‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 198 sur 344 · CACHALOT · texte numérisé non relu

CACHALOT

La baleine et le cachalot sont les animaux cétacés les plus remarquables par la grandeur de leur taille. La pêche de ces poissons exige de grands frais, et elle est accompagnée de périls et de peines. Les diverses nations de l'Europe encouragent cette pêche.^ qui est une source de richesses et un moyen sûr de former des matelots intrépides et d'habiles marins.

Les Basques furent les j)remiers qui allèrent dans les mers du Nord y faire la pêche de la baleine , et qui furent en possession de vendre à l'Europe l'huile que cet énorme cétacé fournit en abondance. Les Hollandais devinrent bientôt les émules et les rivaux des Basques. L'Angleterre leur disputa ensuite cette branche de commerce. Tous les peuples du Nord, attirés par les succès de la pêche de la baleine , entrèrent en concurrence : les Danois , les Brémois, les Hambourgeois , accoururent avec ardeur dans les mers Glaciales. La discorde et la jalousie de tous ces peuples, et les intérêts froissés, allumèrent des guerres, qui furent terminées par un accommodement : on se partagea les baies et les côtes qui servaient à la pêche de la baleine.

Le gouvernement anglais accorda une prime pour cette pêche, et en 1697 il créa une compagnie. Les Basques redoublèrent leur activité et leur zèle pour soutenir la concurrence ; mais n'étant pas encouragés, ils furent obligés d'abandonner cette source de prospérité. La guerre de 1744 ruina entièrement cette pêche parmi eux. L'Angleterre paie une fois plus que le produit net de la pêche de la baleine } mais ces récompenses , dit un écrit public publié en 1 766 , ne sont point une perte pour l'Etat. Celle de l'argent qu'on porterait à l'étranger pour acheter les produits de la baleine; celle des matelots les plus courageux , formés par cette pêche, en serait une

réelle.

Les Anglo- Américains ont suivi cette politique \

PECHE MARITIME. — partie réglementaire.

les Hollandais ont soutenu la concurrence. Hambourg et les habitans des bords de l'Elbe, qui forment les marins les plus robustes et les plus sobres du Nord, se livrèrent avec ardeur à cette pêche. En 1784 et 1786, le gouvernement français tenta de rétablir cette branche importante de commerce, et protégea ceux qui s'y livraient. Un arrêt du conseil , du 5 mai 1786, accorda aux Nantukais établis en France, et qui se livraient à la pêche de la baleine et du cachalot dans les mers du Nord et du Sud une prime de 5o livres par tonneau de jauge.

La révolution interi'ompit ce genre de spéculation, qui fut cependant encore l'objet de Li loi du 37 mai 1792.

Le gouvernement consulaire régla le mode d'exécution de cette loi, d'abord par un arrêté du 9 nivôse an 10, et ensuite par un autre arrêté, du \n prairial de la même année, qui modifia les dispositions du premier.

Le roi, à son retour dans ses états, s'est occupé de ranimer le zèle des armateurs pour cette pêche , qui a été l'objet des ordonnances des 8 février 1816, i4 février 1819, 11 décembre 1821, 5 février 1823 et 24 février 1825. V. ces Ordonnances à la fin de ce JJictionnaire.

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