‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 299 sur 344 · VI V · texte numérisé non relu

VI V

et (|uaiid^il est jeune, araigne ou araignée-de-mer, arant'ole , saccreilte , bois de rean et bois de roc ^ en allemand, petermannchcn ; en hollandais, pieté nti an n } en anglais, ^\■€ever. Ce poisson était appelé dragori-dc- rue r dès le temps d'Aristote , et il a été, chez les Anciens, l'objet d'un grand nombre de tables, à cause de ses couleurs souvent brillantes, de la vivacité de ses mouvemens, et du danger des blesiures qu'il fait avec ses aiguillons.

Description. — La vivo ( PA 4? ,^fi- ^) ^•^'^ "'^ poisson qui parvient rarement ù plus d'un pied de long, et qui a la tète de moyenne grandeur, comprimée et garnie de 2)etites aspérités 5 la bouche large 5 les mâchoires garnies de dents pointues 5 la langue étroite ; les yeux vifs , peu éloignés du museau et du sommet de la tête 5 un enfoncement entre ces organes; un fort aiguillon à chacun des opercules ; le dos d'un jaune brun } le ventre blanc , et les côtés fasciés obliquement de lignes brunes et fréquemment dorées j deux nageoires dorsales, la première noire et formée par cinq' aiguillons trèsrobustes et très - pointus, la seconde très - longue; les nageoires ventrales petites; l'anale aussi longue que la seconde dorsale ; la caudale arrondie et tachetée de brun ; l'anus très-près de la tête.

Habitation. — La vive habite non - seulement dans la Méditerranée , mais encore dans l'Océan ; elle se tient presque toujours dans le sable , ne laissant paraître qu'une partie de sa tête. Lorsqu'elle est ainsi retirée, elle n'en conserve pas moins la faculté de frapper autour d'elle avec force et jiromptitude par le moyen de ses aiguillons : aussi doit-on se garder de marcher nu-pieds sur le sable ou le limon au-dessus duquel on peut supposer des vives. Leurs piquans font des blessures très-douloureuses.

Nourriture. —— Ce poisson se nourrit d'animaux à coquille, de mollusques ou de crabes, et de poissons , qu'il attaque avec agilité et frappe de ses aiguillons.

Propagation. — Pendant la fin du printemps et Le commencement de l'été, les vives s'approchent des rivages pour y frayer.

Qualités, — La chair de la vive est de très-bon goût, facile à digérer, et se conserve bien j et comme ce poisson a la vie très- dure, on peut le transporter à de grandes distances : on l'apprête dans les cuisines de plusieurs manières; mais la plus ordinaire est de le faire giiller sur des charbons ardens , après l'avoir écaillé, vidé, lavé et taillé transversalement. On l'arrose de beurre frais ou d'huile, pour l'empêcher de se trop dessécher, et on le sert avec une sauce blanche, une sauce piquante, ou telle autre que l'on préfère.

JDe la pêche des vives , et des blessures faites par ces poissons. — Vers les mois de juin et de juillet, époque où les vives s'approchent des rivages, on en trouve dans les manets qui ont été tendus pour la pêche des maquereaux. On emploie aussi pour les prendre, lorsque la nature des fonds le permet , des drèges ou espèces de filets qui reposent sur ces fonds et peuvent dériver avec la marée. Quand il fait chaud , ce poisson mord aux hameçons. Les pêcheurs de l'Archipel grec se servent ordinairement de ligues de soie qu'ils font des-

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cendre jusqu'au fond de l'eau. Dès qu'ils ont attrapé une vive, ils lui fracassent la tête, afin d'éviter les blessures de ses aiguillons. Ces blessures sont très- graves, et redoutées par les pêcheurs. Elles font lessentir de fortes douleurs, qui occasionnent quelquefois la lièvre. Les pêcheurs , pour les éviter, rompent ou ari-achent les aiguillons aux |ioissons qu'ils tirent de l'eau. On vante beaucoup de remèdes pour la guérison de ces blessures; mais, observe Duhamel , l'expédient qui parait le meilleur est de mettre sur la piqûre le foie nouvellement tiré de l'animal. Quelques pêcheurs, après avoir lavé la plaie, emploient une décoction de lentisque ou les feuilles mêmes de cette plante , ou des fèves de marais ; d'autres ont recours à l'urine chaude ; le plus souvent on y substitue du sable mouillé, dont on enveloppe la tumeur, en tachant d'empêcher tout contact de l'air. On avait pu croire que la vive lançait dans la plaie un poison actif ; mais Lacépède a reconnu qu'elle n'avait aucun instrument propre à déposer une humeur vénéneuse dans un corps étranger, aucun réservoir pour la contenir, aucun organe pour la filtrer.

Réglemens sur la pèche des vives.

