V. Doré
TROUELLE. Petite baguette souple et pliante, qu'on passe entre les mailles de quelques filets à
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luaiiche, comme les verveux , pour faire un petit cercle qui tient le lllet ouvert. ^ . Filet.
TROUILLOTTE. Sorte de petit filet qu'on nomme ailleurs Caudrette ou Chaudrette. V. ces mots.
TKOUPILLE. Altération du mot Torpille. V. ce mot.
TRUITE. C'est la Truite. V. ce mot.
TRI BLE ou TROUBLE. Le terme de truble est en quelque fliçon générique : il signifie un filet en poche, dont l'embouchure est attachée à un cercle de bois ou de fer qui porte un manche ; mais il y en a de diflérentes grandeurs, et leur forme varie plus ou moins , ce qui peut avoir engagé à leur douner différens noms.
En général, c'est, comme nous venons de le dire, un filet en poche , et monté sur un cercle ou sur un ovale.
Les grandes trubles, PL 24 i ^°' ^^^ >fig- *0) que quelques pécheurs nomment maniolles y sont formées d'un cercle de bois qui est traversé par une perche , laquelle en forme le manche.
On fait des trubles moins grandes ■) fig. i t, dont le cercle est de fer 5 en ce cas , il y a, à la circonférence du cercle, une douille qui reçoit un manche de bois.
La plupart des trubles sont rondes 5 cependant on en fait de carrées, qui sont plus commodes pour prendre le poisson qu'on a renfermé dans des huches , boutiques, bascules, etc. , parce qu'à cause de leur forme elles s'appliquent mieux sur les planches qui forment le fond de ces sortes de réservoirs.
A l'égard du filet, on fait la poche plus ou moins grande et les mailles de différentes ouvertures, suivant l'usage qu'on se propose d'en faire. Si c'est pour prendre des crabes et des homards dans les roches , les mailles peuvent être assez larges ; mais quand on se propose de prendre des chevrettes, il est nécessaire de tenir les mailles plus serrées. On voit, dans la PI. 24, iV». III, des hommes et des femmes occupés à faire cette pèche.
Al'ile de Ré, les femmes et les filles pèchent, entre les roches et dans les herbiers ^ de grosses chevrettes avec une espèce de truble qu'elles nomment treille ou trulot. Cet instrument, PI. 2.5^ iV». VIII, est formé d'une longue perche , au bout de laquelle est assemblée à tenon une traverse de bois , et à un pied de distance une autre traverse qui lui est parallèle : on attache un bout de filet à ces traverses, qui , pour cela , sont percées de trous j^ les mailles n'ont que 2 ou 3 lignes d'ouverture , et sont faites avec de la ficelle. Les femmes poussent cette espèce de truble devant elles dans les roches et le goémon lorsque la mer est basse.
Dans l'Adour, près Bayonne , deux pêcheurs se mettent dans un petit bateau : l'un rame , et conduit le bateau fort près du bord; l'autre plonge dans l'eau une grande truble, PL '2.i\^ N". VII y f g. 10, qu'ils nomment maniolle^ il le pousse devant lui , et le relève: de cette façon, il écume tous les petits poissons qui se sont retirés au bord de l'eau.
Cette pêche réussit quand les eaux sont troubles et blanches, parce qu'alors les poissons s'approchent des bords , où le courant est moins rapide qu'au mi-
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lieu de la rivière , et ils sont moins effarouches par la truble j mais il faudrait que les mailles de ce filet eussent au moins un ponce en carré , pour ne pas prendre les poissons du premier âge.
Dans la baie et même le port de Brest, on pêche des prctrots ou éperlans bâtards, qui se tiennent autour des vaisseaux. Pour cette pèche, on se met dans une chaloupe avec des espèces de grandes trubles, dont les unes, qu'on peut nommer maniolles , sont emmanchées d'une perche, et d'autres, qui n'ont point de manche , se hissent au moyeu d'un cordage qui passe dans une poulie frappée au mat de la chaloupe : ils les nomment, pour cette raison, huniers.
11 y a de petites trubles , PL 24, N^. Vil , Jig. 6 et 7, qu'on nomme volontiers lanets aux sauterelles. Au lieu d'avoir leurtilet monté sur un cercle rond, elles l'ont sur un morceau de bois contourné comme celui des raquettes à jouer à la paume : les unes ont un manche assez long,^g. 6, et les autres seulement une poignée ^fig. 7- L'usage de ces lanets est pour prendre des chevrettes et des sauterelles dans les algues.
