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SAUTEUR. On donne ce nom à un poisson du genre cyprin et à un spare.
SAUTEUR. Nom qu'on donne au maître tonnelier qui arrange les harengs dans les barils.
SAVANEAU, SAVANELLE ou SAVONCEAU.
Filet de pêche du genre du haveneau , dont il est un diminutif. On le nomme encore colleretà main, et en provençal sausayron.
Cet instrument (P/. 24, iV"o, VII, fig. 8)^^diffère du haveneau en ce que c'est une simple nappe d'une brasse et demie ou de 2 brasses au plus de longueur, et qu'il est monté sur deux perches ou quenouilles b c , qui ne se croisent pas. Le filet est bordé, en Z»3 et ce , d'une corde qui s'étend d'une quenouille à l'autre : la corde bh est garnie d'un peu de plomb. Quand les savaneaux sont petits, les pêcheurs prennent une quenouille de chaque main, et présentent à l'eau le filet tout ouvert : lorsqu'ils sentent qu'un poisson y donne , ils le plient en rapprochant précipitamment l'une de l'autre les deux quenouilles.
Quand les savaneaux sont grands , les pêcheurs se mettent deux, chacun tenant une des quenouilles.
Ce filet sert, ainsi que la Bichette (voy. ce mot), à prendre le poisson qui reste au fond des parcs. De plus, les femmes et les jeunes gens s'en servent pour prendre des chevrettes ; enfin on s'en sert pour la pêche du poisson nommé Blanche ou Blanquet. V. Blanche.
SAVETIER. On donne vulgairement ce nom , aux environs de Paris , à VEpinoche. V. ce mot,
SA VRE. Filet ainsi nommé dans les environs de Coutances , et qui appartient au genre du Bouteux. (V. ce mot, et la PL 2.5, iV», V,fg' 1.) Il y en a de dift'érentes grandeurs : les uns ont 6 ou 7 pieds de diamètre. On les monte d'un côté sur une perche a a, qui a aussi 6 ou 7 pieds de longueur; on attache solidement cette perche sur une autre, qui est longue de 12 à 14 pieds, et qui sert de manche; mais la perche fl a n'est pas attachée au bout de la perche d , qui traverse le filet , on l'assujettit à 8 ou 10 pouces de son extrémité. Pour fortifier la perche aa, qui est plus faible que la traverse des bouteux, on attache à un de ses bouts a une ligne, qui va faire un tour-mort à l'extrémité de la perche d, et on l'amarre fermement à l'autre extrémité de la traverse aa^ enfin , au bout de la perche d est attachée une corne.
Les pêcheurs se servent de ce filet dans un batelet qu'ils conduisent aux bords de la rivière , que le poisson fréquente plus que le milieu ; ils appuient la perche d sur un morceau de bois qui joorte une entaille à son extrémité, et qu'on a établi pour cela devant le batelet destiné pour cette pêche.
Celui qui manie le savre l'enfonce dans l'eau le plus avant qu'il lui est possible , et au bout d'un court espace de temps , il le relève promptement et avec force, en pesant sur le bout de la perche d, qui est dans le batelet; puis il tire à lui deux lignes qui sont attachées au fond du filet, ce qui le plie en |>artie, et donne la facilité de retirer le poisson qui s'y trouve.
Le savre ou savaran , qu'on emploie pour pêcher les lançons, est semblable à celui que nous venons
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de décrire; mais on s'en sert diftéremraent , comme nous allons l'expliquer.
Lçs mailles du bord du filet sont ouvertes de 1 2 à i5 lignes en carré ; le reste de la poche où se prennent les lançons est fait quelquefois d'une toile claire, et le plus souvent d'un filet délié, dont les mailles n'ont que 3 ou 4 lignes d'ouverture; le fil dont on le fait est si fin , que des poissons plus forts que les lançons le rompraient.
Cette pêche se fait à pied , et elle se pratique avec succès aux embouchures des rivières qui ont un fond de sable. Les pêcheurs s'y mettent à l'eau jusqu'audessus de la ceinture , tenant leur savre bien plus droit que ceux qui poussent le bouteux devant eux; la corne coule seulement sur la superficie du sable; ce qui est d'autant plus facile que sa courbure l'empêche de s'y enfoncer.
