V. ce mot
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BARBiVRIN, On appelle barharins\ç,% jeunes barbeaux,
BARBEAU, cyprinus barbus. ( Lin. )C'estune espèce de poisson du genre des cyprins y qu'on trouve dans les rivières d'Europe, et qui tire son nom de quatre filamens qu'on remarque aux angles inférieurs de son museau. On l'appelle aussi barbot, barbet , barbilliaUy et, lorsqu'il est petit, barbillon, barbion .
Histoire. — Il était connu des anciens. Philoxène de Leucade, cité par Athénée, prétend que ce poisson n'est pas favorable à l'amour, et que , pour cette raison , il était consacré à la chaste Diane. Il serait difficile d'expliquer pourquoi les Grecs avaientadopté cette opinion, le barbeau ne le cède en qualités aphrodisiaques à aucun des poissons de la famille des cyprins.
Ausone n'a point ignoré que plus ce poisson devient vieux , plus sa chair acquiert de saveur. Il en est parlé, sous le nom de berbix , dans un acte antérieur à Charlemagne : c'est le testament de saint Willebroden faveur du monastère d'Epternach, sous la date de 726.
On prétend , dit Coulon , que l'abbaye de Barbeau, fondée par Louis VII , fut ainsi nommée , parce que ce prince , péchant dans la Seine , prit un de ces poissons qui avait dans l'estomac une pierre précieuse. Le barbeau fut souvent placé dans les armes de la noblesse. A diverses époques, il fut pris des mesures pour la conservation de l'espèce , comme pour celle de la carpe et du brochet. Le barbeau de Saint-Florentin est spécialement cité dans les Proverbes du XII I^. siècle.
Description. — (V. la PL 9 ^fig. 3. ) Il a le corps allongé et arrondi comme le brochet, olivâtre en dessus , bleuâtre sur les côtés, et blanchâtre en dessous, les nageoires rougeàtres; celle de la queue , qui est fourchxie , bordée de noir; la mâchoire supérieure avançant beaucoup sur l'inférieure; deux rangées de cinq dents à chaque mâchoire; les écailles striées , dentelées et fortement attachées à la peau.
Ce poisson parvient communément à un pied et demi de long ; mais on en trouve qui ont jusqu'à 3 pieds, et qui pèsent 6 à 8 livres. Il y en a même qui pèsent de 18 à 20 livres.
'' Habitation. — Les barbeaux habitent les grands fleuves de l'Europe, et particulièrement ceux du Midi. Ils recherchent les bassins profonds et pierreux, et se plaisent dans les eaux rapides qui coulent sur un fond de cailloux. Au moindre bruit , ils se cachent sous les rochers saillans et s'y tiennent avec tant de constance , c|ue lorsqu'on veut fouiller leur asile , ils souffrent qu'on enlève leurs écailles et reçoivent même la mort plutôt cpie de se jeter dans les filets. Ils se réunissent en troupes de douze, quinze et quelquefois cent individus, et se renferment dans une grotte commune , à laquelle leur association doit le nom de nichée, que leur donnent les pêcheurs. Lorsque les rivières charrient des glaçons , ils choisissent des graviers abrités contre le froid et exposés aux rayons du soleil ; et si la surface de la rivière se gèle, ils viennent assez fréquemment auprès des trous qu'on pratique dans la glace.
On dit que lorsque plusieurs barbeaux se trouvent réunis dans un réservoir où ils manquent de
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nourriture , ils sucent la queue les uns des autres , au point que les plus gros ont bientôt exténue les plus petits.
Nourriture. — Le barbeau se nourrit de plantes aquatiques , de limaçons , de vers ^ de petits poissons, d'insectes, et même de cadavres qui sont jetés dans l'eau, et de la matière extractive des plantes qui s'y décomposent, telles que le lin en rouissage.
Propagation. — Il ne produit que vers sa quatrième ou sa cinquième année; le printemps est la saison pendant laquelle il fraie 5 il remonte alors dans les rivières et dépose ses œufs sur des pierres, a l'endroit où la rapidité de l'eau est la plus grande. Sa croissance est aussi rapide que celle de la carpe, lorsque la nourritu'-e ne lui manque pas, et, comme elle, il vit fort long-temps.
Qualités. —— Sa chair est blanche et de bon goût; elle est meilleure pendant l'hiver qu'après le frai 5 on dit que ses œufs sont très-malfaisans 5 cependant des personnes dignes de foi assurent en avoir mangé sans inconvénient. Il parait que la nature des eaux et l'âge du poisson ont une grande influence sur la qualité de la chair : les jeunes barbeaux et ceux qui vivent dans les étangs fangeux et les rivières bourbeuses ont la chair plus fade et plus molle.
