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c'est la facilité qu'on a de trouver à sa ])ortée des matériaux , qui sont quelquefois très-rares ailleurs.
Certaines côtes étant remplies de pierres plates , on en profite pour faire l'enceinte des parcs en pierres , ainsi que nous l'avons expliqué dans l'art. i«f.; mais quand on manque de pierres propres à cette espèce d'ouvrage, on se sert de pieux ou pâlots, qu'on emploie comme pour les gords, que nous avons représentés sur la PL 26 , iV". //, ou bien, pour faire des parcs à claire-voie, on en forme l'enceinte avec des perches qu'on arrange les unes à côté des autres , comme nous l'avons marqué sur la PI. 29 , N° . VII. C'est d'eux que nous allons parler dans le premier paragraphe.
Quoiqu'on puisse avec les pâlots , les perches et les clayonnages donner différentes formes aux parcs, nous avons cru convenable d'en représenter qui se terminent en pointe, non-seulement parce que cette forme est assez ordinaire, mais encore pour donner une idée des parcs qu'on nomme particulièrement bouchots.
PAR
Parcs ou bouchots de bois à claire-voie.
Ces parcs ont quelquefois 8 à 10 pieds d'élévation au-dessus du terrain; les perches qu'on y emploie sont appointies par un bout, pour qu'elles entrent plus aisément dans le terrain; quand il est de vase ou de sable mouvant, on garnit de paille ou de foin le bas des perches, et attendu que , malgré cette précaution, elles auraient peine à supporter l'effort de la lame , quand on construit de ces bouchots en des endroits fort exposés à la fureur de la mer , on tient les perches plus courtes, comme de 3 à 4 pieds seulement au-dessus du terrain. Si le fond est ferme, on prépare le trou avec une grande cheville de fer , et on y assujettit les piquets avec des coins. Lorsque le fond de roche est si dur qu'on ne peut faire entrer le bout des perches assez avant pour qu'elles y tiennent solidement , on les affermit par des banquettes de pierre, comme on le voit à la partie a b, PL 29, N'^. VII ■^ et on pique çà et là des pieux plus forts , qui augmentent la solidité de l'ouvrage ; mais il faut que les perches soient bien droites, et assez rapprochées pour arrêter les poissons de la grosseur de ceux qu'on expose communément en vente.
S'il se trouve entre les perches des endroits par où les gros poissons puissent s'évader , on y place des baguettes, qu'on joint aux perches avec de l'osier ; mais il est bon de laisser un pouce et demi ou 2 pouces entre les perches, sans quoi ces pêcheries ne seraient point à claire-voie, et elles contribueraient, comme beaucoup d'autres , à la destruction du poisson. Au reste , on affermit les perches verticales en les liant avec des osiers sur deux ou trois cours de perches horizontales.
L'extrémité du parc , du côté de la mer, qui se réduit à une largeur de 3 ou 4 pieds, doit être fermée par une claie dont les bâtons soient éloignés les uns des autres de 2 à 3 pouces , suivant la saison , et on doit ôter entièrement ces claies lorsque le frai se porte abondamment à la côte.
Au reste , on donne à ces parcs , comme aux autres , des figures différentes j et quand on se con-
forme à ce que nous venons de prescrire , ces pêcheries font fort peu de tort à la multiplicalion du poisson , parce que le frai peut s'échapper entre les perches , et encore plus par les claies qui sont à à l'extrémité, et cela très-librement lorsqu'on ouvre le parc dans les saisons convenables.
Pour le parc qui est représenté sur la PL 29 , N°. VII , on a profité , en faisant un des côtés dd, d'une roche qui s'est trouvée former une muraille assez régulière , et on s'est contenté de clore avec des claies les espaces e, où il y avait des enfoncemens dans la roche. On fait bien de tirer parti de ces sortes de circonstances avantageuses ; mais ordinairement les deux côtés du parc sont faits comme celui ac.
§ 2. — Des parcs ou bouchots de clayonnage.
Pour faire les clayonnages qui doivent former l'enceinte de ces parcs, on trace sur le terrain une espèce de sillon , afin de fixer la forme qu'on veut donner au parc ; ensuite on enfonce des piquets a a, fig. 3, N°. III , PL 3o, qu'on met à 6 ou 8 pouces les uns des autres , et on les fait entrer assez dans le terrain pour qu'ils y tiennent solidement. Quand ces piquets y sont assujettis bien ferme , suivant la trace qu'on a marquée, on enlace entre eux de menues branches de saule, peuplier, bouleau, coudrier ou d'autres bois plians , comme si l'on voulait faire un panier. Afin d'avancer l'ouvrage , on ne met pas les brins un à un , comme font les vanniers ; mais on réunit plusieurs branches pour les enlacer par une seule opération. Lorsqu'on a mis deux ou trois rangées les unes sur les autres , on les entasse ou presse entre les pieux ou piquets , en frappant dessus avec le tranchant d'une masse plate , jig. 2, jY°. ///. Le travail du clayonnage est toujours le même , quelque forme qu'on donne au parc ; mais il y a des parquiers qui , pour procurer une issue plus libre à l'eau , font leurs claies moins serrées , comme celle qu'on voit dans \^ fig. \ , et ceux-là font moins de tort à la multiplication du poisson.
