‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 142 sur 344 · MAU · texte numérisé non relu

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est allongée des deux côtés, un peu arrondie par en haut et par en bas, avec un rebord mince , légèrement échancré ; ses yeux sont grands, saillans , placés sur les côtés de la tête et dirigés en bas; à la naissance du tronc , se trouve l'ouverture de la bouche, qui est en forme de croissant et armée de trois ou quatre rangées de dents larges, pointues et dentelées ; son corps est allongé , presque cylindrique, gris en dessus et blanc en dessous; ses nageoires sont grises, avec la base noire; la première nageoire du dos est grande , celle de la queue est longue , toutes les autres sont petites ; sa tête et son corps représentent ensemble la forme d'un marteau. Ce poisson parvient ordinairement à la longueur de 7 à 8 pieds ; mais il peut atteindre une dimension bien plus considérable , car aux Antilles il y en a de i5 à i8 pieds.

Habitation. — Il se trouve dans les mers d'Europe et d'Amérique; il ne se montre que rarement dans la Méditerranée et aux environs de Marseille; il est moins rare dans la partie méridionale de la Méditerranée , et on le prend quelquefois aux environs de Smyrne. Il se plaît dans les fonds vaseux, et évite les fonds de sable ou de roches. Les anciens l'ont connu, et le plaçaient au nombre des baleines.

JSourriture. — Sa force, sa férocité et ses mœurs sont presque les mêmes que celles du requin ; il suit comme lui les vaisseaux , pour profiter de ce qu'on jette à la mer, et comme lui il attaque les hommes qui entrent dans l'eau.

Qualités. — Sa chair est dure, de mauvaise odeur; cependant on la mange dans plusieurs contrées. Son foie fournit une grande quantité d'huile, et sa peau sert à polir les ouvrages en bois, comme celle de plusieurs autres espèces de squales.

Pêche. — On le prend comme le requin à la fouène ou avec de gros hameçons amorcés de viande salée. Malgré sa vitesse et sa force, les nègres osent l'attaquer , et le tuent avec beaucoup d'adresse.

MARTEGAL. Sorte de bregin. Ce mot est peu usité.

MARTIGUES. Ville maritime des Bouches-du- Rhone. Il y a aux Martigues une juridiction de Prud'hommes -Pêcheurs. V. ces mots.

MASSIER. Matelot qui love le £let dans la soute, ou qui l'en retire pour le mettre à l'eau.

MATEREAU. Mât d'avant des bâtimens employés à la pèche du hareng sur les côtes d'Angleterre .

MATS. Longues pièces de bois qui s'élèvent verticalement sur les vaisseaux : on les nomme, sur les galères , ar^re^. Sur les vaisseaux, il y a le grand mât, le grand hunier et le grand perroquet, le mût de misaine, le petit hunier et le petit perroquet ; à l'arrière, l'artimon; en avant, le beaupré. Les petits bâtimens ne portent qu'une partie de ces mâts.

MATTE DE THONS. C'est en Provence un banc de thons.

MATTOTE. Soute que les pêcheurs de Haute- Normandie font sur le tillac de leurs bâtimens pour mettre leurs filets.

MAUVAISE EAU (HARENGS DE). Ce sont ceux qui ont séjourné dans de mauvais fonds ou qui sont près de frayer.

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MAX ON. Nom vulgaire du mugil sur les côtes de Gênes. V. Mugil.

MEJANE. L'un des noms vulgaires de la Z)o/-û(/e. V, ce mot.

MÉJANOS ou MÉJANES. On appelle ainsi aux Martigues les cannes qu'on emploie pour faire les bourdigues lorsqu'elles sont de moyenne longueur. V. Bourdigues.

MÉLANDRE , MÉLANDRIN ou PETIT SAR- GONOIR. Le mélandre qu'on prend dans la Méditerranée est un petit poisson noir, vilain et sale, qui ressemble assez par la forme au sargo , mais qui est plus petit et, proportionnellement à sa taille, plus épais. Il est de couleur violette autour de la tête; son corps tire au noir , au lieu que le sargo a l'aileron de la queue fourchu, celui-ci l'a coupé carrément.

Il y a un autre poisson qu'on appelle milandre , et qui est du genre des squales. V. Milandre.

