MAI
plusieurs années ([ue ces poissons ont abandonné les côtes d'Aunis pour aller peupler la mer de Biscaye , éloignée d'une centaine de lieues des côtes du Poitou.
On en prend d'assez gros à Barcelone et en Catalogne avec l'espèce de tramail qui sert pour les bastudes. On dit qu'on ne prend à Marennes que de petits maigres, qu'on y nomme maigreaux, et cpi( les pêcheurs de Saint'Palais, amirauté de Marennes, se servent, pour les prendre, d'une chaloupe et d'une espèce de folle o\\ de manet dont les mailles ont une ouverture proportionnée à la grosseur du poisson , pour qu'une partie se maille. Ces filets ont 3o ou 40 brasses de longueur sur 3 de chute , et sont lestés et flottés; ils sont faits de bon gros fil retors. Les pêcheurs prennent des bordées sous voile ou à la rame , prêtant la plus grande attention pour entendre le bruit que font les poissons, qui, suivant eux, est assez considérable pour être entendu , lors même que les poissons sont à 20 brasses sous l'eau; guidés par ce bruit, ils tendent leurs filets, faisant en sorte de croiser la marée. Le bout forain du filet auquel est attachée une bouée est entraîné par le courant de l'eau , et ils dirigent sur cette bouée la marche du bateau, dans lequel ils conservent une manœuvre attachée au bout du filet opposé à la bouée. Aussitôt qu'ils s'aperçoivent qu'un poisson a donné dans le filet, ils le relèvent, et assomment le poisson au sortir de l'eau.
On \oit, dans un mémoire de Royan, que les pêcheurs, s'étant portés au large dans leur chaloupe, mettent de temps en temps l'oreille sur les bords de la chaloupe pour essayer d'entendre le chant des maigres, et ils prétendent que l'arrivée de ce poisson annonce celle des sardines. Les maigres sont rares sur les côtes de Normandie et de Picardie : il n'arrive guère qu'on y en voie rassemblés en troupe.
Comme il n'est pas possible de détailler toutes les différentes méthodes que suivent les pêcheurs pour prendre ce poisson dans les dilférens parages, on se bornera à rapporter ce que pratiquent ceux d'Olone ; ils prennent des maigres depuis le mois de mai jusqu'en octobre, avec des filets dont les mailles ont 4 pouces d'ouverture en carré. Une chaloupe du port de 4 tonneaux, armée de 8 hommes d'équipage, se porle à 2 lieues au large avec environ 640 brasses de ces filets : ils les tendent sédentaires sur 22 brasses d'eau , et ils les relèvent tous les 2 jours. I!s n'emploient aucun appât jjour attirer le poisson ; nii'.is ils comptent produire cet effet avec un sifflet qui, suivant eux, a , à l'égard de ces poissons, le même succès que les a])peaux pour les cailles. Les nuits obscures et calmes sont les plus avantageuses pour cette pèche. En plusieurs endroits, on pèche les maigns avec les seines à la traîne.
MAlGRii. On donne aussi ce nom au thon dans quelques ouvrages et sur quelques côtes de France.
MAILLADE ou TRÉMAILF.ADE. C'est ainsi qu'on appelle, sur la Méditerranée, les filets que dans l'Océan on nomme Praniaux. V. ce mot.
MAILLE , du latin macula. C'est un j>etit anneau dont plusieurs réunis forment un tissu. Les mailles des filets .sont les ouvertures qui restent dans les tresses de ces filets.