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res et lorsque l'air est chaud , que quand il est frais et le ciel sereiu. Communément on ne trouve dans les bou raques que des crustacés, tels que des liomars, des crabes, quelquefois aussi des congres et des anguilles.
Au retour de la pêche , on met les crustacés dans des réservoirs formés de claies, où on les conserve en vie dans de l'eau de mer, jusqu'à ce que les pécheurs trouvent à les vendre.
La bourache est un des engins dont l'emploi dans les rivières est défendu par les anciennes ordonnances de i326, i388, 1402, i5j5et i55o, dont les dispositions, en ce qui concerne les instrumens prohibés, sont maintenues par l'ordonnance de 1669, rit. XXXI, art. 10.
BOURDIGLE ou BORDIGUE. C'est un espace retranché avec des claies sur le bord de la mer pour prendre du poisson, ou de grands gords qu'on fait dans les canaux qui communiquent des étangs à la mer. Il y en a qui ont jusqu'à 5o et 60 toises de longueur sur 2.5 à 3o de largeur.
A l'époque du frai, le poisson passe de la mer dans les étangs ; et quand cette époque est passée et que les fraîcheurs commencent à se faire sentir, le poisson sort des étangs pour gagner la mer et la grande eau. A cette époque , on fait avec des cannes des nasses qui occupent toute la largeur du canal , dans lequel on forme encore , avec des cannes , de grands goulets, qui arrêtent le poisson à son retour à la mer. Telle est l'idée générale que l'on doit se fiîire des bourdigues.
Duhamel, dans son Traité des Pêches, donne les détails suivans sur ces pêcheries.
§ I , — JDe l'établissement et de la construction des bourdigues.
On établit les bourdigues dans des canaux a ni , PL 27, iVo. VI , cjui communiquent d'un étang salé m à la mer b. On commence par dresser une partie de ce canal ce? re, hx^ mais on perfectionne surtout la partie cdn, parce que c'est de ce côté qu'on doit établir l'entrée m et les autres ouvrages cpii formçnt les bourdigues.
On revêt ce coté cden., suivant les matériaux que fournit le pays, avec des pierres, des pieux, et des planches ou des fascinages.
On creuse cette partie du canal pour que l'eau ait 8 à 10 pieds de profondeur, et ce qu'on en retire est employé à régaler les bords cden^ ainsi que l'autre côté hxxz. On les nomme en Provence cêdes^ ou, mieux, ièc^e^, du latin sedere ^ et, à cause de l'éboulement des terres et des récrémens c[ui sont charriés par l'eau qui coule de la mer à l'étang, ou de l'étang à la mer, on est obligé de les curer tous les ans ; ce cjui fait une dépense considérable.
On construit en r sur un endroit un peu élevé le logement des pêcheurs : il consiste en une petite maison ou cabane , une «spèce de halle , qui est faite avec des poteaux et des traverses menues, sur les- '[uelles on couche de mauvaises cannes j ce qui est suffisant pour mettre les ouvriers qui fabriquent les ' Itiies de cannes à l'abri du soleil, qui est très-ardent dans les provinces méridionales.
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Ceux qui vendent les canjies aux propriétaires des bourdigues, les livrent avec leurs feuilles 5 et la première opération, qui se fait par des femmes, consiste à ôter ces feuilles avec des couteaux , à couper les petites branches , enfui à les nettoyer comme celles de \a.fg. /, , PI. 28 , iV". 1. A mesure qu'elles les nettoient, elles les arrangent par faisceaux. Les belles cannes doivent avoir 8 ou i o pieds de longueur, plus ou moins 5 ce c|ui dépend de la profondeur des canaux où on établit les bourdigues : car il faut que les cannes entrent d'environ 9 pouces dans le fond , pour résister aux efforts de l'eau et du vent dans les temps de tourmente ; et elles doivent excéder d'envii-on 5 pieds la superficie de l'eau , pour que les muges ne puissent pas sauter par-dessus. Au reste, elles doivent être droites, fortes et point filandreuses.
Il y a de l'économie d'en employer de plus courtes, qu'on entre-mêle avec les grandes , ce fj[ue certains ouvriers font plus adroitement que d'autres 5 mais le clayonnage est toujours alors moins solide.
Pour monter les cannes et en former des nattes assez semblables aux paillassons que les jardiniers font avec de la paille longue, les ouvriers tendent sous la halle trois cordes d'auffe assez grosses y d e^ fig. 5, PL 28, N°. If qui sojit fermement assujetties à des piquets : de sorte que les cordes soient assez élevées pour que les ouvriers , étant assis par terre, puissent passer leurs jambes dessous; 4 o^' au plus 5 pouces suffisent. Ils tendent de même entre les grosses cordes de des cordes menues gh , cpù sont aussi d'auffe. Les cordes d e ne servent qu'à soutenir les cannes cju'on posera dessus , et c'est sur les cordes g/i qu'on liera les cannes. L'ouvrier, assis par terre, fait, avec les ficelles fines qu'on voit entre les cordes ^e, un nœud sur les cordes ^^, simplement pour en arrêter le bout : il pose de travers une canne, comme Z/«; il l'entoure avec la ficelle qu'on voit en he; il l'arrête sur les cordes^// par un nœud coulant. Celle-ci étant arrêtée sur les deux cordes , il pose une autre canne , puis une troisième , une quatrième, etc., jusqu'à ce qu'il soit arrivé au bout de la halle opposé à celui par lecpiel il a commencé. Il roule ensuite cette natte de cannes pour en faire une botte , et il en fait une quantité suffisante pour garnir toutes ses bourdigues. On verra, à l'égard de celle que nous donnons pour exemple , qu'il y en a plus de 200 toises courantes.
Pendant f[ue des ouvriers travaillent aux nattes , d'autres pi'éparent et appointissent environ trois cents piquets, plus ou moins , suivant l'étendue de la bourdigue. Ces piquets doivent avoir 12 ou i5 pieds de longueur sur 6, 7 ou 8 pouces de circonférence au milieu. Ils sont ordinairement de bois de [An. On prépare aussi environ 200 toises courantes de perches, qui peuvent avoir 3 pouces de circonférence.
