‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 220 sur 344 · DES CARACTÈRES DISTINCTIFS DES POISSONS · texte numérisé non relu

DES CARACTÈRES DISTINCTIFS DES POISSONS

Les poissons se distinguent de toutes les autres classes d'êtres vivans par des caractères qui leur sont propres ; mais il ne faut pas^ avec quelques naturalistes, faire consister ces caractères dans la présence des écailles ni dans celle des nageoires, puisqu'il y a des poissons qui en sont dépourvus. Il ne faut pas non plus les chercher dans la forme des organes de la circulation. La marque constante de tous les véritables poissons est la rougeur plus ou moins vive de leur sang , qui empêche de les confondre avec les insectes, les vers et tous les animaux connus sous le nom ^animaux à sang blanc.

Il existe un autre caractère aussi sensible et aussi constant, qui distingue les poissons des reptiles, des quadrupèdes et des oiseaux , qui tous ont le sang plus ou moins rouge, et des cétacés que l'on a si souvent confondus avec eux , et qui néanmoins sont compris parmi les animaux à mamelles. Ce caractère consiste en ce que les poissons respirent par des branchies , tandis que les autres animaux respirent par des poumons. En effet, l'homme, les animaux à mamelles, les oiseaux, les quadrupèdes ovipares, les serpens, ne" peuvent vivre, au moins pendant quelque temps , qu'au milieu de l'air de l'atmosphère , et ne respirent que par de véritables poumons j lorsque les poissons ont pour organe respiratoire leurs branchies, dont la forme et la nature

POI

sont très-différentes de celles des poumons, et qui ne peuvent servir, au moins long-temps, que dans l'eau, à entretenir la vie de l'animal. On ne doit donc donner le nom àe poissons qiî'aux êtres organisés qui ont Le sang rouge et qui respirent par des branchies. Mais il faut que les deux caractères dont nous venons de parler soient réunis pour constituer un poisson ; car il y a quelques espèces de vers qui ont des branchies, mais leur sang est blanc 5 et l'on sait que les cétacés qui vivent au milieu des eaux ont le sang rouge, mais qu'ils n'ont point de branchies.

Nous allons exposer successivement les parties extérieures et les parties intérieures des poissons.

Du CORPS DES POISSONS. Le corps du poisson se distingue en trois parties principales : la tête, le corps proprement dit, et la queue , qui commence à l'ouverture de l'anus.

Le bas de la PI. ii'e., où est représentée une morue, indique ces trois parties. La tête est comprise dans l'espace marqué par les lettres a, b ; le corps est indiqué par les lettres b, Q; l'anus par la lettre Q : et la queue remplit l'espace qui se trouve entre l'anus Q et la nageoire caudale C C , o, p, e. C'est donc improprement que l'on donne vulgairement le nom de queue à la partie que nous venons de désigner par la dénomination de nageoire caudale : cette partie forme une pièce distincte, qui se trouve à l'extrémité de la véritable queue, dont l'origine est à l'anus. Cette fausse dénomination , donnée à la nageoire de la queue, se trouve dans les réglemens, et spécialement dans l'ordonnance de 1669, qui dit que les pêcheurs rejetteront à l'eau les truites, carpes, etc., qui n'auront pas 6 pouces entre l'œil et la queue. Il fallait dire : entre l'œil et la nageoire de la queue.

Grandeur des poissons. C'est encore dans cette classe que se trouvent les différences les plus considérables de grosseur, de longueur et de poids, puisqu'il y a des espèces qui ne parviennent qu'à quelques pouces de longueur et qui pèsent au plus une once; tandis que d'autres, telles que le flétan, le silure commun, le brochet, le grand esturgeon, parviennent à 10, 20 et 25 pieds de longueur, et pèsent plusieurs quintaux.

De ea forme des poissons. La forme des poissons est très-variée ; mais la plus ordinaire est la forme allongée. Une distinction assez générale et assez frappante dans les poissons est celle qu'on en fait : 1°. en poissons roTids , tels que la carpe, le saumon, le maquereau, le hareng, etc.; 2". en poissons plats f tels que la sole, le carrelet, la barbue, la plie, le turbot; 3°. en poissons longs et dont la forme imite celle des reptiles terrestres, tels que l'anguille, la lamproie. Toutefois cette classification est bien imparfaite; car il y a des cas où il serait difficile de déterminer dans laquelle de ces divisions doivent être placés certains poissons.

Les naturalistes emploient une foule d'expressions pour désigner les différentes formes de poissons. Ils disent que le corps est ové quand if approche de la forme d'un œuf; arrondi ou. rond, lorsqu'étant aplati, il a autant de diamètre en hauteur qu'en longueur ; oblong, s'il est plus long que large; lancéolé , si la longueur surpasse sensible-

POI

ment la hauteur, et si l'une des extrémités est allongée en pointe; linéaire, s'il a la forme d'une ligne; ensifbrme, lorsqu'il a quelque ressemblance avec une lame d'épée ; déprimé , quand la largeur surpasse la hauteur, et comprimé , si c'est la hauteur qui surpasse la largeur; anceps , s'il présente deux tranchans ; en couteau, quand la partie supérieure du dos est large et aplatie, tandis que la partie inférieure du corps est comme tranchante ; caréné ou en carène, si le dos est arrondi et la partie inférieure du corps tranchante ; trigone , tétragone ou polygone, suivant qu'il se trouve trois ou quatre ou plusieurs saillies sur toute la longueur du corps ; cylindrique .f rond en longueur, en forme de fuseau , conique, ventru, bossu, suivant qu'il affecte ces différentes formes.

