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ARTICLE 5. DES PARCS FERMES

Les parcs fermés ne diffèrent pas essentiellement des parcs ouverts , puisque , de quelque façon cj^ue l'on considère ces sortes de pêcheries, on doit les regarder comme de grands gors, propres à arrêter les poissons qui veulent regagner la grande eau au retour de la marée. Néanmoins la construction des grands parcs fermés mérite l'attention de ceux qui désirent connaître jusqu'où peut aller l'industrie des pêcheurs.

§ I. — Idée générale des parcs fermés.

Il faut considérer dans les parcs fermés les plus simples le corps du parc A, PL 3i, iV". IV^Jîg. \, qui n'a qu'une entrée Passez étroite, et au fond, que les pêcheurs nomment Vaccul , une ouver':ure E pour la décharge de l'eau de la mer qui est entrée dans la capacité AB. On place cette partie du parc le plus près qu'il est possible de la laisse de basse mer ; ce{)endant, comme il est avantageux que le parc se vide à presque toutes les marées , on ne doit pas prendre pour la laisse de basse mer celle des grandes vives eaux , le parc serait trop fréquemment noyé.

L'entrée d à.\\ parc étant assez étroite, il y entrerait peu de poisson si l'on n'avait pas imaginé un moyen ingénieux pour le déterminer à prendre cette route.

Nous avons dit qu'on pratiquait souvent aux parcs ouverts des ailes fort étendues, qui conduisent le poisson dans le corps de ces parcs, comme on peut le voir PL 29, N°. FIJI, et PL 3o, N°. /.On ne fait point usage de ces grands entonnoirs pour les parcs fermés , on se contente d'établir vis-à-vis de l'embouchure une cloison ou palis simple CD , PL 3i, iV°. IV j le poisson , qui rencontre ce palis , le suit,

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le côtoie et entre dans le parc : c'est cette espèce de cloison que les pêcheurs-parquiers nomment cache, par corruption de citasse. On joint donc l'entrée du parc avec la côte par la chasse CD; tous les [)oissons quijrangent la côte, soit qu'ils viennent du côté de H ou du côté de /, rencontrent la chasse qui s'oppose à leur passage ; ils la côtoient, se portant vers G pour gagner la grande eau, et entrent dans le parc, qui, ayant 10 à 12 toises de diamètre, forme une nappe d'eau assez étendue, où le poisson, se trouvant à l'aise, ne cherche point à sortir par où il est entré •, il nage donc de tous côtés , et la partie D de l'entrée asséchant la première, le poisson se porte vers E, où il trouve encore de l'eau , et quand la mer est tout-à-fait basse, il demeure en la possession du pêcheur.

L'enceinte des parcs et leur chasse sont quelquefois uniquement formées par des filets qu'on tend sur des perches, comme on le voitauxiVôs. //et ///, PL 3i. A d'autres parcs , tels que ceux des N^^. V et VI, PL 3i , le pied est composé de clayonnage et de pierres sèches , et le haut est garni de filets qui ne sont pas toujours de la même espèce : ce sont quelquefois des seines, d'autres fois des folles, ou de^J manets, ou des tramaux.

Il y a des parcs plus composés les uns que les autres; on en fait qui n'ont qu'une tournée, tour ou chambre, comme ceux représentés par les Jig. Nos. IX ^ III ex. IV, PL 3i ; d'autres en ont deux, trois et quatre, iVôs. V et VI. Ce n'est pas tout, tantôt les chasses communiquent d'une tour à une autre, /î^. iNT". V, ou bien chaque tour a une chasse qui lui est particulière, s'étendant depuis la côte jusqu'à cette tour, iV°. VI.

Enfin , à beaucoup de parcs , la décharge n'est fermée que par une grille de fer ou de bois, et on ajoute à quelques-uns un guideau ou un verveux; ce qui leur fait donner le nom de parcs d fond de verveux.

Nous allons faire connaître l'usage des chasses , en décrivant une petite pêcherie qui ne se pratique guère que dans des étangs assez poissonneux.

§2. — Verveux précédé d'une chasse.