On mange le barbeau cuit en étuvée comme la carpe, ou simplement cuit sur le gril, avec une sauce blanche aux Ccàpres.
Pèche du barbeau.
Le barbeau est de tous les poissons celui qui donne le plus facilement dans les pièges cju'on lui tend. On le pêche à la ligne, avec toutes sortes de filets, principalement avec i'épervier et le verveux, et on le prend aussi à la nasse, avec la fouane, le harpon etl'épée.
appâts. — On indique comme appât propre à l'attirer, un mélange de vieux fromage de Gruyère, de jaunes d'œufs et d'un peu de camphre, placé dans un petit sachet de toile, que l'on dépose dans l'eau à l'endroit où l'on veut pêcher et la veille de la pêche. On amorce les lignes avec des vers de tei're , des sangsues, de petits poissons et des insectes vivans. Ce dernier genre d'appât est indiqué, par M. Bosc , comme étant le meilleur, sur-tout si l'on emploie le borabice du saule , qui est blanc et se voit de loin. M. Kresz, auteur du Pécheur français, indique comme appâts la viande, le fromage de Gruyère , les vers à queue de rat que l'on trouve dans les latrines , et les vers de viande.
Pêche à la ligne. — Voici , d'après M. Kresz, la manière de pêcher le barbeau à la ligne. On emploie la Ligne à barbillons ( V. ces mots ) , dont le plomb doit être d'une pesanteur proportionnée à la force du courant dans lequel on doit le jeter. On amorce avec l'un des appâts indiqués plus haut, et l'on cherche une eau courante, vive et profonde, où l'on jette le plomb le plus loin que l'on peut, tenant le brin de baleine de la main droite. Au moindre mouvement que l'on ressent, il faut redoubler d'attention pour saisir à propos le moment de piquer le poisson. Tant que l'on ne ressent que des secousses peu prononcées et à intervalles inégaux , on doit présumer que c'est un petit barbillon qui ronge l'amorce H l'entour , ou un gros barbeau qui cherche
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a s ma
'en emparer: dans ce cas, il faut rester traricjuille ;
lis dès que l'on sent que le brin de baleine est tiré d'une manière non éc|uivoque et continuelle, ou qu'il éprouve un tremblement sans secousses interrompues, c'estl'instantdepiquer ferme, sans crainte de déchirer la lèvre du barbeau , qui est fort dure. Ce poisson est vigoureux, et lient extrêmement au fond lorsqu'il est piqué ) mais comme la ligne à soutenir est très-solide , on peut le tirer hors de l'eau
sans ménagement.
On pèche encore le barbeau avec la ligne appelée ligne à pêcher dans les pelotes , qui est la même que la ligne à soutenir, à l'exception que l'hameçon doit être empilé sur la soie de la ligne , et que le plomb n'en est éloigné que de 2 pouces, parce que l'on renferme l'un et l'autre dans une pelote de terre grasse garnie devers. On forme ces pelotes avec de la terre grasse que l'on trouve au bord des rivières, et dans laquelle il ne doit y avoir ni sable ni gravier 5 on la pétrit de manière qu'elle ne soit pas trop dure et qu'elle ait néanmoins assez de consistance pour descendre au fond de l'eau sans se séparer.
On choisit un grand fond d'eau, dont on mesure la profondeur. Si elle est, par exemple, de i5 pieds, on donne 20 pieds de longueur à la ligne, afin de conserver une pente de 5 [.ieds depuis l'extrémité du brin de baleine jusqu'à la surface de l'eau dans laquelle on jette le plomb. La règle générale de cette pêche est que la ligne soit très -peu flottante sans être cependant tendue, afin que le pêcheur puisse ressentir plus promptement et plus sûrement le moindre attouchement du poisson.
On a, dans une calotte de chapeau, des vers de viande bien nettoyés, pour en garnir les pelotes.
Cette pêche ne se fait point dans le grand jour, parce que les petits poissons viendraient dévorer les pelotes et nuiraient au succès 5 on la commence ordinairement à 5 heures du soir, et on larconlinue jusqu'à 4 heures du matin.
