DE SAI^T-JEAN-DE-LUZ
Duhamel répète, à l'occasion de cette pèche, ce qu'il a dit souvent; savoir, que les harengs, les sardines et les autres poissons de passage abandonnent quelquefois , pendant plusieurs années , une côte où ils se portaient en quantité, et qu'ensuite ils y reviennent. A l'époque où il écrivait (1774), la pèche de la sardine, qui avait été, i5 ans auparavant, très-abondante à l'ancienne embouchure de l'Adour dans l'Océan, et qui, pendant cet espace de temps, y était devenue à-peu-près nulle, fut d'une abondance extraordinaire dans cette année i774' i^^s uns attribuaient la disparition de ce poisson à des travaux faits dans le port, et d'autres aux vents d'ouest, qui avaient déterminé les sardines à allei chercher un asile plus tranquille.
§ 1 . — Des filets dont se servent les Basques pour la pêche de la sardine.
Le filet dont se servent les Basques pour celle pèche est fait de fil de lin : il a 3o brasses de longueur sur 4 6t demie de chute 5 les mailles de 3 à 4 lignes d'ouverture } le bas bordé d'une ralingue de 6 lignes de circonférence, et garni de plomb df Skj onces. On y amarre aussi de 4 pieds en 4 pieds des anneaux de corne, dans lesquels on passe une autre ligne, qui s'étend dans toute la longueur du filet, et qui sert à le fermer comme un sac lorsqu'il est rempli de sardines. Ce filet, qui est plutôt une seine qu'un manet, sert à prendre les anchois comme les sardines ; la tète est garnie de flottes de liège placées à 3 pouces les unes des autres.
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§ 2. — Manière de mettre le filet à la mer et de le
relever.
Les bancs de sardines se décèlent par la présence des oiseaux, qui mettent leur bec dans l'eau, ou y plongent eux-mêmes. Alors les chaloupes,, montées chacune de douze bons rameurs, se rendent aux endroits indiqués , où les pêcheurs mettent leur filet à l'eau du côté de bâbord, tandis que les rameurs enveloppent le banc de sardines. Quand le filet est entièrement à l'eau, les pêcheurs conservent à bord une manœuvre d'environ i5 lignes de circonférence et 3o brasses de longueur, laquelle est amarrée à un bout du filet et tenue par un matelot qui est à la proue. Il y a, à l'autre extrémité du filet , une semblable manœuvre, retenue dans le bateau par un matelot qui est à la poupe. Les sardines , épouvantées par les marsouins qui se trouvent presque toujours aux environs , donnent dans le filet en grande quantité : alors les matelots de poupe et de proue qui tiennent les manœuvres répondant aux deux bouts du filet, se halent dessus pour s'en approcher; et dès que les deux bouts du filet sont rendus l'un à la poupe, l'autre à la proue, on haie sur la manœuvre passée dans les anneaux de corne, pour ramener le bas du filet, où sont les plombs près de la superficie de l'eau, en formant comme un sac dans lequel \&s sardiiies se trouvent renfermées. On les prend avec un manet, que les Bascpes nomment salahardon ) pour les mettre à bord.
§ 3. — De la pêche des Basques à Fontarabie.
Depuis le mois de mai et pendant tout l'été, les sardines entrent dans les baies et les anses, où les pêcheurs en prennent avec des seines ; d'autres pêcheurs se portent au large, font leur pêche de la même manière que nous venons de l'expliquer; mais il y en a qui se servent de manets qui ont à- ()eu-près 3o brasses de longueur sur 4 de chute. Pendant que le maître jette le filet à l'eau, l'équipage nage mollement, pour qu'il s'étende mieux ; et quand la moitié de la longueur de ce filet est à la mer, le maître, qui est debout à la poupe, jette la résure des deux côtés; ce qui engage les sardines à nager pour l'attraper, et les précipite dans les mailles. Pendant ce temps, deux hommes naviguent faiblement pour soutenir la dérive et entretenir le filet tendu. Dès que le maître s^'aperçoit que cette moitié du filet est bien garnie de poissons, il met doucement le reste à l'eau, l'attache au bateau et recommence à jeter de la résure. Lorsqu'il remarque que toute la tessure est garnie de sardines , il la relève, et tout de suite il en met une autre à la mer.
Art. IX. —
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