On tend des verveux dans des étangs , comme nous l'avons dit en parlant des bourdigues . Nous avons fait remarquer qu'on y ajoute souvent des ailes, pour déterminer le poisson à entrer dans le filet , et quand ces ailes sont fort longues , il en résulte un gor ; mais il y a des pêcheurs qui se contentent de mettre vis-à-vis de l'embouchure du verveux e, PI. 3i, iV"°. IV,fig- 3, une chasse a^, qui en partage l'embouchure en deux parties 5 de quelque côté que vienne le poisson , sitôt qu'il rencontre la chasse qui s'oppose à son passage , il la suit , et continuant son chemin , il entre dans le verveux : voilà l'effet que produisent les chasses des plus grands parcs.

§ 3. — Des petits parcs , qu'on nomme closets.

Nous avons déjà fait observer qu'on n'est parvenu que peu à peu à faire les grands parcs fermés dont nous venons de donner une idée : d'abord on a

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formé au bout des filets des crochets ou volutes, qui retenaient mieux le poisson que les simples palis ; mais en augmentant ce crochet au point de le fermer presque entièrement, on a été conduit à faire de petits parcs, qui ont donné l'idée des grands.

On voit , dans les environs de Saint-Brieux, de hauts petits parcs , qu'on nomme cahossets ou closets, PL 3i, N°. I ,fig' B. Ces parcs sont formés d'un seul filet A B C D ^ tendu sur des perches de 7 à 8 pieds de hauteur 5 la partie AB , qui est droite , forme une chasse , et la partie CD une chambre ronde ou carrée, par la disposition du crochet ou de la tournée , qui est le corps du parc. Une douzaine de perches suffit pour faire ces petites pêcheries , dans lesquelles on prend des bars , des mulets, des lieux , des colins , des vieilles , et divers autres poissons , tant passagers que saxatiles, lorsqu'on tend ces filets entre des rochers.

Le temps le plus favorable pour tirer parti de ces pêcheries est quand il règne un vent de sud.

§ 4- — Des grands parcs fermés , garnis entièrement de filets comme le précédent.

Sur les belles plages, où la lame n'a pas beaucoup de force , et dans les belles saisons , on fait de igrauds parcs, FI. 3i, iV°. //, qu'on garnit entièrement de filets c[ui sont de la nature des seines quand on se propose de prendre de toutes sortes de poissons, et alors on ne les tient pas fort élevés ; mais lorsque les poissons de passage donnent à la côte, on garnit ces parcs avec clés manets , dont la grandeur des mailles est proportionnée à la grosseur des poissons qu'on veut prendre , et on tient les perches assez élevées. Nous supprimons quantité de détails, cjui se trouveront lorsc|ue nous parlei'ons des parcs dont le pied est de clayonnage.

§ 5. — Parcs garnis des filets qu'on nomme folles.

Cette pêcherie ne diffère de celle dont nous venons de parler , cjue par la disposition du filet et par le calibre des mailles , qui sont toujours trèsgrandes .

Ces parcs, plus que tous les autres , doivent être établis dans des endroits où la mer se retire avec beaucoup de ra|)idité , PI. 3i , N"^ . III. On fait donc au pied des bancs de sable une enceinte de perches C D , qui ont au moins 5 pieds de haut , et on place sur le banc quek^ues perches et un filet pour former la chasse ^^^ c|ui aboutit au milieu de l'embouchure de l'enceinte en B. On la prolonge plus ou moins vers la côte, suivant l'emplacement dont on peut disposer.

Le filet étant une folle , il doit être tendu de façon cju'il fasse une poche ; on ne prend dans ces parcs que de gros poissons plats , les ronds ne pouvant être arrêtés parce filet , dont les mailles sont très-grandes , et ont quelquefois plus de 6 pouces en carré, et pour cette raison il serait inutile de faire ces parcs fort hauts , les poissons plats ne quittant i)oint le fond. On doit aussi n'établir ces parcs que sur les fonds doux, de sable ou de vase , les poissons plats ne se tenant guère sur les fonds de roche ; enfin , cette pêche est principalement

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avantageuse dans les grandes marées. Quelc^ues pécheurs-parquiers, pour prendre les poissons ronds, ajoutent, comme nous le dirons dans la suite, des chausses ou verveux à la décharge de leurs parcs.

§ 6. -^ Parcs garnis de filets nommés demi-folles.