§ 3. — Des parcs ou bouchots formés par des ailes droites , et terminés par une nasse qu'on nomme bourgne , ou par un grillage.
Le parc représenté sur la PL 3o , N°. Il, est formé par deux ailes droites ai, ac, qui ont environ 25 à 3o brasses de longueur; les extrémités bc doivent s'étendre jusqu'à la laisse de haute mer , et l'extrémité du bourgne doit être placée tout près de la laisse de basse mer.
Sur les vases, telles que celles du mont Saint- Michel , au lieu de faire les ailes en clayonnages , comme le sont celles du N'^. II , PL 3o, on plante, de distance en distance, de forts pieux, qui entrent de 4 pieds dans la vase , et on met entre ces pieux des piquets presque jointifs, qui n'ont que 3 pouces de circonférence , dont le bas est enfoncé dans la vase et le haut est lié sur des traverses horizontales, qui s'étendent d'un pieu à l'autre b b , JV". III, PL 3o.
Les ailes , soit qu'elles soient de clayonnage ou piqnets, ne s'élèvent guère au-dessus du terrain, du côté de la mer, que de 4 pieds , et elles dimi-
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iiuent de hauteur à mesure qu'elles s*eii écartent : c'est la situation du terrain qui décide de l'étendue qu'on donne aux ailes, ainsi que de l'ouverture de l'angle qu'elles forment. Elles ne doivent pas se joindre au sommet de l'angle , et ordinairement on laisse en cet endroit 4 à 5 pieds d'ouverture.
On a vu , sur 4 lieues de côtes , dans le Bas-Médoc , depuis Bey jusqu'au Verdon, plus de cent cinquante pêcheries, appelées bouchots on gors , dont les ailes avaient \o à 5o brasses de longueur, et qui étaient terminées par des bourgnes. 11 s'y prenait une si grande quantité de menuise , qu'on en jetait sur le rivage, où les oiseaux s'Qrv nourrissaient. 11 paraît que l'on a fait quelques réformes à cet énorme abus.
Il faudrait, pour la conservation du poisson, laisser toujours 3 pouces de distance entre le clayonnage des bouchots et la surface du terrain, comme le représentent H K, dans la^^. AT". //, PL 3o, et fermer l'ouverture K. par un filet ou un grillage, dont les mailles auraient un pouce et demi d'ouverture: on em^pêcherait , par cette attention , que ces parcs ne fissent une si grande destruction de frai et de menuise.
Mais, au lieu de cela, les pêcheurs font leur clayonnage très-serré, et veulent qu'il porte immédiatement sur le terrain j quelquefois même ils ramassent du sable et des pierres au bas des claies, pour qu'il n'y reste aucune ouverture, et ils bouchent l'ouverture a, N°. II, PL 3o, avec un bourgnon dont nous avons donné la description au § 4 de l'art. 2. Ils font périr ainsi prodigieusement de frai et de menuise.
Quand ces pêcheries sont établies sur la vase, les pêcheurs vont , à toutes les marées , visiter leurs gnes et en ôter le poisson , se servant pour cela ■êi'ocons , qui sont de petits bateaux plats par-dessous , carrés à l'arrière et forts légers ,^^. 4» PL 3o, iV^". ///. Ils mettent un pied dans Vacon, et l'autre pied , qu'ils posent sur la vase , leur sert à faire glisser ce bateau : c'est inie façon très-commode pour traverser des vases molles, dans lesquelles ou entrerait presque jusqu'à la ceinture. On fait de plus grands bateaux de ce genre , dans lesquels un homme se tient assis pendant que deux autres, qui sont à l'arrière, font glisser l'acon.
§ 4- — jDc^ bouchots de Poitou.
Ilv a de ces parcs qui forment, du côté de la mer, comme un polygone : en ce cas, on met un bourgnon à tous les angles.
Mais, sur les côtes de Poitou, on voit des pêcheries assez semblables à celles que nous avons décrites dans le paragraphe précédent , et les pêcheurs »:n mettent ])lusieurs les unes au-dessus des autres, entre la mer et la côte, comme on le voit indiqué par les lignes ponctuées de \?i fig. /\, N°. III, PL 3o. Au-dessus de la première ligne ponctuée, se trouve la mer, et au-dessous de la ligne inférieure est la côte;: les trois lignes ponctuées représentent des parcs semblables, qui sont les uns derrière les autres.
Ceux (lu rang de la côte ne peuvent servir que dans les grandes eaux, temps où la mer monte beau-
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coup à la côte; ceux du rang du milieu, qu'ils nomment de parmi , se pèchent presqu'à toutes les marées; enfin ceux dits du rang de la mer, et qui sont à la basse eau , ne découvrent que dans les grandes marées, et restent de 8 à lO jours sans paraître. Ces bouchots, qui sont presque toujours sous l'eau , sont les meilleurs pour les moules , qui se multiplient et s'élèvent dans les clayonnages.