Mais ces dénominations techniques , ainsi que plusieurs autres qui expriment la présence ou l'absence des écailles , des pointes qui peuvent se trouver sur le corps et des couleurs, s'entendent souvent d'elles-mêmes, ou bien on les remplace par des expressions plus connues : de sorte que nous ne croyons pas devoir les rappeler ici.

Du squelette des poissons. Avant de passer à la description des différentes parties du poisson, nous donnerons une idée de sa structure intérieure.

Dans les poissons, comme dans les autres animaux, les parties molles sont soutenues par des os ou des cartilages qui en tiennent lieu. La PI. i^^. représente le squelette d'une carpe ; la ligne ponctuée fait connaître le contour des parties molles.

Le squelette qui est représenté est celui de la carpe ; nous en prévenons , jiarce qu'il y aura quelques détails qui ne s'appliqueront point à tous les poissons.

La tête est cette partie qui est représentée par les lettres R, T, V, X, Y. Elle est formée par les os du crâne il, qui est de forme très-différente suivant les espèces : on y aperçoit les fosses orbitaires, qui sont plus ou moins grandes et différemment placées ; les cavités pour l'organe de l'ouïe et celui de l'odorat, et les mâchoires T, V. On trouve dans l'intérieur de la tête de beaucoup de poissons des pierres ou osselets fort durs. A la réunion de la tête avec le tronc, au-dessous de la gorge, il se trouve quelques arêtes qui tiennent lieu de clavicules , et qui semblent appartenir au larynx.

Depuis le derrière de la tête jusqu'à la ilaissance de la queue , on aperçoit une suite de vertèbres qui sont articulées de manière à permettre au poisson de se placer vers les côtés, mouvement qui lui est nécessaire pour nager avec vitesse.

Il y a des poissons dont l'épine dorsale est composée de vertèbres cartilagineuses, et d'autres dont cette partie se compose de vertèbres osseuses. C'est sur cette considération qu'est fondée la division des poissons par M. Lacépède , en poissons cartilagineux et en poissons osseux.

La capacité de l'abdomen est formée par des arêtes circulaires ou des côtes, qui s'articulent, par une de leurs extrémités, avec la colonne vertébrale, et par l'autre se terminent en pointe et ne sont attachées qu'aux chairs. Ces côtes sont par paires ; elles s'étendent plus ou moins, suivant la capacité de l'abdo-

POl

men, qui varie beaucoup dans les différentes espèces de poissons.

Après ces côtes, on voit six apophyses épineuses, qui forment comme de fausses côtes j et à leur extrémité, il y a de fines arêtes qu'on ne peut conserver dans le squelette, et qui sont ù-peu-près indiquées par des lignes ponctuées.

Au-delà de ces fausses côtes sont d'autres apophyses épineuses, qui sont d'abord plus grandes que celles dont nous venons de parler, et qui diminuent de longueur et de grosseur à mesure qu'elles approchent de l'extrémité de la colonne épinière.

On aperçoit aussi à la partie supérieure de la colonne vertébrale des apophyses, qui sont simples et qui se continuent depuis le derrière de la tèle jusqu'à la nageoire de la queue : elles sont plus ou moins longues et plus ou moins inclinées.

Nous parlerons plus loin de la structure des nageoires et des rayons.

Des nageoires. On ne doit, à la rigueur, donner le nom de nageoires qii'à des organes composés d'une membrane plus ou moins large , haute et épaisse, et soutenue par de petits cylindres plus ou moins mobiles et nombreux que l'on nomme rayons, parce qu'ils paraissent quelquefois disposés comme des rayons autour d'un centre. \ . Xtsjig. 2 et 3 de la PI. 4, où les rayons sont très-apparens.

Cependant il est des espèces de poissons sur lesquelles des rayons sans membranes et des membranes sans rayons ont reçu la dénomination de«agecires , à cause de leur position sur l'animal.

Nous avons dit qu'il y avait des poissons dénués de nageoires ; les autres en présentent un plus ou moins grand nombre, suivant les genres et les espèces. Plusieurs en ont une de chaque côté de la poitrine {PL i^^.^Jig. 2, c); d'autres, à la vérité peu nombreux, ne montrent pas ces nageoires pectorales, qui ne paraissent jamais qu'au nombre de deux, et que l'on a comparées, à cause de leur position et de leurs usages, aux extrémités antérieures de plusieurs animaux, aux bras de l'homme, aux pattes de devant des quadrupèdes ou aux ailes des oiseaux.

Plusieurs groupes de poissons n'ont aucune nageoire au-dessous de leur corps proprement dit; les autres, au contraire, en ont une ou deux , situées sous la gorge (^Pl. i^^., 2^. partie, 7^. 2, c), ou sous la poitrine, ou sous le ventre. Ce sont ces nageoires inférieures , que l'on a considérées comme les analogues des pieds de l'homme ou des pattes de derrière des quadrupèdes.