Nous avons déjà dit que ces filets ne diffèrent des folles qu'en ce que leurs mailles n'ont que 2 à 3 pouces d'ouverture en carré , au lieu que celles des folles en ont 5 , 6 et 7. Ces filets , que nous nommons demi-folles , sont semblables à ceux c|ue les pêcheurs cauchois nomment lesques , et les Picards et Flamands cibaudières, mailles royales , enfin rieux , parce c^u'ils servent à prendre les raies 5 les Normands les appellent ansinnes, parce cju'ils les tendent dans des anses : ce sont ces mêmes filets cju'on nomme entours, lorsc[u'on les tend autour des roches, comme on le voit P/. 3i, N°. Vil. Au reste, pour les parcs dont il s'agit, on monte ces (ilets, comme ils sont représentés ^^. N° . II ^ sur des perches de 4 à. 5 pieds de longueur.

§ 7. — Des parcs formés de claies et de filets.

Pour faire ces parcs , que nous avons représentés ■pg. Nos, P~et VI y on enfonce clans un terrain solide des pieux éloignés les uns des autres de i5à 18 pouces, en se conformant au contour qu'on se propose de donner au parc , ou au tracé qui est représenté dans le N° . IV, fig. i. On entrelace dans ces pieux des branches flexibles pour former un clayonnage , qu'on voit représenté en B C,fig. a, auquel on donne 3 pieds et demi ou 4 pieds d'élévation. La partie moins haute, ce, est pour la chasse, et depuis C jusc[u'à E., c'est le corps du parc.

Le diamètre A B ,fig. 1 , du corps du parc, est c|uelc|uefois de 5 brasses, d'autres fois de 7 ; son entrée G G a 9. ou au plus 3 pieds de largeur.

Il doit y avoir , comme nous l'avons dit , à l'accul ou au fond du parc qui regarde la mer , une ouverture E, qui sert à égoutter l'eau j elle doit avoir 4 à 5 pieds de largeur , et être fermée par une grille de fer ou de bois , assez à claire-voie pour laisser échapper le frai et la menuise. Ce grillage serait inutile si l'on n'avait pas l'attention de le nettoyer à toutes les marées, pour que le passage restât libre.

Autour de cette enceinte de claies, cjui est représentée en A , Pi. 01 ^ N°. Vj sont placées des perches en dehors , comme on le voit en P, Q, N°. VI- Elles doivent être enfoncées de 18 à 20 pouces dans le terrain, l'excéder de 20 à 22 pieds, et être placées à environ une brasse les unes des autres; enfin il faut qu'elles soient menues et pliantes par en haut: car, pour attacher le filet à l'extrémité de ces perches, un pêcheur saisit avec un crochet de bois le; haut d'une perche, il la fait plier, et un autre y attache le filet au moyen d'un tour-mort. Le bas du filet s'arrête au clayonnage au moyen d'une cheville.

La chasse D C, P/. 3i, N°. IV, fig. i, s'étend depuis l'entrée G du parc, ou plutôt depuis D jusqu'à la laisse de pleine mer.

Les clayonnages subsistent toujours en place , comme on le voit dans le iV", V^ il n'en est pas de même des filets et des perches, que les pêcheurs

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enlèvent quand ils prévoient des gros temps, parce | que le tout serait rompu et emporté à la mer.

Quelques-uns , mais cela est rare , garnissent le pied de leurs parcs avec des planches d'orme posées de champ et retenues par des piquets.

On volt de ces péclieries en beaucoup d'endroits, mais particulièrement dans l'amirauté du Bourgd'Ault , et depuis le Tréport jusqu'à l'embouchure de la Seine : on les y nomme quelquefois perchiers oxxperquiers j les filets dont on les garnit sont assez souvent du moule des seines.

§ 8. — Des parcs d doubles rangs de clayonna^e.

Quand les parcs sont fort exposés à la lame, il faut faire les clayonnages assez forts pour qu'ils

Suissent lui résister. On le pourrait en employant e forts piquets , qu'on enfoncerait dans le terrain à grands coups de masse ; mais les pêcheurs ont coutume de faire le corps du parc avec un double rang de clayonnage , éloignés l'un de l'autre de 18 à 30 pouces , et dont on remplit l'entre-deux avec de grosses pierres. On les met ainsi en état de résister aux Ilots 5 quelques-uns se contentent, et avec raison, de doubler ainsi le clayonnage à l'accul du parc, qui, étant du côté de la mer, est le plus exposé aux efforts de la lame. Quand ces sortes de clayonnages sont bien faits , ils durent 2 ou 3 ans sans avoir besoin d'être réparés ; mais les perches ne peuvent durer qu'une année. A l'égard des chasses, leur clayonnage est toujours simple.

