SEC
un bruit sourd , qui est produit par l'air qui sort de ses cavités intérieures.
Qualités. — Le scorpion inspire de la répugnance par sa forme hideuse et son odeur nauséabonde , et on n'ose le toucher qu'avec précaution, à cause de ses piquans. On ne le mange point en Allemagne, mais les Groenlandais le trouvent fort bon. En France, il passe pour venimeux ; mais c'est un préjugé fondé peut-être sur les indigestions que son usage aura occasionnées aux estomacs délicats, ou sur les piqûres quelquefois dangereuses de ses pointes. En Norwege , on fait avec le foie de ce poisson une fort bonne huile à brûler.
SÈCHE, sepia. Genre de vers mollusques nus, dont le caractère est d'avoir un corps «harnu, contenu dans un sac également charnu , terminé en tant par deux tentacules et huit bras verruqueux. Les espèces de ce genre se trouvent dans toutes les mers. 11 y en a qui atteignent jusqu'à un pied et demi ^e long, et on en cite nxême d'une grandeur gigantesque. Ce fameux craken , que les marins du Nord disent capable de faire chavirer un navire , ne paraît être autre chose qu'une sèche.
Les sèches , qui paraissent difformes à ceux qui en voient pour la première fois , sont , de tous les mollusques , ceux dont l'organisation est la plus compliquée et la plus approchante de celle des poissons. Elles ont la partie inférieure du corps enveloppée d'un fourreau membraneux et charnu, qui n'est autre chose que le manteau commun à tous les waÀs mollusques , mais dont les bords sont, chez les sèches , réunis par - devant dans toute leur longueur, et fermés par le bas; ce qui le transforme en un véritable sac.
La partie supérieure des sèches présente une grosse tête, munie sur les côtés de deux gros yeux fort remarquables \ cette tête est couronnée de huit bras coniques , pointus, un peu comprimés sur les côtés, et garnis , en leur surface interne^ de plusieurs rangées de verrues concaves, qui leur servent à s'attacher aux corps des animaux qu'elles veulent saisir , et qui agissent comme des ventouses en faisant le vide. La plupart des espèces, outre ces huit bras, en ont encore deux autres beaucoup plus longs, et qui leur servent à saisir leur proie et à se fixer aux rochers pendant qu'elles la retiennent avec les autres. Tous ces bras peuvent se dilater dans tous les sens , et prendre toutes les positions imaginables.
Au centre du bras, sur le sommet même de la tête, est la bouche, dont l'orifice circulaire présente deux mâchoires dures, cornées, et semblables, pour la forme ou la substance, à un bec de perroquet, d'où est venu sans doute le nom de perroquetde-mer, que j'ai entendu donner, à Dieppe, à la sèche officinale. Ces mâchoires, crochues et s'emboîtant l'une -dans l'autre , renferment dans leur cavité une langue épaisse , épineuse et d'une organisation trèscompliquée. C'est avec cette arme redoutable que la sèche dévore les poissons, les crabes et même les coquillages, qu'elle achève de broyer dans son estomac mu&culeux , qui ressemble presque à un gésier d'oiseau.
Les sèches ont le cerveau très-petit., renfermé dans une boite cartilagineuse, et leur . circulation