Il y a des poissons qui n'ont point de nageoires à la partie supérieure du corps et de la queue 5 d'autres qui ont une , ou deux ou même trois nageoires dorsales (la morue, PL \''^.^ fig. 2, iiiyU, o, est dans ce dernier cas); d'autres, dont l'extrémité de la queue a une nageoire plus ou moins étendue (même PL C C, o, p, e), ou qui n'en présentent aucune ; d'autres enfin qui ont une ou deux nageoires audessous de la queue, et qu'on appelle nageoires de l'anus (Q, R, S], ou qui en sont dépourvus.

Ln poisson peut donc avoir depuis une jusqu'à dix nageoires.

Les nageoires sont parfaites ou imparfaites , ou

POI

adipeuses : les nageoires parfaites sont composées d'osselets mobiles contenus dans une membrane qui est toujours la continuité de la peau ; les nageoires imparfaites sont composées de rayons mobiles, ou séparés les uns des autres, ou étroitement unis, sans aucune membrane qui les lie entre eux; les nageoires adipeuses ou fausses nageoires semblent n'être formées que par un prolongement de la peau, et sont dépourvues de rayons.

On divise les nageoires parfaites en simples ou en composées : les nageoires simples ont tous leurs osselets du même genre, soit tous rayons, soit tous aiguillons; les nageoires composées ont leurs premiers osselets en aiguillons et les suivans en rayons.

On appelle nageoires dorsales celles qui sont placées sur le dos ; pectorales ou latérales , celles de la poitrine placées sous l'ouverture des ouïes de chaque côté; ventrales, celles du ventre; anale ou de l'anus, celle qui est placée près de l'orifice de l'anus ; caudale y ceWe qui termine la queue; enfin branchiales, les nageoires placées près de l'opercule des ouïes.

Indépendamment de ces dénominations, que les nageoires prennent à raison de leur position, on les distingue encore par d'autres épithètes qui se tirent de leur figure, ou de leur place, ou de la substance dont elles sont composées , ou enfin de leur nombre.

Rayons des nageoires. Les rayons des nageoires sont de petits osselets qui soutiennent les nageoires.

1°. Considérés relativement à leur nature, les uns sont d'une substance osseuse et dure, qui leur a fait donner le nom à'' aiguillons ^ les autres, composés d'une substance moins dure, sont flexibles, et on les nomme rayons mous. Il y a des aiguillons qui sont lisses et d'autres qui sont dentés.

2°. Quant à la figure, il y a des rayons simples , des rayons fendus , des rayons doubles, qui tous n'ont qu'une base commune; d'autres qui sont bifides , ou se partageant en deux vers la moitié de leur longueur; et d'autres qui sont multifides y ou se partageant en un plus grand nombre de parties,

3°. Quant à la situation , il y en a de clair-semés, de pressés les uns contre les autres ou de collés ensemble.

4°. Quant aux dimensions, il y en a d'égaux, d'inégaux, et d'autres qui vont en augmentant ou en diminuant de grandeur, depuis le premier jusqu'au dernier.

Les rayons osseux sont de deux sortes ; les uns, solides, allongés, un peu coniques et terminés par une pointe piquante, semblent formés d'une seule pièce, et se nomment, ainsi que nous l'avons déjà dit, rayons simples ou aiguillons, à cause du piquant qui les termine; les autres rayons osseux, au lieu d'être simples, sont composés de plusieurs petites pièces placées les unes au-dessus des autres, ce qui les a fait nommer rayons articulés.

Ces articulations, qui constituent l'essence ée^i rayons osseux, se retrouvent dans les rayons cartilagineux; mais pour bien en voiries dispositions, il faut regarder ces rayons cartilagineux contre le jour, à cause d'une espèce de couche de nature cartilagineuse et transparente, dans laquelle elles sontcomme enveloppées. On peut reconnaître particulièrement

POI

cette disposition dans les rayons des nageoires pectorales de la raie-batis, de la raie bouclée et d'autres poissons du même genre. (V. la PL 2.) Au reste, tous les rayons, tant osseux que cartilagineux, tant simples qu'articulés , sont plus ou moins transparens, excepté quelques rayons osseux, simples et très-forts , que l'on remarque sur quelques espèces de poissons, et qui sont le plus souvent entièrement opaques.

De la structure des nageoires et des rayons. Nous expliquerons cette structure toujours d'après le squelette de la carpe.

La colonne vertébrale est terminée par des os plats {N, PL \''^.^fîg. \^^.), auxquels s'articulent les rayons de la nageoire de la queue M. Cette nageoire, comme les autres, est formée par des rayons couverts et liés les uns aux autres par une membrane, et qui embrassent les os plats JSf, qui terminent l'épine. Il résulte de cette articulation que les rayons ont la liberté de s'approcher et de s'écarter les uns des autres, pour donner à la nageoire plus ou moins d'étendue.

La nageoire du dos est formée par les rayons A A, qui s'articulent avec les arêtes C, qui sont retenues dans les chairs.

Le pi'emier rayon P A iS.\x squelette est représenté séparément par Ics^o-. i et 2, qui se trouvent en tête de la planche. Ce premier rayon se divise en deux parties dd, qui forment la fourche; il s'articule par sa base avec la tête de l'arête c. A la tête de cette arête et à la base du rayon , on aperçoit deux petites arêtes ee. On ne les voit pas dans les autres rayons du même squelette ; mais tous ces rayons se divisent en deux, suivant leur longueur. Le mouvemeut de la nageoire dorsale est tel , qu'elle peut s'abattre vers la queue ou se redresser, suivant la volonté de l'animal, et prendre la courbure du corps quand il se plie d'un côté ou de l'autre.