M. Kresz la pratique de la manière suivante, qu'il assure être la meilleure :
Muni de tout ce qui lui est nécessaire , et ayant choisi la place où il veut pêcher, il commence par faire descendre au fond de l'eau ime pelote de terre grosse comme les deux poings , et qu'il a eu soin de garnir d'une quantité suffisante de vers. Il s'occupe ensuite jusqu'à 6 heures à préparer la terre et à nettoyer les vers. A 6 heures, il commence à pêcher, et pour cela il prend une pelote de terre de la grosseur d'un œuf, également garnie de vers, dans laquelle il place le plomb et l'hameçon amorcé de vingt à trente vers. Il roule la pelote dans ses mains et la laisse descendre à fond avec le plomb et l'hameçon. Cette pelote dure environ 10 minutes; au bout de ce temps, il relève la ligne et enveloppe l'hameçon dans une nouvelle pelote , et ainsi de suite tant que dure la pêche.
A mesure que la pelote se dissout, les vers que l'eau entraîne font monter les poissons j s'ils trouvent la pelote entière, ils la remuent pour manger les vers qui en sortent, et finissent par la casser ; et aussitôt c^u'ils aperçoivent la quantité de vers qui enveloppent l'hameçon, ils se jettent dessus, et, avalant tout d'un coup, ils se font accrocher.
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Il faut avoir soin de tenir toujours le scion bien ferme dans la main 5 car , lorsque le barbeau arrive à la pelote, il la secoue avec assez de force pour la faire échapper j mais ce n'est pas le moment de le piquer 5 il faut attendre qu'il appuie fortement et fasse sentir un tremblement : c'est alors qu'il tient toute l'amorce et qu'il faut tirer vivement la ligne. 11 est rare de ne rien prendre à cette pêche, où l'on amorce continuellement, et cependant, observe M. Kresz , il arrive quelquefois que l'on demeure 3 ou 4 heures sans sentir un poisson, après quoi l'on fait une pêche heureuse. Il faut donc que le pêcheur s'arme de patience et ne se décour.ige point.
Pêche avec la ligne de fond y ou jeu. — On ju'end des jeux n°. i5, des plombs d'une livre, et des hameçons n». 3^ empilés sur deux racines. On amorce les hameçons avec de petits morceaux de fromage de Gruyère qu'on a fait tremper une demiheure dans l'urine avec deux gousses d'ail. On tend les jeux, l'un après l'autre, dans une eau courante 5 on les y laisse une demi-heure ; au bout de ce temps, on les relève ; on ôte les poissons qui y sont pris, et on remplace les morceaux de fromage qui ont été emportés. On (end de nouveau les jeux , et on les relève ai;)si de demi-heure en demi-heure. On peut amorcer aussi avec des vers à queue , sans changer les hameçons ; mais si l'on veut se servir de vers rouges, il faut prendre des hameçons vl' . 1 , et ne tendre les jeux qu'à la nuit.
Lignes à gardons. — On peut pêcher aussi le barbillon avec la ligne à gardons, même avec celle à goujons 5 mais dans ce cas, il emporte souvent la ligne.
Pêche à l'hameçon dormant. — Dans cette pêche, on tend plusieurs hameçons à-la-fois, qui ont un pouce de longueur, et on attache à chacun d'eux une ficelle longue d'environ 2 pieds. On amorce les liamecons avec des vers de terre ou de petits [ oissons, et ensuite on attache tous les hameçons à une longue corde , en les éloignant les uns des autres de 2 pieds. Après ces préparatifs, on se rend à l'endroit où l'on sait qu'il y a des barbeaux.
Arrivé sur les lieux , on fixe le bout de la grosse corde à un pic|uet ou à quelque branche ou grosse pierre , et l'on attache l'autre bout à quelque pierre. On prend ensuite cette corde de la main droite, et on la jette dans l'eau le plus loin que l'on peut; on laisse ainsi les hameçons jusqu'au lendemain matin, où l'on va retirer la corde pour prendre les poissons. Il faut observer que , dans le lieu où l'on jette les hameçons, il ne doit y avoir ni herbes ni racines d'arbres.
Pêche du barbeau à lafouane. — Cette poche doit se laire dans des endroits où l'eau est claire et pas très-proionde, afin qu'on puisse découvrir le poisson. On se promène doucement, et sans faire de bruit, dans un petit bateau ; et lorsqu'on aperçoit un barbeau immobile, on prend la fouane de la main droite, et, visant droit dessus, on la lance sur le poisson, qui s'y accroche , et on l'enlève.
Pêche avec lesJUets. — On prend le barbeau avec les filets que nous avons indi(jués; mais ou ne fait pas avec ces filets de pêche particulière pour le poisson. On le prend pêle-mêle avec les autres espèces.
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Dispositions réglementaires.
Les pêcheurs doivent, suivant l'art, j 2 du tit.XXXl de l'ordonnance de 1669, rejeter dans l'eau les barbeaux qui n'ont pas 6 pouces entre l'œil et la queue, à peine de lOO fr. d'amende et de confiscation.