Les pêcheurs vont s'établir en aval de la marée montante, et ils se retirent à mesure qu'elle s'élève, foulant et émouvant le sable avec leurs pieds pour faire saillir les lançons du sable où ils se retirent : alors les lançons entrent dans le filet , et sont pris.
Cette pêche commence vers la Saint-Jean, et finit avec le mois de novembre , lorsque les fraîcheurs se font sentir : elle est pratiquée par les hommes , les femmes et les filles. On ne prend guère de lançons pendant le jour, l'éclat de la lumière les oblige à s'ensabler; on la fait seulement la nuit, à moins que pendant le jour le temps ne soit couvert et sombre. V., pour les réglemens concernant l'emploi de ce filet , l'article Pêche maritime , § 3.
SAVRAUX. On nomme ainsi en Sicile un poisson qu'on prend avec des manetSj comme la sardine. On en prend aussi avec le filet nommé savre.
SAXATILES. Aristote , qui a distingué les poissons d'après leurs habitudes , appelle saxatiles ceux que l'on pêche ordinairement à xine médiocre distance des côtes de la mer, borJées de rochers, et il désigne sous la dénomination de ruades les poissons qui vivent en troupes, et qui sont de passage.
SCARE. Genre de poissons de la division des thoraciques ^ dont le caractère consiste à avoir les mâchoires osseuses très-avancées et tenant lieu de dents, une seule nageoire dorsale. Les espèces de ce genre brillent par la beauté de leurs couleurs ; mais comme elles vivent presque toutes dans la mer Rouge et dans les mers des Indes , elles ne sont pas d'un grand intérêt pour les peuples de l'Europe.
Il ne faut pas confondre les espèces de ce genre avec le scare d'Aristote et d'autres auteurs anciens ; ce dernier faisait partie des labres de Linnaeus, et a été placé par Lacépède dans le genre cheiline. Ce scare est connu sur les côtes de la Méditerranée sous le nom de denté. Sa longueur surpasse rarement un pied ; sa couleur est blanchâtre et mêlée de rouge, les écailles sont très-grandes et transparentes : il a des appendices ou grandes écailles sur les côtés de la queue.
Ce poisson a été l'objet de la pêche des Grecs, qui, d'après la forme de ses dents, le regardaient conime un poisson ruminant. Les scares d'Ephèse jouissaient d'une grande réputation : on en péchait beaucoup auprès de l'île de Rhodes.
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Les Romains faisaient grand cas du scare. Pline assure qu anciennement ce poisson ne s'écartait guère des eaux de l'Archipel, et que la mer d'Italie en fut peuplée par les soins d'un affranchi de l'empereur Claude, qui en fit apporter de vivans de la nier de Grèce. On attribuait aux scares des affections réciproques pour ceux de leur espèce, et qui les portaient à se secourir dans le danger. On attachait un prix extravagant au foie de ces poissons.
Le scare, quoique toujours d'un excellent goût, a perdu de son antique célébrité; il n'est plus autant recherché des gourmets qu'il l'a été.
Ce poisson vit de varec, d'ulves et d'autres plantes marines, qu'il coupe avec ses dents larges et plates, semblables aux incisives des animaux ruminans. Il paraît même qu'il aime les végétaux terrestres, et qu'un bon moyen de l'attirer est de jeter dans la mer des feuilles de pois, de fèves et autres plantes analogues.
SCHEL-FISCH. Nom que les Anglais donnent à la morue desséchée , et dont la chair se lève par feuillets.
SCHEID, ouSCHADEN, ou WELS. Noms allemands du Glanis. V. ce mot.
SCHINDEL. Nom que Jonston a donné au Sandat. V. ce mot.
SCHNOT. Poisson du genre cyprin. V. Dohule.
SCHRAITER. Nom spécifique d'un poisson du genre holocentre, que l'on pêche dans le Danube, où il parvient à 6 pieds et demi de long , et qui res semble à la perche par l'unique nageoire qu'il a sur le dos, dont une partie des rayons est molle, et l'autre épineuse.
