‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 28 sur 344 · BAH · texte numérisé non relu

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Propagation. — Il fraie à l'embouchure des rivières quelquefois deux fois par an. Ses œuts ont souvent été employés , comme ceux des autres poissons, à faire une préparation que l'on nomme boutargue ou hotargo.

Qualités. — Sa chair est très - délie ate , et on la ])référe même à celle du mulet; mais elle a beaucoup d'arêtes. Les anciens Romains la recherchaient beaucoup et payaient ce poisson très-cher. Ils aimaient sur-tout à montrer sur leurs tables les loups que l'on prenait dans le Tibre entre les deux ponts de Rome. Cependant on a toujours dû préférer, suivant Rondelet, ceux de ces poissons qui vivent auprès de l'embouchure des fleuves à ceux qui remontent dans les rivières; ceux que l'on trouve dans les étangs salés à ceux que l'on prend auprès de l'embouchure des fleuves , et ceux que l'on rencontre dans la haute mer à ceux qui ne quittent pas les étangs salés. On dit que sa chair se corrompt promptement.

Pêche. — Quoique le bar ne soit point un poisson de passage , la vraie saison de le pêcher est dans les mois d'août, septembre et octobre , quand les poissons de cette espèce se rassemblent par troupes dans les anses où il se rend quelque ruisseau d'eau douce : en ce cas, on en enveloppe c[uelquefois un nombre avec des filets d'enceinte. On en trouve dans les parcs , les filets tournans , et l'on en prend entre les roches avec des filets traversans ou avec la seine à la traîne : pour cela, on fixe un bout du filet cà terre, et on traîne l'autre avec un bateau : les mailles de ces filets ont 2 pouces d'ouverture en carré ; la tête est garnie de flottes de liège, et il n'y a point ou peu de lest au pied , le poids du filet suffisant pour le faire caler ; et comme on ne se propose que de prendre des poissons qui nagent entre deux eaux, on ne cherche point que le filet porte sur le fond. On tend ces filets d'enceinte ou étentes lorsque la mer commence à perdre; et quand l'eau est tout-àfait basse , on trouve le filet à sec avec les poissons qui se sont maillés, et ceux qui se sont embarrassés dans les replis des filets. On dit que le bar ne mord point aux haims ; néanmoins on en prend avec les haims quand on les amorce avec des vers de mer ou de terre, même avec les crabes, qu'on nomme poltrons.

BARANDAGE. On appelle harandage une manœuvre qui se fait au moyen d'un grand filet qui barre tout le lit d'une rivière. A une grande distance de ce filet, les pêcheurs , portés par des bateaux, remontent la rivière, en y jetant des pierres et en faisant beaucoup de bruit. Lorsque les poissons , ainsi chassés , se trouvent assez rapprochés du filet, on le replie en demi-cercle vers le rivage, et on pêche avec des éperviers le poisson ainsi rassemblé.

Autrefois les pêcheurs , et même les officiers des maîtrises , se donnaient ainsi le plaisir de la pèche. Cela arrivait ordinairement au mois de mai , et cette partie de plaisir, très -nuisible à la population des rivières, se nommait aussi la f are.

Cette façon de pêcher est défendue par l'ordonnance de 1669, tit. XXXI, art. 10. V. Barrage.

BARAUD-GODE. L'un des noms du tacand.

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