MELET. Nom qu'on donne en Provence à un petit poisson qui est décrit dans le Traité des Pêches de Duhamel, et qui est moins estimé que la melette , dont nous allons parler ; il n'a, comme elle, qu'une nageoire dorsale. Ce poisson a environ 4 pouces de longueur ; l'ouverture de la bouche grande; le milieu de la langue formé par une espèce de cartilage ; des taches noires à l'extrémité des mâchoires supérieure et inférieure, comme à la melette ; le dessus du dos brun, terminé par une ligne trèsnoire ; tout le reste du corps couvert , ainsi que la melette, de très-larges écailles brillantes. Il n'y a que le peuple qui mange ce poisson.

MELETTE. Duhamel décrit sous ce nom un poisson qui , dit-il, est assez commun dans la Méditerranée , et plus petit que la sardine, mais plus large proportionnellement à sa longueur.

\oici la description qu'il en donne : quand il y a quelque temps que ce poisson a été tiré de l'eau , son dos est brun ; cette couleux, qui s'étend dans toute la longueur du poisson , tranche net sur le reste du corps , qui a une couleur d'argent si vive , qu'on croirait que c'est de l'argent bruni. La peau est aussi argentée, et les écailles, qui s'en détachent aisément, sont pedtes ; elles ont quelques reflets colorés , qu'on peut comparer à la nacre; la mâchoire inférieure est plus longue que la supérieure. La largeur verticale du poisson , vis-à-vis des yeux, est de 5 lignes; vis-à-vis le derrière de l'opercule des ouïes, de 6 lignes; à la naissance de l'aileron du dos, de 7 lignes et demie ; et à la naissance de l'aileron de la queue , de 3 lignes et demie. Elle a de petites dents sous le ventre comme les sardines. La chair de ce petit poisson est blanche , très-délicate , de bon goût , pas néanmoins aussi relevée que celle des sardines; elle est huileuse, elle ne supporte pas le sel et se corrom[)t aisément. Ce poisson dépose son frai vers l'équinoxe d'automne : c'est donc, ajoute Duhamel, un poisson parvenu à l'état où il peut reproduire son espèce, et c'est à tort queBélon regarde les melettes comme de petites aloses.

On pêche ces petits poissons au bord de la mer et dans les étangs salés dans la même saison que les sardines , c'est-à-dire principalement dans les mois d'août et de septembre; quelquefois on eu

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prend beaucoup à la Saint-Michel, lorsque les pluies ont troublé les eaux; car cette circonstance paraît avantageuse pour les prendre. On en prend principalement vers les Bouches-du-Rhône.

MENDOLE , spams mœna. (Lin.) Poisson du genre des spares, qui est connu sur les côtes de la Méditerranée sous les noms Ae. cagarelle , juscle , gerle, moudoure. Ce poisson, qui parvient rarement à un pied de long, a ii rayons aiguillonnés et 12 rayons articulés à la dorsale ; 3 rayons aiguillonnés et 10 articulés à l'anale; chaque mâchoire garnie d'une rangée fie dents très-serrées et semblables à un poinçon. Ses couleurs varient beaucoup ; mais ordinairement il est blanc , avec des lignes longitudinales bleues et des nageoires rouges. Il habite dans la Méditerranée , et c'est sur les rivages sablonneux ou pierreux qu'il se plaît davantage, et qu'il fait la chasse à tous les jeunes poissons. Les anciens ont beaucoup parlé de ce poisson, quoiqu'ils n'en estimassent pas plus la chair qu'on ne l'estime aujourd'hui; mais comme il est extrêmement abondant, il a toujours été remarqué. Aristote le présente comme le plus fécond des poissons. La saumure dans laquelle on le met devient purgative. On le consomme frais ou salé; maïs les gens riches le dédaignent comme coriace et insipide. Rondelet dit cependant qu'il est gras en été , et qu'alors la femelle est passablement bonne. C'est sur les rivages sablonneux qu'on le pêche au filet ou à la ligne. On en prend tant à Venise , qu'on le vend par monceaux.

MENTANA. Les Basques appellent ainsi les noves ou noues de la morue.

MENUISE ou MENISE , ou MENUSSE , MES- LIS, BLANCHAILLE, NORRIN, ALVIN, APHIE, SAUMONELLE. Tous noms c|ue l'on donne à un amas de petits poissons de différentes espèces qui se trouvent dans les filets quand on traîne des seines fort épaisses , ou qu'on tend dans des courans des filets à manche dont les mailles sont petites. Ailleurs, on les nomme oeillets, parce cjue les pêcheurs aux haims, qui s'en servent pour amorcer, les broquent par les yeux. Observons que la menuise diffère cependant de Valvin, en ce que celui-ci est ordinairement composé de poissons d'espèces choisies pour la multiplication. V. Etang et Frai de poisson.

