‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 219 sur 344 · POC · texte numérisé non relu

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spares, qui a 6 pouces de long et 2 pouces et demi de large ; les écailles d'un blanc argenté ; la ligne latérale noire, et la couleur en général rousse.

PLOMBAGE. V. Plomber.

PLOMBÉE. C'est le plomb qu'on met au bout du filet pour le lester et le faire aller au fond de l'eau. V. Filet.

PLOMBER UN FILET. C'est y attacher des plombs pour le faire descendre; c'est aussi y attacher un plomb portant un signe qui indique que l'emploi de ce filet est permis.

L'ordonnance de 1669, tit. XXXI, art. i5, défend aux fermiers de la pêche de se servir de filets et engins, à moins que le sceau en plomb aux armes' du roi n'y ait été apposé , à peine de confiscation et de 20 fr. d'amende.

L'instruction de l'Administration des forêts , du 23 mars 1821 , art. 76, prescrit aux conservateurs de déposer aux greffes des tribunaux l'empreinte des coins destinés à la marque des filets, et de donner des ordres pour que les fermiers ou porteurs de licences ne puissent se servir de filets non plombés.

La circulaire du 17 octobre 1821 renferme la même invitation, et indique les pinces dont on doit se servir.

PLONGEURS. Sorte de pêcheurs qui vont sous l'eau , et prennent à la main des poissons et des coquillages.

Dans le premier âge des sociétés et avant l'invention des instrumens de pêche, on tira de grandes ressources de l'habitude qu'avaient les hommes de nager et de plonger, exercice auquel ils se livraient fréquemment, soit dans les fleuves, soit sur les bords de la mer, par le besoin qu'ils avaient de traverser des espaces d'eau considérables, avant cju'ils connussent la construction des barques. Ils poursuivaient le poisson jusque dans ses retraites les plus profondes. Lorsque Alexandre chargea Aristote de composer son immortel ouvrage sur les animaux, il lui assigna un certain nombre de plongeurs, qui avaient l'ordi-e de lui fournir toutes les productions qui ne se trouvaient que dans la mer. Cette manière de pêcher est encore pratiquée par quelques nations sauvages, telles que les habitans de la Nouvelle- Galles du Sud et les Indiens de l'île de Panama. On emploie aussi des plongeurs pour la pêche des éponges et du corail.

PLUMER. C'est ôter avec un couteau les feuilles des cannes dont on construit dans les bourdigues. V. Bourdigues.

PLUSOIR. Ancien instrument de pêche qui n'est plus connu , et qtii était prohibé par les ordonnances citées dans Saint-Yon , p. 224.

PLYETTER ou POMMETTER. Cette pêche , qui pourrait aussi se nommer piétiner , se fait en marchant pieds nus sur le sable, pour sentir les poissons qui y sont restés enfouis. Quand on sent un poisson sous ses pieds, on le pique avec un digon , ou bien on le saisit avec un angon , ou on le prend à la mnin sans aucun instrument. Cette pêche se nomme aussi à la foule , et on y prend des anguilles. V. Poche.

POCHE. Espèce de sac de toile avec lequel on prend à Morlaix beaucoup de menuise. Poche de

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l'aissaugue f espèce de manche ou de sac des lUets traiiians, dans lesquels le poisson se rassemble. V. ^issatigue,

POCIIETEAU. C'est une espèce de raie ainsi appelée sur les ctktes de la Vendée , et qui est déjà citée sous ce nom dans un acte du monastère de Talniont, de i366.

POELE. Endroit d'un étang vis-à-vis de la bonde, qu'on creuse plus que le reste, pour que le poisson s'y rassemble quand on vide l'étang pour le pécher. V. Etang.

POGGE, poisson. C'est l'aspidophore armé ou cataphracte. Y. Aspidophorc.

POIGNÉE DE MORUES. Ce sont deux morues de même taille, qui se vendent ensemble ou à la poignée.