Dans la Garonne, on pêche en bateau avec un filet qu'on nomme couletle ou tire-rive , espèce de lanet dont la monture est comme celle d'une raquette de paume , et a envii-on 3 brasses de diamètre. Le filet forme un sac qui peut avoir 4 ou 5 brasses de profondeur ; le poisson qui y entre se fait sentir par la secousse qu'il donne au filet; d'autant plus qu'il y a une corde attachée au fond du filet , et dont le pêcheur tient le bout. On prend avec ce filet toutes sortes de poissons , mais rarement des saumons et des truites , et jamais des créacs. ,
Les Provençaux nomment salaires deux espèces de filets, dont un ressemble à la truble, PL 24, N°. VII, fi^. 10, excepté que la perche du milieu ne traverse point le cercle , mais y tient seulement par un endroit, comme on le voit à la truble iV». //, PL (),yig' I. Le cercle est cependant de bois; on le fortifie , à l'endroit où s'attache le manche , avec deux petites courbes. Ce filet sert principalement a prendre de petits poissons appelés melets , qu'on sale pour la nourriture du peuple.
L'autre espèce , qu'on nomme salabre de fond, n'a point de manche j son cercle est soutenu, comme le plateau d'une balance , par trois cordes qui se réunissent en une : c'est une espèce de caudrette.
Je reviens au salnbre. Les pêcheurs, apercevant du poisson à une petite profondeur d'eau , passent le salabre par-dessous, au moyen de son long manche ; lorsqu'on relève le filet , le poisson se trouve pris dans la poche ; mais cette pêche ne réussit qu'entre les rochers , dans les canaux et auprès des piles des ponts , après que la mer a été agitée ou lorsqu'on pêche au feu.
On se sert du salabre à Narbonne pour tirer le poisson des bourdigues.
On fait encore usage d'une petite truble, qu'on nomme trubleau ou troubleau , pour prendre des écrevisses.
TRUBLE ABOIS. Instrument de pêche prohibé parles ordonnances de iSaô, i388, 1402, lOioet i55o, citées par Saint-Yon , p. 224, et auxquelles
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se réfère l'ordonnance de 1669, tit. XXXI, art. iû. Toutefois l'usage de tous les instrumens à bois était permis quand l'ouverture en était assez large pour qu'un homme pi*it y mettre tous ses doigts. ( Saint- Yon , p. 225.) TRUBLEAU. Petite truble.
TRUIE ou PLATE. Nom qu'on donne à Granville à la morue préparée en vert quand elle est maigre et plate.
TRUMPO. C'est une espèce de Cachalot. V. ce mot.
TRUITE, salmo-trutta. Espèce de poisson du genre salmone , qu'on trouve dans presque toutes les contrées du globe , et particulièrement dans les lacs des pays de montagnes.
Description, — Le Dictionnaire des Vêches de V Encyclopédie , qui est extrait du Traité des Pêches de Duhamel, contient une longue dissertation sur les nombreux rapports qui se trouvent entre le saumon et la truite. Ces deux espèces appartiennent en effet au même genre ; mais elles se distinguent par des caractères très-marqués. Il paraît que Duhamel a confondu avec la truite ordinaire plusieurs espèces de poissons du genre salmone , telles que la truite saumonée , V omble-chevalier : c'est ce qui se remarque par la grandeur et le poids qu'il attribue à la truite des lacs de Genève et de Neufchàtel, et (jui ne conviennent qu'à Vomble-chevalier, et par la propriété qu'il suppose à la truite de vivre dans la mer et de remonter les rivières, propriété qui appartient à la truite saumonée et au saumoTi.
Comme les poissons ont été bien décrits depuis l'époque où Duhamel écrivait, c'est principalement dans les ouvrages modernes, V Histoire des Poissons , par Lacépède , et le Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle, que nous puiserons ce que nous allons rapporter sur ce poisson.
La truite {FI. ^^fig' 4) ^ i4 rayons à la première nageoire du dos, 11 à celle de l'anus, i3 à chaque ventrale 5 la caudale peu échancrée j les écailles de couleur argentée et dorée ; les côtés de la tête et du corps d'un jaune doré , mêlé de vert \ les pectorales d'un brun mêlé de violet; les ventrales et la caudale dorées; la nageoire adipeuse , de couleur d'or, avec une bordure brune; l'anale variée de pourpre, d'or et de gris de perle j la dorsale parsemée de petites gouttes purpurines j le dos marqué par des taches noires , et les côtés par des taches rouges entourées d'un bleu clair ; la tête grosse ; la mâchoire inférieure un peu plus avancée que la supérieure, et garnie , comme cette dernière , de dents pointues et recourbées; sept ou huit dents sur la langue ; trois rangées de dents de chaque côté du palais; la ligne latérale droite; les écailles petites. La longueur ordinaire de la truite est de 12 à i5 pouces ( 3 ou 4 décimètres) j elle pèse alors de 12 à i3 onces (3 ou 4 hectogrammes) ; on en pêche cependant, dans quelques rivières , du poids de 4 à 6 livres ( 2 ou 3 kilogrammes). On parle d'une truite pèchée en Saxe du poids de b livres (4 kilogrammes) , et de plusieurs individus pris dans le Gardon, qui pesaient 18 livres (9 kilogrammes).