MENUSSE. C'est la même chose que la blanche ou blanchaille , petits poissons qu'il est défendu de pêcher. V. l'art. Pêche maritime^ § 2, la Déclaration du roi, du 23 avril 1726 , art. 28, et le mot Blanche.

MEUILLE. V. Mugil-Mulet.

MEUNIER. C'est l'un des noms de la Chevanne. V. ce mot.

C'est aussi l'un des noms du Chabot. V. ce mot.

MÈRE DES HARENGS. Les pêcheurs donnent ce nom à l'alose, qui est beaucoup plus grosse que le hareng , et dont la forme est la même.

MERIjAN, gadus-merlangus. (Lin.) Poisson du genre des gades, et l'un des plus abondans des mers d'Europe , et des plus intéressans pour la nourriture des peuples. Il se nomme en allemand yvitlinp;^ en hollandais, whiting^ et quand il est jeune molemaar^ en anglais, -whiting.

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Description. — Le merlan (P/. ^^Jig. 9) parvient rarement à plus d'un pied de long. Il a le corps allongé et revêtu d'écaillés petites et minces; les nageoires dorsales au nombre de trois ; la queue en croissant ; la mâchoire supérieure armée de plusieurs rangs de dents, et plus avancée que l'inférieure , qui n'a qu'une seule rangée de dents; la ligne latérale presque droite; le corps de couleur nacrée , excepté sur le dos , qui est d'une teinte olivâtre ; les nageoires pectorales et celle de la queue noirâtres.

Lacépède rapporte une observation de Noël de la Morinière , qui est très-digne de l'attention des [physiologistes , c'est que les merlans des fonds voisins d'Yportet des Dolles sont plus courts que ceux qu'on prend à Ailly et Tréport ; ils ont le ventre plus large, la tête plus grosse, le museau moins aigu , la ligne latérale légèrement courbée , la couleur plus foncée , et la chair plus ferme et plus agréable au goût.

Habitation. — Ce poisson se tient sur les bancs à peu de distance des côtes. On le pêcbe en hiver sur les côtes de France, et en été sur celles d'Angleterre. Il est rare dans les mers du Nord , et ne dépasse pas le détroit de Gibraltar.

Nourriture. — Il vit de mollusques , de crustacés et de petits poissons.

Propagation. — Il fraie à la fin de l'hiver et multiplie beaucoup. On en voit des troupes sur les côtes d'Angleterre , qui occupent souvent un espace de 3 milles de longueur sur un mille et demi de largeur.

Qualités. — On peut transporter les merlans dans l'intérieur des terres plus loin que la plupart des poissons de mer. On en mange à Paris pendant près de la moitié de l'année C'est pendant la saison des harengs , à l'époque où il se nourrit de leurs œufs , c|ue sa chair est plus grasse et de meilleur goût; elle n'a point de qualité malfaisante, et comme elle est tendre et légère , on la digère avec facilité. C'est un aliment qu'on peut donner avec le moins d'inconvénient à ceux qui ont l'estomac faible. La qualité de la chair du merlan a donné lieu à un ancien proverbe rapporté par Rondelet; savoir, que merlans mangés ne poissent non plus dans l'estO' mac que pendus à la ceinture. Lorsque ce poisson a frayé, sa chair devient molle et fade.

Pêche. — On pêche le merlan principalement à la ligne de fond , garnie d'un grand nombre d'hameçons amorcés avec des morceaux de harengs ou d'autres poissons. On en prend aussi au filet, surtout pendant la saison des harengs , que ce poisson poursuit pour se nourrir de leur frai.

A Dunkerque , le merlan est un des principaux objets de pêche pendant les mois de décembre, janvier et février ; on en prend cependant à la lign« pendant toute l'année , et avec des filets depuis le mois de mars jusqu'en septembre ; mais il n'est pas toujours également bon. Quand la saison du frai est passée, on en prend de petits, qui sont assez bons, et la vraie saison recommence en octobre jusqu'en février.

