur plusieurs de ces médailles, l'alose est surmontée d'un croissant et cjuelquefois de deux étoiles , signes qui, d'après l'opinion de M. Noël, auraient indiqué que la pêche réussissait mieux dans le croissant de la lune et pendant la nuit.
Description. — L'alose ( PL ^ , fig. 2 ) parvient à la longueur de 3 pieds j mais elle est si mince que , même à cette longueur, elle ne pèse cjue 3 à 4 livres 5 elle a beaucoup de ressemblance avec le hareng ; ce qui lui a fait donner le nom de mère des harengs. Les mâles sont plus petits et plus délicats que les femelles.
L'alose a la tête petite, la bouche grande, la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure , qui est garnie au bord de quelques petites dents, 19 rayons à la nageoire dorsale, 20 à l'anale, la caudale fourchue, la carène du ventre dentelée et couverte de lames transversales, le dos d'un jaune verdàtre, les côtés Lianes, les écailles grandes et dures, les nageoires grises et bordées de bleu, celle de la c^ueue grande et marquée de deux taches brunes.
Habitation. — Les alpses habitent les mers du Nord et la Méditerranée , remontent dans les fleuves au printemps, et s'avancent communément trèsprès des sources de ces fleuves. Elles forment des troupes dont le nombre varie beaucoup d'une année à l'autre. Par exemple, il y a des années où Pon en prend i3 ou 14,000 dans la Seine-Inférieure^ et
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d'autres où l'on n'en prend que de i,5ooà2,ooo. La Loire est la rivière, en France, la plus abondante en aloses ; on en trouve dans le Rhône , le Rhin , la Moselle, et près de l'embouchure de la Seine. Elles retournent à la mer en automne.
Nourriture. — Elles se nourrissent de vers, d'insectes et de petits poissons.
Propagation. — Les aloses déposent leur frai dans les fleuves dès qu'elles y sont arrivées , c'est-à-dii'e en mars et avril. Lorsqu'elles fraient, elles font un bruit qui s'entend de fort loin. La laite et les ovaires sont doubles dans cette espèce.
Ennemis. — Les aloses ont pour ennemis, pendant leur jeunesse, les silures, les brochets et les perches.
Qualités. — Les anciens recherchaient peu l'alose, à cause de la grande quantité d'arêtes qui s'y trouvent; cependant on l'estime beaucoup aujoud'hui. Les Russes en font peu de cas et les rejettent même quand ils la pèchent, ou la vendent à des Tartares.
Les aloses, plus particulièrement que d'autres poissons , sont de bonne ou de mauvaise cjualité , suivant la pureté des eaux où elles ont séjourné, et les alimens dont elles ont pu se nourrir. Elles sont ordinairement maigres et de mauvais goût en sortant de la mer; mais le séjour dans l'eau douce les engraisse , et elles deviennent délicates et de bon goût en se nourrissant de petits poissons.
Il faut aussi qu'elles aient eu le temps de se rétablir de la maladie que leur occasionne le frai ; ce qui arrive ordinairement dans les mois de mai et de juin.
On doit préférer les aloses dont la tête paraît petite et le dos épais, parce que ce sont des signes qu'elles sont charnues et grasses; les écailles claires et brillantes indiquent cju'elles ont séjourné du temps dans l'eau douce, où elles se sont engraissées. Quand les ouïes sont vermeilles et les yeux clairs, on peut ( ompter qu'elles sont fraîches ; si , outre cela , elles ont été pêchées en bonne eau, en bonne saison, et qu'elles soient d'une bonne grosseur , ce sera partout un poisson excellent.
Pêche des aloses. — La pêche des aloses dans les rivières de France commence dans le mois de mars et finit vers la fin de juin. Celles que l'on pêche à cette époque sont meilleures que les autres. On les trouve en abondance dans les anses et les baies , et généralement dans les eaux tranquilles. Les temps les plus convenables sont les nuits obscures et ceux pendant lesquels les eaux sont troubles. Si le temps est chaud , l'alose se retire au fond de l'eau ; lorsque le temps est à l'orage, elle s'enfonce encore davantage, et c'est dans les grands fonds d'eau qu'il faut alors la chercher.
On pêche les aloses avec la seine, les nasses, les troubles et le tramail. On pêche assez ordinairement en descendant, attendu que l'alose remonte, et l'on tend , suivant les circonstances , le filet à fleur d'eau, et dans les fonds quand on s'aperçoit que les aloses y sont retirées.
Comme ces poissons se rassemblent à l'embouchure des rivières pour passer dans l'eau douce , il est sensible qu'on doit en prendre davantage dans les parcs et les étangs qu'on y établit , et pour cette même raison , les pêcheurs les chassent avec de grandes seines qu'on traîne avec de petits bateaux.
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On n'établit pas ordinairement dans le lit des rivières des pêcheries expressément destinéesà prendre des aloses 5 mais on en prend beaucoup dans quelques-unes des pêcheries établies pour les saumons.
On se sert, pour cette pèche, de nappes sioiples ou de seines, dont la tête est garnie de flottes de liège, et le pied de lest de plomb: ordinairement les mailles de ces filets ont 3 pouces d'ouverture en carré; mais plus communément on se sert de tramaux dont la flue ou nappe a les ujailles assez ouvertes pour ne pas retenir les petits poissons.
