‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 41 sur 344 · BRA · texte numérisé non relu

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1 1 à l'anale ; la queue légèrement fourchue; la tête petite et cunéiforme; presque toutes ses parties transparentes ; les écailles grandes ; les opercules jaunâtres; le dos jaune mêlé de vert; les côtés jaunes au-dessus de la ligne latérale , et d'un blanc éclatant au-dessous; la ligne latérale noire ou d'un bleu d'acier ; les nageoires dorsale et caudale^verdâtres ; les autres nageoires colorées d'une teinte rougeâtre.

Habitation.— ~LiSi bouvière habite les eauxpures et courantes et les fonds de sable. On ne la voit dans les lacsque lorsqu'ils sont traversés par une rivière. On la trouve assez communément dans la Seine et la Marne.

Propagation, — On ignore l'époque où elle fraie, et comme elle sert de nourriture aux autres poissons, elle ne se multiplie pas beaucoup.

Qualités. — Ce poisson a la chair amère, et ceux qui le mangent mettent un morceau de fer dans la friture, pour détruire cette amertume.

Il est peu recherché par les pêcheurs. On ne le pêche jamais à la ligne ; on en prend une assez grande quantité pendant l'hiver dans la trouble et clcins Igs nfissGS

BOYAU DE VER A SOIE. On s'en sert pour empiler les Hamecojis. V. ce mot.

BOYER LE POISSON. C'est le vider de ses intestins et le saler. Ce terme est en usage ù Piriac , en Basse-Bretagne.

BRAILLER , c'est remuer le hareng avec la braille lorsqu'il est salé, afin qu'il prenne mieux la salure. On ne braille que quand on sale à terre. Quand on encaque d'abord le poisson, on le tient dans des paniers plats, et on le saupoudre à chaque rangée ou lit qu'on en fait dans la caque, observant quelquefois de le tourner et retourner dans les paniers avant de l'encaquer.

BRAILLES. On appelle ainsi des pelles dont on se sert pour la salaison des harengs.

BRANCHIES. C'est ce qu'on nomme ouïes dans les poissons. Ce sont des espèces de lamelles disposées comme les barbes d'une plume ou les dents d'un peigne.

Les branchies sont pénétrées par un nombre infini de petits vaisseaux qui apportent le sang et le mettent en contact avec l'eau , de même que nos poumons mettent le sang en contact avec l'air j car l'eau contient une quantité d'air suffisante pour le mode de respiration qui convient au poisson : les branchies sont donc des organes propres aux poissons, et qui leur tiennent lieu de poumons ou d'organes de la respiration. V. Poisson,

BRANCOS. Bouts de ficelle d'auffe , qui servent à attacher les cannes des bourdigues qui s'étendent de toute la longueur de l'ourdidon. V. Bourdigues .

BRANDON. Il est défendu aux pêcheurs de rompre la glace sur les rivières et fossés; d'y faire des trous et d'y porter des flambeaux , brandons , et autres feux. {Cahier des charges de la poche fluviale , art. 5<) , conforme à l'art. 1 8 du tit. XXXI de l'orâ. de \66(). )

BRAS DE RIVIÈRES. Les bras non navigables (les rivières navigables sont domaniaux , et il n'est permisà personne d'y faire desconstructions. {An; dn Cons. , du 10 août 1694, au Recueil des Régi. for. .^ l, II , p. 127. )

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BRASSADE. C'est un filet dont les TnalIIes ont

4 lignes d'ouverture, et qu'on emploie ù la manche ou au coup du boulier. V. Boulier.

BRASSE. JNIesure de la longueur de deux bras étendus, ou de 5 pieds.

BRASSER. C'est agiter et troubler l'eau avec la bouloire , pour faire sortir le poisson et le conduire dans les filets.

BRAYES. On donne ce nom à des gords qu'on forme au bord de la mer avec des pieux ou des clayonna^es. V. Verveux.

BRAYE A CHAUSSE. Ancien instrument de pèche, dont l'usage était prohibé par les ordonnances de i388, 1402 et i5i5, citées dans Saint- Yon , p. 225 , et auxquelles se réfère l'ordonnance de 1669, tit. XXXI, art. 10.

BREGE. Tiamail dont on se sert dans la Gironde pour prendre les esturgeons ou créais.

BREGIN, BERGIN ou BOURGIN. On donne, en Provence, ce nom à un filet Cjui diffère peu de l'aissaugue j il est seulement moins grand ^ et on ne s'en sert point dans les grands fonds. Il prend bien des noms différens dans les ports où on l'emploie : on s'en sert pour pêcher au feu , en faisant précéder le filet par un petit bateau qui porte un feu pour attirer le poisson.

Le filet qui porte , à Marseille , le nom de biegin, ressemble beaucoup au petit Boulier (Y. ce mot), et il se tend de même. C'est pourquoi nous nous bornerons à en donner une description fort abrégée. Les ailes des plus grands bregins ont jS brasses de longueur ; savoir, 60 brasses de mailles dites auréras, qui forment dans le bregin les plus grandes mailles; ensuite 10 brasses de mailles cju'on nomme bouguières , et qui ont 9 lignes d'ouverture en carré. Ainsi, les bouguières tiennent lieu, dans le bregin, des auréras de l'aissaugue. Les 5 dernières brasses sont de majours , entièrement semblables à celles de l'aissaugue. Les bouguières et les majours du bregin sont bordés d'un galon de chape, comme les auréras et les majours le sont dans l'aissaugue.

