MUS
faisaient un grand cas des murènes. Ils formaient, à grands frais , des parcs dans la mer, pour les nourrir et les engraisser. On sait que Cassius les apprivoisait au point de les faire venir à sa voix , et on dit qu'il pleurait leur mort et leur faisait faire des obsèques magnifiques. Dedius Pollion , plus barbare , nourrissait les siennes avec la chair de ses esclaves.
La murène a la vie dure et peut rester plusieurs jours hors de l'eau sans mourir.
Pèche. — Ce poisson se tient caché pendant le froid dans les rochers, ce qui fait qu'on ne le pêche que dans certains temps. On le prend sur les bords caillouteux de ces rochers , et pour cet effet on tire plusieurs cailloux pour faire une fosse jusqu'à l'eau, ou bien on y jette un peu de sang , et à l'instant on y voit venir la murène, qui avance sa tête entre deux rochers. Aussitôt c^u'on lui présente un hameçon amorcé de crabes ou de quelque poisson , elle se jette dessus et l'entraîne dans son trou. Il faut alors avoir l'adresse de la tirer tout d'un coup ; car si on lui donnait le temps de s'attacher par la queue, on lui arracherait plutôt la mâchoire que de la prendre. Quoique la murène soit hors de l'eau, on ne la fait pas mourir sans beaucoup de peine, à moins qu'on ne lui coupe ou écrase le bout de la cjueue.
Les pêcheurs craignent la morsure delà murène, parce qu'elle est venimeuse et dangereuse; ils ne la touchent, lorsqu'elle est vivante, cju 'avec des pincettes ; ils lui coupent la tête.
Murène-Serpent, ou Serpent marin. On connaît sous cette dénomination deux espèces de poissons que Lacépède a séparées du genre des murènes, et dont il a fait un genre particulier sous le nom à-^ophlsure. V. Serpent marin.
MURÉNOPHIS. C'est la murène des Romains, dont nous venons de parler au mot Murène.
MUSC. Il est défendu d'en jeter dans les eaux de la mer. V. Appât.
MUSEAU-POINTU. V. Raie museau pointu.
MUSTELLE, gadus mustella (Linn.). Poisson du genre des gades , qu'il ne faut pas confondre avec la moutclle ou mouteille , qui est la lotte franche, avec laquelle il a beaucoup de rapports par l'allongement de son corps , la petitesse de ses écailles, et l'humeur visqueuse dont elle est imprégnée. Ce poisson, qui parvient raiement à plus d'un pied de longueur , a la nageoire de la queue arrondie ; la première nageoire du dos très -basse, excepté le premier et le second rayon ; la ligne latérale trèscourbe auprès des nageoires pectorales, et ensuite droite ; la tête petite et aplatie sur les côtés ; le dos brun et parsemé de taches noires et le ventre blanc ; mais ses couleurs sont sujettes à varier selon l'âge et les lieux. On le trouve dans toutes les mers d'Europe, et principalement dans la Méditerranée. Il fraie en automne, et ne multiplie pas beaucoup, parce qu'il a de nombreux ennemis et peu de moyens de leur échapper. Sa chair est molle et de mauvais goût. On le prend au filet ou à la ligne amorcée de petits coquillages ou de crustacés.