PAN
au haut des perches plantées auprès du filet. V. Rets traversais.
PALOT ou PALET. C'est une vieille bêche ou un louchet, avec lequel les pécheurs-verrotiers labourent le fond du sable pour en tirer les vers, des coques ou vanets, des liamilles et quelques autres poissons (voy. la PI. 17 ). Ce mot signifie aussi des piquets sur lesquels les pêcheurs tendent leurs cordes au bord de la mer 5 ce qu'ils appellent tendre sur pâlots. V. Ligne.
PALOURDE ou PELOURDE. Coquillage bi- A-alve qu'on pêche sur les côtes des anciennes provinces du Poitou , de la Saintonge et du pays d'Aunis : on en mange aussi beaucoup à Marseille et à Toulon. Les deux siphons de l'animal sont susceptibles de s'écarter beaucoup, et de jeter l'eau à plus de i5 pieds. Sa coquille est d'un blanc sale tirant sur le jaunâtre, et elle est large d'un pouce et longue d'un pouce et demi. Cette coquille est ordinairement enfoncée dans un fond vaseux.
PAN. Mesure d'usage en Provence , qui a 9 pouces de longueur 5 la brasse a 7 pans et demi. Un filet de huit ourdres au pan est celui dont huit nœuds font la longueur d'un pan ou de 9 pouces.
PANCHOS. Poisson qui se pèche sur les côtes de Gallice , en Espagne, et qui paraît être une espèce de sardine. 11 a la tête plus aplatie que la sardine, et deux aiguillons près de l'anus.
PANIERS. L'usage des paniers et de tous instruniens de bois est prohibé par les ordonnances de i526, i388, i4o2 , i5i5et i55o, citées par Saint- Iton, p. 224, et auxquelles se réfère l'ordonnance de 1669, tit. XXXI, art. 10, à moins que l'ouverture ne permette à un homme d'y mettre tous ses doigts. {Saint-Yon , p. 2.2.5.)
PANIERS DE BONDE. C'est ce que les meuniers mettent à leur vanne de décharge lorsqu'ils la lèvent pour laisser écouler l'eau qui pourrait endommager les chaussées 5 c'est un vrai guideau d'osier [PL 27, N° . V,fg. 5.) Il n'y a pas de goulet ; mais le poisson n'en sort point, à cause de la vitesse du courant.
On tend aussi dans les courans d'eaux rapides des nasses qu'en Auvergne on appelle cannisses , qu'on tient longues, pour que le poisson n'en sorte pas , et dont l'embouchure est évasée , pour qu'elle embrasse une plus grande portion de courant d'eau; quelquefois on y ajoute des ailes de clayonnage , PL 27 , iVô. //, et on en fait des gords. V. Nasses. On emploie aussi des paniers pour la pêche à la mer. V., pour les réglemens sur l'emploi de ces paniers, l'article Pêche maritime , § 3.
PANTANNE. Sorte de parc ou d'enceinte de filet qu'on établit dans l'étang de Leucate , près de Narbonne.
PANTENO. C'est une espèce de verveux qu'on met tout-à-fait à l'extrémité des bourdigues pour retenir les anguilles. V. Bourdigues.
PANTOUFLIER, squalus-teburo. (Lin.) Poisson du genre des squales , qu'on appelle demoiselle flans la Guiane française; qui habite les rivages de la Guiane et ceux du Brésil, et qu'on a rencontré auprès des côtes de la Méditerranée. Ce poisson ressemble beaucoup par sa forme et ses habitudes
PAR
au Marteau (voy. ce mot); mais il parvient rare^ ment à plus de 3 pieds de longueur, et sa chair est de meilleure qualité.
PAON DE MER. On a donné ce nom à plusieurs poissons : à un Spare , perça sexatilis (Lin.); à un Labre , labrus-pavo ; à un Coryphène et à un Chétodon. V. ces mots.
PAPILLON. On donne ce nom, dans quelques endroits, à la raie bouclée , et dans d'autres à la blennie-gunelle. V. Raie aiBlennie.
PAQUER LES MORUES. C'est les arranger dans des tonnes ou barils avec du sel. V, Morue.
PAQUER LES HARENGS. C'est également les arranger le plus pressés possible dans des barils après les avoir salés. V. hareng.
PAQUERESSE. Ouvrière qui paque ou arrange les harengs dans des barils.
PARADIERE. Comme il n'y a point de flux et de reflux sensible et réglé dans la Méditerranée , on ne peut y faire usage des parcs qu'on construit sur les côtes de l'Océan ; mais les pêcheurs ont eu l'industrie d'en établir en pleine eau, qu'ils nomment yoaraG?/ère ou niguillière. V. Parc.
PARAGE. Se dit d'une étendue de mer ordinairement peu éloignée des côtes. On dit : Dans ce parage le mouillage est bon ou mauvais.