Nous devons observer que , parmi les moyens que nous avons indiqués pour pêclier le barbeau , il en est plusieurs qui sont prohibés par les réglemens j que, par exemple, il est défendu , par l'art. 5 du lit. XXXI de l'ordonnance de 1669, de pêcher pendant la nuit j par l'art. 10 du même titre, de se servir de l'épervier dans les rivières navigables et non navigables; et par l'art. 14, de jeter dans l'eau aucun appât.
BARBEAU DE MER. V. Rouget.
BARBELET. Outil qui sert à faire les haims , et qui est fixé sur l'établi. Y. IJaim.
BARBET. On donne ce nom, dans plusieurs contrées de la France , au poisson appelé rouget.
BARBILLON. Diminutifde Barbeau. V. ce mot.
BARBILLON ou DARDILLON. C'est aussi la petite languette de l'haim , qui sert à empêcher le poisson de se débarrasser.
BARBILLONS. Ce sont des appendices qui garnissent les mâchoires de quelques espèce* de poissons. V. Poisson.
BARBILLONNER. C'est relever la languette, ou le barbelet , ou la petite lèvre des haims. V. H ai m.
BAR BOT (PETIT). V. Loche.
BARBOTTE. On donne ce nom à la loche , poisson du genre cobie , et à la lotte , poisson du geare des gadfs. V. Loche et Lote.
BARBOTEAU ou BARBOITEAU. L'un des noms de la Chevanne. Y. ce mot.
BARBUE. Y. Carrelet.
BARGES. Ce sont de très - petits bateaux du port de 6 à 8 barriques , dont le fond est plat, qui portent un mât et une voile, etc., dont ou fait usage à Pentrée de la Loire.
BARIGUE. Nasse de figure conique , qui sert dans la Garonne à prendre des lamproies.
BARIOSTE. On nomme ainsi en Gascogne une pièce de bois qui se met à l'arrière des petits bateaux nommés filadières , et ce morceau de bois sert à supporter le Haveneau. Y. ce mot.
BAROTTER. C'est élever des piles de morues jusqu'au-dessous du pont. N . Morue.
BARQUE, du latin barca. Nom générique que l'on donne à de petits bâtimens propres à naviguer, soit sur les rivières, soit sur la mer. Chaque pays a des barques de différentes façons et de différentes grandeurs; les plus grandes n'excèdent pas le port de 100 tonneaux; elles sont pontées, et portent trois mâts et un beaupré ; mais il y en a de petites qui ne sont point pontées , qui ne vont qu'à la rame pour le service des rades : on les nomme souvent barquettes. Les pêcheurs-cordiers de la Manche se servent des barques longues de Dunkerque , qui sont réputées bonnes pour la pêche; elles ont un demi -pont, qui s'étend jusqu'au pied du grand niât : souvent on les appareille en brigantin. Les barques lamancuscs du llàvre sont de petits bâii-
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mens qui ont 26 pieds de quille, 7 pie^s et demi de bau, point de pont, une petite tille à l'avant et à l'arrière : on s'en sert pour toutes .sortes de pèches, principalement le chalut, et la drague pour les huitres. Elles marchent bien et soutiennent bien la mer 5 le maître-bau est au tiers de la longueur en avant 5 elles ont beaucoup de façons 5 elles tirent jusqu'à 3 pieds et demi d'eau, ne se démâtent point; mais le beaupré et la baume se mettent tout-ù-fait en dedans.
Le dauphin a pu servir de modèle pour la coupe des barques légères; mais, suivant Pigafetta, la galère a été construite d'après la forme du xiphiatespadon. «Ce poisson, dit-il, que nous connaissons à Constantinople, a une arme de plus d'une brasse de long, conformée comme la proue d'une galère. Les nageoires qu'il a de chaque côté représentent les rames , et la queue le gouvernail. Les anciens Grecs avaient l'usage d'appeler la poupe la queue des galères. » (Pigafetta, in no tis Italie is ad Leonis tac tic a m, 291.)
Pour la pèche de certains poissons d'une grande taille, les Gi-ecs donnaient à leurs barques une coupe allongée , qui se rapprochait beaucoup de celle du corps de ces animaux. A la faveur de cet artifice , ils s'en approchaient plus aisément ; ils attaquaient avec avantage l'espadon : plein de sécurité et trompé par l'apparence , il donnait aveuglément dans le piège , prenait les barques pour des poissons de son espèce , car la poupe et la proue étaient peintes avec des couleurs qui ajoutaient encore à l'illusion, et se livrait au harpon des pêcheurs. Un artifice à-peu-près semblable est encore pratiqué de nos jours par les naturels de la Nouvelle-Guinée.