Comme l'eau ne peut s'échapper au travers de ces clayonnages , ces parcs détruisent beaucoup de frai et de menuise : c'est pourquoi on doit obliger les pêcheurs -parquiers de tenir le clayonnage fort bas, par exemple, de quelques pouces seulement au-dessus du terrain 5 ce qui est suffisant pour attacher le pied des filets. Il faut encore exiger qu'ils aient une grande ouverture à l'accul de leur parc ; qu'ils ne la ferment qu'avec des grilles qui soient à claire-voie, et qu'ils les nettoient fréquemment.

§ 9. — Des parcs à plusieurs tournées»

Quand la mer découvre beaucoup et qu'on peut disposer d'une grande plage , on en profite pour y établir plusieurs tournées , quelquefois jusqu'à quatre , comme on le voit PL 3i, N°. V.

Lorsque les tournées sont établies sur une même ligne, qui tend de la côte à la mer , comme dans la figure que nous venons d'indiquer , il faut, pour que les corps de ces parcs ne se nuisent pas mutuellement , que les chasses D , K , L , etc. , qui s'étendent d'une tournée à une autre , aient de 20 à 3o brasses de longueur ; ce qui établit la distance qu'il doit y avoir d'une tournée à une &.\3i\XQ A B M. N ^ mais on voit de ces chasses qui n'ont que 2 ou 3 brasses de longueur.

Oh peut mettre le corps des parcs ou les tournées sur des lignes différentes, comme on le voit au iV". VI , PI. 3i 5 mais pour lors ils doivent être éloignes les uns des autres au moins de 80 ou 100 brasses, et chaque corps de parc a sa chasse particulière, qui s'étend depuis le parc jusqu'à la laisse de haute mer.

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Il est sensible que quand les corps de parcs sont sur une même ligne, les chasses ne s'étendent que d'une tournée à une autre; celle qui est marquée Z) dans le N°. V s'étend depuis la laisse de haute mer jusqu'au parc A', celle du parc B ne s'étend que depuis l'accul du parc A jusqu'à l'entrée du parc B ^ la chasse K ne s'étend que depuis l'accul du parc B jusqu'à l'entrée du parc M. 11 en est de même pour la chasse qui aboutit au parc N.

Chaque corps de parc a sa décharge qui lui est propre, et l'eau qui sort d'une tournée n'entre pas dans une autre.

A l'égard de la. fig. N°. VI , où les |>arcs ne sont pas sur la même ligne , la chasse O, qui appartient au parc P , s'étend depuis la côte jusqu'à ce paix , et de même la chasse Ç s'étend depuis la côte jusqu'à l'entrée du parc K.

Il y a des pêcheurs- parquiers qui , jouissant de plusieurs parcs sur une même ligne, font autant de chasses différentes qu'ils ont de tournées , afin de pouvoir , comme ils le disent , chasser seulement celle qui leur plaie, suivant qu'ils trouvent le temps et la marée convenables. Ils ne chassent que rarement toutes les tournées à-la-fois. En effet , les parcs, tels que ceux AB , N°. V, qui sont les plus près de la côte , et qu'on nomme pour cette raison parcs de terre, peuvent tendre à toutes les marées ; tandis c[ue ceux qui sont vers l'eau , comme M Ny ne peuvent servir que quand la marée retire beaucoup, comme dans les grandes vives -eaux, parce qu'ils restent noyés dans les mortes-eaux. D'ailleurs, comme ils sont les plus exposés à la fureur de la lame , on n'ose pas les tendre , pour peu que la mer soit grosse.

§ lO. — Des petites pêcheries qu'on nomme parcs couverts, carrosses et perd-temps.

Il nous reste à dire encore un mot d'une petite pêcherie qu'on pratique rarement, et que quelques-uns ont nommée perd-temps, parce qu'elle n'est pas ordinairement fort avantageuse. On lui donne aussi les noms dépare couvert ou carrosse^ parce que le dessus et les côtés sont couverts de filets.

C'est un diminutif des parcs de clayonnage et de filets : ces parcs sont donc formés en rond , comme la plupart des autres parcs; leurs piquets ne s'élèvent au-dessus du terrain que de 4 pieds , et le pourtour de leur enceinte n'est que de 7 à 8 brasses. Le filet qui doit couvrir ces petits parcs étant lacé avec celui qui en garnit le tour , on ne peut tendre celui-ci qu'en tendant aussi celui de dessus, qui forme alors comme la peau d'un tambour.