Lieux que les truites préfèrent. — Elles aiment
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élevées , qui s'échappe avec rapidité , et qui coule sur un fond pierreux. On en trouve rarement dan.s les eaux stagnantes , dont le fond est boueux. Voilà pourquoi les truites sont très-rares dans la Seine, dontles eaux sont trop douces pour elles ettrop lentes dans leur cours; et voilà pourquoi au contraire on en rencontre dans les lacs élevés, tels que ceux du Léman , de Joux , de Neufchàtel , et dans des amas d'eau situés à près de 2,000 mètres (6,000 pieds) audessus du niveau de la mer , dans les Pyrénées.
Les grandes chaleurs peuvent incommoder la truite au point de la faire périr : aussi la voit-on , vers le solstice d'été, lorsque les nuits sont trèscourtes et qu'un soleil ardent rend les eaux presque tièdes, quitter les bassins pour aller habiter au milieu d'un courant , on chercher près du rivage l'eau fraîche d'un ruisseau ou celle d'une fontaine. Elle peut d'autant plus aisément choisir entre ces divers asiles , qu'elle nage contre la direction des eaux les plus rapides avec une vitesse étonnante, et qu'elle s'élance au-dessus des digues ou des cascades de plus de 2 mètres (6 pieds) de haut.
Elle ne doit cependant changer de denif^ure qu'avec précaution. On assure que, si pendant l'été les eaux sont très-chaudes, et qu'après y avoir péché une truite on la porte dans un réservoir trèsfrais, elle meurt bientôt , saisie par le froid soudain qu'elle éprouve.
Nourriture. — La truite se nourrit de petits pois-
sons très-jeunes, de coquillages, de crustacés, de vers , d'insectes , et particulièrement d'éphémèreset de phryganes, qu'elle saisit avec adresse lorsqu'elles voltigent auprès de la surface de l'eau. Comme la truite ne mange point de végétaux , il faut, dans les étangs à truites , jeter, pendant l'hiver , les animaux morts qu'on peut se procurer , les viandes gâtées et les entrailles des volailles, etc., que l'on consomme dans la maison.
Propagation. — Le frai de la truite , observe M. Dralet dans ses Considérations sur l'histoire des Poissons, commence avec les premiers froids, et l'époque en est plus ou moins avancée suivant la hauteur des lieux où elle habite et à hauteur égale, suivant leur éloignement de l'équateur ; car tout le monde sait que l'hiver se fait sentir beaucoup plustôn sur la cime des montagnes que dans les vallées , et dans les vallées que dans les plaines; oh sait aussi que la même progression se remarque à mesure que l'on s'éloigne des pôles. Il résulte de là que le hai de la truite a lieu beaucoup plus tôt à la source d'une rivière qu'à son embouchure , et que dans deux lacs éloignés l'un de l'autre, c'est le plus septentrional où le frai commencera plus tôt. Cette observation de M. Dralet sur l'époque du frai de la truite , qui arrive avec les premiers froids , tandis que celle du frai des autres poissons arrive avec le retour de la belle saison , se trouve d'accord avec les remarques cjue nous trouvons dans les ouvrages d'histoire naturelle. En effet, nous voyons que c'est depuis le mois de septembre jusqu'en octobre qu'il entre le plus de truites dans le Rhône; que, dans les contrées sur lesquelles Bloch a eu des observations , ces poissons fraient dans l'automne ; que ,
une eau claire, froide , qui descende des montagnes 1 dans la ci-devant province du Limousin, les truites
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quittent également, au commencement ou vers le milieu de l'automne, les grandes rivières pour aller frayer dans les petits ruisseaux. M. Dralet a luimême observé que la truite traie près des sources de la Garonne dès le mois de septembre; taiulis tju'à Saint-Béat, dont l'élévation est de 5o2 mètres audessus du niveau de la mer, le Irai ne se tait remarquer qu'en octobre ou au commencement de novembre, et environ un mois plus tard à Toulouse, qui n'est élevé que de 102 mètres.
Il résulte de ces observations que la disposition de l'art. 6 du tit. XXXI de l'ordonnance de 1669, qui détend de p-^cher dans les rivières où la truite abonde depuis le i^"^. février jusqu'à la mi-mars, parce que cotte disposition suppose que c'est le temps du frai de la truite, n'est point conforme à ce qui a lieu le plus généralement : c'est depuis l'automne jusque vers la lin de janvier que ce poisson fraie le plus communément, et s'il y a des contrées où le Irai se remarque à d'autres époques, cela est beaucoup plus rare; il faut donc, à l'égard de la truite, comme pour quelques autres poissons dont l'époque du frai varie suivant les localités, que la proliibilion de la pèche soit déterminée par des réglemens locaux.