11 faut que les piquets soient plus longs que les cannes, parce qu'à la partie qui excède les cannes on attache en hiver des cordes, qui sont amarrées à de gros piquets qu'on enfonce dans le terrain qui borde le canal.
Ces approvisionnemens et d'autres, comme des liens, qui sont indispensables, étant faits, il faut monter la bourdigue; et pour avoir la direction des
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cloisons qu'on nomme murailles , on plante, PL 27, iV". VI f un fort pieu en m , un autre en n et un en o. Il y a souvent de m à. n 5o à. 60 toises, el 100 toises de m à o. L'ouverture de la pointe du triangle en q a. environ 4 pouces; celle des pointes ^, 3 pouces; et les autres 2 pouces et demi, ei même moins dans la saison des anguilles : alors on ajoute à la tour o une espèce de nasse (j en verveux, pour recevoir les anguilles, qui y entrent par tine très-pelite ouverture ; on nomme cette nasse pefitenne , etc. Ces espèces de jalons donnent l'aîigneinent de la file des piquets m o, no ^ ou en met un eji ^, où doit êti"e la grande entrée, puis on en met en a:. Ces premières dispositions étant faites, on] plante les piquets de 6 en 6 pieds, suivant l'alignement des premiers jalons, de m en o , de m en ç , de 71 en o , de /z en ^.
Ces pieux étant plantés h'ien d'alignement , et enfoncés d'environ 2 pieds dans le ten-ain, on pose les perches no,jig. i, PL 28, A"o. /, horizontalement à-peu-près vei-s le milieu de la partie des ])ieux qui paraît au-dessus de l'eau. Ensuite, ayant porté une botte de cannes sur le lieu, on la déploie; on pose les pièces de cannes le long des jjerches \ on en enfonce le bout inférle.ir d'environ 6 pouces dans le terrain, et on affermit les cannes en les liant sur les perches. L'été, on peut laisser deux doigts d'intervalle entre les roseaux ; mais l'hiver, on en ajoute , pour qu'ils soient serrés au point de ne pas laisser passer les plus petits poissons.
On fait ensuite, avec des pieux pareils et des claies , les petites séparations en goulets x x x , PL 28, iVô. VI. Enfin, on forme encore avec des pieux et des claies semblables des réservoirs circulaires, qu'on nomme des tours, o , s,t , m, n. Quel- ([uefois, pour décharger la tour o, où il se rassemble plus de poissons qu'ailleurs, on fait à côté un réservoir y, qu'on nomme la serve ^ et dans laquelle le poisson de la tour o peut entrer. Quelques pêcheurs en font autant auprès des tours st.
11 ne faut pas que les bourdigues interrompent une petite naviga iunqui se fait de l'étanj^ à la nier, et pour cela on ne met point de pieux ni de claies à l'endroit z, mais un fort filet qu'on voit aussi en /• dans iîijig. i^^e. Je la PL c>8, A^'^. /, qui empêche le poisson de passer à côté de la bourdigue ; et quand il se présente un bateau pour entrer ou pour sortir, les gardiens des bourdigues, qui veillent nuit et jour dans leur cabane pour ce service, laissent tomber le filet au fond de l'eau ; et aussitôt que le bateau est passé , ils relèvent le filet avec le secours du virevaux i , PL 27, qui est établi à terre pour cet usage.
Voici les noms provençaux qii'on donne aux difrerentes parties des bourdigues.
La tour o se nomme tour de dehors^ la nasse qui y répond, \a. peiitcnne ^ le réservoir^, \a. serve ^ le dernier goulel a-, dcmi-auveau^ les clayonnages (|ui le forment, le conte letj la chambre qui est entre les coutelels .T, le petit haladnn ^ les goulets (|ui sont au-dessous se nomment ernhoitrigues ^ la chambre comprise entre les einbourigues a: et ^ s'appelle grand ha/aduu ^ les retours de côté pour gagner les tours nif e j n se nomment requin qitctte ^ en m est
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la grande entrée. Les goulets x qui sont à cette partie se nomment banques et contre-bouques ; les tours tn f n sont dites reculadou ^ et le passage z, qui est formé d'un filet, se nomme capoulière ; m est le canal du côté de l'étang. La largeur des capoulières doit être plus considérable que celle des plus grands bateaux qui peuvent y passer.
Comme les bateaux qui passent dans ce canal pourraient endommager les tours s, o, on y met une gare s q , qui est faite avec de forts pieux et des perches sans claies. Les petits bateaux qui vont pour visiter les bourdigues et |irendre le poisson qui est dans les tours, suivent la route m ^ s , o, y, t, n.
6 2. — De l'entrée des Poissoiis dans les bourdigues.
Nous avons déjà dit que durant l'été les poissons entrent dans les étangs , et que quand les eaux commencent à devenir froides , ils sortent des étangs pour gagner la grande eau.
En jetant les yeux sur les figures du N". VI ^ PL 27, on voit que les poissons qui sont engagés entre les grandes murailles nni , faisant des efforts pour gagner la mer, ils traversent la grande passée^ et se trouvent dans les passes x dites grand baladou. Ceux qui veulent rebrousser chemin après avoir franchi les bouques et contre-bouques on les goulets XXX , entrent dans les coutelets, et de là dans la tour m ou dans celle tz^ qu'on nomme reculadou. Ceux qui suivent sur leur route franchissent les embourigues ou les goulets, qui sont en xx, et ils se trouvent dans une capacité xxx^ qu'on novaxne petit baladou , d'où ils passent dans la tour du dehors o et la serve j-'. Si ce sont des anguilles, elles passent dans leverveux ou pentenne, qui communique ttvec la tour du dehors.
Les pêcheurs des bourdigues vont de temps en temps dans un petit bateau prendre avec une pêchette,yî^. 2, PL 28, qu'ils nomment coupeilloTif le poisson qui est entré dans les tours. Comme le poisson ne souffre point dans les réservoirs , les pêcheurs ne sont point astreints à aller faire cette visite à certaines heures.
Maniguyères ou meynadières.