Quelques pêcheurs n'établissent que deux rangs de bouchots , celui de la côte et celui de la basse mer ; ils suppriment le parmi : en ce cas, ils placent le rang du haut un peu moins près de la côte, et celui de la mer un peu plus loin de laisse de basse mer.
Enfin , suivant la disposition du lien et la pente de la plage , il y a des pêcheurs qui mettent la file de bouchots plus près ou plus éloignée de la file.
La pointe des bouchots est tronquée, et présente, du côté de la mer, une face carrée de 8 à lo pieds de largeur , à laquelle ils ajustent deux , trois et quelquefois quatre bourgnes ; ce qui fait une immense destruction de frai et de menuise. On devrait fermer la pointe des bouchots par un grillage à larges mailles , qu'on ôterait dans les saisons où le frai se porte à la côte. Il doit y avoir , de la pointe d'un bouchot à celle d'un autre , au moins 200 brasses de distance, et les ailes ont depuis 60 brasses jusqu'à 100 brasses de longueur, suivant l'élendue de la place. Les clayonnages ont environ 5 pieds de haut du côté de la mer , et guère plus de 3 pieds à l'extrémité des ailes vers la côte.
§5. — Petits parcs de clayonnages aussi garnis d'ailes , et qu'on nomme benâtres , etc.
La pêcherie dont nous allons parler conduit déjà un peu aux parcs fermés, dont nous traiterons amplement dans la suite. Elle est formée d'un petit parc rond a , fig. N". I) PL 3o j qui a 8 ou 10 pieds de diamètre, et dont le clayonnage se termine en bb par des crochets , lesquels font chacun le commencement d'une volute. L'ouverture qui est entre-deux a environ 3 ou 4 pieds de diamètre. On ajoute aux endroits b b deux grandes ailes c c, qui s'étendent le plus qu'il est possible vers la côte.
La hauteur, du clayonnage qui forme le corps a du parc est d'environ 3 pieds; les ailes du côté de b ont cette même élévation ; mais elle diminue de hauteur à mesure qu'elles s'approchent de la côte , en sorte qu'elles sont réduites à un pied à leur extrémité c.
Il devrait y avoir au fond du corps a une ouverture à 1 quelle on mît un filet ou un treillage , dont les mailles auraient un ou 2 pouces d'ouverture en carré , et qu'on retirerait dans les saisons de l'abondance du frai, ou au moins on y substituerait un grillage à mailles fort ouvertes, en sorte qu'il ne pût retenir que les gros poissons; mais il s'en faut bien que les pêcheurs observent cette police , puisque, pour retenir le frai et les plus petits poissons, ils ajustent au fond du parc des bourgnes, des tonnelles , des guideaux , des verveux , qui ont les mailles si serrées que rien ne peut s'échnpper : de sorte qu'on trouve souvent au fond de ces jiarcs un |)ied d'épaisseur de frai et de menuise, étouffés dans les immondices que le courant y a portées.
PAR
On établit ces petits parcs ou benâtres ( qu'on nomme, en certains endroits, des écluses , des ^oréts ou gors de bois) sur des plages qui n'ont que peu de largeur, entre la côte et la laisse de basse nierj mais le corps des parcs est établi tout près de la laisse de basse mer , et les ailes s'étendent jusqu'à la côte.
Ijdi Jig. N°. T^JII delà. PL 2g est destinée à faire voir comment ou lie les unes aux autres plusieurs de ces pêcheries, en sorte qu'elles couvrent toute une plage.
On est obligé de les abandonner durant les grandes chaleurs, parce que les parcs se trouvent remplis d'araignées de mer et d'autres animaux voraces, qui éloignent de la côte presque tout le poisson, et qui sucent ou mangent ceux qui se trouvent enfermés dans l'enceinte d'une pêcherie.
Dans ces temps de chaleur , il s'y amasse beaucoup de varec , qui ferme les grillages et occasionne une grande destruction de poisson : c'est pourquoi il est très-important d'obliger alors les pêcheurs à faire de grandes ouvertures au fond de leurs parcs.
ARTICLE 4- DES PARCS OUVERTS, DONT l'eNCEINTE
EST FORMÉE PAR DES FILETS , ET Qu'oN NOMME ORDINAIREMENT COURTINES ^ TENETS ^ TOUR- JfÉESy ETC.
On emploie , pour former l'enceinte des parcs dont nous allons parler, des filets à-peu-près semblables à ceux des seines , des maiiets , des Jhl/es ou demi-folles , et enfin des tramaiix , et on les tend sur des piquets ou perches, comme pour les palis , ravoirs et autres pêcheries de ce genre. La différence consiste en ce que pour les Etentes (voy. ce mot) on établit les filets sur une ligne droite , au lieu que pour les parcs ouverts, dont il s'agit présentement, on les tend de façon qu'ils aient une grande ouverture du coté de la laisse de haute mer , et qu'ils se terminent à celle de basse mer par un angle ou par une portion de cercle , comme les écluses et les Douchots dont il a été question dans les articles précédens.
