‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 296 sur 344 · VEN · texte numérisé non relu

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Pêche de la vandoise.

On prend la vandoise avec tontes sortes de filets, en n\èine temps que les gardons et aaitres espèces de poissons. À l'époque du Irai , on la pèche avec des nasses couvertes d'herba"es.

La pcche à la ligne se lait dans des fonds de eravier, d'une profondeur de 3 à 4 pieds, et dont Peau est vive et rapide. On se sert de la Ligne à gardon (voy. ces mots), en remplaçant les liameçons par ceux K'^. VI } que Ton amorce avec des vers de terre ou des vers de viande, ou des fourmis ailées. M. Krez conseille de se servir d'un insecte connu des pécheurs sous le nom de porte-bois , que l'on trouve sur l'eau des petits ruisseaux qui aboutissent à une rivière; cet insecte est enfermé dans une coque en forme de tuyau de plume , dont on le retire par la tète, si l'on vent l'avoir entier tt propre à la pêche. C'est dans le mois de juillet , époque où les vandoises, ayant frayé, se trouvent affamées , que cette pêche se fait avec le plus de succès. On ne la pratique que le matin, et sans mettre de plomb à la ligne ; on la cesse dès que le soleil parait. Comme la vandoise est adroite à emporter les amorces, il faut la piquer promptement ; du reste , on l'attire avec toutes espèces d'amorces.

VANGERON. Nom que l'on donne à un poisson des lacs de Lausanne et de Neufchàtel, et qui paraît être une espèce de cyprin, peut-être le gardon. 11 a près des ouïes 2 nageoires couleur d'or; 2 sous le ventre, qui sont jaunes; un aileron derrière l'anus; un sur le dos ; celui de la queue est fourchu. Ce poisson a la figure et la chair semblables à celles de la carpe.

VARANGUES. Ce sont les membres qui sont posés immédiatement sur la quille, et forment la

fiartie la plus basse des couples. Quand on veut que es fonds du bâtiment soient fins, on donne de l'acculement aux varangues ; on les fait plates quand on veut qu'ils tirent peu d'eau. Les varangues de l'avant sont acculées , celles de l'arrière encore plus. On nomme maîtresse-varangue celle du maîtrecouple , qui est vers le milieu de la longueur du bâtiment.

VARGADELLE ou VERGADELLE. Nom vulgaire du savpe , poisson du genre spare. V. Saupe.

VARYOUTE. Filet à manche. V. Guideau.

VASTANGUE. C'est X^Raie-Pastenaque. Voy.

tes mots.

VAS-TU , VIENS-TU. Pêche qui se fait avec un filet du genre des manets ou des tramaux, qu'on tend de terre par le travers d'un courant, au moyen d'une manœuvre passée dans une poulie de renvoi, qui est frappée à un rocher ou à un pieu. V. Tramail. VATROUILLE. Tampon de laine attaché au bout d'une perche, qui sert à laver les morues.

VAVAIN. Gros câble, qui sert tant sur les rivières que sur la mer.

VEAU MARIN. Nom que l'on donne au phoque commun. V. Phoque.

VENETS. Espèce de petit bas -parc du genre des courtines, formé de filets demi- circulaires. V. Parc.

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VÈNGERON. Y. Vangeron.

VENGUDE. C'est ainsi qu'on nomme la grande entrée d'une bourdigue du côté de l'étang. Voyez Bourdigue.

\'E]\TU1\0N. Terme en usage au port de Fréjus, pour désigner un filet appelé carrelet. V. Carreau.

VERDIER, 5COTOie/--c/î/or/V. (Bloch.) Poisson du genre caranx de Lacépède, et que le docteur Bloch a appelé vcrdier, parce que les couleurs de ce poisson ressemblent à l'oiseau que l'on appelle verdier.

Ce poisson ( V. la PL 5,yig. 5 ) a le corps large ; la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure ; l'iris de l'œil blanc ; point d'ccaille sur la lèle ni sur les opercules; la langue lisse; l'anus rajiproché de la gorge; les nageoires pectorales longues , rougeâtres à la base, et violettes à l'extrémité, de même que la caudale; et la chair grasse, molle et agréable au goût. On le trouve sur les rivages de l'Afrique, auprès d'Acara.

VERDON (HAPPE LE). Terme dont se sert un batelier, qui, en arrivant dans une île, dit à son camarade : happe le verdon, pour dire : prendstoi ait bois.

VERDONE. On appelle ainsi, dans quelques endroits, le labre-lourd. V. Labre.

