SOL
lente ; elle'ie conserve, sans se corrompre, plus longtemps que celle de beaucoup d'autres poissons; elle acquiert même, par le transport loin de la mer, une qualité supérieure : aussi les soles de l'Océan sontelles meilleures à Paris qu'au Havre, et celles de la Méditerranée, à Lyon , par exemple, qu'à Toulon ou à Montpellier. Les jeunes sont plus estimées que les vieilles.
On mange les soles assaisonnées de la même manière que les autres pleuronectes, c'est-à-dire frites ou cuites entre deux plats, avec beurre , persil , ciboule , champignons, sel et poivre, le tout haché très-menxi.
Pêche. — On pêche les soles avec des hameçons iiormans et amorces de petits morceaux de poissons ; on les prend aussi à la fouane et au filet. Outre la fouane ordinaire, on en emploie une autre qui ne peut servir que pour les poissons plats qui restent fixés sur les fonds; c'est un gros morceau de plomb, à la partie inférieure duquel sont soudés plusieurs fers de flèche, et qui est attaché à une longue corde à sa partie supérieure. Lorsque les pêcheurs , par un temps calme et un beau soleil , voient des soles au fond de la mer , sur les bas-fonds , ils laissent tomber ce plomb sur leur dos, et les enlèvent au moyen des crochets de fer qui ont pénétré dans le corps de ces poissons.
La pêche des soles n'est pas une des plus importantes de nos côtes ; mais elle ne laisse pas que de produire des bénéfices considérables. Il parait que la côte de Sardaigne et quelques côtes de l'Angleterre sont plus favorisées à cet égard que celles de la France. Là, on les sale ou on les sèche lorsque la 2)êche est très-abondante.
Il y a , au rapport de Noël , une variété de sole que l'on pêche à l'embouchure de la rivière d'Orne, sous le nom de cardine , et qui a la tête beaucoup plus grande et plus allongée, la couleur plus rousse, et la chair moins bonne que celle dont nous venons de parler.
SOLEIL. On distingue les jours que les morues sont restées sur la grave par soleils ^ ainsi on dit : cette morue a reçu 3 , 6 , 7 soleils. V. Morue.
SOLEIL. On a donné ce nom à deux poissons qui, par le brillant de leurs couleurs, ressemblent à un soleil éclatant, le gai verdâtre et le tétrodonlune. Ruysch a aussi donné le même nom à un poisson péché en 1707 près Bagewal, aux environs d'Amboine , dans les iles orientales.
SOLEN , solen. Genre de testacés qui offre des coquilles bivalves à bord supérieur droit ou presque droit, bâillantes aux deux extrémités et ayant à la charnière deux à trois dents.
Plusieurs espèces de ce genre sont connues sur les côtes de France sous le nom de manche-decouteau , à raison de leur forme. Elles sont, en général, très-longues, peu larges, fort minces et unies.
Les solens vivent constamment enterrés dans le sable, et ne sortent jamais que forcément de leur trou , qui a de 2 à 3 pieds de profondeur. L'animal y descend lorsque la mer se retire, et y reste pendant qu'elle est basse. Pour le prendre, les pêcheurs jettent dans ce trou , qui est indiqué par
sou
un petit jet d'eau, une légère pincée- de sel, qui tait remonter le solen , soit par un motif de crainte, comme le pensent les pêcheurs, soit que la présence du sel lui fasse croire que la mer est revenue couvrir sa reti'aite. Les pécheurs l'enlèvent avec un morceau de fer appelé dardillon , au moment où il parait à la surface du trou. Sur les côtes de la Méditerranée , on prend les soleiis ^ en nageant et à la main, par leur tube lorsqu'ils le font saillir, et on les arrache de leur trou.
On mange les solens et on les emploie comme amorce pour la pêche des gros poissons.
Les pêcheurs distinguent les solens en mâles et en femelles ; mais c'est une erreur : ils sont hermaphrodites comme les dMlxQsbivalves. Ils jettent leurs œuls au printemps , sous la forme de grains 5 ces œufs nagent sur la mer et ne tardent pas à éclore. Un mois après , les jeunes solens ont déjà un pouce de long.
On connaît une trentaine d'espèces de solens , dont plusieurs appartiennent aux mers de l'Europe. Les plus communes sont : le solen-manche-de-coutcau, qui est linéaire, droit, ayant l'une de ses extrémités marginée , et dont la charnière a une seule dent 5 \.Q solen- silique : il est linéaii-e, droit, et sa charnière a deux dents de chaque côté ) le solen-sabre , qui est linéaire , un peu recourbé, et dont la charnière a deux dents d'un seul côté 5 le solen-molen, qui est linéaire, ovale , et dont la charnière a deux dents de chaque côté, dont une bifide; le solen-golar, qui est ovale , oblong , radié de fauve clair, et dont la charnière a une seule dent.
SOLETTE. Tringle de bois mince , qui fait partie du petit métier à faire des peies, et qu'on nomme carré. La solette tient lieu de toupins, pour empêcher que les fils ne se roulent les uns sur les autres avant qu'ils aient pris assez de tors. V. Filet.
SOLTAS. On nomme ainsi, à Alicante, une petite pêche qu'on fait avec le tramail. V. Tramail.
SONDE. Morceau de plomb plat par-dessous, qui est attaché à une ligne : il sert à connaître la profondeur de l'eau à l'endroit où l'on est. On trotte de suif le dessous de la sonde , pour qu'il rapporte un peu du fond, sable, vase, coquillages,
etc.
SOrHlO. Nom que, suivant Rondelet, on donne, en Languedoc, à la vandoise.
SOPL L'un des noms vulgaires d'un poisson du genre des spares. V. Saiipe.
SORA. On nomme ainsi , dans quelques ports de mer, le squale-milandrc. V. NLilandre,
SOKET. Le filet connu sous ce nom aux Martigues est une espèce de Bregin. V. ce mot.
SORISSERIE ou SAURISSERIE. Nom qu'on donne à l'endroit où l'on saurit les harengs. V. Harengs Saurir, Saurissage, Saurisserie et Saurisseur.
SORISSORIERS ou SAURISSEURS. Ceux qui fument et saurissent le hareng.
SOT. L'un des noms de la raie-oxyringue. V. Raie.
SOUFFLET. Petit poisson de la Méditerranée , qu'on nomme aussi Bécasse. Y. ce mot.
SOUFFLEURS , vulgairement poissons soufreurs ou d évents. Ce sont les animaux de la fa-