§ 1 . — Des parcs de filets anguleux qu'on établit quelquefois en zigzag sur plusieurs lignes.
On tend sur les grèves , au bord de la mer , des filets, qui forment ou des angles ou des portions de cercle , PL 3o , N". IV. Comme ils ne diffèrent point des ^or-s, que nous avons représentés dans la PL 27 , iVo. /, nous nous contenterons de renvoyer à ce que nous en avons dit en parlant des Guideaux et des Verveux (voy. ces mots) , et nous nous bornerons à faire remarquer d'abord que, dans les environs de Marennes , on place de ces pêclieries sur des sables mouvans^ ce qui oblige de les relèvera toutes les marées , et on se sert de petits bateaux pour y porter les piquets qu'on nomme paux; cependant on les place à pied et à la main. Les pêcheurs forment , avec leurs piquets et des filets qu'ils tendent dessus , des angles plus ou moins ouverts , suivant la situation du terrain , en exposant à volonté la pointe au flux ou au reflux. Ils y ajustent des guideaux, qui ont au plus 4 brasses de longueur,
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et dont la pointe est amarrée à un piquet qu'on enfoncé dans le terrain 5 les ailes ont 4 ou au plus 5 pieds de hauteur au-dessus du terrain , et ordinairement 5o ou 60 brasses de longueur.
Quand le filet est tendu et que la marée montante gagne, les pêcheurs remontent dans leurs bateaux et attendent le retour de la marée. Lorsqu'elle est suffisamment retirée , ils relèvent les filets et arrachent les piquets , qu'ils mettent dans leurs bateaux avec le poisson qu'ils ont pris.
On appelle ces espèces de courtines vagabondes ou variantes , parce qu'on les change continuellement de place et de position. On ne peut en faire usage pendant l'hiver , attendu que les tempêtes , qui sont fréquentes dans cette saison, emporteraient les filets. Le temps le plus favorable pour cette pêche est quand il survient une bise fraîche de la partie du nord pendant les grandes chaleurs.
On tend encore une autre sorte de petites courtines , dites volantes : les pêcheurs embarquent dans un batelet les filets qu'ils doivent tendre , et des piquets qui ont au plus 4 pieds de longueur , y compris ce cpii doit entrer dans le terrain j ils les disposent sur deux rangées , qui s'écartent peu l'une de l'autre , et ils en inclinent la tête, de façon que toutes se rapprochent, et que le haut du filet ne soit élevé au-dessus du terrain que d'un pied, La tête du filet est donc arrêtée à la tête des piquets , qui sont inclinés comme nous venons de le dire, et le pied du filet est assujetti par des crochets qu'on enfonce dans le terrain : de sorte que les deux ailes étant inclinées l'une vers l'autre , elles font une espèce de berceau, comme la première figure du N°. /, PL 3i. Elles se réunissent pour former au fond de la courtine comme un tuyau , au bout duquel on ajuste un guideau d'une brasse et demie de longueur , et qui n'a ni cerceaux ni goulets à son embouchure , laquelle est tenue ouverte par deux piquets enfoncés verticalement. Lorsque la marée est retirée , les pêcheurs mettent dans leurs batelets les picjuets , le filet , le guideau et le poisson. On pêche toute l'année avec ces petites courtines, à moins que la mer ne soit trop agitée : on n'y prend guère que des poissons plats.
Les pêcheurs couvrent quelquefois toute une plage avec des parcs angulaires, disposés en zigzag, comme on les voit à la PL "ào^fig. N° . IV. On en met deux, quelquefois même trois rangées les unes au-dessus des autres. Quand les poissons qui retoiu-nent à la mer ont franchi le premier rang a , ils sont arrêtés par le second b , ou par le troisième c. Ainsi, quand ces filets, qui ont ordinairement les mailles assez serrées , sont ensablés par le pied , rien ne peut s'échapper , sur-tout si on met aux angles saillans des guideaux ou verveux; et en ce cas, ils font une énorme destruction de frai et de menuise.
11 importe donc beaucoup à la conservation du poisson de faire à ces pêcheries la même réforme que nous avons indiquée en parlant des écluses et des bouchots, ne point ensabler le bas des filets qui forment les ailes^ tronquer les angles saillans , pour y mettre des filets à larges mailles, qu'on ôtera dans les saisons où le frai donne à la côte.
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$ 2, — Bas parcs de filets ouverts et demi-circulaires, qu'on nomme spécialement courtines ou veriets , lesquels diffèrent peu des mulier s, dont nous avons parlé à V article Cibaudière {voy. ce mot), et qui sont représentés sur la PL 29, N°.III.
On verra dans les paragraphes suivans des pêcheries qui tiennent le milieu entre les étentes et ces vrais parcs, et on sentira comment l'industrie des pêcheurs est parvenue par degrés à faire les grands parcs fermés. Les bas parcs dont il s'agit ici sont de petites pêcheries , que les riverains de la mer tendent à la basse eau.