Lorsque les truites veulent frayer , elles remontent dans les ruisseaux, et quelquefois dans les rigoles qui ne sont entretenues que par des eaux pluviales. Elles cherchent le rivage, se placent entre les racines d'arbres et entre les grosses pierres , ou sur un gravier couvert par un léger courant; elles -s'agitent, se frottent et pressent leur ventre contre le gravier ou le sable, et y déposent leurs œufs, que le mâle arrose plusieurs fois dans le jour de sa liqueur fécondante. Ces œufs, à l'époque de la ponte, ont souvent la grosseur d'un pois, et il n'est pas surprenant que les truites en aient moins qxie plusieurs autres poissons d'eau douce; cependant elles multiplient beaucoup, parce que les poissons voraces , cjui pourraient mander les jeunes truites, vivent pour la plupart loin des eaux froides, que préfèrent les truites. On prétend que le plus dangereux ennemi de ce poisson est la truite elle-même , les grosses mangeant très-fréquemment les petites.
Qualités. — La chair de la truite est blanche , tendre , d'un bon goût et facile à digérer même par les personnes qui ont l'estomac faible. ¥A\e est principalement recherchée quand elle est fraîche, que le poisson a vécu dans une eau claire et pure, et qu'il a été pris pendant l'été, époque où il est plus gras et rétabli de la fatigue de la ponte. Dans le temps du frai , l.L chair perd beaucoup de sa délicatesse , et il y a des rivières , la Touvrc^ par exemple , où la truite est dans toute sa bonté depuis le mois de mai jusqu'au mois de novembre , et dans d'autres elle commence dés l'automne à perdre de sa qualité : l'époque du fr.ii est donc à considérer non-seulement pour la pèche de ce poisson, à cause du tort qu'elle fait alors à la reproduction, mais encore à la qualité de la truite. Dans les pays où la pêche des truites est abondante, on les sale et on les marine comme les saumons.
Pendant long-temps, ce poisson a été nommé dans plusieurs pays le roi des poissons d'eau douce. Du
temps des Romains, il ornait déjà les tables les plus délicates. En Allemagne, cpielqucs princes s'en étaient réservé la pèche exclusive,
La truite paraît ordinairement sur nos tables assaisonnée de la même manière que le brochet: on la fait cuire dans un court-houillon , et on la sert à sec comme plat de rôt. Lorsqu'on veut la faire servir comme entrée, on met dessous une sauce aux câpres, un coulis d'écrévisses ou autre, au goût du consommateur. On peut encore la taire cuire sur le gril après l'avoir fait tremper dans de l'huile , et la servir avec une sauce grasse ou maigre. Souvent aussi on la fait entrer dans les pâtés de poissons, et c'est peut-être la meilleure manière de l'apprêter pour l'envoyer au loin.
Les œufs de la truite sont très-gros au moment du frai, et d'une saveur excellente ; on les emploie pour prendre V ombre-chev aller .
Comme on ne voit guère la truite séjourner naturellement que dans les lacs élevés et dans les rivières ou ruisseaux des montagnes, elle est très-chère dans un grand nombre d'endroits. Elle mérite par conséquent , à beaucoup d'égards , l'attention de l'économe, et voici les principaux soins qu'elle exige.
IDes étangs à truites. — On a cherché à multiplier les truites dans les étangs; mais souvent ces entreprises n'ont pas réussi. Il faut , pour former un bon étang à truites, une vallée ombragée, une eau claire et froide, un fond de sable ou de cailloux placé sur de la glaise ou sur une autre terre qui retienne les eaux, une source abondante ou un ruisseau qui , coulant sous des arbres touffus , et n'étant pas trèséloigné de son origine, amène, n)ême en été, une eau limpide et froitle ; des bords ussez élevés , pour que les truites ne puissent s'élancer par-dessus ; de grands végétaux plantés assez près de ses bords pour que leur ombre entretienne la fraîcheur de l'eau ; des racines d'arbres ou de grosses pierres , entre lesquelles les œufs puissent être déposés ; des fossés ou des digues , pour prévenir les inondations des ravins ou des rivières bourbeuses ; une profondeur de 3 mètres environ ( 9 pieds ), sans laquelle les truites ne trouveraient pas un abri contre l'orage, monteraient à la surface de l'eau lorsqu'il menacerait , y présenteraient souvent un grand nombre de points blanchâtres ou livides, et périraient bientôt; une quantité très-considérable de loches ou de goujons et d'autres petits cyprins , dont les truites aiment à se nourrir, ou une très-grande abondance de morceaux de foie hachés , d'entrailles d'animaux , de gâteaux secs , f.iits de sang de bœuf et d'orge mondé ; des bandes garnies d'une grille assez fine pour arrêter l'alevin; enfin il faut avoir soin d'éloigner les poissons voraces , les grenouilles, les oiseaux pêcheurs, les loutres , et de casser pendant l'hiver la glace qui peut se former sur la surface de l'eau .
On empoissonne ordinairement les étangs à truites avec soixante truites par arpent, et on choisit le commencement de l'hiver , comme l'époque la plus favorable pour faire cette o[)ération.