Les étangs qui se trouvent au bord de la Méditerranée sont quelquefois séparés de la mer par une digue naturelle, qui a peu de largeur, et à laquelle on ajoute quelquefois des ouvrages pour la fortifier ou pour la rendre plus régulière. Ces digues, PL 28 , N'>. XI.) sont traversées jiar une coupure c, qu'on nomme grau. Cette communication est trop courte et trop étroite pour qu'on puisse établir en dedans une vraie bourdigue , pareille à celle que nous venons de décrire; cependant on en profite pour prendre le poisson qui cherche à passer de l'étang g, f à. la mer c. Pour cela, on fait devant le grau c, et du côté de l'étang, une enceinteyyet a, qu'on coupe en différens endroits g, g) g, pour y placer de petits goulets de bourdigues semblables à celui qui est représenté dans la /ig. 6, PL 28. Ces petites bourdigues sont faites avec des pieux , des cannes et des traverses, conformément à la description que nous eu avons donnée dans le premier paragraphe.
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Les parties /"qui forment l'enceinte de la maniguyère sont faites avec des fagots de tamarisc, retenus par des pieux et des perches. On ne laisse de ■vide à ces palissades que ce qu'il faut pour y former les petites bourdinues^^. Les poissons qui veulent sortir de l'étang g, /"pour retourner à la mer, côtoient les palissades /^ y, f, puis s'engagent dans les petites bourdigues^, qui les arrêtent et les empêchent de pénétrer dans la maniguyère h.
On établit ces maniguyèi'cs dans les parties des étangs où il n'y a pas une grande épaisseur d'eau. Ou ne ménage point d'ouverture aux palissades dans la route que pratiquent les bateaux plats qui naviguent dans les étangs. Comme les branches du tamarisc sont pliantes et qu'elles ne rompent point , les bateaux passent par-dessus, à des endroits où l'on a soin de tenir les fascines presqu'à fleur d'eau. Quand le bateau est passé , les branches se relèvent par leur ressort , sans que la
maniguyère en soit
endommagée.
Il y a des maniguyères où on ménage , à quelque endroit de la palissade, une ouverture comme celle z de la bourdigue, PL l'j^ N°. VI ■, et qu'on ferme de même avec une corde et un filet. D'autres maniguyères sont uniquement destinées à prendre des anguilles ; mais en général les poissons qu'on prend dans les boiirdigues et les maniguyères sont des dorades , des loups et sur-tout des muges , dont les œufs servent à faire la poutargue , ainsi que nous l'expliquerons dans l'article Muge, qui est particulièrement consacré à ce poisson.
Quand on se propose de prendre des anguilles et des sardines, on resserre les clayonnages.
§ 3. — De la saison de déclore les hoiirdigues , les maniguyères et les crousilles.
Après ce que nous avons dit , on conçoit qu'il est de la plus grande importance aux propriétaires des bourdigues de laisser l'entrée des étangs ouverte dans la saison où les poissons quittent la grande eau pour remonter dans les étangs; et c'est pour cette raison que , par des réglemens qui subsistent depuis plus de 2 siècles, il est ordonné de tenir en Provence les bourdigues ouvertes, depuis le i5 du mois de mars jusqu'au 24 juin.
' Un intérêt mal entendu de quelques propriétaires, pour jouir du bénéfice des bourdigues pendant le carême, les engagea , en 1726 , à demander cju'on n'ouvrit les bourdigues que le jour de Pàque , en quelque temps qu'il arrivât. Ils prétendaient que l'ancienne ordonnance entendait le i5 de la lune, au lieu du i5 du mois solaire , Pàque étant fixé au dimanche qui suit le 14 de la lune de mars. En demandant ce changement , on s'autorisait encore d'une ancienne charte latine , qui portait qu'on ferait tous les ans, le jour de Pàque , la publication de l'ordre du roi qui enjoint de déclore toutes les bourdigues, sans délai, à peine de 200 liv. d'amende.
Mais sur ce qu'on prétend avoir observé que vers la mi-mars les poissons se présentent pour rentrer dans les étangs, on n'a rien changé à la police établie , vu que si l'on faisait un obstacle à l'entrée du poisson, les possesseurs des bourdigues feraient une perte considérable sur leur pêche l'année suivante.
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On trouvera , dans l'article des Parcs, quelques pê- (heries qui ont du rapport avec celles dont nous venons de parler.
§ 4' — Description de la bourdigue du Martigue.
Duhamel n'a donné , dans ce qui précède, qu'une idée générale des bourdigues 5 mais ayant reçu de M. Delacroix la description de la bourdigue dite du roi , établie au Martigue , il a jugé convenable de la joindre à son article. Voici cette description telle qu'elle se trouve dans son I*»". volume, section 1 t chapitre III.
ÎSous avons, dit-il, annoncé que les bourdigues sont des espèces de grandes nasses formées de cannes , qu'on range les unes à côté des autres j qu'elles sont réunies en forme de paillassons avec des cordes, qui tiennent et assujettissent les cannes en différens endroits de leur longueur. Outre les cannes n , Jig. i, PI. 28, A'». I, on emploie pour les soutenir des piquets avec des perches // , horizontales, qu'on voit auprès de o, et tout cela est lie avec cordes.
Il faut se rappeler que ces pêcheries ne peuvent s'établir que dans les canaux qui communiquent des étangs A kia. mer. Les Provençaux les nomment roubines. L'endroit sur lequel on établit la cabane r des pêcheurs, PI. 27, N°. VI , se nomme sède , du latin sedere.
Comme les cannes qu'on emploie à faire les bourdigues doivent être longues et fermes, on les plante dans des terres substantielles , humides, mais point trop aquatiques. La plupart se tirent des environs de Fréjus et de Saint-Tropez.
Les moyennes, qu'on nomme méj'anos , ont de I 2 à i5 pans de longueur : le pan est de 9 pouces. Elles se vendent au mille 5 les grandes, qui ont depuis 18 jusqu'à 22 pans de longueur, coiitent le double.
Nous avons dit que des femmes enlevaient, avec un couteau, les feuilles et les branches latérales. Cette opération se nommme /'Z/z/tzét : on taille le gros bout des cannes en bec de plume , avec une espèce de serpe qu'on nomme coutel.
Ces opérations étant faites, on assemble les cannes avec des cordes; ce qu'on appelle ourdir.