Les Dieppois font la pêche du merlan avec ce qu'ils appellent leurs petites cordes; chaque pièce de ces petites cordes a 64 brasses de longueur, et

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est lestée de quatre ou cinq cailloux qui pèsent cliacun une livre. On attache communément, de brasse en brasse, une empile d'une brasse de longueur, qui porte un haim amorcé d'un pitot ou d'un morceau de hareng. Quelques-uns multiplient les haims, en sorte qu'ils eu mettent quelquefois cent ciiiquanle dans la longueur de 64 brasses j mais alors il faut faire les empiles moins longues : c'est assez l'usage des pêcheurs de Saint-Valery et de Fécamp. Chaque bateau qui va à la pèche des merlans met à la mer une trentaine de ces pièces de petites cordes , qui sont garnies de quatre mille cinq cents haims.

Comme les merlans se tiennent volontiers au fond de l'eau, les pêcheurs de Haute-Normandie, particulièrement aux environs du Havre, pèchent avec ce qu'ils nomment le libouret on la balle. Quelquesuns amorcent avec des crabes \ le hareng est préférable , et un suffit pour amorcer huit ou dix de ces petits haims; mais, dans la bonne saison, le merlan mord à toutes sortes d'appâls.

Sur la côte de Caen , à Araelles , Langrunne Saint- Aubin , etc. , on pêche de gros merlans depuis la Toussaint jusqu'à Fàque, et même toute l'année, avec ce qu'ils appellent des appels ou appelets, qui différent peu des petites cordes de la Manche. Les hameçons sont de brasse en brasse ; on les relève toutes les 2 ou 3 heures.

Les pêcheurs de la Hogue prennent pour maitresse corde de leurs tessures de plus grosses cordes que les pêcheurs de la Haute-JSormandie, et ils amorcent avec des vers qu'ils nomment gravette.

11 y a de plus quelques pêcheries aux environs de la Hogue , dans lesquelles il se trouve des merlans avec les autres poissons; mais en générai la pêche du merlan n'est pas fort abondante sur cette côte.

Les pêcheurs de l'Ile-Dieu vont chercher les merlans à 2 ou 3 lieues au large , se mettant un maître, deux matelots et un mousse dans des bateaux de 3 à

4 tonneaux ; ils pèchent avec des lignes amorcées avec de petits poissons.

Les pêcheurs du Bas-Poitou pèchent des merlans dans les baies de Bourgneuf , de Boum et de Noirmoutier , avec des espèces de dreiges longues de

5 brasses , hautes de 4 5 et dont les mailles ont un pouce et demi d'ouverture en carré. Ils se mettent dans des bateaux de 8 à 10 tonneaux, qui ne sont point pontés; leur équipage ne consiste qu'en un maître et un matelot, qui ont chacun un tiers du produit de la pêche, le propriétaire du bateau ayant l'autre tiers.

Les plus gros merlans qu'on prend sur les côtes d'Olonne ont 18 à 20 pouces de longueur; mais les plus communs ont un pied. Ce poisson se tient sur les fonds rouges , au large des roches, depuis le mois de novembre jusqu'en septembre : alors il se porte sur les fonds de roche jusqu'au mois de novembre; ce qui oblige de les prendre à la ligne, et c'est la saison où ce poisson est le meilleur et le plus abondant.

On a remarqué que, quand il fait un peu de gelée blanche , le merlan mord plus volontiers aux haims qu'on amorce avec des vers. Le reste de l'année, on le pèche plus avec des dreiges qu'avec les haims.

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Les pêcheurs d'Oléron, pendant les mois de mars, avril et mai , prennent les merlans avec les courtines ; en novembre et dans les mois suivans jusqu'en mars, il s'en trouve dans les écluses.

Les Gascons, vis-à-vis la pointe de Buch, prennent lies merlans à la pêche du peu^ne.

11 se trouve aussi des merlans dans les manets , qu'on tend pour prendre les maquereaux et les harengs. Quoique ce poisson soit fort délicat, il souffre très-bien le transport, et pour peu que l'air soit Irais et sec, on en mange de très-bons à Paris.

