‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 39 sur 344 · BOR · texte numérisé non relu

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des filets et la ligne : on va les chercher à 3o lieues des côtes.

EONITERAS. Les Espagnols , sur la côte d'Afrique , nomment boniteras une pêche qu'on fait avec des tramaux pour prendre des bonites.

BONNETTE DE BANC. Les Granvillois qui font la pêche de la morue nomment ainsi une bande de toile qu'ils tendent devant eux pour se garantir du vent, au lieu des theux dont se servent les Normands. V. Morue.

BONS-BOUSSEAUX. Ancien instrument de pêche fait d'osier que l'on ne connaît plus, et dont l'usage était défendu par les ordonnances citées dans Saint-Yon y page 226, lorsqu'il était tellement serré qu'on ne pouvait y passer le petit doigt.

BOÔT. Bateau-pêcheur dont les Anglais se servent principalement à la pêche du hareng à Yarmouth.

BORDAGE. On nomme ainsi les planches qui couvrent l'extérieur du navire , depuis la quille jusqu'au plat-bord; celui qu'on place tout près de la quille s'appelle gabord ; celui qui couvre l'œuvre vive ou la partie qui est dans l'eau s'appelle bordage de fond.

BORDE. L'un des noms de Vable.

BORDELIERE , cyprinus blicca (Bloch) , ou cyprinus latus (Gmelin). Ce poifison se trouve dans les lacs et les rivières à cours lent de l'Europe. 11 a 25 rayons à la nageoire , le corps large et mince , la tête petite et en cône, la mâchoire supérieure avançant sur l'inférieure , la ligne latérale courbe et pointillée de jaune , le dos arqué et bleuâtre , le ventre blanc et les écailles minces et de médiocre grandeur. 11 parvient rarement à plus d'un demipied de longueur.

On prétend que le nom de bordelière lui vient de ce qu'il se tient au bord des eaux. On le trouve dans les lacs de Savoie, dans les étangs de la Bresse^ dans le Rhône et la Saône.

Ce poisson porte une grande quantité d'œufs , qu'il dépose sur les herbes des rivages. Le frai a lieu à trois reprises différentes. Les poissons les plus vieux de cette espèce commencent à frayer; viennent ensuite ceux d'un âge moins avancé, et ensuite les plus jeunes, en mettant, disent les pêcheurs , un intervalle de 9 jours entre chaque ponte.

La chair de la bordelière est blanche , mollasse et pleine d'arêtes, et par conséquent peu estimée; cependant elle est saine et a du goût. On se sert des petits individus pour la pêche à la ligne des poissons voraces. Il est très-avantageux de l'introduire dans les étangs où l'on élève de ces derniers poissons , à raison de sa grande multiplication et du peu de nourriture qu'il lui faut.

On pêche la bordelière toute l'année au filet, à la nasse et â la ligne.

BORDER UN FILET. C'est passer tout autour , avec du fil retors, dans les mailles et sur les bords une corde ou ralingue qui le fortifie. V. Filet.

BORDIGUE. V. Bourdigue et Madrague.

BORGUE. C'est une espèce de panier dont les pêcheurs se servent pour boucher l'ouverture qui est au fond (l'un bouchot, du côté de la mer.

BORIGLIE. On nomme ainsi sur la Dordogne ce qu'ailleurs ou nomme des nasses.

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BOUCAUT. Nom que l'on donne à l'embouchure de la rivière des Basques et à quelques autres.

BOUCEL A EPEÊ. Ancien instrument de pèche, que l'on ne connaît plus , et qui était défendu par les ordonnances de i388, i4o2 et i5i5 , citées dans Saint-Yon , page ii5 , et auxquelles se réfère l'ordonnance de 1669, lit. XXXI, art. 10.

BOUCHELLE. Entrée de la tour du dehors de la Bourdiguc. \ . ce mot.

BOUCHERELS A BRAS. Ancien instrument de pêche dont l'usage était permis par les ordonnances^ et que l'on ne connaît plus.

BOUCHON. V. Ligne.