La nageoire L du ventre est organisée comme celle du dos.

La nageoire branchiale est formée de rayons ciui se séparent aussi en deux parties ; leur base embrasse par son articulation une apophyse qui tient à une espèce d'omoplate^Çy?^. 3. Les rayons de cette nageoire ont deux niouvemens : l'un, qui leur permet de s'écarter ou de se rapprocher les uns des autres, et l'autre, qui hur permet de se porter tous ensemble vers la tête ou vers la queue. C'est derrière l'espèce d'omoplate /'que se trouve l'arête p» fig- 4, que l'on regarde comme une clavicule.

Dans la nageoire du ventre^^ les rayons g, Jig. 3, sont doubles comme les autres, ce qu'on aperçoit en h ,Jig- 8. Ils embrassent la partie g de l'os A Jiq^. 3, avec lequel ils s'articulent. Ils ont deux mouvemens, ainsi que la nageoire branchiale. Quant à l'arête /j dont on voit la position {fig. i''*'. ), elle est enveloppée et fermement assujettie par les chairs, et sur-tout par l'apophyse i de \-di fig- 3.

OuvERTUKK DE LA nouciiE. L'ouverture de la bouche n'esi pas située de même dans tous les poissons j sa figure, ainsi que ses proportions, varient dans les différentes espèces.

Plusieurs poissons ont eu dedans de la bouclie

POI

une membrane qui se replie , et ne paraît point quand la bouche est fermée. Elle est susceptible d'une grande extension , et elle forme , quand la bouche est ouverte, une espèce de bourse, PL i"^,, Jig' 2, X, qui enveloppe leur proie.

Museau. On entend par le museau des poissoiLs la partie du devant de la tête comprise depuis les yeux ou le front jusqu'à l'extrémité des mâchoires. Il varie aussi dans sa figure et dans ses proportions.

Des dents. Les dents des poissons sont en général fortes et nombreuses; mais elles présentent différentes formes : les unes sont un peu coniques, allongées, cependant pointues, quelquefois dentelées sur leurs bords et souvent recourbées; les autres sont comprimées et terminées à leur extrémité par une lame tranchante ; d'autres enfin sont presque demi-sphériques , ou même presque entièrement aplaties contre leur base. C'est de leurs différentes formes, et non pas de leur position et de leur insertion dans tel ou tel os des mâchoires, qu'il faut tirer les divers noms que l'on peut donner aux dents des poissons, et conclure les usages aiixquels elle.-* peuvent servir. Ainsi on doit appeler dents molaires celles qui, étant demi-sphériques ou trèsaplaties, peuvent facilement broyer les corps sur lesquels elles agissent; incisives, les dents comprimées , dont le côté opposé aux racines présente une sorte de lame avec laquelle l'animal peut aisément couper et diviser, de la même manière que l'homme avec ses dents de devant; et laniaires celles qui, allongées , pointues et souvent recourbées, accrochent, retiennent et déchirent la proie de l'animal. Ces dernières sont celles qvie l'on voit le plus fréquemment dans la bouche des poissons; il n'y a même qu'un très-petit nombre d'espèces qui en présentent de molaires ou d'incisives.

Ces trois sortes de dents peuvent être considérées d'après la manière d'être attachées et la plaee qu'elles occupent : les unes sont retenues presque immobiles dans des alvéoles osseux ou du moins très- durs; les autres ne sont maintenues par leurs racines que dans des capsules membraneuses, qui leur permettent de se relever et de s'abaisser dans différentes directions, à la volonté de l'animal.

D'un autre côté, les mâchoires des poissons ne sont pas les seules parties de leur bouche qui puissest être armées de dents; leur palais, leur gosier et leur langue peuvent en être garnis. Celles qui sont fort déliées forment des espèces de brosses ou des aspérités. \ . le bas de la PL ^'^^•-tjig- 2 , J, J, K, K.

La même partie de la PL i^^.^ fig. \ -, Z , représente l'intérieur de la bouche d'un poisson où il y a une rangée de dents droites, pointues et disposées comme les dents d'un peigne.

Mâchoires. Les deux mâchoires de la bouche des poissons, PL \'^^'i fg- !"•» T, V, diffèrent entre elles , soit à raison de leur proportion , de leur figure, de leur situation, soit par rapport à leurs appendices. Elles sont souvent inégales : tantôt c'est la mâchoire supérieure qui excède l'autre, et le plus souvent c'est la mâchoire inférieure qui est la plus longue.

Lèvres. La plupart des poissons n'ont point de ^

POI

lèvres proprement dites 5 quelques-tiiis en ont. Plusieurs autres ont la bouche bordée d'une membrane qui y en se repliant quand la bouche est lermoe , forme une espèce de lèvre.

Barbillons. Dans quelques poissons, les mâchoires sont garnies de barbillons, soit que ces barbillons se trouvent à la mâchoire supérieure comme dans le poisson qu'on nomme barbeau, PI. ()ijji^- 3 ; ou à l'inférieure, comme dans la morue, Fl. i"^^., fio. 2, Y^ soit que l'une et l'autre en soient munies.

Narines. Elles sont placées sur ie devant du museau et presque toujours en avant des yeux. Elles diffèrent entre elles suivant les espèces :

1°. Par leur position à l'extrémité antérieure des mâchoires et loin des yeux ; entre les yeux et l'extrémité des mâchoires 5 à la partie supérieure du museau, au-dessous et proche des yeux; sur le bord de la mâchoire 5 sur le sommet de la tête et p:esqu'à la jonction des yeux ; sur une ligne oblique; sur la même Wçjvq ; l'une près de l'autre ; à une certaine distance l'une de l'autre.