VERGADELLE. On donne ce nom , dans quelques ports de mer, aux jeunes spares-canthères , et dans d'autres au gade-merluche. V. Merluche.

VERGANDIER. On appelle ainsi, sur la côte de Normandie, un petit arbrisseau qu'on nomme ailleurs houx-jrélon , et en latin ruscus myrtifolius aculeatus.

VERGO. Poisson du genre scienne , qu'on appelle aussi corbeau. V. Scienne-Umbre.

VERGUES. Pièces de bois plus grosses au milieu que vers les extrémités , qu'on attache au mât par le milieu , et sur lesquelles sont tendues ou eneapelées les voiles.

VÉRON ou VAIRON, cyprimis-phoxinus (Lin .) ; pisciculus varius (Rond.). Poisson du genre cyprin, et dont le nom paraît dériver du mot latin varius , à raison de la diversité de ses couleurs.

Description. — Ce petit poisson {PI. Cf.ifjg. 9) , dont la longueur dépasse rarement 3 pouces, a 10 rayons qui soutiennent les nageoires dorsales, anale et ventrale ; le corps allongé , rond et couvert de petites écailles et d'une matière visqueuse très-abondante ; la queue marquée d'une tache brune ; la tête cunéiforme ; les deux mâchoires égales et bordées de rouge ; la ligne latérale droite. Ses couleurs sont diversifiées par raies ou par taclies. Sa tête est d'un vert foncé. Chez les uns, on voit un mélange de bleu, de jaune et de noir; chez d'autres , de rouge, de blanc et de bleu ; chez la plupart, on voit des raies bleues allant du dos à la ligne latérale. Les nageoires sont bleuâtres et tachetées de rouge.

Habitation. — Il se trouve dans les rivières et les ruisseaux de l'Europe, sur-tout dans les pays montagneux, et il est très-commun dans certains lieux du midi de la France. Il se plaît dans les fonds sablonneux et dans les eaux vives et courantes, et vient souvent à la surface et sur les bords de l'eau ;

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les eaux dormantes et marécageuses lui sont mortelles j il meurt aussitôt qu'on le sort de l'eau.

Nourriture. — Les végétaux qu'il trouve dans l'eau sont sa principale nourriture.

Propagation. — Il fraie dans le mois de juin , et dépose ses œufs sur les rivages des rivières et des ruisseaux. 11 multiplie beaucoup.

Ennemis. — Il a un grand nombre d'ennemis, sur-tout parmi les oiseaux d'eau , qui en font une destruction d'autant plus considérable, qu'il habite des eaux peu profondes et qu'il aime à se tenir à leur surface et sur les rivages.

Qualités. — La chair de ce poisson est blanche , tendre, fine et de très-bon goût. Elle ne se mange qu'en friture, comme le goujon; mais sa plus grande utilité est de servir de nourriture aux gros poissons.

Pêche. — On le pêche avec de petits filets , l'épervier, le carrelet et la truble.

La pêche du véron à la ligne est une des plus agréables pour les femmes , parce qu'elle n'exige que des vers pour amorce, et que le poisson niord très -promptement à l'hameçon. On se sert de la ligne à ablette.

VERQUEUX. Synonyme ou corruption de Verveux. V. ce mot.

VERRAT. Nom que l'on donne au maquereau sur quelques côtes de France.

VERROTIERS. On appelle ainsi les pêcheurs qui fouillent le sable avec des pioches, louchets , cous , râteaux ou herses, pour en tirer les vers. On les transporte en vie dans des sébiles pleines d'eau de mer. V. Pêche.

VERS DES PÊCHEURS. On donne principalement ce nom au lombric terrestre, à l'arénicole des pêcheurs , à la larve de la mouche des charognes 5 mais presque toutes les espèces de larves peuvent être employées à la pêche et prendre par conséquent cette dénomination. V. Achée et Appât.

VERT ( SARDINES EN ). On appelle ainsi celles qu'on couvre d'un peu de vel, comme les harengs brailles.

VERTAULET. Filet conique et à manche, qui sert, dans le comtat Venaissin, à prendre des truites.

VERTE ( MORUE ). On donne quelquefois le nom de morues vertes aux morues qui ont naturellement cette couleur j mais on entend communément par morue verte celle qui est salée et qu'on ne sèche pas.

VERVEUX ou VERVIER, du latin verrlculum. Les verveux cju'on nomme aussi renards, etc., sont des filets en forme de manche comme \es guideaux, mais moins longs. Il y a des verveux simples et doubles.