POISSON , piscis. Animal aquatique , à sang rouge, et qui respire par des branchies qu'on nomme ouïes , au lieu de respirer par des poumons.

Nous diviserons cet article en deux sections : l'une pour Y Histoire naturelle des poissons, et l'autre pour \n partie réglementaire.

PREMIÈRE SECTION. — de l'histoire naturelle DES POISSONS.

Les poissons forment l'une des classes les plus intéressantes du règne animal, par la diversité des familles qui la composent, le grand nombre des espèces, leur prodigieuse fécondité, la grande facilité d'en multiplier les individus sur tous les climats, et l'utilité variée de toutes les parties qui les constituent.

Nulle autre classe d'animaux ne peut lui être comparée sous les rapports de l'abondance et de la facilité des ressources qu'elle offre pour la nourriture de l'homme, et des immenses produits que l'industrie et le commerce savent en tirer par mille préparations diverses; nulle autre classe n'est aussi universellement réjiandue , aussi variée dans ses formes et ses qualités, et nulle autre enfin n'a occupé tant de bras et procuré tant de richesses aux nations. C'est par la pêche des poissons répandus dans l'immensité des mers que se sont élevés et accrus les peuples placés aux confins des continens , en se formant à cet art si étonnant, si utile, si hardi, qui leur a fait franchir des espaces que la nature semblait avoir rendus inaccessibles, et qui, en établissant de rapides communications entre toutes les parties du globe, a fait du monde entier une grande famille, une seule société.

Leur étude a occupé les anciens naturalistes comme les modernes ; mais cette science n'a pas marché avec la même célérité que celle de plusieurs autres, parce que les hommes qui exercent la profession de pêcheurs, et qui sont les plus à portée d'étudier les poissons, ne sont pas assez instruits pour en saisir les caractères distinctifs. Ils ont fondé leurs dénominations, le plus souvent barbares, sur des formes et des qualités fugitives ou mal observées , et qui peuvent se rapporter à différens genres ou à des âges différens de la même espèce. D'un autre côté , la difficulté de procurer aux savans des individus vivans a contribué à ralentir les progrès

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Je Vichthyologie. Nous avons indiqué, sous ce mot , quelques méthodes employées pour l'étude de cette science, et particulièrement la méthode de M. Lacéjiède, qui est aujourd'hui la plus parfaite.

Nous allons nous occuper de l'histoire naturelle des poissons en général ; mais les limites dans lesquelles nous sommes obligés de renfermer nos descriptions ne nous permettront d'employer que les traits les plus essentiels et les plus caractéristiques. Toutefois nous tâcherons, en empruntant ces traits aux grands tableaux des naturalistes et plus spécialement à ceux tracés par M. Lacépède, d'imprimer à notre travail ce caractère de vérité et d'utilité indispensable dans toute production destinée à l'instruction.

Deux fiuides sont les seuls dans lesquels il est permis aux êtres organisés de vivre , de croître et de se reproduire : l'air et l'eau. Les quadrupèdes, les oiseaux, les reptiles, ne peuvent conserver leur vie que par le moyen du premier de ces fluides ; le second est nécessaire à tous les genres de poissons. Mais il y a bien plus d'analogie et de rapports conservateurs entre l'eau et les poissons , qu'il n'y en a entre l'air et les oiseaux ou les quadrupèdes 5 et voilà pourcjuoi , indépendamment de toute autre cause , les poissons sont de tous les animaux à sang rouge ceux qui présentent dans leurs espèces le plus grand nombre d'individus, dans leurs couleurs l'éclat le plus vif, et dans leur vie la plus longue durée.

Ils sont aussi de tous les animaux ceux dont le domaine est le plus étendu, puisqu'il comprend les vastes mers, les lacs, les fleuves, les rivières, les ruisseaux, les étangs, enfin tous les amas d'eau qui forment sur le globe une surface bien plus considérable que les continens qu'ils arrosent.

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