Lorsque, pour peupler un étang , on est obligé d'y transporter des truites d'un endroit un peu éloi-
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gué , il faut ne placer dans chaque vase qu'un petit nombre de ces salmones , renouveler l'eau dans laquelle on les a mis, et l'agiter souvent.
Des 'Variétés de La truite. •— Différentes eaux peuvent cependant être assez froides et assez rapides pour que les truites y vivent, et avoir néanmoins des propriétés particulières qui influent sur ces salmones au point de modifier leurs qualités , leurs couleurs, leurs formes et leurs habitudes, et de produire des variétés très-distinctes et plus ou moins constantes.
M. Decandûlle assure que les truites prises dans le Rhône diffèrent de celles que l'on pêche dans le lac de Genève , par la grandeur de deux taches noires placées sur les joues. Suivant le même naturaliste , celles de l'Arve sont plus minces et plus allongées.
On en voit d'effilées et d'autres très-courtes. Le ruisseau appelé le Queyrou , près des Pénières, dans l'Auvergne, en nourrit qui sont arrondies et qui ont le dos voi'itéj dans celui de Narbois , les truites sont courtes, arrondiesetd'unenuancepresque jaunej dans un autre ruisseau, nommé Enlan , elles sont allongées, grises et légèrement tachetées.
Suivant M. Noël, de Rouen , les truites de Palluel ont ur.e grande réputation en Normandie : ce sont les plus délicates que nous possédions dans nos eaux douces. Après les truites de Palluel, viennent celles de la rivière de Robec , qui se perd dans la Seine , à Rouen. On connaît, dans nos différentes rivières, sept ou huit variétés de truites, qui difr fèrent entre elles par la couleur, les taches, etc. On dit que la plupart des truites de la ci-devant Saintonge sont blanchâtres ; que celles du Languedoc sont , les unes jaunes, d'autres brunes; enfin que les unes ont peu et les autres beaucoup de mouchetuies de différentes couleurs.
On prend dans la Touvre, rivière de France, dans le ci-devant Angoumois, qui prend sa source dans des rochers , à environ une lieue et demie au-dessus de Ruelle, et dont les eaux sont très-vives, une prodigieuse quantité de très-bonnes truites, qui ont la chair blanche, et d'autres qui sont rouges, et qu'on appelle saumonées . Les pêcheurs de cette rivière prétendent qu'on ne peut pas distinguer si\rement les truites saumonées des autres à l'extérieur, non plus que les mâles d'avec les femelles , excepté, disent-ils, dans le temps du frai, où la couleur des mâles est plus brune et celle des femelles plus argentée ; mais ils distinguent une variété de truite , qu'ils estiment plus que toutes les autres : ils la ■aommenx. gardonn ivre f parce que , suivant eux, elle est très-friande de gardons, et qu'on lui en trouve fréquemment dans l'cslomac. Les truites dites ^ardonnières sont toutes saumonées, plus courtes et plus larges que les truites ordinaires, et leurs écailles sont plus fines et plus blanches.
On pèche dans quelques lacs, rivières ou ruisseaux d'Ecosse, plusieurs variétés de la truite : une jaune et beaucoup plus large ou plus haute que la truite ordinaire; une autre, quia la tête beaucoup plus petite, et les côtés tachetés d'une manière aussi élégante que brillante; d'autres enfin, auxquelles on a donné les noms de truite de mousse^ truite de pe-
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tite rivière , truite noire , truite blanche et truite rouge.
Bloch en a fait connaître une , qu'il a désignée par la dénomination de truite brune , et qui a la tête et le ventre plus gros que la truite commune, la chair très-délicate et rouge lorsqu'elle est cuite, de même que celle du saumon et de la truite sau^ Tiionée. Cette variété habite plusieurs des rivières qui se jettent dans la Baltique ou dans la mer qui baigne les côtes de Norwege.
De la pèche de la truite. — On la prend ordinairement avec la truble , à la ligne , à la louve ou à la nasse.
Si l'on emploie la truble ou trouble , il faut la lever très-vite lorsque la truite y est entrée, pour ne pas lui donner le temps de s'élancer et de s'échapper.
Pèche à la ligne. — La ligne doit être forte , afin que le poisson ne puisse pas la casser par ses mouvemens variés et rapides.
La manière de garnir l'hameçon n'est pas la même dans différens pays*. On y attache de la chair tirée de la queue ou des pattes d'une écrevisse ; de petites boules composées d'une partie de camphre , de deux parties de graisse de héron, de quatre parties de bois, de saule pourri et d'un peu de miel; des vers de terre ; des sangsues coupées par morceaux; des insectes artificiels , faits avec des étoffes fines de différentes couleurs; des membranes, de la cire, des poils , de la laine, du crin , de la soie, du fil , des plumes de coq ou de coucou. On change la couleur de ces fils , de ces plumes, de ces soies , de ces poils non-seulement suivant la saison et pour imiter les insectes qu'elle amène, mais encore suivant les heures du jour , et on les agite de manière à leur imprimer des mouvemens semblables à ceux des insectes naturels les plus recherchés des truites. La pêche avec ces appâts factices réussit sur-tout vers le lever du soleil et pendant la nuit.