On donne à ces différentes petites pêches des noms particuliers sur les côtes où on les pratique , quoiqu'elles diffèrent peu entre elles, tant par leur construction que par les effets qu'elles produisent.
Leur but étant toujours d'arrêter les poissons lorsqu'ils suivent la marée descendante pour retourner à la mer, il est sensible que pour se placer avantageusement , il faut tendre les filets sur les bancs de sable, au bas des côtes qui sont écores, ou dans les endroits d'oii l'eau se retire avec rapidité.
Les pêcheurs enfoncent des piquets dans le sable, suivant une figure derni-circulaire , qui imite assez celle d'un fer à cheval, PI. 3o , A'"". IFj et attendu que ces pêcheries s'établissent souvent sur des sables mouvans, on a l'intention de garnir, comme nous l'avons déjà dit, le bas des piquets avec des torches de paille , pour que la marée ne les entraine point.
Les mailles des filets qu'on tend sur ces piquets ont un ou au plus 2 pouces en carré. On doit tendre les filets le plus ferme qu'il est possible sur les piquets, tant par la tête que par le pied 5 mais de façon que le bas du filet ne touche point au sable , sur-tout durant les chaleurs , parce que c'est la saison où les poissons du premier âge remontent en plus grande quantité à la côte, et qu'il convient de leur laisser la liberté de retourner ensuite à la mer.
On prend dans ces petites pêcheries des poissons de tout genre, même des esturgeons, et on y arrêterait beaucoup de poissons plats, sur-tout durant l'été , si l'on ensablait le pied du filet ; mais comme il faut , pour la conservation du petit poisson , l'en tenir écarté de quelques pouces , on n'en prend que de gros, encore faut-il que le filet fasse une poche.
On met quelquefois plusieurs rangs de ces filets les uns au-dessus des autres, comme nous l'avons dit de ceux en zigzag, fig. a, b, c, PL 3o , N° . IV.
On pratique beaucoup cette façon de pêcher à Calais pour prendre du poisson frais.
§ 3. — Usage qi^ on fait des courtines en différens
ports.
ASaint-Michel-en-1'Herme, dans le Poitou, ainsi que sur les côtes de Saintonge et d'Aunis , on fait des courtines avec des filets simples, qu'on nomme rets noircis : nous avons dit ce que c'est en parlant des ravoirs tramaillés (voy. Kavoirs)\ mais comme les pêcheurs les établissent sur les vases, il faut, pour chaque tente de courtines, quatre acons, pour glisser sur les vases. Deux hommes, chacun dans un acon , portent et plantent , à une brasse les uns
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des autres , les pieux ou palets, qui doivent avoir 4 pieds de longueur, non compris ce qui entre dans la vase. Les deux autres acons promènent , comme ils disent, le filet; c'est-à-dire qu'ils l'arrêtent haut et bas sur des piquets par un tour-mort. Les ailes ou bras de ces pêcheries ont au plus 60 brasses de longueur; chaque pièce de filet porte 8 ou 9 brasses; celles qui sont destinées pour le fond ont une brasse de chute , et celles des ailes se réduisent peu à peu à n'avoir qu'une demi-brasse : chaque pêcheur fournit une ou deux pièces de filet.
On retire, à toutes les marées, le poisson qui s'est pris dans la courtine , et on ne laisse le filet en place que pendant deux marées au plus : quelques pêcheurs laissent leurs piquets sédentaires, d'autres les changent de place à toutes les marées. Cette pêche ne se fait que pendant les mois de novembre, décembre et janvier. La plupart des courtines de la Rochelle sont garnies de filets nommés folles. Chaque filet , quand il est monté, a yo brasses de longueur et 8 pieds de chute : on n'y met ni plomb ni liège; les pieux sur lesquels on les tend sont à 3 brasses les uns des autres.
A l'île de Ré , on fait de grandes pêcheries aux courtines , à-peu-près semblables à celles qui sont représentées dans la PL 3o , iV". JV. Quand les pêcheurs ensablent le bas de leurs filets et qu'ils ajoutent une manche au fond de leurs courtines, il se fait une grande destruction de frai et de menuise.
A Oléron , on pêche aux courtines pendant toute l'année , excepté quand les temps sont trop orageux. Les filets ont ordinairement 2 ou 3oo brasses de longueur et une brasse de chute ; souvent leurs mailles n'ont qu'un pouce d'ouverture en carré; les pêcheurs ajoutent assez fréquemment au fond de la courtine une poche qu'ils nomment foue ou folie. Quand la mer est basse, si la courtine n'assèche point, ilsy prennent le poisson avec une nasse, qu'ils appellent couperas.
Les grandes marées, les vents qui portent à la côte et les temps orageux sont favorables à cette pêche, pourvu que les filets puissent rester tendus. On prend dans ces pêcheries des soles, des plies, des limandes, des turbots, des maquereaux, des merlans, des lieux, des sèches, et quelquefois des sardines , lorsque les mailles sont assez serrées pour les retenir.