Ces parcs ont une chasse comme les autres, mais elle est peu élevée.

On donne ordinairement aux mailles 2 pouces d'ouverture en carré.

Ces pêcheries n'exigent pas de grands frais pour leur établissement , et quoiqu'elles soient fort basses , on ne craint pas que le poisson s'écliappe lorsqu'elles sont entièrement recouvertes d'eau : c'est à quoi se réduit leur avantage ; au reste , il n'y a que les gros temps qui empêchent de les tendre.

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§11. — Parcs à fonds de verveua:>

Il est sensible qu'on pourrait ajuster à la décharge de tous les parcs un verveux ou un guideau , au lieu du grillage qu'on a coutume d'y mettre 5 mais il serait à désirer qu'on n'y mît jamais de ces poches, dans lesquelles le poisson s'entasse et s'étouffe pêle-mêle avec des immondices , de la menuise et du frai. Néanmoins les pêcheurs-parquiers qui font usage dos folles et demi-folles, ne pouvant , à cause de la grandeur des mailles, retenir que des poissons plats, ils ont l'attention, lorsqu'ils veulent prendre des "poissons ronds , de substituer au grillage de fer ou de bois qu'on met à la décharge des parcs, des manches de 2 brasses ou 2 brasses et demie de longueur, qui sont tenues ouvertes par plusieurs cercles de bois. A cela près, ces parcs ne diffèrent point de ceux c^ue nous avons représentés P/. 3i, iV". /7; ils ont de même, iVôs. F et VI, une chasse, une tournée, et sont formés de perchos qui ont 10 à 12 pieds d'élévation au-dessus du terrain, au haut desquelles on amarre la tête du filet, et le pied est retenu par des crochets de bois qu'on enfonce dans le terrain ; mais pour retenir le poisson qui pourrait s'échapper au travers des grandes mailles des folles, les pêcheurs ajustent un verveux à la décharge , comme on le voit dans lay%. N° . 1 de la PL 32, et ils le tiennent en état au moyen d'un piquet, qu'ils enfoncent dans le sable.

Comme les mailles de ces verveux sont serrées, ils retiennent beaucoup de menuise et de frai : ainsi il vaudrait mieux que les pêcheurs-parcjuiers employassent, pour garnir leurs parcs, des tramaux , qui retiendraient les poissons ronds, c|ue d'avoir recours à des verveux . qui font une énorme destruction de frai.

AIVTICLE 6. SORTE DE PARC Qu'oN ÉTABLIT EN

PLEINE EAU EN PrOVENCE AINSI Qu'eN Lan-

GUEDOC.

Comme il n'y a point de flux et de reflux sensible et réglé dans la Méditerranée, on ne peut pas établir sur ses bords les pêcheries à basse eau dont nous venons de parler; mais les pêcheurs savent profiter de l'inclination de plusieurs poissons, qui, régulièrement dans certaines saisons , passent de la mer dans les étangs, et qui, dans d'autres, cjuittent les étangs pour gagner la mer. Nous avons dit comment on en prend beaucoup à leur retour dans les grandes pêcheries nommées Bourdigues. V. ce mot.

Mais les lieux propres à établir ces pêcheries ne .sont pas communs \ les pêcheurs de la Méditerranée ont eu l'industrie d'y suppléer , et ayant remarcpié qu'il y a des saisons où les poissons se plaisent à longer la côte et à se rassembler dans certaines anses , ils ont imaginé de tendre dans ces endroits des espèces de parcs, qu'ils établissent dans l'eau môme.

§ I . — Des paradières.

Pour prendre une idée générale de cette pêcherie, f|ui est représentée d'une façon très - sensible , il f;\ut se figurer une tour de parc gfhy N°. II , PL 32 , dont l'embouchure nn est précédée par une chasse m aa ^ etc., qui la divise en deux , de sorte

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cjue les poissons c|ui suivent la chasse peuvent entrer dans la tour par ses deux côtés n n.

Au fond de cette tour, sont plusieurs filets en forme de verveux cd, qui se terminent par une manche e , dans lac^uelle les poissons entrent, et où les pêcheurs les j)rennent.