Préparation. — On en prend annuellement de si grandes quantités sur les côtes d'Angleterre , qu'on ne peut le consommer frais ; en conséquence, on le sale pour le conserver ; mais il perd considérablement de sa délicatesse par cette opération : c'est pourquoi on n'en fait guère usage sur la table des riches. M Bosc indique comme plus avantageuse la manière suivante de le préparer : on fait cuire le merlan dans un four peu chauffé; on lui ôte la tète, les nageoires, les arêtes; on met sa chair en presse, et on la fait sécher lentement dans le même four ou à l'air. Cette chair , conservée dans un vase bien fermé , a paru très-bonne au bout de 3 ans ; on peut aussi la conserver en la pressant dans un vase après la cuisson , et en l'arrosant de vinaigre légèrement salé et épicé.

Le merlan se mange ordinairement frit , et pour cela on l'écaillé, on le vide et on le lave. On a soin de conserver le foie , qui est très-volumineux et trèsdélicat. On le sert aussi cuit avec du beurre, des fines herbes, du sel, du poivre et un |ieu de muscade. MERLE ou MERLOT. Poisson du genre des Labres. V, ce mot.

MERLIN. Menu cordage formé de trois fils commis ensemble : il est meilleur que le Bitord et que le Luzin. V. ces mots.

MERLfCHE. On donne, mais improprement , ce nom à la morue qui a été salée, puis séchée , et que l'on nomme mieux morue sèche.

Merluche est aussi le nom du merlu.

MERLU, MERLUS ou MERLUCHE, ^^ff/,5.

;iierlucius (Lin.)', \e grand merlu de Bretagne; le merlan de la Méditerranée ; à Marseille , le merlan ou le merlonge^ le grand merlus de Daubenton et de Duhamel; en Allemagne, stockfisch, meeresel : en Angleterre , hak; en Espagne, merluza.

Description. — Le merlus (V. la PI. \.,fig. 1 1 ) est un poisson qui parvient à 2 pieds de long, et qui a deux nageoires sur le dos; la tête longue et comprimée; la bouche grande; les mâchoires armées de dents inégales ; l'inférieure plus avancée que la supérieure; l'opercule des ouïes terminé en pointe; la ligne latérale garnie de petites verrues ; le dos gris et le ventre blanchâtre.

Habitation. — On le trouve dans toutes les mers d'Europe. Il est si abondant dans la baie de Galloway, sur la côte occidentale de l'Irlande, que cette baie est nommée dans quelques cartes anciennes la baie des hakcs (des merlus). Il est aussi très-commun à Pensanee, dans le duché de Cornouailles , et sur le banc de Nimphen, près les côtes de Waterford. Les merluches paraissent deux fois par an près des rivages d'Angleterre , la première fois au mois

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(le juin, pendant la pêche du maquereau, et la seconde fois en septembre, pendant celle des harengs. Elles changent quelquefois le cours de leurs voyages, quittent les parages qu'elles avaient coutume de fréquenter, se rendent vers d'autres, et reparaissent quelques années après dans ceux qu'elles avaient abandonnés.

Nourriture. — Ce poisson est très-vorace : il poursuit particulièrement le hareng et le maquereau; il mange même les poissons de son espèce.

Propagation. — 11 multiplie considérablement.

Qualités. — La chair de la merluche est blanche et feuilletée : on la recherche en Espagne, on ne la dédaigne point en France 5 mais en Angleterre et dans le Nord , on la trouve molle et de mauvais goût : ce qui dépend des lieux où ce poisson habite, car on a remarqué que celui qui était pris dans un fond pierreux était meilleur que celui qui provenait d'une côte vaseuse. Il est plus abondant et meilleur depuis la mi-avril jusqu'au mois de juillet que dans le reste de l'année. Les anciens qui ont connu le merlus faisaient un cas particulier de son foie , qui est gros , jaune et très-gras.

Pêche. — La pêche du merlus et du lieu a dû être très-considérable , sur les côtes occidentales de la France, avant la découverte de l'île de Terre- Neuve, parce que ces deux espèces de gades sont abondantes et d'une capture facile dans les eaux qui entourent la Bretagne. Elle employait, depuis Ouessant jusqu'à la Loire, un grand nombre de bras ; et quoiqu'elle fût faite avec de petits bâtimens ou de simples chaloupes, la réunion des produits journaliers qu'elle donnait surpassait peut-être, à la fin de chaque année , la masse des cargaisons dont se composa depuis la pêche entière des morues pendant une saison sur les bancs de Terre-Neuve et dans les baies de cette île.