En quelques endroits voisins d'Oléron , comme Saint-Trojan , les courtines n'ont que 3 pieds de haut et 80 brasses de longueur ; elles sont tendues depuis le mois de mars jusqu'en novembre : d'où il suit qu'elles doivent détruire beaucoup de frai.
A Marennes, la pêche aux courtines commence au i^"". mars, et elle se continue jusqu'à la fin d'octobre. Les pêcheurs paient ou tendent leurs filets à la basse eau , et ils les relèvent le lendemain quand la mer est retirée. Ils se servent néanmoins de petits bateaux pour les tendre , et ils ajustent, les unes au bout des autres, assez de pièces de filets pour faire une longueur de 100 ou 120 brasses lorsque le terrain le leur permet.
Les pêcheurs bretons de Saint-Michel-en-Grève, du côté de Lanion, ne se servent point de bateaux ; ils tendent leurs courtines à pied sec.
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A Saint-Bcieux, on nomme seines~à-pieux des courtines circulaires, qui sont beaucoup plus fermées que ne le représente Iti^^- 2 du N°. IV^ PL 3o; quelques-unes ont 4 pieds de hauteur, d'autres seulement 2. Ces pêcheurs mettent un peu de plomb au pied de leurs filets ; mais ils ne les ensablent pas, pour laisser passer le goëmon : ainsi, ils ne détruisent ni le fi'ai ni la menuise.
Les pêcheurs de Trouville , auprès de Quillebœuf, n'ensablent point non plus le pied de leurs venets ou courtines.
Sur la côte de Caen , tant à la mer qu'aux trois rivières qui dépendent de cette côte , on prend dans les venets ou courtines des surmulets, des barbues, des soles , des limandes , des carrelets , des esturgeons , de petits turbots, des raietons (mais point de grandes raies ) , des mulets , des saumons , des maquereaux , des harengs , des sardines , etc.
Dans les environs d'Abbeville , on tend en courtine des filets de l'espèce de ceux que nous nommons manets} ils ont 20 brasses de longueur sur 5 k6 pieds de chute : leurs piquets s'élèvent de 6 pieds au-dessus du sable. Les pêcheurs n'ensablent le pied de ces filets que quand ils se proposent de prendre des poissons plats; mais le but principal de cette pêche est de prendre de petits maquereaux , qui s'emmaillent.
§ 4* — Petits parcs qui se terminent par un crochet, et qu'on nomme parcs à l'anglaise.
Ces parcs sont précisément comme les palîs de Picardie, que nous avons représentés dans la PL 29, iVo. /. On les tend de même, un bout à la mer, l'autre à la côte ; mais ils diffèrent des palis en ce qu'ils se terminent du côté de la mer par un crochet , PL 3o , iV^°. V, dans lequel sont conduits les poissons qui ne sont point emmaillés le long du filet , et ils y restent lorsque la mer se retire.
Dans les environs de Boulogne ^ on fait de pareilles pêcheries, o^onnoxî\.xa^ folles montées sur piquets ou piochons. Le bout qui est du côté de la mer forme un crochet , dans lequel s'arrête la plus grande partie du poisson. Les pièces de ces filets ont 10 à 12 brasses de longueur sur une brasse de chute. Dans les grandes vives-eaux , on y prend des soles, des plies, des flets et même des raies. Comme les mailles des folles sont grandes, on ne prend dans ces pêcheries que des poissons assez gros pour être d'usage ; cependant on ferait bien de défendre d'ensabler le pied de ces filets durant les saisons où le frai et les poissons du premier âge sont portés à la côte.
§ 5. — Des hauts parcs à crochets.
On voit, dans les environs de Barfleur et en d'autres parages, des parcs en crochets simples, qui sont principalement destinés à prendre des mulets ; ils sont formés de perches hautes de i5 à 20 pieds, FI. 3o , N°. VI, et disposées de façon qu'elles forment un crochet vers la mer, comme les parcs à l'anglaise ; le reste est une espèce de chasse ou de palis , qui s'étend depuis la laisse de haute mer jusqu'à la basse eau , où est formé le crochet , qui
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peut avoir 7 à 8 brasses de pourtour. La partie qui forme la chasse a 14 ou i5 brasses de longueur plus ou moins, suivant que la mer se retire.
Le filet a 2 brasses ou 2 brasses et demie de chute ; on ne l'ensable point ; ses mailles sont plus ou moins ouvertes , suivant la grosseur des poissons qu*on se propose de prendre : car si , dans certaines saisons, les maquereaux, les sansonnets ou les harengs donnent à la côte , il faut proportionner les mailles à la grosseur de ces poissons. Les mailles ont donc quelquefois 1 1 lignes d'ouverture en carré , d'autres fois i8 ou même 24, afin que le poisson puisse s'emmailler. Quelquefois , pour prendre des poissons de différentes grosseurs, on garnit le crochet où se rassemble la plus grande partie du poisson avec un filet en tramail.