BARQUES A VIVIERS. Ce sont des bâtimens destinés à transporter en vie le poisson de mer dans une soute qui est remplie d'eau.
BARRAGE. On appelle ainsi certain droit qu'on lève sur les bêtes de somme et sur les chariots pour l'entretien des chemins , et il est probable que ce nom vient de ce qu'à l'endroit où serait la perception du droit , le chemin se trouve barré par une barrière .
On donne aussi le même nom aux établissemens que l'on forme dans les rivières pour interrompre ou détourner le cours de l'eau.
On sait, d'après- Aristote, que les Grecs n'ignoraient pas l'art d'établir des barrages dans les rivières , et qu'après avoir ouvert des canaux de dérivation , ils les recouvraient de fascines et d'herbe, au milieu desquelles on pratiquait une ouverture pour y pêcher pendant l'hiver quand la surface de la rivière était gelée.
Ces établissemens sont défendus par nos lois, qui ne permettent pas d'embarrasser le cours des eaux. {Ord. de 1669 , tit. XXVII, art. 42.)
Une décision du ministre des finances, du 5 janvier i8i5 (au Recueil des Kéglemens forestiers) autorise les préfets à ordonner la suppression des barrages établis sur la Loire.
Une ordonnance du roi, du 22 janvier 1824 ( même Recueil , t. III) , porte que le ministre de l'intérieur peut ordonner la destruction des barra-
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ges, attendu que les réglemens sur les cours d'eau , l'établissement des usines et les constructions auxquelles elles peuvent donner lieu, sont dans les attributions du ministre de ce département.
Il est défendu aux marins pêcheurs de placer des dideaux , barrages et autres appareils à l'embouchure des rivières navigables. ( Décis. minist., du 20 septembre 1821 , au Recueil des Régiem. forest t. II.)
BAS-BORD ou BABORD. C'est le côté du navire qu'on a à gauche quand, étant à la poupe, on regarde la proue.
BASCULE ou BOUTIQUE. Bateau au milieu duquel il y a un coffre ou vivier rempli d'eau pour transporter à flot le poisson d'eau douce en vie. V., à l'article Pêche , la manière de transporter le poisson.
BAS-FOND. Endroit où il y a peu d'eau , et où l'on craint d'cchouer : il est opposé à grand-fond.
BAS-ROBORIN. Ancien instrument de pêche que Tonne connaît plus, et qui était prohibé parles ordonnances de i326, i388, j4o2, i5i5eti55o, citées par Saint-Yon, page 22/, , et auxquelles se réfère l'ordonnance de 1669 , tit. XXXI, art. 10.
BASSOUIN. Cordage cj^ui répond d'un bout à la ralingue du filet, et de l'autre au halin.
BASTENAGUE. V. Raie., Pastinague.
BASTUDE. V. Battude.
BATARD. Les pêcheurs donnent ce nom à des vers rouges qu'ils prennent entre les fissures des rochers qui bordent les côtes de la mer , et dont ils se servent pour amorcer leurs lignes.
On donne aussi ce nom au rouget dans le port du Havre.
BATARDEAU. Du latin bastum , bâton, le bâtardeau étant une cloison de bâtons. C'est une espèce de digue faite de pieux , d'ais et de terre pour détourner l'eau d'une rivière.
BATEAUX, BARQUES, CHALOUPES. On donne le nom de bateaux aux barques dont on se sert ordinairement sur les rivières et les lacs , et aux petits bâtimens de mer propres à la pêche , et qui vont à la voile ou à la rame : les uns ne portent qu'un màt et une voile ; d'autres deux mâts et deux voiles; cjuelques-uns , deux mâts et trois voiles.
Les plus grands bateaux qu'on emploie pour la pêche aux cordes et aux haims , et qu'on appelle bateaux- cordiers , sont les barques de Dunkerque , les grands pôle tais , les gros cordiers de Dieppe , les clinquarts de Sainl- Valéry et du Boulenois.
Voici l'indication des différentes espèces de bateaux décrites par Duhamel dans son Traité des Pêches, t. /, sect. l'^^.^p. 38 et suif :
1°. Barques longues de Dunkerque. Les plus grandes ont de 46 à 5o pieds de quille , et une longueur totale de 52 à 5'] pieds : on leur donne quciqiiefois trois mâts.
2°. Bateaux-pêcheurs de Boulogne . Ils n'ont que 27 pieds decjuille, et une longueur totale de 32 pieds. Ils sont matés, et portent trois voiles.