La tradition porte que la pêche du merlus et celle des autres poissons de la côte de Bretagne furent détruites en une seule nuit dans les premières années du XVe. siècle. Les archives de Concarneau , de Penmarch, d'Audierne , ne contiennent aucun renseignement à cet égard ; mais pendant la saison de la pêche, suivant la même tradition, toutes les barques ou galypes de la côte étant réunies sur le banc qui règne dans le sud-ouest de Grois, et auquel on ne donnait point de nom particulier , il survint une tempête affreuse qui les fit périr sans qu'il pût s'en échapper une seule. La pèche étant anéantie , les sources de la prospérité de la contrée tarirent avec elle.

Cependant cette pêche se continue toujours en Bretagne j mais elle y a beaucoup moins d'importance qu'autrefois.

Comme le merlus est très-vorace, on en prend avec des haims qu'on amorce avec des sardines, des lançons et d'autres petits poissons, ou avec des vers, même avec quelques espèces de poissons du genre des sèches. Dans le département de la Loire-lnférreure , la pêche des merlus se fait avec des bateaux du part de 2 jusqu'à 5 tonneaux , montés par cinq ou sept hommes j leur gréeroent ordinaire est de deux mâts et deux voiles carrées ; ils pèchent avec des haïras, et tous les pêcheurs sont à la part.

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La plus grande pêche du merlus se fait en Bre* tagne , à Audierne , Penmarch et à l'île des Saints. On y emploie de grands bateaux, dont l'équipage est de neuf à dix hommes j ils pèchent ordinairement pendant la nuit à 3 ou 4 lieues au large, les uns avec des haims, comme la morue, les autres avec des tramaux.

Ces bateaux sont les mêmes que ceux qui servent pour la pêche des sardines, construits comme les biscayennes.

Pendant la pêche , deux hommes nagent continuellement, et se relèvent toutes les heures. Si le bateau restait immobile, ils ne prendraient presque rien. Les lignes sont un fil de caret, à l'extrémité duquel est un plomb et un haim amorcé comme nous l'avons dit, et ils vont chercher leur poisson jusqu'à 3o brasses de profondeur.

Les Olonnois vont à 2 ou 3 lieues en mer faire cette pêche avec leurs dragues, dont les mailles du filet ont un pouce et demi d'ouverture en carré ; leur saison est depuis le mois de novembre jusqu'à celui de mai.

En Provence, on prend les merlus avec le boulier, la tartane ou le filet qu'on nomme bastude , ou encore avec le palangrier.

Préparation. — On vend ce poisson frais le plus que l'on peut: c'est pourquoi on en transporte dans les bourgs et les villages qui ne sont point au bord de la mer. Mais quand la pêche de ce poisson donne abondamment en Bretagne, on en fait sécher et on en sale , qu'on transporte à Bordeaux , à la Rochelle et ailleurs.

En Angleterre et dans le Nord , on donne au merlus salé ou séché le nom de stocfisch, mot qui signifie poisson à bâton, et qu'on applicjue également à la morue et à d'autres poissons que l'on fait sécher sur des bâtons.

On sale le merlu à-peu-près comme la morue : ou lui tranche la tête 5 on l'ouvre ensuite depuis le cou jusqu'à l'anus 5 on le vide et on nettoie bien le ventre; on ôte l'arête jusqu'à l'anus, ou bien, pour le préparer à plat , on l'ouvre d'un bout à l'autre , et on emporte presque toute l'arête.

De quelque façon que le poisson ait été tranché , on le sale : pour cela, on en fait un tas têtes contre queues , et on met beaucoup de gros sel entre tous les lits de poisson. Quand il a resté une ou deux fois 24 heures dans le sel, on défait les tas, et on lave les poissons dans de l'eau de mer. A mesure qu'il est bien lavé , on forme de nouveaux tas , pour que le poisson s'égoutte de l'eau du lavage pendant 3 ou 4 jours : ensuite on l'étend sur le galet ou sur des pierres pour le faire sécher au soleil ; mais on a soin de le retourner toutes les 4 ou 5 heures, jusqu'à ce qu'il soit bien sec , ce qui dure ordinairement 8 jours : alors on le serre dans des magasins secs, jusqu'à ce que des marchands viennent l'acheter. Ainsi ce poisson est préparé à-peu-près comme la morue sèche de Terre-Neuve; et c'est ce qu'on doit véritablement nommer de la merluche, qui, quand elle est bien préparée, approche un peu de la bonté de la morue sèche. Les pêcheurs terre-ncuvriers en préparent sur -tout quand la morue ne donne pas

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