Presque toutes les cordes qu'on emploie aux bourdigues sont faites à''auffe ou spart. On les tire d'Alicante et de Carthagène , et ordinairement on en emploie de trois sortes; savoir, 1°. la Vignette, qu'on appelle aussi le brumet} 2'^. le baudau i 3°. le Jilet-prin.
La lignette est faite de quatre cordons , et chaque cordon est composé de deux fils commis ensemble , ou de deux de fils de bitord commis en grelin ou câblés. Sa grosseur est d'environ un pouce.
Le baudau ne diffère du filet-prin que par la grosseur , le baudau ayant trois quarts de pouce de grosseur et l'autre à-peu-près un demi-pouce ; mais l'un et l'autre sont faits de deux cordons commis ensemble.
Ces différentes cordes s'achètent par balles ; la
balle est composée d'un tiers de chaque esj)èce , et
elle se divise en deux parties qu'on nomme yÂ/jr; le
faix de lignette contient deux douzaines de pièces ,
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qu'on nomme masses, et chacune de ces niasses a environ 14 cannes ou toises de longueur. Il en est de même an faix de baudau, à cela près que la masse a 22 cannes de longueur. \ue faix du fil-priii est de quatorze douzaines et demie de masses, et chaque masse a 24 cannes de longueur.
l^Qs pieux ou piquets qu'on fait entrer dans le fond du terrain , et qui doivent soutenir les pièces de cannes, se nomment pi/otins. Ces perches de pin ont 6 à 8 pouces de grosseur, sur 16 à 18 pans de longueur au moins.
Les perches horizontales , qui sont vis-à-vis de o, PI. 28 , ^g. 1 , se nomment temples : elles n'ont guère qu'un tiers de la grosseur des pilotins 5 elles sont ordinairement de saule.
Pour monter une bourdigue, il suffit d'avoir deux filets : l'un , qu'on nomme panteno^ est une espèce de verveux q , PL 27, iV°. VI, qu'on place tout-àfait à l'extrémité de la bourdigue : on n'ajoute ce filet que durant l'hiver 5 l'autre, z ou r, N^°. /, PI, 28 , sert pendant toute la saison de la pêche : on le nomme capoulière. Il est fait de baudau d'auffe 5 sa maille est de 4 3-" P^-n j il a plus ou moins de hauteur verticale, suivant la profondeur de l'eau à l'entrée de la bourdigue : on le tient aussi plus ou moins long, suivant la largeur qu'on juge à propos de donner pour le passage des bateaux. La corde sur laquelle la tête de ce filet est montée est ordinairement un liban d'auffe, de 4 à 5 pouces de grosseur ; l'un des bouts de cette corde est attaché à un fort pieu nommé le prioë , qui termine l'enceinte delà bourdigue comme on le voit en r,fig. i, PI, 285 l'autre extrémité est roulée sur un treuil i, PI, 27 , qu'on nomme moulinet^ et au Martigue moulinot. Quand on lâche le moulinet , le filet se précipite au fond de l'eau , au moyen d'une pierre ou baudo du poids de j5 ou 20 livres , qui est attachée au bout de la capoulière opposée au moulinet; et après que les bateaux sont passés , on relève le filet en tournant le moulinet.
Le liban ou la corde qui borde le bas du filet est <;hargé de baudes ou pierres qui pèsent 8 à 10 livres chacune : elles retiennent le pied du filet au fond de l'eau , ce qui suffit pendant l'été; mais en hiver, on prend la précaution de l'attacher au fond de l'eau par des piquets, qui doivent ne point empêcher le passage des bateaux. Pour cela, on attache fermement la corde qui borde le pied du filet à un pied ou 18 pouces de l'extrémité pointue du pilotin , dit ci-devant prioë , et de même à un autre pieu que l'on place vis-à-vis et sous le moulinet; puis, suivant la largeur du passage, on attache encore ce liban à quelques autres piquets. Au-dessus de ces amarres, on fait avec une serpe une entaille qui affaiblit les pilotins en cet endroit. On enfonce dans le terrain ces pilotins, et ensuite, en tirant de cAté leur tête , on les rompt à l'endroit où l'on a fait l'entaille. De cette façon , qui est ingénieuse , le pied du filet este arrêté à des pieux assez courts pour ne point empêcher le passage des barques; ce qui se fait d'autant plus aisément que le bois de pin se rompt sans peine lorsqu'il est sec.
En parlant de l'espèce de halle qu'on construit auprès du logement des bourdigues, et qu'on ap-
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pelle VourdidoUf nous avons omis de dire qu'il a environ 72 pans de long sur 3o de large ; que les piquets dont cette es[jèce de halle est formée sont distribués à 10 ou 12 pans les uns des autres, et qu'ils excèdent d'une pareille hauteur la superficie du terrain. On met par-dessus de vieilles cannes de démolition de bourdigues; ce qui fait la couverture de cet endroit.
Le sol ou plancher de l'ourdidou est battu et uni le plus qu'il soit possible. A ses deux extrémités , on plante de petits piquets qu'on nomme chevilles^ qui n'excèdent le ten-ain que d'un pan : ils sont écartés les uns des autres de 2 pans, et forment des files qui ont 16 à 18 pans, suivant la largeur, et (le 56 à 60 dans le sens de la longueur.
Dans l'entre-deux de ces chevilles, on met sur toute la longueur de l'ourdidou des faisceaux de cannes d'environ 7 à 8 pouces de diamètre : on les nomme condortes. Comme les chevilles sont correspondantes, la première d'une des extrémités à la première de l'autre, et de même à l'égai'd des suivantes , on y tend alternativement une corde de l'espèce qu'on nomme lignettes , et une de celle qu'on appelle baudaux. C'est sur ces cordes que doivent être liées les cannes avec des bouts de ficellt^ on filet-prin , qu'on nomme branco , pour former ce qu'on appelle les orduns.
En plaçant les cannes sur les cordes et sur le& condortes, on observe de mettre d'un même côté tous les bouts appointis , et de façon que la partie appointie excède la première cheville.