L'ordonnance de 1681, livre V, titre II , art. 4, [)ortait : Permettons toutefois de faire la pêche des vives avec des mailles de i3 lignes en carré, depuis le ï5 février jusqu'au i5 avril.

Mais comme l'intention du roi n'avait été d'accorder cette pêche que pendant le carême , un arrêt du conseil, du 24 mars 1687, en interprétant l'ariicle dont il s'agit, a ordonné qu'à l'avenir cette pêche commencerait deux jours avant le carême , et durerait jusqu'à la veille de Pàque , et a fait défense à tout pêcheur de commencer cette pêche plus tôt et de la continuer plus tard , à peine de confiscation des bateaux , chaloupes et équipages , et de 100 livres d'amende.

VIVELLE. On donne ce nom à la scie dans quelques ports de mer. V. Scie.

VIVIER , du latin vivarium , qui provient du verbe vivere , vivre; c'est un parc, une enceinte, où l'on nourrit des poissons.

Anciennement le mot vivier signifiait indifféremment les lieux où toutes sortes d'animaux , tant terrestres qu'aquatiques, étaient réservés en vie; aujourd'hui ce mot est particulièrement employé pour exprimer un réservoir d'eau ou un trèspetit étang attenant à l'habitation , et dans lequel on conserve les poissons pris dans les rivières ou les étangs, afin de les trouver au besoin. On fait aussi des viviers sur le bord de la mer, pour la conservation des poissons d'eau salée.

Comme nous avons déjà parlé avec détail des viviers dans les articles consacrés aux Etangs et aux Réservoirs (voy. ces mots), nous aurons peu de chose à dire ici des viviers.

Les Romains avaient construit à grands frais des viviers d'eau douce et d'eau salée, où ils nourrissaient beaucoup de poissons pour en améliorer la chair et en avoir en tout temps.

Les viviers sont aujourd'hui beaucoup trop négligés, et il en résulte que lorsque la pêche est

abondante , le poisson se vend à vil prix, et qu'on en perd une grande quantité , tandis qu'aux époques où la pêche est moins fructueuse , il devient rare et se vend fort cher.

L'intérêt des propriétaires d'étangs , de tous les pêcheurs des grandes rivières et des pêcheurs à la mer, ainsi que l'intérêt général du commerce de poissons, exigent que l'on multiplie les viviers et que l'on apporte à ce genre d'industrie une attention toute particulière.

Ils étaient autrefois beaucoup plus communs qu'ils ne le sont aujourd'hui , pnrce qu'il existait un grand nombre de communautés religieuses à qui l'usage de la viande était interdit , et parce qu'on observait avec plus d'exactitude dans le public les jours d'abstinence. Mais le retour des pratiques religieuses donnera de plus en plus un nouvel accroissement au commerce du poisson , et rendra par conséquent une nouvelle importance aux viviers.

La dépense de ces établissemens est en général peu considérable, etilyaun grandnombre d'ei)droits qui y sont propres; une source, un ruisseau, un petit canal alimenté par une rivière , sont les premiers élémens d'un vivier. On doit éviter la stagnation des eaux 5 car si elles ne se renouvellent constamment, le poisson y perd de sa qualité. Il faut aussi éviter de placer un vivier sur un fond de terre de nature séléniteuse , et de l'alimenter par des eaux de même nature, circonstances qui pourraient faire mourir les poissons. Il faut encore qu'on puisse le vider facilement , soit pour le nettoyer tous les ans, soit pour en prendre le poisson.

Comme les viviers contiennent ordinairement plus de poissons que ne le comporte leur étendue , il est indispensable de pourvoir à leur nourriture, surtout au printemps et en été. On doit jeter dans les rivières où l'on conserve des carpes et autres poissons du genre cyprin , des anguilles, etc. , les restes de la table , de l'orge , des fèves , des pois bouillis , les fruits gâtés , etc. , etc. , et cela aussi fréquemment qu'on le pourra ; car plus les poissons auront une nourriture abondante, et plus ils grossiront et engraisseront. Dans ceux où l'on met des brochets, Aqs perches , des truites et autres espèces voraces , il faut jeter de petits poissons , des grenouilles, leurs têtards , des tripes de volailles , des morceaux de basse viande hachée menue. V. Etang.

Les viviers qu'on fait au bord de la mer sont ordinairement des mares que l'on creuse en terre ; l'eau y est stagnante, ou ne se renouvelle qu'aux grandes marées, ou par des conduits qui aboutissent à la mer.

On conserve encore le poisson d'eau salée dans des paniers qu'on dépose dans des endroits où il entre de l'eau de mer. V. Etang et Réservoir.

Réglemens.

Le vol de poissons dans un vivier n'est pas un simple délit, c'est un crime de la compétence des cours d'assises , et punissable de la peine de réclusion , aux termes de l'art. 588 du Code pénal.

VI VU' ARE. On appelle animaux vivipares ceux qui mettent bas des petits vivans, par opposition à

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