Développons maintenant ces idées générales : les lettres aa, PL 33, iV^**. //, représentent la chasse de la paradière : les Provençaux la nomment la paroi , c'est-à-dire muraille. Elle est formée par un filet de fil de chanvre retors en quatre, et ses mailles sont de treize au pan.

Ce filet est bordé en haut et en bas par une forte lignette dite haudeau , d'environ 2 pouces de circonférence : la plupart sont faites d'auffe. Le filet n'est pas attaché au baudeau , maille par maille 5 il y en a une de trois en trois mailles , c|ui n'y est point attachée , ce qui fait que le vent et les courans font faire bourse au filet , soit d'un côté soit d'un autre , suivant la direction de la force qui agit sur lui , et par cette bourse il ferme presque toujours une des entrées n de la tour. Les pêcheurs prétendent que cjuand le filet ne fait pas cette bourse il arrive assez souvent c^ue le poisson cpù s'est introduit par une des entrées sort par l'auti'e, qui n'en est séparée que par un piquet.

Les picjuets qui portent le filet se nomment j^awa: de mesure^ ils sont éloignés les uns des autres de 2 brasses , et il y en a ordinairement six. Comme on enfonce ces piquets dans la vase, ils sont étayés,. chacun, par deux autres , nommés//c/-e5, qui sont placés du côté où le fort vent pourrait renverser la paroi.

La tour , dont l'intérieur est désigné par la lettre m et les compartimens de li en y, est formée par les picjuets gfh, qui ont, chacun, leur étai ou frère, et sur lesc^uels on tend un filet semblable à celui de la paroi : les picjuets gffse nomment portiers ; ceux ff, câlins , et ceux /z A, espaliers.

Le filet du corps de la paradière se prolonge jusc|ue vers c, au profil cju'on voit ici , et où il y a un cercle de bois pour le soutenir : c'est là que commence le filet fju'on nomme pantenne ou quioulette , dans lequel sont ajoutés un ou deux goulets en forme d'entonnoir : ainsi la pantenne est un vrai verveux. Cette pantenne dd est faite d'un fileta mailles fort serrées , puisqu'il y en a vingt au pan ç il est monté sur cjuatre cercles , cjui le tiennent ouvert , et divisent la pantenne en c|uatre parties : les trois premières, c]ui se nomment méjéans, ont, chacune , six pans et demi de longueur, et la dernière e, qu'on nomme queue ^ a dix pans de longueur. Dans chacune des trois parties, le filet entre d'un pan et demi au dedans de celle qui suit, et il y forme un goulet, que les Provençaux nomment goulume.

La cpeue de la pantenne , précédée d'un goulet, cjue cjuelcjues pêcheurs ai)pellent boursal , est terminée en j>ointe, et resserrée par une corde qu'on làehe pour faire sortir le poisson. A cette extrémité, est une ganse de 3 pieds de longueur, qui forme une boucle, dans laquelle passe un piquet volant A', que l'on nomme courrier, et auprès est un piquet /, appelé testadou, auquel on attache le courrier, afin de lui donner de la solidité.

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Pour établir la paradière , on choisit sur le rivage , et le plus près qu'on peut de terre , un fond de vase ou d'argile qui soit recouvert d'eau à l'épaisseur de quatre ou cinq pans, et qui aille en baissant unilormément à mesure qu'il s'éloigne du rivage. On enfonce dans la vase le premier piquet ou paude la paroi d'environ quatre pans, après y avoir attaché le filet, dont le pied doit entrer d'un pan dans la vase. On enfonce tout près de ces arcs-bourans un frère y et on le lie par le haut au pan qu'on a mis eu place : les autres paux s'établissent de même.

Le filet de la garde ou paroi a m est goudronné dans toute sa longueur , à la hauteur d'un pan, qui entre dans la vase , et le filet de la pan tenue ce l'est en entier, La tête du filet qui forme la tour (ou, comme disent les Provençaux, le tour) doit être à fleur d'eau 5 la queue de la pantenne se relève, de façon cependant qu'elle se trouve enfoncée de trois ou quatre pans dans l'eau. A l'égard du filet de la paroi , il s'élève un peu au-dessus de la surface de l'eau j mais sa tête est tellement arrêtée sur les piquets , qu'elle peut être aisément abaissée à un ou deux pans au-dessous de la surface de l'eau , pour faire passer jiar-dessus les algues et les autres immondices que la mer porte à sa surface j mais aussitôt qu'elles sont passées , on relève le filet.