L'ourdisseur, muni d'une poignée de bouts de ficelle dite branco, coupés de la longueur d'environ 3 pans, s'assied à terre sur un coussin à l'une des extrémités de l'ourdidou , proche la première cheville. Il attache par un nœud à la première corde, qui est toujours une lignette, un de ces hrancos ^ ensuite il empoigne de la main gauche la première canne , laissant en dehors le bout appointi en bec de plume; et de la main droite il passe le branco par-dessus la canne, pour l'arrêter sur la corde qui est dessous , au moyen d'un nœud coulant : il fait de même pour les cannes suivantes. Lorsqu'il en a ourdi un nombre suffisant pour pouvoir s'asseoir dessus, il se place plus commodément, travaillant entre ses jambes, qu'il peut étendre, et dont il se sert même pour approcher les cannes les unes après les autres , jusqu'à ce qu'il soit arrivé à la dernière. Le premier ordun étant fini , c'est-à-dire quand les cannes sont arrêtées sur une corde , il recommence, pour ai'rêter les mêmes cannes sur une autre corde de la même manierai , et il fait ce qu'on appelle le second ordun ^ puis le troisième et le quatrième.
It" forme ainsi l'espèce de natte ou de paillasson qu'on nomme auvel. Le nombre des orduns n'est pas déterminé : il y a des auvels qui en ont quatre, cinq et jusqu'à neuf, suivant la longueur des cannes, la place à laquelle on les destine et la profondeur de l'eau.
On distingue trois sortes à''auvel; savoir, auvel de ségucrié , auvel courant et auvel de canadon- La séguerié esK. y comme l'on dit, plus sèche, c'est-àdire plus serréç. Chaque canne s'y touche; et quand
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la piûfontîeur de l'eau exige des cannes de 18 à 22 pans , cet auvel doit avoir huit orduns pour les bourdigues d'été, et neuf pour celles d'hiver. L'auvel courant ne diffère de la séguerié qu'en ce qu'il a un ordun de moins : il est presque aussi serré pour les bourdigues d'hiver, n'ayant que 2 ou 3 lignes d'intervalle entre chaque canne j pour les bourdigues d'été , cet intervalle est d'un pouce.
Il est bon de remarquer qu'en ourdissant l'auvel courant pour l'été, l'ourdisseur, après avoir attaché la première canne , fait un nœud avec sa branco à distance d'un pouce sur la corde de dessous j après ce nœud , il ourdit sa seconde canne , et ainsi de suite, interposant un nœud entre chaque canne.
L'auvel de canadon est le moins sec ou le moins serré ; il n'a guère que six orduns ; ses cannes sont à 2 ou 3 pouces les unes des autres : on les ourdit comme celles de l'auvel courant.
Chaque sorte d'auvel a sa destination particulière, et sa place assignée dans la construction de la bourdigue. On n'emploie pas toujours l'auvel en entier : on en fait de plus courts de moitié, d'un quart et même au-dessous. A mesure que les auveaux sont faits , on les roule et on les couche les uns près des autres , les arrangeant de manière qu'on puisse les lever dans l'ordre où ils doivent être placés.
Les pilotins qui soutiennent les auveaux dans toute la longueur des bourdigues , sont distribués de 5 en 5 pans et ployés en dehors. Pendant l'été , ils sont doublés d'un pilotin en dedans seulement de dix en dix ; mais en hiver, tous les pilotins sont doubles, c'est-à-dire que l'un est en dedans de la bourdigue et l'autre en dehors.
A l'égard des perches horizontales dites temples, qui s'étendent dans toute la longueur de la bourdigue , celles qu'on met à la surface de l'eau sont , comme nous l'avons dit, des branches de saule. Si l'on juge à propos d'en mettre plus haut, on les fait avec des cannes.
Nous allons terminer par une explication plus détaillée que nous ne l'avons fait , des différentes parties qui forment une bourdigue, en employant les termes provençaux.
La lettre o, PL 27, iV». VI, est la tour de dehors 'y son entrée se nomme bouchelle.
q est la pantenne ou panteno qu'on ne met qu'en hiver. On lui donne quelquefois des formes différentes, suivant le goût des bourdiguiers.
y est la serve ou la contre-tour, qu'on ne met aussi qu'en hiver; la tour communique avec la serve par line bouchelle ou goulet.
Depuis 0 jusqu'en m , et depuis y jusqu'en n, on voit la pu /-ey ou muraille de caHnes qui forme l'enceinte de la bourdigue : elle est garnie de pilotins en dehors pendant Tété , et on y en ajoute pour l'hiver comme nous l'avons expliqué.
L'espace qui est entre les tours o, .î, ^ se nomme entre-bouque. Outre les deux parois ou pareys, il est encore fermé par les deux traverses , qui vont de s Qt t vers XX. Dans l'intérieur, on aperçoit des ouvertures XXX , qui sont formées par deux lignes courbes. Ce sont des espèces de goulets qu'on nomme coutelets.
Par leur moyen , le poisson qui est dans l'entre-
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bouque , lorsqu'il ne suit pas sa route pour entrer dans la tour du dehors o, peut passer par les coutelets et se rendre dans les tours st, qu'on nomme requinquets.
Les bouchelles ou entrées de ces tours sont fermées d'un côté par la muraille de la bourdigue , et de l'autre par les traverses qu'on nomme debouques. On voit leurs coutelets en xx.
On ajoute quelquefois, pendant l'hiver, des serves à côté des tours de requinquets st, qui communiquent avec la tour par des bouchelles ou entrées.
A la pointe qui est formée par les deux traverses de bouque , il y a quelquefois entre x et x une ouverture d'environ 6 pans de largeur. En ce cas, on construit, au milieu, une espèce de coutelet isolé et renversé, qu'on nomme embourigue. Il diminue la largeur de la passée , formée par les traverses , et laisse de chaque côté , pour le poisson , une passée qui a plus d'un pan d'ouverture.
L'espace entre Q et les tours S 2^ s'appelle ^/aw^f baladou.
A la bourdigue dite du roi , il y a entre l'entrebouque et le grand baladou une troisième chambre intermédiaire, semblable au grand baladou, mais plus petite. Ses tours se nomment à''atrouba.
Cette chambre n'est pas représentée sur notre planche , parce qu'elle ne se voit qu'à la bourdigue appelée bourdigue du roi.