Quand l'eau est trouble , on peut pêcher les truites avec la Ligne à perche (voy. ces mots) , dont on remplace l'hameçon n°. 5 par un hameçon n°. i. Voici , d'après le Pécheur français , la manière de procéder à cette pêche : on sonde la profondeur de l'eau , et on dispose la ligne de manière que l'hameçon soit soutenu à 2 pouces du fond. On amorce ce dernier avec un gros ver de terre ou une sangsue, et on jette la ligne à l'eau. Un silence profond est une des conditions essentielles pour obtenir du succès; mais si l'eau est claire, le silence même ne trompera pas la truite, qui est méfiante, et fuit dès qu'elle aperçoit la moindre chose d'extraordinaire.
Pour pêcher des truites avec des insectes artificiels , on se sert de la canne à moulinet ( PI. 1 1 , ^g. 17), sur laquelle on monte la ligne à truite, dont la longueur doit être de 4° à 5o aunes.
Le pêcheur, ainsi approvisionné, choisit un beau temps, et prcférablement l'époque du lever et du coucher du soleil; et arrivé à l'endroit où il veut pêcher, il monte sa ligne sur la canne, après l'avoir passée dans tous les anneaux placés le long de cette canne , et il la roule sur le moulinet jusqu'à ce qu'elle n'ait qu'une longueur égale à celle de la
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canne, pour avoir la facilité de lancer riianieçon
plus commodénient. Cela fait, il se promène le long
du rivage, pour tâcher d'attraper un des insectes
qui V voltigent, et lorsqu'il en a saisi uji, il cherclie
dans les insectes artificiels dont il a fait provision
celui qui ressemble le plus à l'insecte naturel dont
il s'est emparé. H attache alors au bout de la ligne
l'hameçon qu'il a "arni de l'insecte artificiel. Ces
■'.■'... •Il
précautions, quoique minutieuses, sont essentielles
pour tromper le poisson cju'on veut attirer.
Il faut avoir soin , lorsqu'on s'approche de l'eau, d'observer le plus grand silence , et de tâcher de se dérober à la vue du poisson , en se cachant, s'il est possible , derrière les arbres qui se trouveraient sur le rivage. On jette alors la ligne à l'eau , en ajant l'attention de maintenir la mouche à la surface, et d'imiter, parles mouvemens qu'on lui communi- <{ue, les efforts que fait l'insecte naturel, qui , tombant à l'eau, cherche, par des sauts en différens sens , à se dégager et à conserver la vie.
Si une truite aperçoit l'insecte tombera l'eau , et si les sauts qu'elle lui voit faire sont bien naturels, bientôt elle monte à la surface de l'eau , d'où elle s'élance sur cette amorce trompeuse, cpie le pécheur continue d'agiter. Lorsqu'elle saisit l'insecte, il faut se hâter de dérouler le moulinet , car elle s'efforcerait de rompre la ligne 5 mais après qu'on a dévidé toute la ligne si cela est nécessaire , la truite , épuisée par ses efforts, x-alentit ses mouvemens, et se laisse bientôt entraîner par le pêcheur, qui l'attire à lui en roulant de nouveau la ligne sur le moulinet. Lorsque ce poisson a été amené à sa portée, il achève , en se servant de V Epuisette (voy. ce mot), d'enlever sa proie, qui, sans toutes ces précautions, aurait échappé à son adresse ou rompu la ligne.
On ne doit jatnais rester long-temps à la même place : cette pêche se fait en se promenant sur le rivage , parce que, n'attirant le poisson par aucune amorce, il faut nécessairement changer souvent de position.
Pêche avec le véron. — Pour pêcher la truite avec le véron , on se sert de la même ligne que pour le brochet, et on s'y prend absolument de la même manière.
Pêche avec les louves et les nasses. — Quand on se sert de nasses ou de louves, on y place, pour attirer un plus grand nombre de poissons , un lingo imbibé d'huile de lin ou de chenevis. Quelques personnes conseillent d'y mêler du castoréuni et du camphre fondus.
Au reste , la pèche des truites se fait de la même manière que celle des saumons. V. Saumon.
Pêche avec le trident. — Dans l'Arnon , auprès de Genève , on pique ces poissons avec un trident lorsqu'ils remontent contre une chute d'eau produite par une digue.
Pêche des truites dans le Léman. — On fait une pêche considérable à l'endroit où le Rhône sort du lac Léman, dans lequel se jette la rivière d'Arnon.