BOUCHOTS. Ce sont des parcs ouverts du côté de la côte , qui sont formés de deux grandes ailes de pierre, de pieux ou de clajonnages disposés en triangles , qui se réunissent en pointe, et sont terminés par une nasse ou filet en manche, qu'on nomme bourgin.lh ressemblent beaucoup auxgords des rivières. Dans le Poitou, on en met quelquefois trois au-dessus les uns des autres 5 celui qui est plus près de la côte se nomme bouchot de la cote ou de terre; celui qui est plus bas, bouchot de parmi , et le plus bas, bouchot de mer. V. Parc, et pour les réglemens , l'article Pèche maritime , § 5 , et le Recueil à. la fin de ce Dictionnaire.

BOUCLETTES. Anneaux de métal dont on borde un filet. V. Filet.

BOUCLIER. L'un des noms du Cycloptère-Lompe. V. ces mots.

BOUEE. De l'espagnol boya , dont les Anglais ont fait buoy. C'est en général un corps léger qui sert à indiquer l'endroit où l'ancre est mouillée, de même que les pieux, les débris de vaisseaux, les écueils et les passages dangereux que la mer couvre. Dans le premier cas , la bouée est amarrée à un cordage qu'on nomme orin ou drame, qui tient à la tête de l'ancre. 11 y a des bouées qui sont faites comme des barils vides , d'autres sont formées par des morceaux de liège liés les uns aux autres. La PI. 14 ) fig' 27, représente ces deux sortes de bouées.

Suivant l'art. 5 du tit. I du liv. IV de l'ordonnance de la marine de 1681 , les maîtres et patrons de navire qui veulent se tenir sur leurs ancres dans les ports doivent y attacher une bouée ou graviteau pour les marquer, à peine de 5o livres d'amende , et de réparer le dommage que le défaut de bouée aura pu occasionner.

L'art. 2 du tit. VIII du même livre enjoint aussi aux maîtres ou capitaines de navire que la tempête a forcés de couper leurs câbles et de laisser quelques ancres dans les rades, d'y mettre des hoirinSf bouées ou graviteaux , à peine d'amende arbitraire, et de perdre leurs ancres , qui doivent appartenir à ceux qui les pèchent.

Valin observe judicieusement sur cet article ([u'on ne doit en appliquer la rigueur qu'au cas où il serait prouvé que le capitaine , étant obligé de couper ses câbles , a néanmoins eu le temps et la facilité de mettre sur ses ancres des hoirins , bouées ou graviteaux.

Cette opinion se trouve d'ailleurs fortifiée par l'art. 28 du tit. IX , suivant lequel les ancres tirées

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du fond de la mer, et qu'on n'a point encore réclamées deux mois après la déclaration qu'on en a faite, appartiennent cntièrementàceux qui les ontpêcliées. Il est clair qu'il ne doit être question dans cet article que des ancres laissées sans bouées, attendu qu'il est défendu à tout autre qu'au propriétaire de lever celles auxquelles on a attaché des bouées. Ainsi , puisqu'il est permis de réclamer ses ancres , on doit conclure que l'iirt. 2 du tit. VIII n'a prétendu en priver que les capitaines qui, ayant pu y mettre des bouées, ne l'ont pas fait. En effet, il ne serait pas juste de punir un capitaine de navire pour n'avoir pas fait ce qu'il lui 'aurait été impossible de faire ; et comme on doit présumer que le même danger qui l'a forcé d'abandonner ses ancres ne lui a pas permis d'y mettre des bouées, il faut, pour l'exclure du droit de réclamer ses ancres , justifier qu'il a pu satisfaire aux dispositions de la loi , et qu'il ne l'a pas fait.

On objectera peut-être que l'inconvénient dont il s'agit n'aurait pas lieu si, aussitôt après avoir jeté l'ancre dans une rade, les capitaines ou maîtres y mettaient une bouée : la réponse est que cela n'est pas d'usage , et cju'aucune loi ne les y oblige.

L'art. 5 du tit. IV du liv. V enjoint pareillement aux propriétaires des madragues de mettre sur les extrémités les plus avancées en mer des bouées ou graviteaux, sous peine des dommages et intérêts, qui pourront avoir lieu faute de l'avoir fait , et de privation de Leurs droits. V. Bourdigue et Madrague.

BOUFFI. On appelle hareng ^ouj^ une espèce de hareng saur.

BOUGUIÈRE ou BUGUIERE. Filet très-délié de l'espèce des manets, qui, en Provence , sert à prendre des bogues, des oblades, etc. Il diffère peu de la battude : c'est une simple natte à petites mailles. On s'en sert à Marseille, à la Ciotat , Cassis , aux Antibes et dans d'autres ports. 11 a assez communément 80 brasses à Marseille, et trois ou six chutes; mais la maille est tantôt de 12 oudres et demi au pan , ce c|ui revient à environ 8 lignes en carré ; d'autres fois i5 oudres au pan, ce qui fait à-peu-près 7 lignes. On cale ces filets aux mêmes endroits et de la même manière que les battudes.