Les tours de l'entrée m n s'appellent reculadous , probablement parce qu'elles reçoivent le poisson qui veut revenir vers l'étang.
Il n'y a qu'une de ces tovirs à la bourdigue du roi ; elle est du côté de ttî , la situation, du terrain n'ayant pas permis d'en établir une seconde au côté opposé. Ainsi, cette partie, dans laquelle il n'y a point de coutelet, forme un cul-de-sac qu'on appelle effectivement cul- de-traverse.
Pour garantir la tour tu d'être endommagée par les bateaux^ on a mis du côté de cette tour une contre-garde palissade s, q, PI. 27. Elle est élevée d'environ 36 pouces au-dessus de l'eau, et éloignée d'environ 2 toises de la paroi de la bourdigue , pour la garantir du choc des bateaux qui passent de l'étang à la mer.
Au delà des tours dites reculadous , sont à droite et à gauche deux bouts de palissades qu'on fait plus ou moins longues , dont les cannes sont beaucoup moins serrées qu'au corps de la bourdigue : on les nomme concédons.
En m est la grande entrée pour le poisson : on la nomme grande vengude.
z est le filet dit capoulière , qu'on abat pour laisser passer les bateaux qui entrent dans l'étang et qui en sortent, et qu'on relève avec le moulinet * quand ils ont franchi le passage. On voit en r la sède où est le logement des bourdigues.
Quelquefois la capoulière z s'étend depuis la terre ferme jusqu'au dernier pilotin de la palissade , qu'on nomme conccdon , ainsi qu'on le voit en r, Pi- 20, N°. I. Cela dépend du passage qu'on juge nécessaire pour les bateaux , qui sont plus ou moins grands.
La bourdigue du roi a environ 120 toises de longueur, depuis la tour de reculadou m, jusqu'à cello
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de dehors o ; ce qui suffit pour donner une idée de l'étendue de la plus grande bourdigue du Martigue.
§ 5. —'Kéglemens.
Comme les bourdigues peuvent être un obstacle à la liberté de la pêche et de la navigation, il est défendu à toutes sortes de personnes, sous peine de confiscation et de 3,ooo liv. d'amende , d'en construire sans une permission expresse du roi. C'est ce que porte l'art, i du tit. IV du liv. V de l'ordonnance de la marine , de 1681.
Les propriétaires des bourdigues doivent mettre, sur les extrémités les plus avancées en mer, des hoirins y bouées on gavîteaux , pour avertir les navigateurs, sous peine de payer le dommage arrivé faute d'avoir pris cette précaution , et de privation de leur droit de pêcherie. C'est ce qui résulte de l'art. 3, où toutefois il n'est parlé que de madragues , autre .espèce de pêcherie j mais les dispositions de cet article doivent s'étendre aux bourdigues, puisqu'elles peuvent donner lieu aux mêmes inconvéniens que les madragues.
L'art. 4 défend , sous les mêmes peines , de placer aucune bourdigue dans les ports et autres lieux où elle puisse nuire à la navigation. Ces lieux doivent s'entendre, comme le remarque Valin , non-seulement des avenues des ports, mais encore de tout espace qui n'est pas éloigné de 200 brasses du passage ordinaire des vaisseaux. Ainsi des bourdigues qui seraient placées en contravention de cet article, même avec la permission du roi, ne pourraient subsister , parce qu'une telle permission n'aurait été obtenue que par surprise. C'est pourquoi ceux qui en auraient usé ne seraient pas moins responsables du dommage que leurs bourdigues auraient pu occasionner aux navires , quand même ils auraient mis à ces bourdigues des hoirins, bouées ou gaviteaux.
Les propriétaires ou fermiers des bourdigues sont tenus d'en curer annuellement les fosses et canaux, en sorte qu'il y ait en tout temps 4 pieds d'eau au moins, à peine de 3oo liv. d'amende, et d'y être mis des ouvriers à leurs frais : c'est la disposition de l'art. 6. 11 est clair qu'en cela le législateur a eu pour objet de faciliter la navigation des bâtimens qui peuvent être obligés d'entrer dans ces fosses et canaux. Ainsi l'écrivain qui a commenté l'ordonnance de la marine avant Valin, n'a pas compris le sens de cet article, lorsqu'il a dit que les 4 pieds d'eau étaient exigés, de peur que les bourdigues, 'Venant à contracter l'odeur du poisson , qui de soi est très-puant , particulièrement quand il est vieux péché, n' empuantissent l'air du voisinage.
L'art. 7 défend, sous la même peine de 3oo liv. d'amende , aux propriétaires ou fermiers des bourdigues, d<; les fermer depuis le premier mars jusqu'au dernier juin. Cet article enjoint en même temps aux officiers de l'amirauté de faire ouvrir ks bourdigues durant cet espace de temps, sous peine de suspension de leurs charges.
L'objet de ces dispositions a été la conservation du frai, que le poisson dépose ordinairement pendant les mois de mars, avril, mai et juin. Ainsi, le commentateur cité n'a pas mieux compris cet ar-
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ticle que le précédent , en disant c[ue le législateur a voulu faire entendre que c'était principalement pendant les mois de mars , avril, mai et juin de chaque année , que les pêcheurs qui ont établi des boui-digues avec permission sont obligés de les faire valoir sans pouvoir s'en dispenser, etc.
Suivant l'art. 8^ les propriétaires ou fermiers ne peuvent point prétendre de dommages et intérêts ni de dépens contre les mariniers dont les bateaux abordent leurs bourdigues, à moins qu'ils ne justifient que l'abordage n'a eu lieu que par la faute de ces mariniers ou par malice.
Une ordonnance du roi, du 3o juillet 1817, décide que l'engagiste d'une bourdigue ou pêcherie du thon, dans un canal communiquant à la iWer et assimilé aux rivières navigables, ne peut prétendre à l'application de la loi du i4 ventôse an 7, et que la pêcherie doit être régie pour le compte de l'Etat. V. au Recueil des Réglemens forestiers , t. II , p.rjiS.)
BOURDON ou CANON. On nomme ainsi un bâton qu'on ajuste au bout des seines pour tenir le filet tendu. V. Seine.