3'». Bateaux-cordiers de la rivière de Somme. Ce sont de fort petits bateaux de i5 à 18 pieds de longueur , n'ayant qu'un petit mât et xme seule voile.. Ils ne sortent guère de la rivière.
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40. Bateaux-cordiers d'Abbeville. Ces bateaux sont montés par huit hommes.
5°. Bateaux-pêcheurs de Cayeux. Ces bateaux, qui sont d'une construction particulière , ayant un grand plat de varangue , ont 32 pieds de quille , g pieds de bau , 35 pieds de longueur totale, deux mâts et deux voiles carrées. On leur donne beaucoup de plate varangue, pour qu'ils tirent moins d'eau , à cause des bancs qui se trouvent au débouché de la Somme , et pour qu'ils échouent plus aisément , y étant plus fréquemment exposés.
6°. Bateaux-cordiers , dits grands clinquarts de Saint-Valery . Us ont 27 pieds de quille, environ 3o pieds de longueur totale , et portent deux mâts. Ces bateaux vont à la pêche du hareng quand il s'approche de la côte.
7°. Bateaux du Tréport et du bourg d'Ault. Ils ont 27 pieds de quille, 32 pieds de longueur totale, deux mâts , dont le grand a 33 pieds de longueur, et est surmonté d'un mât de hune de 1 o pieds. Ils vont à la mer avec un matelot et un mousse. 8°. Dogres. V. ce mot.
0°. Gondoles ou grands dragueurs. Ce sont les plus grands bâtimens qui soient employés à la pêche de la morue au Nord , du hareng à Yarmouth , et des maquereaux à l'île de Bas et aux côtes d'Irlande. Elles ont de 43 à 46 pieds de quille , et de 5o à 62 pieds de longueur totale ; deux mâts, dont le grand a de 56 à 60 pieds de long , et le petit de 38 à 40 : leur port est de 75 à 80 tonneaux.
10". Crevelles ou caravelles . Ces bâtimens , qui sont employés sur les côtes de la Haute-Normandie, OHt de 34 à 36 pieds de quille , et de 35 à 40 pieds de longueur totale j ils n'ont que deux mâts : leur i)ort est de 25 à 3o tonneaux. Ces bateaux font les grandes pêches dans les saisons convenables. Il y a de petites crevelles, qui ont seulement un grand mât et un mât de misaine, et d'autres beaucoup plus grandes , qui servent pour le commerce y et quelquefois pour les grandes pêches.
11°. Bateaux-pêcheurs du Palet, de Dieppe et des environs. Ces bateaux sont de quatre espèces : les grands culs ronds., les grandes quenouilles , les petites quenouilles et les batelets.
12°. Les grands culs ronds servent pendant toute l'année à la pêche aux cordes , et dans la saison convenable à la pêche du hareng et du maquereau. Ils ont depuis 32 jusqu'à 34 pieds de quille, et 36 à 38 pieds de longueur totale. Leur port n'est que de 20 à 2.5 tonneaux , parce qu'ils ont beaucoup de façon : ils portent deux mâts et deux voiles. Il y a âes culs ronds plus petits, qui n'ont que 22 à 34 pieds do quille , 34 à 35 pieds de longueur totale, et qui ne peuvent porter que 12 à 14 tonneaux.
1 3°. Grandes quenouilles ou bateaux bâtards du Bolet. Cette espèce de bateaux poletais tient le milieu entre les grands et les petits culs ronds. On s'en sert toute l'année pour faire l.i pêche aux cordes. Ils ont de 24 à 26 pieds de quille , de 28 à 3o pieds de longueur totale, deux mâts, et leur port est do 8 à 10 tonneaux : ils vont à la pêche avec sept à huit hommes. Il y a des quenouilles plus petites qui ont 26 pieds de longueur totale.
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On donne encore le nom de petites quenouilles ù des batelets qui ont \5 à 16 pieds de longueur totale , de 4 à 5 pieds de largeur , et deux petites voiles.
i4°. TVarneteurs du Petit- Veulle {faubourg de Dieppe ). Ils servent souvent pour la pêche aux grosses cordes , à la côte d'Angleterre, et à prendre du liareng lorsque ce poisson approche des côtes.
i5°. Yolles ou biscayennes. V. Biscayennes.
16". Bateaux-pêcheurs du iiâvre. On fait pendant l'été, au Havre et dans la plupart des ports que l'on vient de nommer, la pêche au libouretavec de très-petits bateaux, où se mettent deux ou trois hommes ; et en hiver six à sept hommes font cette pêche avec des chaloupes lamaneuses , que les habitans du Havre , comme à Dieppe , nomment yolles ou biscayennes. On les emploie aussi pour faire le batelage ; mais leur vraie destination est d'aller au-devant des bâtimens , pour les entrer dans les ports.