Le verveux le plus simple (P/. 36, N°. VI, fi^. 2) est un filet en forme de cloche et un peu conique, d'une ou de 2 brasses ( 2 à 4 mètres ) de longueur, dont l'entrée a a porte 3 ou 4 pieds. Le corps de ce filet va un peu en se rétrécissant depuis a jusqu'à y^ et [)rend une forme conique. A la pointe de ce cône, on fait un œillet, qui sert à fixer le verveux dans l'endroit où on le tend.

Le corps du filet a a e est soutenu par 4 5 5, 6 cerceaux menus et légers , qu'on met en dedans.

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Dans les environs de Nantes, où l'on fait usage du verveux qu'on nomme loup , pour joindre l'une à l'autre les gaulettes qui forment les cerceaux , on en passe l'^s bouts dans des tuyaux de sureau. Ailleurs on fait cet ajustement plus proprement avec des révolutions d'un fil retors.

Le cerceau de l'entrée a a est plus grand que tous les autres j dont les diamètres vont toujours en diminuant.

On ajoute presque toujours devant le principal cerceau a ce que l'on nomme la coiffe{S . V.xjig, 3, N^.IV, PL 26). Cette partie, cjui s'évase beaucoup, est soutenue par une portion de cercle dont les extrémités sont assujetties par une corde ou une barre de bois qui s'étend de l'une à l'autre. Au moyen de cette traverse, le côté de la coilfe qui est en bas, ayant une forme plate, s'applique plus exactement sur le terrain.

Le verveux, non compris la coiffe, est attaché à toute la circonférence du premier cerceau ; et comme le corps de ce filet est large, assez court, et soutenu en plusieurs endroits par des cerceaux , le poisson en sortirait aisément si l'on ne mettait pas en dedans un goulet , dans lequel on ajoute souvent un petit cerceau , pour que l'entrée en soit plus accessible au poisson.

C'est ce goulet qui caractérise le verveux, et qui établit sa différence d'avec le guideau. Si quelques pêcheurs mettent un petit goulet à l'embouchure des guideaux , comme nous l'avons dit, c'est une perfection qui est empruntée des verveux.

On conçoit que le poisson qui s'engage dans le goulet passe sans difficulté dans le corps du verveux par les fentes qui sont vers la pointe du goulet ; il en écarte les fils et les herbes qui se présentent à son passage. Une fois qu'il est dans le verveux, il se trouve à l'aise et nage de tous côtés sans jamais reprendre, jiour en sortir, la route qu'il a suivie en y entrant. On le trouve immanquablement entre le corps du verveux et le goulet 5 et comme il n'est pas gêné, on le retire sain et en vie, ce qui donne aux verveux un grand avantage sur les guideaux.

Des verveux à plusieurs entrées.

Comme les poissons nagent en tous sens dans les eaux dormantes pour chercher leur nourriture, et que rien ne les détermine à suivre plutôt une route qu'une autre , on fait des verveux qui ont plusieurs entrées, quelquefois jusqu'à quatre, pour que le poisson y entre plus facilement.

Nous nous contenterons d'en représenter un ^ PI. 26, ZV». VI, fig. 3, qui a deux entrées.

Ce verveux, qui est cylindrique, se nomme louve ou verveux à tambour. Le corps du filet, qui est d'une égale largeur dans toute son étendue, est monté sur trois ou un plus grand nombre de cerceaux A C, m , B d. Ces cerceaux sont fermement attachés aux quatre perches A B , S h , C d. Pi. chaque bout de ce tambour, il y a un goulet A K C, B h d ; ile sorte que les poissons ont une égale facilité à entrer dans les verveux par un bout ou par l'autre.

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On en fait de cubiciues qui ont cinij entrées , et qu'on nomme, pour cette raison, quinqinportcs.

Dans tous ces verveux, qui sont montes sur \in bâtis de bois, il faut ménager une poilo \io\n en retirer le poisson.

§ 2. — De la manière de tendre les ven'cua: cidessus décrits.

Dans les rivières et les étangs, on se sert ordinairement de verveux semblables à celui de la FI. 26, N°. VI, Jîg. 3, mais garnis de la coiffe. On clierclie à les placer auprès des crùnes ou dans des herbiers. Dans ce dernier cas , le pécheur coupe l'herbe dans l'endroit où il se propose de placer le verveux ; et comme les poissons qui se retirent dans les herbiers aiment à trouver une place nette d'herbes, il est avantageux d'y faire de petites routes qui aboutissent dans l'endroit oîi l'on place le verveux.