BOURDONNORO. C'est le nom qu'on donne à la première chambre de la Madrague. V. ce mot.
BOUREAU. On donne ce nom, dans les environs de Bayonne , au Rouget. V. ce mot.
C'est aussi l'un des noms du Groneau. V. ce mot.
BOURGEOIS ou HOTE. Les pêcheurs nomment ainsi le propriétaire du bateau dont ils se servent. De là ils appellent poisson bourgeois celui que cet homme a droit de prendre après celui de coutume. On nomme les turbots , les saumons , les marsouins , les esturgeons poissons privilégiés ^ parce qu'ils ne peuvent pas être pris pour les poissons de redevance.
BOURGIN ou BREGIN. On nomme ainsi à Marseille un filet qui ressemble beaucoup au petit boulier, et qui ne diffèi'e de l'aissaugue que par la grandeur des mailles. Aux Martigues, on ne distingue pas le bregin du boulier. V. Bregin.
BOURGNE ou EOURGNON. Sorte de nasse qu'on met au bout des parcs ouverts. V. Parc.
BOURSAL. On nomme ainsi en Provence ce que dans l'Océan on nomme goulet ^ c'est une sorte de filet conique dont la pointe entre dans le corps du verveux, et qui empêche que le poisson n'en sorte.
BOURSE. Nom synonyme de manche, poche^ queue, sac. On dit bourse de l'aissaugue. \. ce mot.
On forme à l'embouchure d'un épervier une espèce de bourse ou de poche, en repliant en dedans du cône les bords de ce filet.
BOURSET. Corps flottant qui sert à tirer un des bouts du filet de la Ure/ge. Y. ce mot.
BOUSSARDS ou A LA BOURSE. On appelle ainsi des liarengs qui ont frayé nouvell^ement et qui ne sont pas remis de la maladie du frai. V. Hareng.
BOUT. Poisson appelé aussi lune-dc-mer. V. ce mot.
BOUT-DE. QUIÈVRE. Filet de pêche du genre du grand //acewea//, et qui est, comme lui, formé de pirches a b ,//g. 2 , PI' ^5 , iV^. f^f mais ces per- I hes n'ont que 6 à 7 pieds de longueur, et elles ne s'ouvrent que de 5 à 6 pieds. Cette ouverture étant
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fixée par la corde qui borde le filet , et qui s'étend de ^ en ^ , il n'y a point , comme au haveneteX. à la bichette f de traverse de bois d: ainsi le pêcheur est obligé de tenir continuellement son fiiet ouvert lorsqu'il le pousse devant ^ui; car cette pêche n'est pas ordinairement sédentaire comme celle au grand ha- \eneau; et c'est pour cette raison qu'on ajuste aux bouts è Z» des cornes de chèvre, qui les empêchent d'entrer dans le terrain et les font couler dessus. Ce sont ces cornes qui ont fait appeler le filet bout-dequièvre,^^x corruption de bout-de-chèvre.
La façon de s'en servir est de le pousser devant
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verse c d sur le fond , et il court de toutes ses forces, poussant devant lui le bouteux,^/^. 2, iV". /. Il suit de là que la pêche au bouteux ne se peut faire que sur les fonds de sable unis, et lorsque la mer est assez retirée pour que les pêcheurs puissent marcher sur le fond.
On conçoit qu'il est très-fatigaut de courir, étant dans l'eau jusqu'au-dessus de la ceinture , et poussant devant soi un bouteux qui est quelquefois assez grand. Cependant cette />ec/ie est pratiquée par des femmes et même des enfans , comme par les hommes 5 mais chacun prend un bouteux de grandeur proporsoi comiue un bouteux^ mais beaucoup plus lente- 1 tionnée à sa force, et ordinairement les femmes
ment. Quand on le relève, on le plie en deux, en rapprochant les bâtons.
Ce filet est fort en usage du côté de Caen ; et quelquefois les pêcheurs se mettent de file, hommes et femmes, au nombre de douze et plus.
V., pour les réglemens forestiers, l'article Pêche maritime , § 3 et le Recueil à la fin de ce Dictionnaire.
BOUTARGTJE. OEufs de poissons préparés, et qui proviennejit de la pêche des bourdigues. C'est une espèce de caviar inférieur à celui qu'on fait avec l'esturgeon. Les Romains en faisaient volontiers usage.
BOUTEUX. Filet de pêche qui est représenté, PL 25, K". Il, Jig. 1. C'est à proprement parler une sorte de grande truble, puisqu'il est formé d'un filet en poche , dont l'ouverture est tenue ouverte par une monture de plusieurs morceaux de bois, et qu'il a un manche avec lequel on le manie.
La monture de ce filet est formée par une perche a ^, de 7 à 8 pieds de longueur, plus ou moins, suivant la grandeur du bouteux. A son extrémité b est fermement assemblée une traverse cd , qui forme avec la perche a b comme un T. Aux deux bouts de cette traverse sont attachées deux gaules menues et pliantes, qu'on nomme z^o/e/^; on les plie et lie l'une à l'autre pour former, par leur réunion, une portion d'ellipse ce, de ^ qui est attachée sur la perche. Les bords du filet, c|ui forme un sac , sont arrêtés tant à la pièce qu'aux volets.
Les mailles du fond de ce filet ont au plus 4^5 lignes en carré ; mais celles des bords sont plus grandes. La profondeur de la poche /"est plus ou moins grande 5 elle est souvent de 4 ou 5 pieds 5 mais il faut tenir la perche a b d'autant ])lus longue, cjue la poche a plus de profondeur, afin que le pêcheur ne marche pas dessus. Les chausses profondes ont l'avantage de mieux retenir le poisson ; mais elles sont sujettes à se tordre dans l'eau, et alors elles sont presque dans le même cas que si elles étaient fort courtes, et il est difficile d'en tirer le poisson. Quand elles ont peu de profondeur, on y prend le poisson en y fourrant le bras comme le fait le pêcheur; mais lorsqu'elles sont longues , il faut en jeter une partie sur le bras gauche , et prendre le poisson avec la main droite.