17°. Bateaux-pêcheurs delà flougue. La plupart des bateaux-pêcheurs de la Hougue sont ronds par-derrière et point pontés 5 ils portent deux voiles carrées, point de hunier : leur port est de 4 jusqu'à 3o tonneaux et au-delà. Les grands sont employés à la pêche du maquereau entre Ouessant et les Sorlingues , et à celle des huîtres dans la baie de Cancale. Les bateaux au-dessous de 3o tonneaux jusqu'à 18 font aussi la pêche du poisson frais 5 les plus petits ne servent qu'à faire cette pêche à une petite distance de la côte. L'équipage est depuis quatre jusqu'à huit hommes, suivant la grandeur des bateaux.
i8o. Dinan. Chaloupe de 2 à 3 tonneaux.
19°. Lanion. Petit bateau du port d'un tonneau, pour la pêche à la ligne.
20°. Filadières , couraux ou gabarets. Bateaux employés sur la Garonne, et qui sont de différentes grandeurs. Il y en a c|ui portent 20 pieds de l'étrave à l'étambot, et qui ont ordinairement i5 à 16 pieds de quille. V. Filadières.
21°. Bâtimsns dont on se sert sur la Méditerranée. Ces bâtimens diffèrent beaucoup de ceux de l'Océan par leurs grémens et par leurs formes. Nous ne parlerons que des petits palangriers , c'est-à-dire des bateaux qui servent à la pêche aux cordes, que les Provençaux appellent pêche aux palangres. Les bateaux-palangriers sont longs et pinces de l'avant ; on les tient fort ras , et pour empêcher l'eau d'y entrer, on met au-dessus du plat-bord des jilanches qui entrent à coulisse dans des rainures. On ôte ces planches pour ramer ^ et quand on va à la voile on les met en place. Ces bateaux n'ont qu'un mât et une grande vergue.
Les grandes barques , qu'on nomme leyts, ont deux mâts, deux antennes et deux voiles latines : il y a des tartanes qui en ont trois. V. Tartane.
Dans les quartiers do Saint-Tropez et de Fréjus, les pêcheurs-palangriers se servent de petits bateaux qu'ils nomment frégatons f qui ont environ 24 pieds de longueur, 8 do largeur, une tille à l'avant et une tille à l'arrière . trois ou quatre hommes s'en servent pour pêcher nuit et jour.
A Narbonne , les bateaux-palangriers .sont les
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mêmes que ceux qui servent pour une pèche au filet, qu'on nomme Gangui. V. ce root.
Les pêcheurs- païangriers d'Agde se servent de bateaux qu'ils nomment sardinayes , appelés ailleurs aissaugues , qui ont 22 pieds de long sur 6 de large 5 d'autres font la pêche avec de petites barques, qu'ils nomment coraillcres , parce qu'elles servent aussi à la pêche du corail.
2.1^. JDifférens petits bateaux qui servent à la pêche. Ces bateaux sont : \es Barges ., le Chaland, la TilloUe ou Tillotte. V. ces mots.
Réglemens.
Il est défendu aux pêcheurs qui font la pêche à la mer, le long des cotes et aux embouchures des rivières, de se servir de bateaux sans c^uilles, mâts , voiles ni gouvernail , à peine de confiscation desdits bateaux, des filets et des poissons , de loo livres d'amende, etc. Il est en conséquence défendu de construire des bateaux plats , connus sous le nom àe picots et picoteurs. {Déclar. du roi , du 23 avril 1726, art. 26.) V. cette déclaration à la fin de ce Dictionnaire.
Un arrêt du conseil, du 9 novembre 1694? décide que ce n'est point par la force des bateaux que l'on doit juger si les rivières sont navigables, mais seulement par la navigation qui s'y fait. ( Au Recueil des Réglemens forestiers , t. I,p. 129.)
BATELAGE. Faire le batelage, c'est aller chercher avec des canots ou avec des chaloupes le poisson qui a été pris à la mer, pour le porter en vente et fournir à ceux qui sont à la mer les appelets ou les filets nécessaires pour continuer la pêche.
BATELIER. Conducteur de bateaux. Les passages sur bateaux et contestations avec les bateliers étaient de la compétence des officiers des eaux et forêts, ainsi que la taxe et les salaires des aides à bateaux. ( Art. ?» et 6 du tit. I de l'ord. de 1669.) V. Pêche et Rivières.