A Saint-Tropez, la pêche des bouguières commence en février , et finit au plus tôt en avril. A Cassis, elle commence en décembre, et finit en janvier : elle se fait la nuit.

A la Ciotat, la buguière a 10 brasses de chute, et ses mailles ont un pouce et demi d'ouverture.

A Antibes, le filet c|ui porte le même nom a i6c brasses de longueur sur 4 à 5 de chute, et ses mailles ont un peu moins d'un pouce d'ouverture.

On voit que ces filets , qui portent d'autres noms que celui des battudes , n'en diffèrent pas essentiellement. V. Battude.

BOUGONS ( HARENGS ) . Ce sont ceux qui ont perdu la tête ou la queue.

BOUILLE. Les bouilles sont de longues perches, larges par le bout, en forme de rabot, avec lesquelles on remue la vase pour en faire sortir le poisson. V. Bouiller.

BOUILLER. C'est battre l'eau sous les chevrins ou chantiers pour en faire sortir le poisson et le faire donner dans les filets. Cela est défendu à toutee

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personnes, en quelque temps que ce soit, sous peine de 5ofr. d'amende, etc. {Ord. de 1669, tit. XXXI, art. II.)

BOUILLEURS ou BOULEURS. Ce sont des hommes armés d'une perclie, qui battent l'eau et fourgonnent dans les herbiers, les crônes ou les sourives, pour engager le poisson à donner dans les filets; ce qui est défendu par l'ordonnance de 1669, tit. XXXI, art. 1 1.

BOULERO T ou BOULEREAU , gobius niger.

(Lin.) Poisson du genre ^oZ>/e , que l'on nomme aussi soujon noir^ ou gobi'e noire , ou boulerot noir^ parce que sur son dos, de couleur cendrée ou blanchâtre, s'étendent des bandes transversales très-brunes , et que d'ailleurs il est parsemé de taches, dont quelques-unes sont blanches ou jaunes , mais dont le plus grand nombre est ordinairement d'un noir plus ou moins foncé. La longueur de ce poisson est d'environ y pouces ; il a 14 rayons à la seconde nageoire dorsale , 10 à chacune des thoracinesj la nageoire caudale arrondie et quelquefois de couleur bleue , ainsi que les autres nageoires. Aristote et quelques autres anciens natiiralistes l'ont appelé houe , à cause de ses nageoires thoracines , qui ressemblent à une barbe. Il habite les mers de l'Europe , se nourrit de petits poissons et de vers marins , vient frayer au printemps sur les côtes et à l'embouchure des fleuves : c'est à cette époque qu'on en prend une grande quantité. Il vît aussi dans les étangs vaseux qui reçoivent les eaux salées de la mer , et lorsqu'on l'y pêche , il n'est pas rare de le trouver dans le filet couvert d'une boue noire, qui n'a pas peu contribué à lui faire appliquer le nom de goujon noir. Sa chair n'est point désagréable au goiit , on la compare à celle de la perche.

BOULEROT BLANC. L'un des noms du gobiegozo. V. Gobie.

BOULETS. On appelle ainsi à Estrehan les petits bouteux. V. Bouteux.

BOULEURS. V. Bouilleurs.

BOULIC DE PLAGE. Les Espagnols nomment ainsi une très-grande pêche qu'ils font au boulier. Ils y emploient jusqu'à quatre-vingts hommes. V. Boulier.

BOULIECHE ou TRAHINES. On nomme aînsl dans la Méditerranée de très-grandes seines, qu'il ne faut pas confondre avec les bouliers : on les nomme ailleurs bouyers. Comme il n'y a point de marée dans la Méditerranée, et que la mer y est rarement aussi agitée que dans l'Océan , on y fait les filets beaucoup plus grands , et tels sont ceux dont nous parlons. Il y a de ces filets qui ont jusqu'à 195 brasses de longueur sur 9 brasses de chute , et qui sont chargés de \\o livres de plomb. Ils ont des mailles de différentes grandeurs : les pluslarges ont 4 pouces d'ouverture en carré , et les plus petites 2 pouces.