Quand le pied de ces filets n'est point ensablé , ces pêcheries ne font aucun tort à la multiplication du poisson.
§ 6. — Des parcs à grande tournée.
On voit que peu à peu l'industrie die.s pêcheurs les a conduits à former de grands parcs fermés : ceux dont nous allons parler en différeraient peu , si l'on y ajoutait une chasse.
Ces pêcheries , qu'on voit entre autres sur les côtes de Picardie confinantes à l'ancien comté d'Eu , ressemblent assez aux courtines cintrées dont nous avons parlé au § 2 ; elles en diffèrent en ce que les deux extrémités du filet sont contournées en volute vers la côte , comme nous l'avons représenté PL 3o- N\ V.
Il y a eu de ces parcs qui avaient jusqu'à 120, même jusqu'à i5o brasses de circuit. Comme ces grandes pêcheries occupaient toute la côte, les pêcheurs riverains exposèrent qu'il ne leur restait point de place pour faire leur métier, et ayant fait droit à leurs représentations , on a fixé à 100 brasses la longueur de ces filets. Quant à la chute , les pêcheurs sont les maîtres de la faire comme ils le jugent à propos : c'est pourquoi quelques-uns ne leur donnent que 4 pieds , et d'autres jusqu'à 18. On les tient toujours plus élevés au fond qui est du côté de la mer, que vers les volutes qui se prolongent vers la côte.
On met des piquets à 7 ou 8 pieds les uns des autres, et ils doivent entrer de 18 pouces ou 2 pieds dans le sable. Quand les filets ont beaucoup de chute', on a coutume d'affermir les perches par des piquets plus courts , qui forment comme des arcsboutans , et les perches sont un peu inclinées par le haut vers la mer , pour qu'elles résistent mieux à la lame qui précède la marée montante. On amarre la tête des filets sur le haut des perches et le pied sur les petits piquets , afin que le filet fasse la poche ou foliée.
Quand les harengs donnent abondamment à la côte, les pêcheurs n'ont pas quelquefois assez de temps d'une marée à l'autre pour emporter tout leur poisson, quoiqu'ils y emploient des chevaux et des charrettes.
On doit laisser 5 à 6 pouces d'intervalle entre le bas du filet et le terrain ; mais l'avidité des pêcheurs \çs engage à l'ensabler. Pour cela, ils font un
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sillon autour de l'endroit où ils tendent et y mettent le pied du filet , puis le chargent avec le sable qu'ils ont tiré du sillon. Alors leur filet tamise pour ainsi dire l'eau de la mer, et retient tout le poisson qui voudrait suivre le cours de la marée, d'autant que le filet étant tenu lâche pour qu'il forme une poche, ses mailles s'allongent, et elles deviennent si serrées, que les poissons du premier âge ne peuvent passer au travers : aussi trouve-t-on souvent, durant l'été, dans les parcs un pied d'épaisseur de frai et de menuise,qui est entièrement perdu. Il est sensible qu'alors ces pêcheries sont très-destructivesj ce qui n'arriverrait pas si les pêcheurs laissaient 3 ou 4 pouces de distance entre le filet et le terrain.
$ 7. — Hauts et bas parcs â tournée , qu'on tend de haute mer, comme les palets dont nous avons parlé ci-devant.
Les pêcheurs de Saint -Vallery vent dans leurs gobelettes, à la fin du jusant, entre les bancs qui sont à l'embouchure de la Somme, établir, avec des piquets de 3 à 4 pieds de hauteur, une grande enceinte en forme de fer à cheval. Aux deux bouts qui répondent à la côte , sont des retours ou crochets qui ont environ une brasse et demie de diamètre; entre ces crochets et le corps du parc est un passage qui n'a que i5 ou i8 pouces de largeur, par lequel le poisson entre dans une espèce de tour ronde ou carrée , formée par les contours des crochets. Quand le poisson y est entré, il nage en tournant continuellement, et rarement il sort par où il est entré. On garnit les crochets avec des filets pareils à ceux des autres bas parcs : il en faut pour chacun une longueur d'environ 3o brasses. Pour former le corps du parc, on plante dans le terrain des perches de i4 à i5 pieds de haut, qui s'étendent par intervalle d'un crochet à l'autre, y ayant alternativement de longues perches et des piquets assez courts, ainsi qu'on le voit dans la PL 3o, iV"**. VII.
On fait en sorte que ces grandes perches s'inclinent un peu du côté de l'intérieur du parc , et on y tend des filets qui ont environ 3 brasses de hauteur ; mais les pêcheurs ne tendent pas les grands filets de mer basse , ils en arrêtent seulement le pied sur le bas des longues perches. Ainsi ces filets sont plies en paquet au bas des perches , et on les couvre d'un peu de sable , comme nous l'avons dit en parlant des palets (voy. la PL 29, N^. II) ■^ afin qu'à la marée montante les poissons plats en suivent le cours sans rien trouver qui les arrête. La tête de ces filets est garnie de flottes de liège, et on a amarré au haut de chaque perche une petite poulie, où est passée une ligne frappée sur la corde qui porte les flottes.