Le pêcheur ayant suspendu à son côté une gline, comme dans le N°. lijig. 1 , ou un sac , pour mettre le poisson qu'il prendra, il saisit l'extrémité de la perche ab avec ses deux mains; puis entrant dans l'eau jusqu'au-dessus de la ceinture, il pose la tra-
quittent leurs jupons pour mettre des espèces de culottes à grands canons.
On a comparé le bouteux à une ratissoire avec d'autant plus de raison , que la traverse laboure le sable ; elle en tait sortir les poissons qui s'y sont fourrés; mais aussi elle écrase le frai et beaucoup de petits poissons j de plus, le poisson qui entre dans la chausse étant souvent traîné assez loin sur le sable, est meurtri, et n'est jamais aussi sain que celui qu'on prend à la ligne ou avec les filets sédentaires.
Cette pêche est donc destructive , quoique , pour diminuer le dommage qu'elle cause , et ménager les petits poissons, l'ordonnance en interdise l'usage depuis le mois de mars jusqu'à celui d'août. Cependant les chaleurs de l'été sont très-favorables pour CQUe pêche.
Dans les saisons où il est permis de pêcher avec le bouteux, aussitôt que la mer est sulfisamment retirée, chacun court chercher son boutemx; car il n'y a personne , même dans les plus nombreuses familles, qui n'ait le sien , grand ou petit : et bientôt toute la plage se trouve couverte d'hommes , de femmes et d'enfans qui poussent leur bouteux le [)lus vite qu'il leur est possible ; ce qui offre un spectacle assez singulier.
Si les pêcheurs sentent les secousses d'un gros poisson qui soit entré dans la chausse, ils relèvent aussitôt leur filet; mais quand ils ne sentent point de secousses, ils poussent leur bouteux quelquefois assez loin sans le relever; et après cette course, ils trouvent dans le filet de petits poissons , mêlés tan tôt avec du goémon, et tantôt avec de la vase, et pour l'ordinaire en assez mauvais état : de sorte que les plus petits, qu'on rejette comme inutiles, sont trop endommagés pour subsister, et sont presque toujours perdus.
On prend à cette pêche non-seulement des poissons ronds qui nagent entre deux eaux, mais encore des plats, que la traverse du bouteux oblige de quitter le sable où ils s'étaient enfouis à la mer b .issante. On y prend aussi quelques grosses chevrettes. La pêche au bouteux se pratique la nuit comme le jour. On donne différentes formes aux bouteux. Quelques-uns , pour que la traverse soit assujettie plus solidement au bout de la perche, la terminent par une petite fourche, ^^. 7, et chaque branche de la fourche entre dans la traverse.
Le petit bouteux, fg. 4, K». II, qu'on nomme volontiers bouquetottt à Coutances, et buhoticr à Baveux, sert pour prendre des chevrettes, à des jeu-
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nés gens qui n auraient pas la force de manier les grands houleux.
On en fait encore de plus petits, qu'en certains endroits on nomme buchots ^ et quelques-uns, au lieu de chausse de filet, en ont de serpillière : ils servent à prendi-e de petites chevrettes ou sauterelles et du poisson au fond des parcs qui n'assèchent point dans les mortes-eaux.
Quand la chausse des bouteux est fort longue, elle est sujette à se replier ou à se tordre sur ellemême : c'est ce qui a engagé quelques pêcheurs à mettre dans cette poche de petits cercles de bois, Jîg. 6, pour soutenir le filet et l'empêcher de s'affaisser sur lui-même. Ces bouteux, qu'on appel!e à queue de verveux ^ donnent beaucoup de facilité au 2)oisson pour entrer dans la chausse; mais ils ne sont guère propres à être traînés sur le sable, les parties du filet qui répondent au cerceau étant bientôt usées par le frottement. Ces sortes de bouteux ont ordinairement un cercle, qui est attaché aux extrémités de la traverse.
A Vannes, on se sert d'un bouteux , qu'on y nomme petit haveneau ^ et qui diffère des bouteux de Normandie en ce que le demi-cercle est quelquefois de fer et que le bout du manche est attaché au milieu de la circonférence du demi-cercle; et pour le fortifier, il y a au bas du demi-cercle, des deux côtés, un morceau de bois long de i8 à 20 pouces, qui s'étend du cercle au manche : les pêcheurs s'en servent comme de ceux de Normandie , en les poussant devant eux sur le sable lorsqu'il est encore un peu couvert d'eau; ils prennent des chevrettes et d'autres petits poissons.
Dans la ci-devant amirauté d'Oistréhan , on fait avec de petits bouteux, qu'on nomme boulets, la pêche de ce qu'on appelle mignon , qui est la même chose que le meslis ou le nonnat ; la chausse a 3 ou 4 pieds de longueur, et les mailles ont à peine 2 lignes d'ouverture. Ceux qui s'en servent à l'embouchure de l'Orne le poussent devant eux à la marée montante, et ils écument à la superficie de l'eau tout le frai et la menuise , que la marée y apporte en abondance dans les temps de chaleur. V. Grenadière, Savre a^. ffaveneau^ quisontencoredes espèces de bouteux.
BOUTIQUE. On nomme ainsi des bateaux percés au-dessous du niveau de la rivière , et élevés sur l'eau , à cause du vide qui est à l'avant et à l'arrière , dans lesquels les pêcheurs renferment et nourrissent du poisson, en attendant qu'ils en aient le débit.
Les agens forestiers peuvent en faire la visite pour connaître s'il n'y a point de contravention à l'ordonnance , dans le poisson qui est renfermé. (Ord. de 1669, tit. XXXI, art. 24.)
BOUTIQUE. On appelle aussi boutique, sur la côte de h Hogue, des nasses, qu'ailleurs on désigne sous le nom de Bouiagues. V. ce mot.
BOUMERE. Nom vulgaire que l'on donne à la f dus petite espèce du genrocjprin , le cyp rinus amarus . Ce petit poisson {PL ()ijig. 10), qu'on pêche dans la iSeine et la Marne, ressemble pour la forme à une c irpe ; on lui donne aussi le nom de péteuse.
Description. — Ce poisson ne parvient guère qu'à 2 pouces de longueur; sa largeur est d'environ un demi-pouce; il a 10 rayons ù la nageoire dorsale, et