BOULIER, BOULLIERE, DOUILLETTE, BOU- LICIIE, BOULECIIE, BOULIECH. Ce sont les différons noms que l'on donne à des filets dont les mailles sont plus ou moins larges.

Celui qu'on nomme grand boulier, à la côte de Narbonne, est, comme l'aissaugue, formé de deux bras qui aboutissent à une manche. Le tout est coin-

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posé de plusieurs pièces de filets, qui ont leurs mailles de différentes grandeurs. Les bras sont formés, 1°. de 12 pièces dites alas , dont les mailles sont de 2 pouces d'ouverture en carré ; 2°. de 14 pièces dites de deux doigts, dont les mailles ont un pouce et demi en carré; 3°. de 10 pièces Aq pousal, pousaux , pouceaux , om pousaoul , dont les mailles ont 9 lignes d'ouverture ; le tout forme depuis 120 jusqu'à 180 brasses de longueur. Le corps de la manche ou bourse, qu'on nomme aussi le coup, est composé , i". de 6 pièces dites de quinze-vingts , dont les mailles ont 6 lignes d'ouverture ; 2°. de 8 pièces de brossade, dont les mailles sont d'environ 4 lignes.

Suivant l'ordonnance de ^yzS, les plus petites mailles de ce filet devraient avoir au moins 9 lignes ; mais depuis rySS on a toléré celles de 6 lignes, à compter du 1er. niai jusqu'à la fin de septembre, pour que les pécheurs puissent profiter du passage des sardines.

La totalité de cette tessure forme, en mer, une étendue, tantôt de 120, de 23o brasses, tantôt aussi de 36o; car les bouliers ne sont pas tous de la même grandeur. Les bras ou ailes ont communément 7 brasses et demie ou 8 brasses de chute; cependant on la proportionne à la profondeur de l'eau : ainsi on la diminue pour pêcher dans les étangs. Les bagues de plomb pèsent chacune une demi- livre , et elles sont à 18 pouces les unes des autres; ce qui fait 2 livres par toise , excepté à l'ouverture de la manche, où on les met de 4 ^n 4 pouces. Ce filet est donc beaucoup plus chargé de plomb que l'aissaugue. La longueur de la bourse ou sac n'est pas aisée à mesurer, à cause de l'allongement des mailles, comme nous l'avons aussi remarqué en parlant de l'aissaugue , avec l'étendue de laquelle elle a beaucoup de rapport. Il y a des pêcheurs qui mettent à l'avant de la bourse quatre plombs attachés tout près les uns des autres, et qui pèsent tous ensemble 3 livres. Ils mettent encore à une petite distance, sur les ailes , quatre plombs, qui sont à 4 pouces et demi les uns des autres, et qui pèsent tous ensemble 2 livres et demie.

Sur la ralingue d'en haut, vis-à-vis de chaque plomb, est une flotte de liège à-peu-près de même grandeur que celles de l'aissaugue, c'est-à-dire environ de 9 pouces de largeur.

La pêche du grand boulier se fait à la mer et dans les étangs, depuis Pâque jusqu'à la fin d'octobre.

Les bateaux pour cette pêche à la mer sont ordinairement de petites tartanes, qui vont à la voile , et à la rame lorsqu'on est pris de calme. Dans ces étangs, on emploie de plus petits bateaux, PI. Sy, iV'^. VI, f g. F K, souvent de ceux qu'on nomme bettes^ et quand on s'éloigne peu de la côte, on se sert, à la mer, de barques plates. En un mot, chacun fait usage des bateaux qu'il a à sa disposition , pourvu qu'ils soient proportionnés à la grandeur du filet.

Pour faire la pêche, on embarque avec le filet 3,000 brasses de corde, plus ou moins, suivant qu'on s'écarte de la côte. Chaque pièce de corde est longue de 4o à 60 brasses.

Une partie de l'équipage tient à terre le bout d'uw deshalins, pendant que ceux qui Sont dans le ba-

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leau s^éloignent du rivage pour aller chercher 6 ù 8 brasses d'eau ; et chemin faisant, ils jettent à la mer la portion du halin qu'ils ont prise dans leur bateau, puis le filet, et ensuite le second halin, formant une enceinte d'environ 1,000 toises, pour revenir gagner la c^^te, où se trouve une partie de l'éijuipaf;e. Les deux bandes de pêcheurs, tirant chacune leur lialin uniformément, se rapprochent l'une de l'autre et amènent le filet à terre. (V. la PL 37 , i\'^. ///. ) Il faut douze, quatorze, vingt et jusqu'à trente ou trente cinq personnes pour tirer le lllet à terre. Mais on se sert indistinctement d'hommes, de femmes et de vieillards.

