TAN
TAMOTA ou TAMOUTA. Nom vulgaire , au Brésil , d'un poisson du genre silure , qui n'a que 5 pouces de longueur, dont la tête est grosse, qui est de couleur de fer, et dont la chair est très-délicate,
TANCHE, cyprinus-tinca. (Lin.) Poisson du genre cyprin , qui habite les eaux douces de l'Europe et de l'Asie septentrionale , et qu'on pêche dans presque toutes les rivières et les étangs de la France.
lyescrlption. — La tanche {PL 9 ^fig- 6) a la tête grosse 5 le front large ^ l'œil petit 5 les lèvres épaisses et pourvues d'un petit barbillon à l'angle de leur réunion 5 les mâchoires garnies, chacune, de quatre dents courtes et larges \ le corps aplati , et couvert d'une matière visqueuse ; le dos un peu arqué. Sa couleur varie suivant l'âge , le sexe , le climat, les alimens, et les cpialités de l'eau. Elle est presque noire dans les marais fangeux, et d'un jaune doré dans les rivières dont le fond est sablonneux et le cours rapide 5 communément elle est d'un vert foncé sur le dos, jaunâtre sur les côtés, et blanchâtre sous le ventre. Ses nageoires sont généralement violettes, et celle de la queue est ronde ou tronquée 5 les dorsales ont 12 rayons 5 les pectorales, 18 j les ventrales, 9 5 les anales, 11 5 les caudales, 19. Le mâle diffère de la femelle en ce qu'il est plus petit , plus coloré , et que ses nageoires sont plus grandes : sa chair est aussi plus grasse et plus agréable au goût. Habitation. — Les tanches habitent presque toutes les parties du globe ; on les trouve dans les lacs et dans les marais j les eaux stagnantes et vaseuses sont celles qu'elles recherchent. Elles ne craignent pas les rigueurs de l'hiver; on n'a pas même besoin, dans certaines contrées, de casser la glace des étangs où elles se trouvent pour leur donner de l'air} ce qui indique qu'elles y passent la saison du froid enfoncées dans le limon , et au moins à demi - engourdies.
Nourriture. — Elles se nourrissent des mêmes substances que les carpes, c'est-à-dire de vers, d'insectes, de graines, de plantes, de fragmens de feuilles, etc. Elles sautent souvent hors de l'eau pour prendre les insectes au vol. Quand on les nourrit bien , elles croissent promptement.
Propagation et accroissement. — Elles fraient au milieu de l'été, et multiplient beaucoup. Bloch a compté 297,000 œufs dans une femelle d'environ 4 liA'res : c'est sur les plantes aquatiques, dans les lieux exposés au soleil qu'elles les déposent. La plupart des tanches que l'on prend en France sont généralement de moins d'un pied de long ; mais on en prend quelquefois de beaucoup plus grandes , et qui pèsent 5 à 6 livres. Salvian prétend qu'on en trouve de 20 livres.
On multiplie très -ai sèment la tanche dans les étangs; mais comme les carpes multiplient aussi facilement, croissent encore plus vite, et sont d'un meilleur débit, il faut toujours les préférer lorsque les eaux qu'on a à sa disposition le comportent: en conséquence, observe M. Bosc , on réservera les tanches pour les mares, les fossés des marais et auon rapporte beaucoup de petits poissons, qu'on verse 1 très petits réservoirs dont le fond est boueux , et dans le seilleau. 'dont l'eau ne se renouvelle pas^ elles y réussiront
barbillon; les yeux grands; les ouvertures branchiales étendues; les écailles petites et fortement attachées ; l'anus voisin de la gorge ; la ligne latérale fléchissant vers le dos, au - dessous de la seconde iiageoire dof^^^le; le dos verdâtre ; les côtés d'un blo^-^ rougeâtre; la nageoire de la queue d'un rouge pâle ; toutes les autres olivâtres et bordées de noir ; une tache noire à la base des pectorales.
Habitation , propagation et nourriture. — Le tacaud habite l'Océan; il s'approche des rivages pour frayer ; il s'y tient dans le sable ou au milieu des fucus , à des profondeurs quelquefois considérables. Il se nourrit de crabes , de petits saumons, de mollusques, de vers. On dit qu'il fraie en février et mars ; ses œufs , très - nombreux, sont d'un jaune un peu rougeâtre , et la femelle les dépose entre les algues, dans les anses exposées au soleil : les petits paraissent en grande quantité au mois de juin.
Qualités et pêche. — Sa chair est blanche, feuilletée, molle , et se corrompt très-vite. On la regarde comme un bon manger lorsqu'elle est grasse; mais, en France, on l'estime moins que dans d'autres pays, en Angleterre par exemple. Les Groenlandais la font sécher pour la provision d'hiver. On pêche ce poisson au filet et à l'hameçon, et il est quelquefois si abondant dans certaines rades , qu'on en amène plusieurs centaines d'un seul coup de filet. On prend des tacauds toute l'année sur nos côtes ; mais la saison où ils sont estimés les meilleurs est les mois d'octobre, novembre, décembre et janvier. On en trouve dans les parcs, dans les filets qu'on tend à la côte, les tramaux , les manches, les verveux; on en prend dans les nasses et bouraques qu'on emploie pour pêcher les crustacés, et aussi aux hairas, en un mot dans tous les filets qu'on tend pour prendre les lieux, les merlans, etc.; quelques-uns même s'engagent dans les manets avec les maquereaux , mais rarement, ])arce que la plupart sont trop gros : ce poisson se plaît dans les rochers.
TACHÉE. Nom d'une Baudroie, du Lutzan mé-\ diterranéen et de la Murène- Ophis. V. ces mots.
TACON. On donne ce nom , dans quelques cantons , aux jeunes saunions. V. Saumon.
TAMIS DE CRIN. Instrument que les pêcheurs ajustent, dans certaines circonstances , au bout d'une perche, et qui, dans cet éfat, sert de verveux. V. la PL k^ifig- 1 de ce Dictionnaire.
Les hommes et les enfans du faubourg de Caen font usage de cet instrument vers la pleine lune de mars jusqu'à son déclin. La marée amène, tous les ans , dans la rivière de l'Orne une multitude de petits poissons longs de 3 à 4 pouces, et gros comme un tuyau de plume à écrire, qu'on nomme moTitée.
Ceux qui s'occupent de cette pêche portent, chacun, un seilleau avec une lanterne au bord de la rivière, et un tamis de crin ajusté comme on l'a dit. Etant établi au bord de l'eau , PL 44 1 fig- 9 t ^a nuit ou de grand matin , on plonge le tamis dans l'eau jusqu'au tiers de son diamètre, comme si l'on voulait écumer l'eau que la marée fait remonter dans la rivière , et chaque fois qu'on relève X^tamis