Les pécheurs ayant attaché une pierre au bout du verveux 5^;^. 3, i\^". IV, PL 26, et une à chaque extrémité du bâton de la coiffe, ils jettent le verveux à l'endroit qu'ils ont préparé ; ils l'arrangent avec une perche \ puis ils rassemblent pardessus les herbes qu'ils ont coupées, et qui alors flottent sur l'eau. Le poisson y étant à couvert , il nage volontiers dessous , parce qu'il se trouve en liberté. Les pêcheurs tendent ainsi une trentaine de verveux 5 et suivant différentes circonstances, ils vont les relever après les avoir laissés à l'eau plus ou moins de temps. Quand il fait frais ,. on peut les y laisser deux nuits sans les relever 5 mais s'il faisait chaud, il faudrait ne les y laisser qu'une nuit, sans quoi ils seraient bientôt pourris.

Lorsqu'on pêche dans une eau dormante , il est assez indifférent de quel côté on tourne la bouche du verveux ; et c'est le cas où il est avantageux de tendre des verveux à jilusieurs entrées. Mais on n'est point d'accord sur la question de savoir s'il est préférable d'opposer la bouche du lilet à un courant, ou la placer en sens contraire. Cette dernière situation semble être la meilleure quand le courant a peu de rapidité , parce que les poissons refoulent ordinairement le courant quand ils sont effrayés. Mais il n'en est pas de même lorsque le courant est rapide 5 car en ce cas il entraîne plusieurs espèces de poissons comme malgré eux.

Lorsqu'on tend des verveux au bord des rivières, l'usage le plus commuh est de les placer dans des endroits où il y a peu de courant ; et la plupart des pêcheurs opposent au courant le fond des verveux. Mais au bord de la mw, sur les grèves, on présente toujours la bouche du filet au courant. Quand on veut tendre ainsi les verveux (^Pl.2.6.)N'^.IV,Jig. 3), on attache une câblière à la pointe du filet , et on amarre au demi-cercle qui soutient la coiffe du filet une perche, qui est pointue par le bout; après avoir jeté la pierre à l'eau et avoir étendu le verveux sur le fond, on y fait entrer l'extrémité de la perche : le filet est alors tendu assez ferme pour résister au courant. Quelqi!es-uns cependant attachent , outre cela, une pierre à chaque bout de la traverse.

Quand on oppose le fond du filet, /f^. 2 , au courant de l'eau, on met une pierre à chaque bout du

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demi-cercle qui soutient la coiffe, et on passe la perche dans l'œillet qui est au bout du filet, pour enfoncer le bout pointu dans le fond , ainsi que le font les pêcheurs, yig. 1. Comme le verveux va toujours en s'évasant , le courant contribue à porter la bouche du filet vers le bas de la rivière, ce cjui aide à le tendre.

Manière de tendre les verveux doubles.

Pour tendre le verveux double et cylindrique ou en tambour, que quelques-uns nomment louve (PI. 26, N°. VI,Jrg. 3), on le porte ordinairement dans des herbiers, comme ceux cju'on voit représentés dans le N°. V- On y coupe les herbes avec un croissant, pour faire une route, une coulée ou une passée c d, précisément de la largeur du tambour; et cette passée sera d'autant meilleure qu'elle sera plus longue. Ensuite on attache des pierres le long d'un des bâtons du tambour, afin que le filet aille au fond de l'eau. On attache de plus une corde en e au milieu du bâton a b, opposé à celui c d , qui est chargé de pierres. Si l'on place le tambour auprès du bord de l'eau, la corde doit être assez longue pour qu'on puisse s'en servir à relever le filet. Mais quand on tend le tambour avec un bateau , il faut mettre au bout de la corde une flotte de liège, comme on le voit dans le bas de ^iijzg. 3 , N°. VI, ou un signal de roseaux secs , qui indique l'endroit où le tambour est calé.

Pour mettre le tambour à l'eau , on le prend avec les deux mains par les bouts, et on met sur sa tête le bâton A B , qui est opposé à celui C d, qu'on a chargé de pierres. Etant à portée de la passée qu'on a faite entre les herbes , on jette le tambour à l'eau, en retenant le bout de la corde ; puis , avec une perche fourchue , on place le tambour exactement au milieu de la passée , de façon que s'il y a du courant, l'eau traverse le tambour dans toute son étendue.