\ oici la description de cette pêche, qui se trouve dans le Dictionnaire des Pêches et dans le Buffon de Sonnini, et qui est due à M. Pictet de Genève :
ce Pour prendre les truites qui passent du lac dans le Rhône , ou du Rhône dans le lac , on
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ferme le Rhône, à sa sortie du lac , par un clayonnage en bois disposé en zigzag; les angles de ce grillage, alternativement saillans du côté du lac et du côté du Rhône, présentent de part et d'autre des espèces d'avenues triangulaires , dont chacune se termine par une nasse ou cage construite en fil de laiton , et arrangée de manière que les poissons qui y entrent ne peuvent pas en sortir. Celles de ces nasses qui répondent aux angles saillans des côtés du lac se nomment nasses de remonte , et les autres nasses de descente. Comme ces nasses sont très-pesantes, on se sert d'un tour pour les lever et en tirer le poisson , que l'on porte ensuite dans nu grand réservoir construit au bord du Rhône. On laisse ordinairement tous les passages libres dès la fin de juin , afin de donner aux truites la liberté d'aller frayer dans le fleuve ; on les relerme vers le milieu d'octobre, ce qui divise le temps de la pêche en deux saisons, celle du printemps, qui dure depuis la fin de janvier jusqu'en juin", et celle de l'automne, qui commence en octobre et qui finit avec le mois de janvier. Dans l'une et l'autre de ces saisons, on prend des truites à la remonte et à la descente, mais dans des proportions bien différentes; sur 489 truites , on en pêche 36 à la descente du printemps, 34 à la descente de l'automne, 16 à la remonte du printemps, 4o3 à la remonte de l'automne.
Il p irait qu'on estime beaucoup plus les truites qui descendent du lac que celles qui y entrent, et cela , parce que ces dernières ont éprouvé dans la rivière la fatigue du frai , et que probablement plusieurs ne sont pas encore rétablies.
Les truites que l'on prend dans le lac ou dans les rivières qui s'y déchargent se distinguent en truites du lac ou d'été, truites du Rhône ou de la ferme , et truites des petites rivières. Les truites qu'on nomme du Rhône sont celles que l'on prend à l'endroit où le Rhône sort du lac. La pêche en appartient à la ville de Genève, qui l'afferme à des particuliers ; ce qui fait appeler truites de ferme celles qu'on prend à cette pêcherie : on nomme truites d'été celles cju'on prend en toutes saisons dans le lac même. Enfin il y a encore des truites qu'on prend , soit dans le Rhône , soit dans de petites rivières , qui se rendent , les unes dans le lac , et les autres dans le lit du Rhône.
Dans le mois de mai, il passe des truites du lac dans le Rhône, mais en petite quantité : c'est dejHiis le mois de septembre jusqu'en octobre que la descente en est plus considérable, et qu'on prend les plus grosses. Parmi les truites qui descendent dans le Rhône , il y en a , sur-tout des petites , qui, lors des chaleurs, entrent dans la petite rivière de l'Arve , pour jouir de la fraîcheur des eaux ; elles sont, comme on l'a dit plus haut, minces et effilées ; elles sont excellentes; on les nomme ffaînes , parce cju'elles diminuent, dit-on, de grosseur à proportion du temps qu'elles ont resté dans cette petite rivière. On assure que les grosses truites, qui descendent dans le Rhône en septembre et en octobre, passent rarement dans l'Arve , et qu'elles restent dans le Rhône , où elles fraient.
La descente des grosses truites étant finie , les gaines commencent à remonter dans le lac dès le
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i5 octobre : alors on ferme les nasses de descente dont nous avons parlé, laissant cependant un passade libre pour entrer dans le Rhône, et on ouvre les trois ouvertures où sont placées les nasses de remonte. Cette pêclie dure à-peu-près jusqu'à la fin de l'année ; mais le temps où elle est le plus considérable , soit pour le nombre , soit pour la grosseur des truites , est depuis le lO jusqu'au 20 décembre, et cela ne varie que de peu de jours : on prend à cette époque des truites de t(mte grosseur. Le JDictionnnire des Pêclies, qui coiitifjit ces observations, dit qu'on en prend de io livres , poids de Genève , dont la livre est de 18 onces, et qu'il n'est pas rare d'en prendre de 20 à i5 livres, de sorte que sur 3 à 400 qu'on prend chaque année, il y en a bien 100 de ce poids ; mais il paraît qu'il y a erreur à cet égard, car les naturalistes que nous avons cités s'accordent à dire qvie le plus [ort poids de la truite est de 5 à 6 livres, et même que les individus de ce poids sont rares.
Quant aux truites qu'on nomme du Lie ou d'i'té , on les prend dans le lac également dans toutes les saisons de l'année, et ce n'est point par des moyens iiarticuliers , mais pêle-mêle avec toutes les autres «espèces de poissons, qui sont assez abondantes dans ce lac Ces truites sont bonnes, mais pour l'ordinaire moins grosses que celles qu'on prend aux pêcheries établies soit au Rhône de Genève, soit à celui du Val lais.
Les truites du poids d'une livre, qu'on prend dans les petites rivières qjii se déchargent dans le lac ou dans le Rhône , ont, les unes , la chair blanche , et les autres la chair rouge ou saumonée.