SCIABICA. Nom que les Génois donnent à un filet qui ressemble aune seine, et qui a un manche dans le milieu.
SCIE, pristis. Genre de poissons de la division des chondroptérygiens y dont le caractère consiste à avoir quatre ou cinq ouvertures branchiales de chaque côté du corps; deux évents derrière les yeux ; point de nageoire anale; la tête se prolongeant en saillie osseuse, aplatie, très-longue et garnie d'épines sur les côtés.
Les scies ont le corps allongé , couvert d'une peau rude; la tête plate par-devant; les yeux gros ; la bouche en dessous , et garnie de dents aplaties et serrées; la scie qui prolonge la partie antérieure de la tête formant à-peu-près le tiers de la longueur du corps , et couverte latéralement de dents pointues dans les jeunes individus, etémoussées dans les vieux ; 2 nageoires dorsales très-écartées ; les nageoires pectorales présentant une grande surface ; les nageoires ventrales petites , celles de la queue courtes.
Les scies ont beaucoup de rapport avec VEspadon. (Y. ce mot.) Leur organisation interne est presque la même que celle des squales; leur plus grande longueur est de i5 pieds. Elles se trouvent dans toutes les mers, où elles vivent de poissons et de crustacés. Il y a une haine invétérée entre elles et les baleines et autres cétacés, et dans les combats terribles qu'ils se livrent, les scies ont le plus souvent l'avantage , parce qu'elles savent , par la prestesse de leurs mouvemens, éviter les coups de queue de la baleine, et qu'elles enfoncent leur arme re-
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doiitable dans le flanc de leur monstrueux ennemi.
L'accouplement a lieu dans les scies comme dans les squales 5 elles font leurs petits vivans à différentes époques : ces petits ont en naissant la lame de leur scie molle et dépourvue de dents.
On connaît cinq espèces de scies; savoir,
La Scie commune , squalus pristis (Lin.) , qui a la scie ou le bec armé de 18 à 24 grosses dents de chaque côté de la lame, qu'on trouve dans toutes les mers , où elle est connue sous les noms de poisson-scie, à''épée-de-mer dentelée, de héron-de-mer et à!'espadon dentelé , et dont la chair est dure et de mauvais goût.
La Scie pectinée , qui habite l'Océan , et diffère beaucoup de l'espèce précédente par son bec armé de 34 dents aiguës de chaque côté , plus longues et moins grosses^ par sa queue plus longue , et sa nageoire dorsale plus excavée.
La Scie cuspidée , que l'on trouve dans la grande mer , et qui a le bec armé de 28 dents larges et pointues.
La Scie-Microdon, qu'on trouve dans le grand Océan , et qui peut être considérée comme un jeime individu de la première espèce , n'ayant que 1 8 pouces de long, et ses épines, au nombre de 18, étant j)etites et à peine saillantes.
La SciE-A.MisoDON , qu'on trouve autour de la Nouvelle-Hollande, et qui a vingt longues épines aiguës de chaque côté du bec , et entre elles de trois à six épines plus courtes ; enfin un long filament audessous et de chaque côté du bec.
SCIENE, sciœna. Genre de poisson de la division des thoraciqiies , dont le caractère consiste à avoir un ou plusieurs aiguillons , et point de dentelure aux opercules ; un seul barbillon ou point de barbillon aux mâchoires ; deux nageoires dorsales.
Ce genre , qui avait été établi par Linnaeus , et qui contenait trente espèces, suivant ce naturaliste, a été réformé par Lacépède , qui l'a réduit à onze espèces, dont une seule , la scienne-umbre, intéresse les pêcheurs français, attendu que les autres espèces habitent des mers étrangères. Y. Umbre.
SCIENNE NOIRE. L'un des noms de V Umbre, poisson du genre scienne. V. Umbre.
