MAI
geàtre ; les dorsales brunes, et deux raies longitudinales et blanches sur la seconde nageoire du dos.
Habitation. — On trouve le maigre ou umbre dans la Méditerranée , où ce poisson a été observé du temps d'Aristote ; mais on le trouve aussi dans les Antilles. 11 se plaît dans les endroits pierreux , et se retire pendant l'hiver dans les profondeurs voisines des rivages.
Nourriture. — - Il se nourrit d'algues et de vers, et vraisemblablement aussi de petits poissons.
Propagation. — Il arrive souvent qu'il ne fraie qu'en automne. 11 aime à déposer ses œufs ou sa laite sur les éponges qui croissent près des côtes.
Qualités. — Sa chair est ferme, mais facile à digérer , et il paraît que sa tête était très-recherchée par les anciens Romains.
Pêche. — Duhamel, dans son Traité des Pêches, consacre un long article à un poisson qu'on appelle maigre sur les côtes du Poitou et d'Aunis, peis-rey ou poisson royal en Languedoc , et daine à Narbonne 5 il pense que c'est la latus de Rondelet. C'est, dit-il, un gros poisson (jui parvient jusqu'à 5 pieds de longueur, et cjui est d'une excellente qualité. Mais il paraît que, sous les noms de maigre et de poisson royal, on a désigné souvent le thon., et d'autres fois V esturgeon et même le saumon. Voici, au surplus, un extrait de l'article de Duhamel.
On pêche à JNarbonne , dit-il, un gros poisson cju'on nomme daine, et qui, d'après les notices qu'on a pu se procurer, est notre maigre, non-seulement à cause de sa grosse taille , mais encore parce qu'on le regarde comme un fort bon poisson. Ce poisson est d'une force extraordinaire; car souvent, quand il est en vie dans une barque , il renverse d'un coup de queue un matelot. Pour prévenir cet accident et éviter qu'il ne déchire les filets, les pêcheurs les assomment avant de les tirer à bord. Ces poissons peu\ent, à leur volonté , coucher tous les rayons des ailerons vers l'arrière, où ils se logent dajis une gouttière , de sorte qu'on ne les aperçoit presque plus : il faut, pour reconnaître leur forme, les relever avec une pointe. La chair du maigre est blanche, tendre, délicate : ce poisson est estimé 5 la hure est sur- tout regardée comme un excellent manger. Les maigres sont de passage, et de plus il est rare qu'ils i estent un temps un peu considérable dans un Uiême paragc.
On en prend peu dans le mois d'avril : c'est dans les mois de mai, juin et juillet qu'ils viennent par bandes , et c'est dans cette saison qu'on en fait la pèche dans le Pertuis , entre l'île de Ré et la riviôie de Saint-Benoît, où on va les chercher sons l'eau jusqu'à 10 et 12 brasses. On assure qu'il reste de ces poissons jusqu'à la fin d'août, mais fju'alors on y en prend peu, parce qu'étant effarouchés, à ce qu'on prétend, par les pêcheurs, ils se séparent , et n'étant plus rassemblés, il est fort difficile de les rencontrer; car quand ces poissons sont rassemblés en troupe, ils avertissent du lieu où il faut les aller chercher par un mugissement [)lus fort([ue celui des grondins , et qui se fait entendre d'assez loin. 11 est arrivé que trois pêcheurs dans une barque, étant guidés I ar ce bruit, ont pris 20 maigres d'un seul coup de filet; mais cela est fort rare, sur-tout depuis