On a dit qu'on péchait les truites tantôt avec des hameçons , tantôt avec des nasses ou des filets à manche , oii avec des seines 5 mais la pêche la plus considérable se fait avec ce qu'on nomme le grand filet) qui est formé d'un grand s.ic, à l'embouchure duquel sont ajustées deux ailes de filet fort longues, dont chacune est tirée j)ar un bateau. Oji attnche aussi quelquefois le long d'une corde plusieurs nasses ou verveux , qu'on cale au fond de l'eau.
Il y a une façon de pêcher qui se fait avec un filet qu'on appelle meni ou menia , dont la construction est fort simple : c'est une nappe laite avec du fil très-délié. La corde qui borde la tête du filet est garnie de flottes de liège; à celle qui borde le pied du filet est un grand nombre de filets , auxquels on attache de petites pierres grosses comme des noisettes , qui font \\n lest suffisant seulement pour maintenir le filet dans une situation à-peu-près verticale. On forme, avec jdusieurs pièces de ce filet, une enceinte à l'embouchure d'une petite rivière ou d'un golfe; quand le filet est tendu, on bat l'eau dans l'enceinte, pour obliger le poisson à donner dans le filet, qui, quand il est dans l'eau, n'est pas tendu avec force ; de sorte qu'étant très-fin, il peut céder aisément aux efforts du poisson qui s'y embarrasse : la secousse qu'il occasionne fait sauter les petites ])ierres5 quelques-unes entourent le poisson, et, passant dans une maille , le retiennent Si le poisson s'agite dans ce filet , qui est très-délicat et •tendu mollement j il s'y embarrasse de plus en plus,
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et fait rejaillir des pierres, qui, s'engageant dans des mailles, lient d'autant plus fortement le poisson. Cette pêche est connue et pratiquée également dans les autres Ihcs de la Suisse , et principalement dans celui de Neufchâtel : les pêcheurs la nomment étole , et ils lu font aussi pour prendre de petits poissons destinés à des amorces. >;
Dispositions régUmentaires sur La pêche de la truite^
L'art. 12 du tit. XXXI de l'ordonnance de 1669. ordonne aux pêcheurs de rejeter en rivière les truites qui ont moins de 6 pouces entre l'œil et la queue, à peine de 100 fr. d'amende et de confiscation. Nous avons fait remarquer précédemment que la disposition de l'art. 6 du même titre, sur la prohibition de la pêche en temps de frai, avait mal déterminé cette époque.
TRUITE SAUMONÉE, salmo-tnitta. (Lin.) On a prétendu que la truite saumonée provenait d'un œuf de saumon fécondé par une truite, ou d'un œuf de truite fécondé par un saumon ; qu'elle ne pouvait pas se reproduire; qu'elle ne formait pas une espèce; mais cette opinion est contraire aux résultats des observations les plus nombreu-^es et les plus exactes. Toutefois, la truite saumonée n'en mérite pas moins le nom qu'on lui a donné ; sa forme, ses couleurs et ses habitudes la rapprochent beaucoup du saumon et de la truite.
Description. — La truite saumonée a la tête petite et en forme de coin ; les mâchoires presque également avancées ; les yeux petils, ainsi que les écailles; la ligne latérale presque droite; le nez et le front noirs; les joues d'un jaune mêlé de violet; le dos et les côtés d'un noir plus ou moins mêlé de nuances violettes; la gorge et le ventre blancs ; la caudale et l'adij)euse noires; les autres nageoires grises ; les taches noires de son corps quelquefois angulaires, mais le plus souvent rondes. G^s taches varient au surplus dans leurs formes et leurs nuances, suivant la nature des eaux.
On confond souvent avec la truite saumonée le salmone-////c^ , qu'on pêche dans le Danube, les grands lacs de la Bavière et de l'Autriche, et qui paraît habiter le lac de Genève , mais qui parvient à une grosseur bien plus considérable que la truite saumonée.
habitation. — Elle habite un très-grand nombre de contrées et, de même que le saumon , alternativement la mer et les fleuves; on la trouve principalement dans les lacs des hautes montagnes et dans les rivières froides qui en sortent ou qui s'y jettent ; elle aime les eaux vives et courantes, et les fonds de sable et de cailloux.
Nourriture. — Elle se nourrit de vers , d'insectes aquatiques et de très -petits poissons.
Propagation et accroissement. — Elle fraie dans l'eau douce au milieu de l'hiver, et parvient à la grandeur d'un saumon moyen, c'est-à-ilire à 3 ou 4 pieds de long, et à 8 ou 10 livres de poids.
Qualités. — La chair de la truite saumonée est en général, et sur-tout avant le frai, tendre, ex- (piise et facile à digérer. Elle devient rougeàtre par la cuisson , comme celle du saumon. Sa qualité, au surplus, peut s'altérer qxiand la rivière où la truite