2°. Par leur figure ronde, ovale, oblongue , tu- Iwlée, recouverte par les lèvres, découverte.

S'*. Par leur nombre , qui est d'une ou de deux ouvertures de chaque côté, ou nul.

Des yeux. Les yeux des poissons sont toujours au nombre de deux ; ils ne présentent pas la même forme et ne sont pas situés de même dans toutes les espèces de poissons. Ils diffèrent :

1°. Par leur figure plane, protubérante, convexe, globuleuse, ovale, oblongue.

2°. Par leur situation latérale ou sur le côté de la tête; élevée très-haut; verticale ou sur le sommet même de la tête ; entre le sommet et le bout du museau; sur le même côté; l'un près de l'autre ou éloignés l'un de l'autre.

3". Par leur dimension grande, petite, médiocre.

4^. Par leurs tégumens, selon qu'ils sont nus^ cou- Tcrts ou à demi couverts.

Les yeux sont composés extérieurement de deux parties principales, qui sont la pupille et l'iris.

La pupille varie de formes , toujours suivant les espèces : elle estorbiculaire, ovale, ample, resserrée, anguleuse.

SJiris varie dans ses couleurs : il est doré, argenté, olivâtre, fauve, pointillé, nébuleux.

La nuque. Les poissons n'ont point de cou : leur tête se termine à la nuque, après laquelle commence immédiatement le tronc, qui comprend toutes les parties situées entre la tête et l'extrémité de la queue.

La. nuque est la partie antérieure du tronc la plus charnue, qui s'étend depuis la première ou la seconde vertèbre (P/. ^^^-i fig. '"-j Y) jusque sur le sommet de la tête , du moins dans quelques poissons.

Le DOS. Le dos est la partie supérieure du corps qui s'étend depuis la nuque Y jusqu'à la queue A. Il est ou droit, ou arqué, ou bossu, aplati, convexe, ou caréné; plus ou moins gros et plus ou moins arqué que l'abdomen ; et chargé d'une , ou de deux ou de trois nageoires, ou sans nageoires.

Les CÔTÉS. Ils s'étendent depuis l'ouverture des ouïes, VI. irc., 2e. partie, ^^. 2, b, jusqu'à l'anus Q.

POI

La GORGE. Elle est située entre les ouvertures des ouïes.

La POITRINE ET LE VENTRE. La poitrine, que l'on nomme aussi thorax y prend son origine à la base des mâchoires, et s'étend jusqu'à l'insertion des nageoires pectorales. Cette partie, qui est figurée séparément, P/. i^c,, ire. partie, o o , Jig. 7,n«Lrenîerrae qu'un petit nombre de viscères ; elle est fort petite et presque continue dans la tête, étant terminée par en bas, et séparée du ventre par un diaphragme o o.

Le ventre est cette cavité qui règne depuis la poitrine ou le thorax jusqu'à l'origine de la queue ou de l'anus. On nomme abdomen la partie extérieure du ventre.

La capacité du ventre h, hyfig- 7, est beaucoup plus grande que la poitrine ; elle contient quantité de viscères. Elle est formée, comme nous l'avons dit, par des arêtes circulaires ou des côtes {fig. I ), etc., qui sont articulées avec la colonne vertébrale.

L'anus ( Ç, PI, f^.^ 2^. partie) est situé entre l'extrémité du ventre et l'origine de la (jueue. Cette partie varie beaucoup par sa position, qui, dans quelques poissons, est plus près de la tête que de la nageoire de la queue; dans d'autres, au milieu de la longueur du poisson, et dans plusieurs plus rapprochée vers la queue.

La QUEUE est la partie postérieure du corps qui est charnue ; elle prend son origine à l'anus Q et termine le tronc. Nous avons déjà fait remarquer qu'il ne faut pas la confondre , comme on le fait vulgairement , avec la nageoire de la queue. Elle est plus ou moins grosse , plus ou moins longue, et son extrémité affecte ime forme différente dans les diverses espèces de poissons.

Des ÉCAILLES. Les écailles sont des lames aplaties, de substance cornée et à demi transparente, dont le corps des poissons est couvert en tout ou en partie : elles sont arrangées les unes sur les autres comme les ardoises des toits, et ne sont point adhérentes entre elles, du moins dans la plupart des poissons; car il y a quelques espèces de ces animaux dont les écailles, très-serrées et unies, semblent ne former qu'une seule pièce. On a donné à cette espèce de revêtement osseux le nom de cuirasse. D'autres sont couverts de ces mêmes écailles osseuses, mais distinctes, et cependant se tenant collées les unes aux autres : c'est ce qu'on appelle armure. Il y a des écailles très-minces, et qui, en tout ou en partie, sont d'un brillant doré ou argenté; fl'autres sont tellement épaisses, que leur dureté approche de celle des os.

A raison de leurs formes , on les nomme arrondies, ovales, oblongues, anguleuses, carrées, crénelées, dentées, hérissées de pointes, ciliées.

A raison de leur superficie , on les nomme glabres, rudes, striées en rond, rayonnées, inégales, tuberculeuses, ponctuées.