Les pêcheurs forment donc ainsi l'enceinte de leur parc , en mettant alternativement des rets de bas parcs , qu'ils tendent à demeure sur des piquets courts, et des jets de hauts parcs, qui restent au pied des perches jusqu'à ce que la marée soit entièrement montée , observant que les deux bouts de la pêcherie qui sont contournés finissent par des rets de bas parcs montés sur leurs petits piquets. On a ^ de plus , l'attention de mettre les perches et
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les poulies des hauts parcs dans les bassures et les petits courans qui se rencontrent entre les bancs.
11 est bon de remarquer , pour concevoir l'avantage de ces pêcheries, que, durant le temps où toutes les parties qui sont garnies de hauts filets sont abaissées , ces parties permettent aux poissons plats de suivre le cours de la marée, comme s'il n'y avait point de pêcheries, et les parties où sont les filets des bas parcs étant peu élevées, la marée les. recouvre bientôt , en sorte que les poissons ronds peuvent passer par-dessus.
Les pêcheurs qui sont dans les gobelettes halent, au coup de la pleine mer, sUr les lignes qui répondent aux filets de hauts parcs ; ils les dégagent du peu de sable qui les recouvre, et ils soulèvent la tête de ces filets jusqu'au niveau de l'eau de la pleine mer 5 puis ils les amarrent à la tête des perches, et avec le secours des flottes de liège, les filets de hauts parcs se trouvent tendus jusqu'à ce que la mer se soit entièrement retirée.
Ces pêcheries sont destinées à arrêter le poisson qui suit le retour de la marée ; c'est ce qui est sensible quand on fait attention à la disposition du corps du parc et à celle des crochets qui le terminent; s'il s'engage quelque poisson dans les volutes , il en sort difficilement.
A la mer basse, on va prendre les poissons, qui se trouvent principalement dans les crochets, et ce sont pour l'ordinaire des poissons plats. On en trouve aussi quelques autres qui se sont emmaillés dans les filets de hauts parcs.
Il paraîtrait mieux de garnir tout le fond avec des manets de haut parc, et de ne laisser en bas parc que les crochets, qu'il serait difficile, et presque impossible de tendre de haute mer.
§8. — Petits parcs tournés , qu'on nomme palicots à la léste-de-Buch.
Le terme de palicot nous paraît être ici un diminutif de pâlot ou piquet. Quand les pêcheurs aperçoivent sur le sable ou sur la vase , dans les chenaux, certaines traces que les poissons laissent dans les endroits qu'ils fréquentent, ils y tendent des filets sur des piquets , comme pour les bas parcs, et s'ils n'ont point d'élévation ou de roche sur lesquelles ils puissent appuyer les extrémités de leurs filets, ils forment à chaque bout du filet une volute à-peu-près semblable à celle qu'on voit au bout du filet , PL 3o , iV°. yil. Le poisson, une fois engagé Jans ce labyrinthe, y reste jusqu'à ce que la mer soit retirée. On prend ainsi des poissons de toutes les espèces.
§9. — Pêcherie peu différente de la précédente , et qu'on appelle chila en Corse.
Nous trouvons, dans un Mémoire de Corse, qu'on fiiit avec des pieux plantés tout près les uns des autres un labyrinthe en spirale , et que pour prendre les poissons qui s'y sont engagés , \es pêcheurs se servent d'un harpon, qu'ils nomment foscina.
On prend de toutes sortes de poissons dans ces pêcheries, et particulièrement des soles.
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§ 10. — Petits hauts parcs pour prendre des maquereaux.
Daus les environs de Qnimper et en plusieurs autres endroits, les pêcheurs tendent des perches entre les rochers, en forme circulaire, PL 3o , K^- VIII' Ils amarrent des tramaux sur la tète de ces perches, en sorte qu'à la pleine mer le haut du filet soit à lleur d'eau ; mais il s'en faut de beaucoup que le pied touche au terrain , et pour cette raison l'on ne prend dans ces pêcheries que les poissons ronds qui s'emmaillent, jamais ceux qui ne quittent point le fond.
L'ouverture de ces parcs doit être du côté de la terre.
On emploie à cette pêche des tramaux qui ont leurs mailles de trois grandeurs différentes, suivant l'espèce de poisson qu'on se propose de prendre : aux uns, les mailles des hamanx ont 7 pouces 7 lignes d'ouverture en carré 5 d'autres ont 7 pouces 6 lignes, et les plus serrées ont 7 pouces 4 lignes. Les mailles de la flue sont aussi de trois grandeurs différentes : les plus larges sont de 1 9 lignes en carré , les moyennes de 1 8 lignes , et les plus serrées de 17 : on emploie à volonté l'un ou l'autre de ces filets, et comme ce sont des tramaux, la précision de l'ouverture des mailles n'est pas aussi importante que quand les filets sont des nappes simples.