Il est défendu aux bateliers d'avoir, en conduisant leurs bateaux, aucun engin à pêclier, permis ou défendu , à peine de 100 fr. d'amende et de confiscation. {Tit. XXXI, art. i5.)
BATELET. Diminutif de bateau. Petit bateau.
BATIS. Poisson du genre àes Raies. V. ce mot.
BATTE. On mesure la longueur des poissons entre œil et batte , ce cjui se prend depuis le coin de l'œil jusqu'à l'angle de la fourchette de la queue.
BATTUDE ou BASTUDE. Espèce de filet ou de manet dont on se sert en Provence pour pêcher dans les étangs salés , au bord de la Méditerranée.
Les filets employés pour faire la pêche qu'on nomme aux hattudes et au« hautées ont à Marseille 80 brasses de long. Les battudes ne doivent avoir que 3 brasses de tombée ou de chute ; les hautées en ont 6 : c'est en quoi consiste la différence de ces deux filets. Ainsi, les hautées sont de grandes battudes : l'un et l'autre filet ont leurs mailles d'un pouce d'ouverture en carré. Il y en a à Saint- Tropez, dont les mailles ont i4 lignes 5 à la Ciotat, on en voit de 10 et de 12 lignes. Ainsi, la grandeur des mailles est différente dans presque tous les ports, suivant l'espèce de poisson qu'on se propose de prendre, comme maquereaux , bogues, blagues, etc.
BAT
Le pied du filet est chargé de bagues de plomb , et la corde qui borde la tête est soutenue par des pièces de liège de 6 à 7 pouces en carré.
Ces cordes, qui bordent le filet, se nomment bruinies. Le liège ne contre-balance point la pesanteur du plomb , en sorte que le pied du filet touche toujours le fond de la mer.
On cale les battudes ainsi que les hautées dans des fonds remplis d'algues ou de vase, et on a soin, en jetant le filet, qu'il forme des zigzags ou qu'il serpente, comme l'indiquent les corps ponctués P/. 33 , iV". //,• ce qui fait qu'une partie du poisson s'emmaille, et que d'autres s'embarrassent dans les plis du filet. Ainsi, les battudes font en quelque sorte l'office des folles en même temps que des manets : on peut aussi les regarder comme des filets d'enceinte , à cause des contours qu'on essaie de leur faire prendre.
A chaque bout de ces filets est une corde ou orin avec une bouée , qui sert de signal pour les retrouver. On les cale à l'entrée de la nuit , et on va les lever le matin.
La grande battude , qu'on nomme areignol au Martigue , est un filet fait de fil de chanvre retors et assez fin. Les mailles sont de 9 au pan, ou d'un pouce ; sa hauteur est de 200 mailles ; la longueur des pièces est de 200 brasses , et les pêcheurs en joignent les unes aux autres plus ou moins , à volonté , comme depuis 2 jusqu'à 10.
Ce filet est bordé de l'espèce de lisière qu'on nomme sardon. La largeur de ce sardon est de 4 mailles , des 7 au pan.
Quand on tend ce filet à poste ou sédentaire, on le dispose , ainsi que le sardineau , en zigzags ; et alors , de i5 en \S brasses , aux angles que le filet doit former, on ajoute à la corde plombée qui forme le pied , et qui doit être chargée d'une livre de plomb par brasse , une bande ou càblièi'e pesant 3 à 4 livres. La tête du filet est garnie de flottes de liège , comme le sardineau, et il y a une bouée ou signal à chaque bout.
Quand un bout de la battude est attaché au bateau des pêcheurs, et qu'on la tend flottante, le pied du filet n'est lesté que de 2 onces de plomb par brasse.
On prend avec la grande battude ou l'areignol beaucoup d'espèces de poissons , entre autres des maqiiereaux , qu'on nomme ortoux j et une autre espèce qu'on appelle suvereau , quelques merlans , des rougets , des rascasses , des bogues , des saupes, etc. , dont plusieurs s'embarrassent dans le filet ^ et beaucoup s'emmaillent quand l'ouverture des mailles est proportionnée à la grosseur du poisson.
Le filet qu'on nomme, au Martigue, petite battude, diffère de celui dont nous venons de parler , i". par sa hauteur, qui n'est que de 100 mailles ,
2°. par l'armure.
On le tend comme les grandes battudes, ou à poste sédentaire, ou flottant.
Les battudes de Languedoc, qu'on y nomme aussi amairades ou arniaillades , tiennent beaucoup de de rai-folles : il y en a de bien des grandeurs différentes. Les pièces sont de i5 brasses, et quelquefois leur