Le filet du corps de la paradière ne change jamais de position j on a seulement l'attention, pour que les filets ne se dérangent point, de les joindre les uns aux autres avec des cordages, qui sont frappés à la tête , et qui sont représentés par les lettres ^ >f> S> ë >f> ^ ' chacun d'eux est arc-bouté par un frère.

Il n'arrive guère cju'on cale une paradière seule, il y en a ordinairement deux ou trois de suite } en ce cas , le premier pau de mesure de la seconde paradière occupe la place d'un des frères des espaliers de droite ou de gauche. On a seulement l'attention que cette seconde paroi soit à environ trois pans de la pantenne , le long de laquelle on la dresse. 11 en est de même de la troisième et des autres paradières.

Les paradières se tendent différemment dans les petits étangs : on y donne environ 3 brasses d'étendue à la paroi. On tient le corps ou le tour plus grand , et à la place des calens on ajoute des pantennes , qui sont différentes de celle qui est représentée sur le plan, n'ayant que les deux cercles qui forment le premier méjéan.

hes paradières de Cette ont trois pantennes, telles qu'on vient de les décrire en dernier lieu.

Les mailles de la pantenne sont assez petites pour retenir les anguilles.

On tend ces filets dans les mois d'octobre , novembre et décembre. Les temps obscurs sont favorables à cette pêche , ainsi c|ue quand le vent porte à la côte.

On pratique cette même pêche dans létang de Leucatte, auprès de Narbonne ; mais le filet s'y nomme ta.n.\.6t pan tanne , lantôt paradière } sa tour est partagée en deux chambres , depuis l'entrée jusqu'à la quioulelte. Trois ou quatre hommes s'associent à la part, pour la faire avec un bateau de 4 à 5 tonneaux.

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§ 2. — Aiguillière de Provence.

Ce filet tire son nom de ce qu'il est principalement destiné à prendre des aiguilles. On en fait en Provence de deux espèces : l'une est flottante, et l'autre sédentaire et tendue sur des piquets; il ne s'agira présentement que de celle-ci, quia quelque affinité avec les parcs : nous parleronsdc l'autre ailleurs.

L'aiguillière sédentaire est un filet de fil de chanvre doublement retors , que les Provençaux nomment à la bonne main : aussi il est assez gros. Les mailles sont de treize à quatorze au pan; chaque filet a environ soixante mailles de hauteur. La longueur des pièces est indéterminée; il y en a qui n'ont cjue i5 brasses , et d'autres qui en ont 60.

Ce filet est monté , haut et bas , sur une lignette d'un quart de pouce de circonférence ; la lignette du pied porte à chaque demi-brasse une bague de plomb du poids d'une once , et la lignette du haut est garnie de flottes de liège , six par brasse , qui pèsent toutes ensemble environ un quarteron.

La nappe n'est pas attachée par toutes les mailles aux lignettes ; de quatre mailles , il n'y eà a qu'une d'arrêtée aux boucles ou pinpignons , qui servent à attacher le filet.

On amarre un bout du filet à un piquet, qu'on nomme partegon , et qui est placé à 5 ou 6 brasses de terre plus ou moins, suivant la profondeur de l'eau , qui doit être égale à la chute du filet, et on forme ainsi une paroi ab , peu différente de celle de la paradière , et qui cependant n'est ordinairement formée cjue par quatre piquets, qu'on met en ligne droite à 10 brasses les uns des autres. Ensuite, on fait faire au filet la forme d'un T, en plaçant, à droite et à gauche du piquet i? et à 7 brasses de distance, les piquets ou partegons CD, sur lesquels le filet s'appuie et retourne d'équerre pour pouvoir, parallèlement à la paroi , être attaché aux piquets E F, qui sont à-peu-près vis-à-vis du troisième piquet.

Il est rare c|ue les aiguilles se prennent à la paroi : on les trouve ordinairement au fond des bras CD EF.

On ne tend pas pour l'ordinaire une aiouillière seule , il y en a presque toujours plusieurs à la file , suivant que l'emplacement le permet, et que la saison du passage des aiguilles est abondante. Les autres aiguillières , qu'on établit ensuite , ressemblent à celle que nous venons de décrire , et elles sont disposées comme on le voit dans la figure, où la seconde est indiquée par les lettres C G HI K L.

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