A raison de leur disposition ou de leurs dimensions, on les nomme imbriquées ou tuilées , imbriquées obliquement, contiguës, rares, cachées si elles sont recouvertes par l'épiderme , grandes , petites, très-petites, imperceptibles.

POI

A raison de leur connexion, on les nomme tombantes, si elles se détachent facilement, fixes, si elles se séparent difficilement.

Des couleuus des poissons. Quoique les écailles détachées du poisson, étant interposées entre la lumière et l'œil, paraissent presque toujours de la couleur d'une feuille de corne fort mince , la surface extérieure des poissons offre cependant des couleurs souvent très- belles, et quelquefois si vives, qu'elles le disputent à l'éclat de l'or , de l'argent et des

pierres précieuses ^ m

ais la vivacité de ces couleurs

diminue quand les poissons sont morts, lorsqu'ils sont malades , ou s'ils habitent certains fonds , tels que ceux où les eaux sont vaseuses. D'autres causes modifient les couleurs des poissons, telles que leur nourriture, les climats qu'ils habitent et la température qu'ils éprouvent. On peut remarquer particulièrement que ceux qui vivent d'animaux à coquille présentent des couleurs très-variées et trèséclatantes , sans doute parce que ces animaux communiquent aux poissons qui s'en nourrissent le principe qui colore leur coquille. Dans toutes les mers renfermées entre les tropiques et où une grande quantité de lumière peut pénétrer dans le sein des eaux, les poissons se montrent parés des plus riches nuances. On rencontre aussi des poissons décorés avec magnificence au milieu des mers polaires, où des montagnes de glace et de neige rendent éblouissante la lumière que la lune et les aurores boréales répandent pendant les longues nuits, et celle que donne le soleil pendant les longs jours de ces contrées. Mais c'est sur-tout dans les eaux échauffées de la zone torride et où la lumière reçoit une nouvelle activité de la chaleur, que les poissons présentent les nuances les plus éclatantes et les plus diversifiées. Enfin leurs teintes éprouvent quelquefois des changemens par suite de mouvemens violens, du sentiment de la crainte ou de la colère, du froid et du chaud 5 mais ces changemens ne peuvent avoir lieu que dans les teintes produites en tout ou en partie par le sang et les autres liquides susceptibles d'être pressés ou ralentis dans leur cours.

Ligne latérale. On donne le nom de latérale à cette ligne qui se voit sur les côtés des poissons ; elle fait la séparation entre le dos et le ventre, et s'étend depuis les ouïes jusqu'à la nageoire de la queue. (Y. PI. i>e.^ Jia, 2 , la figure d'une morue où cette ligne est bien marquée.) Elle est formée par une série continue de petits tubercules, qui sont les orifices d'une multitude de vaisseaux excréteurs qui y aboutissent, et d'où suinte une humeur visqueuse propre à entretenir la souplesse de la peau du poisson , et à le défendre contre le froid et la compression de l'eau.

Sous les divers rapports de sa situation , de sa figure , de sa direction et de sa superficie , la ligne latérale varie suivant les espèces, et elle est dite élevée, moyenne ou basse 5 ponctuée, linéaire, annulaire, dentée 5 droite, courbe, flexueuse , interrompue, descendante 5 lisse, épineuse, imbriquée, en creux , en relief, poreuse , cuirassée.

Lignes inteustitiales. Ce sont des raies transversales ou longitudinales, que l'on remarque sur

POI

la peau nue de quelques espèces de poissons aux endroits où les muscles se joignent.

Matière visqueuse. Cette matière gluante et visqueuse dont le corps de la plupart des poissons est enduit et qui les rend glissaiis dans la main, ne suinte pas seulement des pores de la tête et du corps, ni des orifices des vaisseaux de la ligne latérale 5 mais il paraît qu'elle est produite par des glandes excrétoires répandues sur toute la surface du corps, et qui la poussent à l'extérieur par des pores particuliers : on doit regarder cette sécrétion comme une espèce de transpiration que la nature a destinée soit à empêcher les écailles de se coller les unes contre les autres , ou de trop se dessécher , soit à s'opposer à l'entrée de l'eau par les pores dans l'intérieur des poissons 5 soit enfin à les rendre plus souples et plus susceptibles d'exécuter leurs divers mouvemens dans l'eau.

Ouverture des branchies. Les branchies, qu'on appelle ouïes , sont , dans la plupart des poissons , recouvertes par des pièces qu'on appelle opercules.

(P/. ire.,/^. ,,X.)

La situation , la forme, les dimensions et les tégumens des ouvertures des branchies varient, comme toutes les autres parties, suivant les espèces de poissons.

L'ouverture est placée , où sous la gorge, ou sur les côtés, ou près du derrière de la tête, ou vers la queue. Elle est ou arquée, ou en tube, ou tortueuse, ou droite, ou linéaire, ou oblique 5 elle est plus ou moins grande, et enfin elle se trouve recouverte en entier ou à moitié par les opercules , ou découverte , ou sans opercules.

Aiguillons et tubercules de la peau. Outre les aiguillons ou rayons osseux , durs et piquans des nageoires , il y en a d'autres, qui sont des tubercules osseux, implantés dans la peau du corps de quelques espèces de poissons 5 ils sont différens des pointes dont la tête de quelques autres espèces est hérissée, et qui ne sont que des apophyses saillantes des os de la tête.