PARAMITTE. Les Génois appellent ainsi ce que les Provençaux nomment palangre,
PARANCHUSO. Les Napolitains nomment ainsi une pêche semblable à la Bellée. V. ce mot,
PARC. Ce mot , que l'on dit provenir du saxon pearroc ou flamand peark, clôture , signifie une étendue de terrain entourée de murs, ou de palis, ou de fossés , pour la conservation des bois , pour le plaisir de la chasse ou pour la commodité de la promenade. Il se dit aussi d'une enceinte close où l'on conserve des animaux.
PARCS POUR LA PÊCHE. Ce sont des pêcheries qu'on établit au bord de la mer, en formant des enceintes au moyen desquelles on retient le poisson qui, après s'être porté à la côte, veut retourner à la mer.
Voici la description de ces pêcheries, telle qu'on la trouve dans le Traité des Pêches de Duhamel : Pour se former une idée générale des parcs, il faut se représenter une grande enceinte, tians laquelle le poisson entre à la marée montante , et où celui qui n'a point suivi le premier flot de la marée baissante reste enfermé et en la possession du pêcheur. Il se rencontre assez souvent au bord de la mer, sur-tout entre les rochers et derrière les bancs, de; endroits où la marée monte dans les grandes viveseaux , et dans lesquels il reste de mer basse des mares ou des l'éservoirs d'eau, où les pêcheurs vont prendre, avec des trubles et d'autres petits filets, les poissons qui y sont restés. Ce sont là des parcs naturels, qui ont probablement fait naître l'idée d'en construire d'artificiels : les uns avec des pierres, et auxquels on donne volontiers le nom d''écluses f d'autres avec des palis ou pieux jointifs , ainsi qu'avec des clayonnages , et qu'on appelle assez souvent bouchots. Enfin , on fait aussi ces enceintes avec des filets, et alors on les nomme communément courtines , tournées, etc. Il y a de ces parcs qui res-
PAR
tent ouverts du côté de la terre , et d'autres sont fermés de toutes parts, à l'exception d'une entrée assez étroite : nous nommerons les premiers parcs ouverts^ et les antres parcs fermés.
Parmi les uns et les autres, il y en a qui ne s'élèvent au-dessus du terrain que de 2 ou 3 pieds , ou même moins : on les nomme bas parcs, et on appelle hauts parcs ceux dont l'enceinte s'élève de 5, 10, 12 ou 18 pieds au-dessus du terrain. La plupart des hauts parcs sont formés avec des filets, tantôt semblables par leurs mailles, ou aux seines, ou aux manets , etc., tantôt disposés comme les folles ou autrement , enfin avec des tramaux. Souvent on a l'attention d'établir les parcs sur une plage , qui, ayant une pente vers la mer, assèche à la mer basse ; mais il y en a aussi où il reste de l'eau à la basse mer, et en ce cas les pécheurs se mettent à l'eau pour prendre le poisson avec de petits filets. Ils ne regardent pas cela comme un inconvénient, puisque quelques-uns font à dessein des fosses dans leurs parcs pour que le poisson s'y rassemble. Nous n'estimerions point que cette industrie fût une mauvaise pratique , si la fosse était assez profonde pour qu'il y restât de l'eau d'une marée à l'autre, en sorte que le frai et la menuisey pussent vivre; car, à la marée suivante, cette menuise pourrait retourner dans la grande eau , ou au moins elle serait rafraîchie par de l'eau nouvelle; mais ordinairement les mares se dessèchent et la menuise y périt ainsi que le frai; souvent même les pêcheurs ont l'indiscrétion de prendre cette menuise pour la vendre aux pêcheurscordiers, ou pour en nourrir des cochons, ou pour en fumeries terres.
ARTICLE l^r. — DES PARCS NATURELS.
Nous avons déjà dit qu'il restait quelquefois, à la mer basse, des pièces d'eau entre les rochers et derrière les bancs ; quoique ces endroits ( PL 29 , iVo. IV^ ) soient souvent d'un accès difficile, les pêcheurs ne manquent pas d'aller avec des trubles ou d'autres petits filets y prendre les poissons qui n'ont pas suivi le retour de la marée. Ces réservoirs, qui sont souvent formés par des bouleversemens de rochers, se nomment crevons aux sables d'Olonne, et nous croyons pouvoir les regarder comme des parcs naturels. Quelquefois cependant l'art aide la nature; car lorsqu'on rencontre entre les bancs ou les rochers quelques endroits par où l'eau pourrait s'échapper, on y forme un clayonnage comme a, ou on y élève une digue de pierre ; quelques pêcheurs même profitent de ces endroits, par où l'eau s'échappe, pour y ajuster des guideaux, des verveux ou des nasses, qui laissent passer une partie de l'eau, et retiennent le poisson qui voudraiten suivre le cours.
Comme ces entre-deux de rochers sont toujours battus de la mer, le jeune poisson ne peut pas s'y élever et les poissons plats les évitent: ainsi, on n'y trouve guère que des crustacés et des poissons ronds assez forts pour lutter contre la vague. Il suit de là qu'il n'y aurait aucune raison d'interdire l'usage de ces pêcheries qu'offre la nature.