BAU
chute n'est que de 36 pouces. Les bagues de plomb, ainsi que les flottes, sont distribuées de 3 en 3 pans. On tend ces filets à la mer et dans les étangs salés 5 on les cale dans des endroits où il y a5 à 6 brasses d'eau, et ils y restent sédentaires. En certains cantons, les pêcheurs font le tour de leurs filets en frappant sur le bord du bateau avec un gros bâton , pour effaroucher le poisson et le faire donner dans le filet.
Quand ce filet est bien chargé de plomb, on y prend de petites soles, des rougets, des muges, etc. On fait dans l'étang de Cette une pèche à-peuprès semblable , mais dont les filets ont quelquefois jusqu'à 160 brasses de longueur. Comme on les change souvent de place, on met de petites cloches sur les bouées 5 ce qui aide à les retrouver. Quand le filet est calé, on se retire à une petite distance , et les pêcheurs nagent tout autour du filet, frappant sur le bateau avec les avirons, et faisant grand bruit. Alors ils nomment cette pêche battude frappante, et quand ils se retirent sans faire de bruit, ils l'appellent battude dormante.
V., pour les réglemens sur la pêche appelée bastude , l'article Pêche maritime , § 4? et le Recueil à la fin de ce Dictionnaire.
BATTURE. C'est un endroit où il y a peu d'eau , et où le fond étant de roche et de pierres , la mer forme des vagues qu'on appelle brisans , qui indiquent que ces endroits sont dangereux.
BAU. On dit en Provence tirer le bau , pour dire lever le filet qu'on traîne. V. Tartane.
BAU ou BOL. On nomme ainsi, en Provence, le poste qu'occupent les pêcheurs à l'aissaugue. V- Aissaugiie.
BAUDAU. Corde d'auffe, qu'on emploie pour monter les Bourdigues. V. ce mot.
BAUDE ou MARTIGUES-BAUDO. On donne ce nom , dans quelques endroits, aux Câblières. V. ce mot et Madragues.
BAUDROIE, lophius piscatorius.{h\n.) Poisson du genre lophie, qui est connu sous les noms de baudreuil^ pescheteau, diable de mer , grenouille de mer ou grenouille pêcheuse, galanga.BUe se nomme en anglais toad-Jish^ en allemand, sectenfeld froscher-Jish , et en hollandais, zee-duyvel , hoosenbeeck.
Description. — V. la PL ?i<,Jig. 7. La baudroie a la tète très-grosse et arrondie, des nageoires ventrales et pectorales en forme de mains , la mâchoire supérieure plus avancée que l'autre , la bouche grande , toujours ouverte, et garnie Intérieurement de dents inégales , nombreuses et semblables à celles des mâchoires ; la langue large, les narines placées derrière la lèvre supérieure , et présentant une sorte de verre à patte mobile ; les yeux placés sur la partie supérieure de la tête j des filamens suivant la direction du dos ; des barbillons sur les côtés du corps, de la queue et de la tête; quelques tubercules ou aiguillons au-dessus de la tête ; deux nageoires dorsales, la nageoire de la queue très-arrondie ainsi que les pectorales, celle de l'anus audessous de la seconde dorsale. Les couleurs de la baudroie sont obscures en dessus et blanchâtres en dessous; la nageoire caudale ainsi que la bordure
BÉC
des pectorales sont noires 5 sa peau est mince et flasque , sans écailles et sans ligne latérale. Ce poisson acquiert 6 pieds et plus de longueur sur un pied de largeur.
Habitation et nourriture. — La baudroie se trouve dans toutes les mers de l'Europe. Elle s'enfonce dans la vase , se couvre de plantes marines, se cache entre les pierres et ne laisse apercevoir que l'extrémité de ses filamens, qu'elle agite en dlfférens sens, de manière à les faire ressemblera des vers ou autres appâts. Les poissons, attirés par cette proie apparente, s'approchent et sont engloutis par un seul mouvement de la baudroie dans son énorme gueule, et y sont retenus par les innombrables dents c|ui la garnissent. Cette manière adroite de se procurer sa nourriture lui a fait donner le nom de grenouille pêcheuse.
Propagation. — ■ La baudroie est ovipare et croît promptement ; mais elle est peu féconde , et par conséquent assez rare.
Qualités. — Sa chair est blanche , facile à digérer, et d'un goût que l'on compare à celui de la grenouille; mais lorsqu'on la prend par hasard, soit dans les filets , soit à l'hameçon, on la rejette à la mer, parce que sa forme hideuse inspire du dégoût. Les pêcheurs anglais s'y déterminent encore par le motif qu'ils croient que la baudroie est ennemie des requins, et qu'elle est capable de vaincre ces voraces cartilagineux.
BAUFFE. Grosse corde le long de laquelle sont distribuées nombre de lignes garnies d'haims : c'est aussi ce qu'on appelle maîtresse corde, La bauffe sédentaire sur les sables au bord de la mer est, ou enfouie dans le sable , ou retenue par de grosses câblières. V. Corde.
BANQUIÈRES ou SERRE-DE-BAUX. Sont des bordages d'épaisseur, régnant intérieurement tribord et bâbord, dans toute la longueur du vaisseau, et sur lesquels portent les baux et barrots.
BAUX. Ce sont les poutres des vaisseaux ou de grosses pièces de bois qu'on pose sur le travers des vaisseaux pour soutenir les ponts. On appelle celui qui est à la partie la plus large du vaisseau le maître-bau : les petits baux qu'on met aux gaillards se nomment barrots.
BAUX DE PÊCHE. V. le mot Pêche.
BAVARELLE. Nom qu'on donne à Marseille au Blennie-Gattorugine, Y. ces mots.
BAVETTES. On appelle ainsi , dans la préparation du hareng, des faîtières de terre dont on couvre les œils-de-bœuf dans les saurisseries, et qui sont dispesées pour laisser échapper la fumée. V. Hareng.
BAVEUSE. L'un des noms de la raie oxyringue. (V. Raie.) C'est aussi le nom d'un poisson du genre Blennie. V. ce mot.
BEAUPRE. Mât qui est incliné sur l'étrave , à l'avant du bâtiment : il porte quelcjuefois une petite voile qu'on nomme civadière ^ mais son principal usage est d'y amarrer l'étai de misaine et les foque» ou voiles d'étais.
BÉCABD. Nom qu'on donne à des saumons qui ont la mâchoire d'en bas plus longue que celle d'eu