Appendices. On trouve sur quelques espèces de poissons différentes appendices auxquelles on a donné les noms suivans : les barbillons ou cirrhesy appendices des mâchoires, dont nous avons déjà parlé ( voy. PL i^^.fjîg. '2-,y)'i lespinnules, petits rebords ou 2>roéminences externes, ressemblant en quelque sorte aux petites nageoires adipeuses ou aux barbillons, et qui sont placées tantôt près des yeux, tantôt près des narines et d'autres fois sur la queue de quelques espèces de poissons 5 elles ne diffèrent des cirrhes ou des barbillons que par la place qu'elles occupent; la crête, petite jnnnule placée sur le sommet de la têtej les tentacules ^ longs cartilages cétacés, mobiles et implantés sur le museau ou le front de certains poissons; les raclures^ petites appendices fibreuses et molles, qui se trouvent souvent à l'extrémité des osselets, comme si la membrane dont ils sont recouverts avait été raclée; les opines , prolongemens très-aigus, nus et immobiles de l'os de la tête et du front; les aiguillons^ corps durs et pointus comme les épines, mais qui en diffèrent en ce qu'ils sont mobiles, tandis que les épines sont fixes (il ne fiiut pas confondre ces aiguillons avec

POI

ceux (les nageoires) ; les doigts, osselets flexibles, sépares et libres, placés, dans quelqvies poissons, entre les nageoires pectorales et les nageoires ventrales j le bouclier, espèce de disque ovale, plat, dur et rude au toucher, qui couvre la tète et la poitrinej la suùuK , ligne rude ou à pointes, qui s'élève sur le dos et l'abdomen.

La i.AKGUK. Tous les poissons ont une langue; ils en ont du moins la base ou la racine; elle n'est point d'un usage aussi indispensablenient nécessaire aux poissons qu'aux quadrupèdes et aux cétacés ; car dans les premiers elle est imparfaite, ou cartilagineuse , ou presque immobile. La langue des poissons varie par sa ligure, sa substance, sa surface et par les mouvemens dont elle est susceptible. Ainsi elle est aiguë, en alêne, ou obtuse, entière ou échancrée , convexe ou plane, charnue ou cartilagineuse, lisse ou rude, mamelonnée ou couverte de dents égales ou inégales, libre ou immobile.

Les BKANCHiEs OU Ics ouÏEs. Ce sont les organes par lesquels les poissons respirent, et qui sont situés entre la tête et le tronc; ils sont contenus dans l'ouverture branchiale dont nous avons déjà parlé. Chaque branchie est formée d'un ou de deux feuillets osseux , dont la figure varie suivant les espèces de poissons, et qui sont un peu arqués sur le plan dans la PL 1,,/%". 6. On peut comparer ces feuillets ou lames osseuses à des côtes ; elles sont llexibles et recouvertes par une membrane cartilagineuse, qui, aux deux bords du feuillet osseux, est garnie de dents, comme on le voit Jig. 5. Ces branchies forment, par leur surface concave, comme la voûte du palais des poissons, et quelquefois les éminences cartilagineuses p •) fig- 11 » étant dures, font l'office de dents j la partie convexe de ces feuillets osseux est creusée d'un sillon qu'on peut voir,y^. 6; il y passe un tronc d'artère qui fournit une infinité de vaisseaux sanguins aux franges o, Jî^. 1 1 ; chaque frange se divise ordinairement en deux, comme on le voit en p pjjg. 12 : ainsi à cette figure , la lettre q représente la coupe transversale d'une côte osseuse; la lettre r représente les appendices ou espèces de dents; enfin, ^ est la bifurcation de la frange o de \a. Jig. 11. Ces branchies, au nombre de 4, 5 ou 6 , sont couchées les unes sur les autres sans adhérence entre elles.

Le COEUR des poissons est placé presque sur le sternum, au-dessous des branchies, e,Jig. y ; il est souvent renfermé dans un péricarpe en partie libre et en partie adhérent. Le cœur et son péricarpe sont placés dans une grande cavité; le cœur , dont les parois sont ridées , présente une multitude de petites cellules; dans sa partie supérieure, il se trouve un orifice qui répond à l'aorte, et sur le côté, il s'en trouve un autre qui communique à l'oreillette ; sa situation est longitudinale, comme dans les quadrupèdes; sa forme n'est point constante; il est aplati dans quelques espèces ; triangulaire ou pyramidal dans d'autres , et tronqué obliquement dans quelques-unes.

L'oreillette du coeur. Il n'y en a qu'une seule, mais qui est très-grande, comparativement au volume du cœur: c'est un sac musculeux très-mince, situé au côté gauche de ce viscère, et qui est percé

POI

de deux trous, au moyen desquels il communique avec le cœur et le sinus veineux.

L'aorte est attachée à la pointe du cœur et représente un petit c6nc,fg. 7, d. Litérieurement elle est garnie de petites colonnes ou cordes; ensuite elle se rétrécit, et donne , 1°. de chaque côté un tronc latéral fort court, qui se divise d'abord en deux vaisseaux, dont l'inférieur va se loger dans la branchie postérieure, et l'autre va en droite ligne dans la troisième ou pénultième branchie; 3*'. le tronc de l'aorte se divise ensuite d'une manière plus régulière en rameaux , qui vont à la seconde et à la première branchie. L'aorte descend jusqu'à l'extrémité du corps ; elle est appliquée contre les vertèbres, et adossée à la veine-cave. Le sang que l'artère a porté dans le ventre et dans les parties inférieures est repris par des rameaux veineux, qui, à leur tour, se réunissent et forment un seul tronc veineux ou veine-cave.