Il faut, coninie on vient de le dire, que le filet soit tendu , tantôt à fleur d'eau, et tantôt à une profondeur plus ou moins grande^ suivant le lieu que les poissons occupent dans Teau ; car lorsqu'il lait très-froid ou fort chaud , et tjue les eaux sont claires , ils se tiennent éloignés de la superficie ; au contraire, ils s'en approchent quand l'air est doux, ou lorsque les eaux sont troubles. Pour établir le filet relativement au lieu que le poisson occupe dans l'eau^ les pêcheurs mettent plus ou moins de flottes • le liège à la ralingue qui borde la tête du filet 5 et pour mettre ou Ôter facilement et plus pi'omptemerit ces flottes , ils taillent les lièges comme de petites roulettes.
Quoiqu'on pêche beaucoup d'aloses dans la Loire, on n'en prend presque point dans le Loiret j mais il y a d'autres rivières qui s'abouchent à la Loire, où l'on en prend beaucoup: tels sont la Mayenne, cjui passe à Angers ; la Vienne, le Cher, etc. Ces rivières franchissent de petites chutes d'eau ; mais elles ne remontent pas les cataractes, comme font les saumons et les truites.
Les aloses entrent dans la Moselle à la fin du mois d'avril , et la pêche de ce poisson cesse à la fin de juin : on y en prend de très-grosses On les pêche avec un grand filet qu'on nomme raie.
La pêche des aloses se fait à Quillebeuf, petite ville à 7 lieues du Havre, du côté de l'embouchure de la Seine, depuis le commencement de mars jusqu'à la fin d'avril ; on se sert quelquefois de guideaux , qu'on tend au bord des bancs , ou bien de morte eau; et lorsque la mer est belle, on fait la pêche avec des seines.
Les aloses de l'embouchure de la Seine sont ordijiairement grasses et de bon goiJt, parce qu'elles y trouveutquantitéde petits poissons, particulièrement des éperlans, qui leur fournissent une bonne etabondante nourriture j mais on estime plus celles qu'on prend en remontant la Seine, que celles qu'on prend vers la mer. Cette pêche commence en février ou mars , et finit en mai.
Outre les aloses qu'on trouve dans les parcs qu'on construit au bord de l'eau, on en prend avec des seines qui ont 60 à 80 brasses de longueur ; les pêcheurs nomment alosières celles qui servent à prendre des aloses.
Les tramaux dont on se sert sont faits de fil trèsfin, à miLilles de '6 pouces d'ouverture en carré. Ces filets sont mis à l'eau , conduits et quelquefois relevés au moyen de petits bateaux.
Il y a ordinairement dans chaque bateau quatre hommes; deux nagent, un gouverne , et le quatrième met le filet à l'eau.
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Les bateaux qu'on emploie pour la pêche des aloses , et que l'on nomme barges à l'embouchure de la Loire, et toues vers Tours et Orléans, se terminent en pointe par les deux bouts, comme une navette ; ils sont ordinairement armés de deux hommes ; leur port est d'un ou deux tonneaux; ils ont un petit roàt et une voile dont les pêcheurs se servent rarement, et qu'ils amènent toujours quand ils sont en pêche.
Les pêcheurs mettent leurs filets à l'eau le soir; ils dérivent toute la nuit au gré de la marée, et ils les relèvent le jour pour revenir, si le temps le leur permet, sinon ils amarrent leur barge à ter^^e, et étendent leurs filets sur des arbres pour les faire sécher, jusqu'à ce que la marée leur permette de gagner la ville pour y vendre leur poisson.
La saison la plus favorable jîour la pêche de l'alose dans la Loire est depuis la fin de mars jusqu'à la mi-jiiin; et on regarde Nantes comme un poste avantageux, depuis 4 lieues au-dessus de la ville jusqu'à 4 lieues au-dessous.
On prend encore beaucoup d'aloses depuis le mois de février jusqu'en juin, dans les grandes rivières de la Guienne.
Cette pêclie se fait avec des seines de 80 brasses de longueur sur 3 de chute , qui traversent quelquefois presque toute la largeur de l'Adour ; les mailles ayant 2 pouces d'ouverture en carré, elles sont assez ouvertes pour laisser les petits poissons s'échapper. En quelques endroits delà Loire, les pêcheurs finissent leur pêche en tirant leur filet sur le rivage; cela ne se peut faire sur les rivières de Bordeaux et de Bayonne , parce que les bords n'en sont pas praticables : ainsi ils sont obligés de pêcher avec deux bateaux, et d'y relever leurs filets.
On sait que la ville d'y^gde est située sur la rivièie d'Hérault, à une demi -lieue de la mer: or, dans la saison où les aloses remontent cette rivière, les pêcheurs en prennent beaucoup à la seine , et en ce cas les pêcheurs s'arrangent entre eux pour pêcher cliacun à leur tour, comme cela se pratique dans la Loire.
Il y a des pêcheurs qui tendent, parle travers de la rivière, des tramaux qu'ils nomment alosats ^ et quand les aloses, effrayées par ces filets, veulent descendre le courant, elles tombent dans des nasses qu'on y a établies, et qui présentent leur ouverture au fil de l'eau. Quand, malgré tous les pièges, quelques aloses arrivent jusqu'à une chaussée de moulins qui traverse la rivière au-dessus de la ville, elles y trouvent un grand nombre de pêcheurs , qui les prennent avec des é|)erviers, des filets à manche, ou qui les harponnent avec des fouancs ; car elles font des efforts pour franchir la chute d'eau qu'occasionne cette digue.
Manière de préparer les aloses. — On sert les aloses sur les tables, ou comme rôt, ou comme entrée. Dans le premier cas, on les fait cuire entières au court-bouillon sans les écailler, et on les place sur une serviette pliée et garnie de persil. Dans le second cas, ou les écaille, on les fend longitudinalement en deux ; on les fait cuire dans l'eau, et on les sert avec différentes sauces , comme sauce blanche aux câpres, à l'huile, à la moutarde, etc., ou