Sur la côted'Aigues-Mortes, la bourse ou le coup est formé de mailles plus serrées que celles qu'on emploie à JNarbonne. Ox\.\ ixomxviQ jambes ou traits ce que d'autres appellent bras. Les halins y sont nommés mailles y de même qu'en quelcjues autres endroits.

Aux environs de Cette, on pèche depuis le mois d'avril jusqu'en novembre , avec un filet nommé boulier om bouliclie, qui ressemble beaucoup àl'aissaugue de Marseille. Chaque aile a i25 brasses et plus de longueur sur 7 à 8 de chute. La tête du filet est garnie de flottes, et le pied l'est de plombs. A l'extrémité des ailes, sont des halins, faits de cordes menues, oïdinairement de chanvre, qui ont jusqu'à i5oo brasses de longueur. Pour faire la pêche, on laisse, comme à Narbonne, le bout d'un halin à ttrre entre les mains de quelcjues hommes, et le patron s'embarcjue avec des matelots dans un bateau: ils se portent au large en lâchant toujours du halin. Lorsqu'ils sont au bout, ils jettent le filet à la mer par le travers de la côte. Ensuite ils ramènent à terre l'autre halin, et se partagent sur les deux cordages pour tirer le filet à terre et prendre le poisson.

Comme la pèche dont il s'agit se fait la nuit, on allume des feux sur le rivage pour guider ceux qui sont dans la bette, quoicju'il soit dangereux, à cause de la navigation, de faire du feu à la côte. Ils mettent deux fois le filet à la mer dans une nuit, et font en sorte que le second trait finisse au point du jour, pour profiler des chasse-marées , qui se trouvent à cette heure au bord de la mer. Ce que nous venons de dire est pour faire apercevoir que la bouliche de Cette ressemble beaucoup au boulier de plusieurs côtes et à l'aissaugue de JNIarseille ; ce cjui nous dispense d'entrer dans de plus longs détails.

On défend de faire usage de toutes les espèces d'aissaugue et de boulier à l'entrée des rivières , des étangs et des anses, pendant les mois de mars, avril et mai, pour laisser aux poissons la liberté d'y aller déposer leur frai. 11 suivrait de ces vues, qui sont bien raisonnables, qu'on devrait interdire l'usage de ces filets dans les étangs, au moins depuis le mois de mars jusqu'à celui de juillet; et assurément si l'interdiction était pour toute l'année, les étangs salés seraient des pépinières de poissons qui se répandraient dans tout Ic^voisinage. C'est à quoi on n'a pas fait assez d'attention , puiscju'on tolère dans les étangs des pêches qu'on défend à la mer, comme si ces étangs étaient un trop petit objet pour mériter l'attention du législateur.

Les Espagnols font une très-grande pêche , qu'ils

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nomment arte real de peschera, ou Cjuelquefois boulic de plage , pour laquelle ils emploient jusqu'à quatre - vingts hommes. Elle peut être regardée * comme un très-grand boulier.

Sur les côtes de Roussillon et en Catalogne, la pêche du grand boulier (qu'on y nomme art ou œuvre) est la même que celle de Narbonne ciuant au filet et à la manœuvre. Seulement l'équipage de chaque bateau n'est que de quatre hommes, parce que les gens des lieux voisins leur aident à tirer le filet à terre : hommes, femmes, filles et garçons, tous sont admis à faire ce travail, et ont quelcjues poisson^; pour récompense. A l'égard de l'équipage, il est à la part.

A Gibraltar, on pêche les sardines avec un filet de même genre, qui a deux bras de i3o brasses chacun, lesquels aboutissent à une manche d'environ 10 brasses de long, que les Espagnols nomment couvo , et tout le filet havega ou reddes-reales. Les mailles de cetle manche sont très-serrées , et celles des ailes auprès de la manche jusqu'à la moitié de sa longueur ont environ un pouce d'ouverture en carré ; elles vont en augmentant toujours d'ouverture jusqu'à l'extrémité des filets, qui forment les ailes.

