‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 16 sur 344 · ANN · texte numérisé non relu

ANN

les anguilles voyageuses , on barre le décliargeoir des eaux par des bàtardeaux, par de grands filets , et ou laisse quelques ouvertmes, qu'on garnit d'une nasse. On en prend aussi beaucoup de cette manière aux vannes des moulins, des forges et autres établissemens semblables.

Pcche avec la seine. — Ce n'est pas seulement dans le midi de l'Europe qu'on fait d'aussi abondantes pèches d'anguilles: sur les côtes de France, d'Angleterre , de Hollande et de Danemarck. , et encore plus à l'embouchure des grands fleuves de ces contrées, on en prend de très-grandes quantités, sur - tout aux époques où elles entrent dans les eaux douces et où elles retournent à la mer, avec des seines ou grands filets non stationnaires. On rapporte qu'on en prenait par jour autrefois jusqu'à soixante milliers avec un seul filet à l'embouchure de la Garonne. On n'en prenait guère moins à celle de la Loire et de la Seine; aujourd'hui, cette abondance a beaucoup diminué, parce que les pêcheurs se sont trop fréquemment permis, contre la loi , de se servir de filets à mailles étroites, tels que ceux appelés seine-drue ou dranguet-dru, qui leur livrent les plus petits comme les plus gros poissons , de sorte qu'il n'en reste plus assez pour la i-eproduction.

Conservation des anguilles.

Les anguilles peuvent être conservées assez longtemps en vie hors de l'eau , et on les nourrit un grand nombre d'années dans de très-petits réservoirs , pourvu que l'eau s'y renouvelle de temps en temps et qu'on leur fournisse des alimens, comme des débris d'animaux, àes végétaux provenant de la cuisine, des fruits gâtés, du marc de raisin, de pommes, et de celui des huiles de toutes espèces, etc., etc.

ANGUILLE DE MER. C'est le nom vulgaire de la murène-congre . V. Congre. On donne aussi ce nom a.u Bé/one. V. ce mot.

AiN'GUILLE DE SABLE. Nom de VAmmodyte, appât. V. Amniodyte.

ANGUILLÈRE. Lieu ombreux et bourbeux où l'on conserve et nourrit les anguilles avec les entrailles de poissons frais et salés, volailles, gibiers, pelures de fruits, figues à demi gâtées, cornes, glands concassés, marc de raisin, etc.

ANNEAU A DÉCROCHER LES LIGNES. Cet anneau est représenté , PL w ^ fig. 19. Il est ordinairement rond et en fer; il a un diamètre de i pouces et pèse environ 4 onces ; à cet anneau est attachée une ficelle de moyenne grosseur et de 20 à i5 pieds de longueur. On s'en sert pour dégager l'hameçon, lorsqu'il est accroché par des herbes ou autres objets. Pour y parvenir, on passe dans cet anneau le bout de la canne que l'on tient à la main , et on le conduit jusqu'à l'extrémité du scion , d'où il descend de son propre poids, en suivant la ligne dans toute sa longueurjusqu'à l'endroit où l'hameçon se trouve arrêté. Tirant alors avec précaution la ligne d'une main, et la ficelle de l'anneau de l'autre, on parvient à dégager l'hameçon, et on emporte même les touffes d'herbe qui peuvent occasionner l'accident.

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