Le diaphragme, 00, fig. 7, consiste dans une membrane blanche assez forte, qui est attachée par sa partie supérieure vers la nuque et aux premières vertèbres; elle sépare obliquement la poitrine, et la sépare de l'abdomen comme elle sépare le cœur des autres viscères ; elle est percée par l'œsophage , et c est elle qui forme la face postérieure de la cavité de la poitrine. Cette membrane est très-apparente dans les grandes espèces de poissons.

Les viscères de l'abdomen et I'qesophage. Les poissons ont les mêmes viscères que les quadrupèdes ; mais ils sont souvent moins nombreux.

L'œsophage est ce canal étroit qui est situé depuis le fond de la bouche jusqu'au ventricule ; il ne se distingue du ventricule que parce qu'il est plus étroit, d'une couleur différente, et lisse sur sa surface externe.

Le ventricule, ou I'estomac des poissons ^fig- ï°)5 est un sac membraneux qui n'a presque aucune chaleur. Sa situation est le plus souvent longitudinale, et il n'est pas semblable dans tous les poissons, étant plus grand ou plus épais, cylindrique ou sphérique, ou [lartagé en deux lobes, suivant les espèces.

Les PETITS intestins ou appendices du pylore. Dans la plus grande partie des poissons , le pylore est garni de plusieurs appendices creuses , semblables à de petits intestins cœcum , et qui paraissent concourir à la digestion. Ces appendices diffèrent entre eux soit par le nombre, qui varie depuis un jusqu'à 80, joo et au-delà, soit par la forme, qui est longue ou courte, large ou étroite; il n'y en a point dans la plupart des cartilagineux.

L'intestin rectum. Le paquet intestinal des poissons est placé en long {PL l'^^.ffg. j,ee)\ le rectum est situé sous la vessie urinaire; sa tunique intérieure est quelquefois garnie de valvules ou soupapes, et plissée en volute. Il est, 1". par sa forme, ou droit ou simple lorsqu'il va en ligne droite du ventricule à l'anus / ; ou à une seule révolution à sa partie supérieure, ou faisant plusieurs sinuosités; 2°. par ses dimensions, comparées au volume du corps, il a moins de longueur que le corps, ou environ la même longueur, ou il est beaucoup plus long.

POI

Le Foit {f,fig' 7 ) est souvent divisé en plusieurs lobes et est quelquefois simple-, il est presque toujours fort grand, en comparaison du corps, et placé du côté gauche de l'abdomen, rarement du côté droit ou sur le devant du ventre, dont il remplit presque toute la capacité 5 mais toujours il est sous les intestins et sous l'estomac : sa couleur varie , mais elle est ordinairement jaunâtre.

La VÉSICULE DU FIEL {e,fig. 10) se trouve dans tous les poissons. Cette vésicule, qui est située sous Je côté droit du f(ûe, communique avec l'estomac et avec les intestins par deux conduits , dont l'un se nomme cystique, et l'autre cholédoque ^ sa forme est ovéeouoblongue; elle est tantôt enveloppée dans le foie, tantôt elle est fixée au-dessous, tantôt enfin elle en est séparée par un col allongé.

La RAIE , beaucoup plus petite que le foie, et d'une couleur plus foncée, est presque toujours au ctAé gauche de l'abdomen; elle est ordinairement d'une seule pièce et rarement partagée en plusieurs lobes, qui n'adhèrent les uns aux autres que par des ligamens assez faibles; sa forme est obiongue et aplatie.

Le PANCRÉA.S. Plusieurs espèces de poissons cartilagineux ont un pancréas; mais il est douteux qu'il y en ait dans les autres. Dans un grand nombre de poissons , les appendices du pylore tiennent lieu de pancréas.

Les OVAIRES. Tous les poissons ont des ovaires , de même que des œufs; les ovaires diffèrent par leur nombre, qui est double ou simple; par leur situation sur toute la longueur ou seulement sur la partie supérieure de l'abdomen , et par leur figure , qui est obiongue et comprimée, ou obiongue et cylindrique.

La VESSIE URINAIRE. Il n'y a pas un seul poisson qui n'ait une vessie urinaire ; cette vessie , placée sur l'intestin rectum , est ordinairement de forme ovale.

La VESSIE AÉRIENNE. La plupart des poissons ronds et à arêtes ont une vessie qui ne contient que de l'air, et qui occupe ordinairement la partie supérieure de l'abdomen et s'étend le long de l'épine du dos. Cette vessie est quelquefois simple , comme elle est représentée dans le bas de la PL i^^.^fig. 5; d'autres fois elle est double (première partie de la PL i^e. ^ fig. q) , ou bien sa capacité est séparée en deux par le rétrécissement qui est représenté au-dessous de la lettre/", et qui laisse une communication d'une vessie à l'autre; car si l'on perce la vessie^, et que l'on comprime doucement la vessie D , on aperçoit qu'elle se vide d'air. 11 paraît que le principal objet de cette vessie est, en augmentant le volume du corps des poissons, d'en diminuer la pesanteur spécifique.

Le PÉRITOINE est une membrane fine qui entoure l'abdomen des poissons , et qui est de différentes couleurs, mais le plus souvent d'un brillant argenté.

Page 1