Au lieu de plomb , la ralingue du pied du filet est garnie de boules de terre cuite, grosses comme des œufs de dinde et enfilées comme des grains de chapelet. La tête du filet est garnie de flottes de liège

On se sert ordinairement, sur les plages sablonneuses de toutes les côtes du royaume de INaples , de filets longs de 100 pas ou environ, suivant la situation des endroits où on les tend. Ils sont faits de fil de chanvre, et leurs mailles sont d'une médiocre "randeur. Aux deux extrémités sont attachées de longues cordes, grosses comme le doigt. On tend le filet à deux ou trois mailles au large. De distance en distance, sont attachés à la tête du filet des morceaux de liège, qui indiquent l'endroit où le filet est établi, et le pied du filet est lesté de plomb. Ces filets se tendent en demi-cercle , les deux bouts vers la terre. Au milieu est un grand sac de 8 à 10 pieds de profondeur. Deux barquettes, armées chacune de cinq à six hommes, halent le filet vers le rivage, où elles se rapprochent l'une de l'autre à une distance de 3o ou 4o pas. Les hommes descendent à terre pour y tirer le filet et ensuite le sac , où presque tout le poisson se trouve rassemblé. Le poisson se partage entre l'équipage. Le propriétaire des barquettes , ainsi que celui du filet, ont une part beaucoup plus forte que les autres.

Après avoir parlé de quelques pêches étrangères qxii ont rapport au boulier , nous revenons à celles du royaume.

Le filet qu'on nomme à Narbonne petit boulier est , à la grandeur près , tout comme le grand boulier, et la manœuvre de sa pêche est la même. Quand on se sert de bateaux, ils sont plats et se nomment bettes: alors il y a huit hommes d'équipage, tous à la part, fournissant une égale portion de filet, et il n'y a que le garçon de bord qui , n'ayant point de filet , a moins de profit.

On distingue cependant trois sortes de ces filets, dont on fait usage dans des temps et des lieux diffé-

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rens. Le plus grand, dont on se sert en mer près des côtes , depuis le mois de mars jusqu'à la mi-août, a ses ailes composées de 20 pièces de deuj: doigts , de 6 àe pousal, et de 2 de quinze-vingts , ayant en tout 80 brasses de longueur et 5 de chute. La manche est fliite de 2 pièces de quinze - vingts et de 2 pièces de hrassade. Elle se termine en pointe^ on la lie par le bout avec Vl\.q petite ligne, qu'on dénoue quand on veut retirer le poisson. On emploie, pour lester ce filet, 80 livres de plomb, et on met 5o livres de liège sur la ralingue d'en haut. Les halins sont beaucoup moins longs que ceux des grands bouliers.

Depuis la mi-aoïit jusqu'au commencement de novembre, on pêche dans les étangs avec de petits bateaux : alors les ailes du filet sont formées de 20 pièces de /70«5a/ faisant 4o brasses de longueur sur 4 de hauteur. La manche est pareille à celle qui sert au bord de la mer. 11 ne faut, pour la garnir de lest et de flottes, que i\o livres de plomb et 20 livres de llége. Les halins n'ont que 26 à 3o brasses

de longueur

Au commencement de novembre, on va pêcher en mer à l'ouverture des étangs, avec un filet dont les bras sont formés de 14 pièces de deux doigts et 6 de pansai, et ont ainsi 60 brasses de longueur sur 6 de chute. La manche est semblable aux précédentes ; il faut en tout, pour le lester et le flotter, 60 livres de plomb et iS livres de liège. Les halins sont formés d'une, de 2 ou 3 mailles ou pièces de cordages pour tirer le filet à terre.

\-.Qs pécheurs se servent encore, dans les étangs, de plus petits filets, qui n'ont pour halins sur chaque bras qu'une demi-pièce de cordage. Ils les traînent à pied , et pour cela ils mettent des bottes, et entrent de p^us de 2 pieds dans l'eau,

A la côte d'Aignes-Mortes, en Languedoc, on pêche au boulier depuis le mois d'avril jusqu'à celui d'août, pour prendre des maquereaux.

A Cassis, en Provence, on distingue le boulier de l'aissaugue, et on se sert de l'un et de l'autre. Cependant ce sont mêmes bateaux, même équipage, même manœuvre. 11 y a seulement une petite différence dans la grandeur des mailles , et ils pèchent des sardines avec leur boulier , depuis le mois de juin jusqu'en septembre 5 au lieu que ce qu'ils nomment l'aissaugue ne leur sert à en pêcher que depuis le mois d'aoïit jusqu'en décembre, les sardines étant plus menues à leur arrivée qu'à la fin de la saison.