SCOMBRE , scomber. Genre de poisson de la division des thoraciques , qui présente pour caractère 2 nageoires dorsales ; une ou plusieurs petites nageoires au-dessus et au-dessous de la queue; les <;ôtés de la queue carénés ; une petite nageoire composée de 2 aiguillons réunis par une membrane au-devant de la nageoire de l'anus. Ce genre, qui a été légèrement modifié par Lacépède, ne contient, d'après ce naturaliste , que douze à treize espèces , dont six qui intéressent les Européens par l'utilité qu'ils en retirent ; ce sont :
Le Scombre-Thon. V. Thon.
Le Scombre-Germon. V. Germon.
Le ScoMBRE- Bonite. V. Bonite.
Le Scombiie-Sarde. V. Bonite et Sarde.
Le ScoMBRE-Af.ATUNGA , qui habite l'Océan et la Méditerranée, où on le confond avec le thon et avec le germon , mais qui est plus petit que le thon. Il a 7 petites nageoires au-dessus et au-dessous de
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la queue, et 12 rayons à chaque nageoire dorsale. Sa chair est blanche et agréable au goût.
Le Scombre-Maquereau. V. Maquereau.
SCORPENE. Genre de jioisson de la division des thoraciques , dont le caractère consiste à avoir la tête garnie d'aiguillons, ou de protubérances, ou de barbillons , et dépourvue de petites écailles ; une seule nageoire dorsale. Ce genre est remarquable par la forme hideuse de la plupart des espèces qu'il contient.
Lacépède a décrit seize espèces de scorpènes, dont trois seulement habitent les mers de l'Europe ; ce sont :
La ScoRPÊNE MARSEILLAISE, qui a plusieurs aiguillons sur la tête , un sillon ou enfoncement entre les yeux , et que l'on pêche dans la Méditerranées.
La Scorpène-Rascasse. V. Rascasse.
La Scorpène-Truie ou Crabe de Biarritz. V. Crabe de Biarritz.
SCORPl, SCORPION-DE-MER ou SCORPONE.
Noms provençaux de la scorpène-truie ou de la crabe de Biarritz et de la rascasse.
SCORPION-DE MER, cottus-scorpius. (Lin.) Poisson du genre des cottes , qui est connu à l'embouchure de la Seine sous le nom de carajnasson, et qu'on nomme à Hambourg 'vallkutze ^ en Suède , rotsimpa , etc. ; dans la Belgique, postlio-est ^ et sur plusieurs côtes de l'Angleterre ,yà^^e/"-/fl*^er.
Description. — Ce poisson (voy. la PI. V, fig. 8; peut, dit-on, parvenir à une longueur de 2 mètres (6 pieds) ; mais ordinairement sa longueur est d'un pied. 11 a la tête grosse et garnie de tubercules et d'aiguillons , dont deux , placés devant les yeux , sont mobiles; les yeux grands, rapprochés l'un de l'autre, et placés sur le sommet de la tète; la gueule grande ; les mâchoires et le palais hérissés de dents aiguës; l'ouverture branchiale très-large; la ligne latérale droite; tout le corps parsemé de petites verrues, en quelque sorte épineuses, et beaucoup moins sensibles dans la femelle que dans le mâle; la couleur de la partie supérieure ordinairement brune , avec des raies et des points blancs; la partie inférieure aussi fréquemment mêlée de blanc et de brun ; les nageoires épineuses et rouges, avec des taches blanches. Le nom de scorpion lui a été donné, observe Duhamel , à cause de sa forme hideuse ; car il n'a d'autre ressemblance avec le scorpion de terre, que parce qu'il est épineux.
Habitation. • — Il habite les mers du nord de l'Europe et de l'Amérique, et on le pêche quelquefois à l'embouchure de la Seine. Il se tient pendant l'hiver dans la profondeur des mers, et c'est communément pendant l'été que la plupart des scorpions commencent à s'approcher des rivages; mais ils n'y déposent leurs œufs que lorsque l'hiver est déjà avancé.
Nourriture .— Il vit de poissons souvent beaucoup plus forts que lui , et qu'il attaque avec courage. Il mange aussi les crustacés.
Poche. — Comme ce poisson est très-vorace et qu'il n'est pas de très-bonne qualité , on en prend beaucoup plus qu'on ne veut , soit dans les filets , soit à la ligne. Lorsqu'on le prend , il fait entendre