On peut tendre ce filet le jour et la nuit 5 mais si on l'a mis à l'eau 2lieures avant le soleil couché, on va le relever 2 heures après le soleil levé. Quand la passée est large , on ajoute au tambour des ailes ef, et des coiffes cd,jîg. i, iV". V.

§ 4» — Pfss petits verveux nommés bertoulens en Languedoc .

A Cette, en Languedoc, les pêcheurs font un grand usage de petits verveux qui n'ont guère que 28 ou 3o pouces de longueur, qu'ils nomment bertoulens ou berloulettes , probablement parce que c'est un diminutif de hertaule , nom qu'on donne aux verveux dans quelques provinces.

Ces pêcheurs forment de petites routes dans les herbes qui remplissent les étangs aux endroits où il y a peu d'eau , et ils placent un bertoulen à l'entrée de ces routes ou canaux. Les poissons trouvant un chemin libre dans ces canaux, ils le suivent et entrent dans le bertoulen. On lient le filet en état avec trois bouts de roseau, que l'on pique dans le fond , et dont un assujettit la pointe ; tandis que les deux autres maintiennent en état l'entrée du bertoulen. Un seul homme en tend 5o ou 60 en différens endroits, et il peut seul suffire à cette pêche,

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qu'on pratique toute Tannée , et à laquelle on prend des muges , des dorades , des anguilles , etc. Les mailles des bertoulens sont fort serrées.

§ 5. — Des verveux qu'on tend sur les grèves et entre les rochers.

Il y a deux façons d'arrêter les verveux au bord de la mer. Les uns sont retenus par des pierres , les autres par des piquets.

Pour pêcher avec le verveux au bord de la nier et entre les roches, où il reste de l'eau de basse mer, on fixe ces filets avec des pierres 5 et en consé([uence on les nomme ver\>eux pierres ( PL 26 , iV". IV, ftg' 4 ). Pour cela , on attache à la pointe du verveux une grosse pierre A ; on met à tous les cercles des ligues, auxquelles on attache des pierres b; on amarre au milieu du demi-cercle qui soutient la coiffe une corde e, à l'extrémité de laquelle est une grosse piètre d , qui tient cette corde tendue. Ces amarres suffisent pour assujettir les verveux contre les courans ; il n'y a que les ouragans , qui les emportent quelquefois et les jettent à la côte.

Sur certaines côtes, on les affermit encore mieux, au moyen de piquets qu'on enfonce dans le sable (y%- 4^ ^°- ^^)' ^" ^^ fourre un dans l'œillet qui est à la pointe du verveux , deux vis-à-vis de chaque cerceau, un à la droite, l'autre à la gauche , et un troisième à l'avant de la coiffe. On amarre avec une ligne chaque cerceau aux pieux qui sont auprès, et avec une ligne plus longue le haut du demi-cercle du goulet au piquet qui est à l'avant. De cette façon, il n'y a guère de tourmente qui puisse emporter les verveux.

On ajoute quelquefois des ailes aux guideaux et aux verveux.

§ 6. — Des appâts qu'on, met dans les verveux

simples.

Quoifju'on ait grande attention de placer les verveux dans des endroits que le poisson fréquente, auprès des herbiers et des sourives , aux lieux où il y a peu de courant, on choisit, quand il fait froid , ceux qui sont exposés au soleil , et dans les grandes chaleurs ceux où il y a de l'ombre. Malgré toutes ces attentions, il est toujours utile, pour engager les poissons à entrer dans le filet, d'y mettre entre le corps du verveux et le goulet quelques poissons vivans, sur-tout de la même espèce que ceux qu'on se propose de prendre, rien n'étant plus propre à engager les poissons à y entrer. On attache aussi aux cerceaux, dans l'intérieur du filet, quelques appâts , tels que des os de porc salé , du tourteau de chenevis ; et on estime que pour se procurer un excellent appât , il faut faire cuire à demi à la broche un lièvre qui commence cà se pâter , et l'arroser avec du miel; la chair de ce lièvre, ainsi que des rôties imbibées du jus qui on est tombé dans la lèchefrite , attire beaucoup les poissons.

Ces différens appâts conviennent à tous les filets dormans.

Quelques pêcheurs prétendent qu'il est encore bon de mettre dans le verveux des fleurs qui aient

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des couleurs vives. Mais ce que nous disons de ces appâts n'exclut point les vers de terre et les autres dont nous avons parlé en différentes occasions.

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