On donne quelquefois le nom de traînes à ces différons filets ; mais cotnme il convient à quantité d'autres, nous avons évité de nous en servir ici.

Il y a des côtes du Languedoc où on appelle ^o/g'e* les ailes du boulier.

( V., pour les réglemens sur la pêche avec le boulier, l'article Pdc/ie maritime, § 4 > et le Recueil, à la fin de ce Dictionnaire.

BOULIGON. C'est le nom qu'on donne, à Cette, à une espèce de bregin.

BOTJLOISISOIS. V., pour les réglemens concernant la pêche sur les ciUes du Boulonnnis, l'article Poche maritime ,^ 3 , et \e Recueil ^ à la fin de ce Dictionnaire.

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BOUQUE ou CONTRE-BOUQUE. Goulets qui séparent les Bourdigues. V. ce mot.

BOUQUETON, BOUQUETORT. Petit bouteux dans les environs de Coutances.

BOUKAQUE , bourac/ie, bourague, panier, cage, claie , casier, etc. Tous noms synonymes qui signilient une sorte de nasse qui ne diffère de la Caudrettt ( V. ce mot) qu'en ce que la bouraque est faite avec de l'osier 5 elle a la forme de ces paniers de bassecour qu'on appelle mues , et sous lesquels on élève la jeune volaille , avec cette différence que la bouraque a un fond de claie que n'ont point les mues , et au-dessus une entrée en goulet formée par des osiers, qui font un entonnoir dont la pointe est en dedans de la bouraque ( A , PL 24 , Jig- 2 )• Les osiers qui forment ce goulet se terminent en pointe. Ainsi, on peut comparer les bouraques à certaines souricières de fil de fer , et on voit que le goulet permet aux poissons d'entrer facilement, mais qu'il s'oppose à ce qii'ils en sortent.

Il y a des bouraques de différentes grandeurs. Les grandes ont un pied et demi de hauteur sur 4 de diamètre j elles ont 2 et souvent 3 anses d'osier 6, où l'on attache des cordes ce , qui se réunissent à une corde d, laquelle est plus ou moins longue, suivant la profondeur de l'eau où l'on pêche. Cette corde est terminée par ime flotte e , qui indique où est calée la bouraque lorsqu'on veut la tirer de l'eau , et on amène la corde à bord comme on fait les caudrettes^ avec une fourche qu'on passe sous la flotte de liège.

On attache au fond ou aux côtés des bouraques quelques cailloux h , fig. 4, pour les faire aller au fond de l'eau , et dans l'intérieur quelques appâts, tels que de petits crabes ou des morceaux de viande et de poisson , ou même une pierre blanche qui ait une forme un peu allongée, telle que gijig- 2.

Les grandes bouraques ont chacune leur ligne d et on les cale une à une. Quand on se sert des petites, on en attache plusieurs le long d'une corde, qu'on tend en long, comme nous l'expliquerons à l'article Nasses.

Cette pêche se fait tantôt à pied, tantôt avec de petits bateaux, tels que ceux qu'on appelle p/coteux , sur la côte de Normandie, entre les rochers, depuis Bayeux jusque par le travers de la Hogue.

Pour pêcher à pied, on va de basse- mer entre les rochers, dans les endroits cù il reste peu ou point d'eau, placer les bouraques, comme on le voit en /J, PL 24, JSf°. V1 1 et on va les relever à la marée suivante.

Si on place des bouraques sur des rochers couverts, à basse-mer, de 6, 8 et jo brasses d'eau, deux ou trois hommes se mettent dans un petit bateau ( même No. ) avec un nombre de bouraques., qu'ils calent jusque sur le fond j chaque bande dtpêcheurs a soin de marquer les bouraques qui lui appartiennent, pour ne s'approprier que le poisson qui s'est pris dans ces bouraques.

Quand les bouraques sr^it placées, les pêcheurs vont à terre; mais ils reviennent les visiter à toutes les marées, pour en retirer le poisson pris : c'est ce que l'on fait au moyen d'une porte c|u'on a ménagée sur les côtés.

Cette pêche est plus avantageuse après les motu-

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