BOG
comme celui de la sardine; la bouche petite et gar^ nie de petites dents ; l'œil vif et plus grand , les écailles plus épaisses, le dessus du corps brun ; mais en le regardant de profil, on aperçoit des raies jaunes sur un fond vert clair. Quoiqu'il ait la tète un peu a[)latie , elle ne l'est cependant pas autant que celle de la sardine. La couleur de dessous le ventre est d'un blanc sale : il a une petite nageoire derrière chaque ouïe, deux sous le ventre ; un aileron sur le dos, garjii de 26 rayons , et en outre un petit aileron 50US le ventre, qui prend de l'anus jusqu'à la cjueue, à 12 lignes près 5 le corps est plus gros que celui d'une grosse sardine, principalement du côté de la tète.
Les poissons de cette espèce commencent à paraître vers le 2.5 juillet, et disparaissent à la fin de septembre. Ils entrent en rivière au commencement du montant de la marée , et retournent à la mer à la pleine mer; c'est à l'entrée de la rivière cju'ils se tiennent, où ils ne viennent cjue lorsque la mer est belle : alors les pêcheurs en prennent jusqu'à 2 quintaux d'un seul coup de seine , et qui sont toujours à-peu -près de la même grosseur. Les pêcheurs ont
observé qu'ils n'entrent point en rivière la nuit qu'ils en prennent très-peu, et qu'ils sont beaucoup ]ilus petits au rivage de la mer. Ils rapportent que ce poisson est tout de couleur d'or lorsqu'il sort de l'eau , et qu'il change de couleur en mourant. On n'en prend point du tout à l'hameçon ; ils ne viennent point sur l'eau , et lorsque l'eau est claire , on les aperçoit au fond , où ils se tiennent tous rassemblés. Les pêcheurs les vendent frais et à bon marché : ils disent que ce poisson est gras et se corrompt aisément ; ce qui fait qu'ils se contentent d'un coup de seine , pour peu qu'il soit considérable , et souvent ont-ils de la peine à se défaire de ce cjue leur produit ce coup de filet ; bien des personnes en sont dégoûtées, à raison du ver qu'ils disent qu'il a dans sa bouche. On prend aussi beaucoup de ce poisson en Provence.
BOGUE, sparus boops. (Lin.) Poisson du genre des spares , qui se trouve dans la Méditerranée et dans l'Océan , et qui est remarquable par la grandeur de ses yeux. Ce poisson est long et cylindrique ; il a le dos olivâtre et le ventre argenté , un grand nombre de raies longitudinales et les quatre raies inférieures dorées ou argentées , 3o rayons à la nageoire du dos , et 16 à celle de l'anus.
On appelle aussi bogue , ou ravelle , ou rav aille , de petits poissons qu'on vend en Languedoc comme menuise, qu'on mange en friture et qui paraissent appartenir à différens genres. Ces poissons, proportionnellement à leur longueur , paraissent un peu plus larges et plus courts que le vrai bogue; leur dos est bleu changeant, mêlé de rouge; l'aileron de la queue tire sur le rouge. Rondelet parle d'un autre bogue, qu'il dit être fort rare; il a 19 pouces de longueur; il ressemble entièrement, pour la forme du corps , la grandeur des yeux , le nombre et la position des ailerons , ainsi que des nageoires, et même pour le goût, au bogue; mais il n'a point d'écaillés.
Le bogue était connu des anciens; on sait que les Grecs révéraient Mercure marin sous le nom de