La chausse du bregin est la partie qui diffère le plus essentiellement de V Aissaugue { V. ce mot ) : 1°. cette manche n'étant pas faite pour les grands fonds , on n'y met point de flancs ou pointes; ce qui fait que cette manche conserve dans l'eau plus de longueur que celle de l'aissaugue, et elle y a toujours la forme d'un sac j 2°. on ne doit distinguer que 2 pièces dans la manche du bregin; savoir, le culde-sac et les majours. Le cul-de-sac est plus long et plus étroit que celui de l'aissaugue. Le sac de l'aissaugue . en pleine eau , n'a pas une brasse de profondeur 5 celui du bregin en a 5. Les mailles du cul-de-sac de l'aissaugue ont plus d'ouverture que celles du bregin , qu'on fait avec un fil plus gros , qui est retors en trois , ce qui rend cette manche si serrée , qu'il n'y a point de petits poissons qui puissent s'échapper : de sorte que , quand on a tiré le filet hors de l'eau, et qu'on en a ôté le gros poisson, on en laisse sur le rivage un tas, qui devient la pâture des oiseaux. Pour que ce filet causât moins de désordre , il faudrait réduire le sac à une brasse ou une brasse et demie 5 faire les mailles au moins de

5 lignes d'ouverture en carré, et que le filet fût d'un fil

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moins gros, comme serait le même fil retors en deux. A l'égard du reste de la manche, qui est composé de majours , lesquels ont un peu moins de 6 lignes d'ouverture, on ferait mieux de leur en donner 7, conservantàl'embouchuredecette manche i5 brasses de circonférence.

Ajoutons que le bregin est plus chargé de plomb que l'aissaugue. Il entre en tout pour le bregin 3 quintaux de plomb et autant de liège; tandis que l'aissaugue , qui est un plus grand filet, n'est chargé en tout que de 200 livres de plomb. On emploie 3 quintaux de liège pour le bregin, et ce n'est pas trop pour contre-balancer le grand poids du lest et tenir les mailles plus ouvertes.

Il est sensible que l'embouchure de la manche , que les pêcheurs nomment souvent la gorge ou la margue, augmente ou diminue, suivant qu'on écarte ou qu'on rapproche l'une de l'autre les ailes en traînant le filet.

Nous avons dit que les pêcheurs à l'aissaugue essayant d'établir leur filet sur des fonds unis, mais dans le voisinage des roches, risqueraient de perdre leur filet s'ils tendaient pendant la nuit. Il n'en est pas de même du bregin. Comme on cale le filet sur des plages unies, éloignées des roches, on s'en sert la nuit et avec d'autant plus de raison , cjue comme les pêcheurs se proposent de prendre des bogues , ces poissons, naturellement fuyards, ne donnent dans le filet que durant la nuit.

Nous avons déjà prouvé que ce filet , tel cju'on l'établit, détruit beaucoup de menuise. Ajoutons que les pêcheurs au bregin, pour prendre des maquereaux et des bogues , ne font cette pêche que pendant les mois d'avril, mai, juin et juillet, saison la plus dangereuse pour la destruction du frai et de la menuise.

Cette pêche se fait ordinairement avec un bateau plat, servi par quinze ou vingt hommes. I^a moitié de l'équipage reste à terre et conserve le bout d'un des halins; le reste se met dans le bateau avec l.i tessure. Le patron jette à la mer le halin à mesure que le bateau s'éloigne du rivage ; ensuite il met à la mer la moitié de la tessure ; puis il se rapproche un peu de terre, continuant à jeter à la mer, d'abord le reste du filet, et ensuite le second halin. Lorsque le bateau est rendu à terre, l'équipage fait un feu pour avertir les pêcheurs qui sont restés à terre, lesquels repondent par un autre feu. Alors chacun tire sur son halin fort lentement, et tous se rapprochent peu-à-peu les uns des autres , amenant à eux le filet jusqu'à ce qu'ils aient mis à terre la manche, où l'on trouve ordinairement des maquereaux, des sardines, des bogues, des mulets, des rougets, des pagets, et quelquefois, mais rarement, des thons. A Marseille, les pêcheurs prennent des bols ou postes pour le bregin comme pour l'aissaugue.

On pêche avec le bregin à la lumière } mais nous nous réservons d'en parler lorsque nous traiterons de la pèche au feu.

Aux martigues, les noms de hourgin et de boulier sont synonymes. C'est le même filet : car, quand on pèche dans les étangs, on Ait faire le bourgin-, et à la mer, sur les plages, c'est le Z-ou/Zer qu'on pour-

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rait nommai- grand bourgin. Quelques pêcheurs en distinguent de trois espèces 5 savoir , 1°. le martiégal ; 2°. le grand bourgin ou boulier, et le petit bourgin. Mais ces filets ne diffèrent absolument que par le plus ou le moins d'étendue en longueur et en hauteur , et par les mailles plus ou moins ouvertes.

Dans le royaume de Grenade, on se sert beaucoup , pour la pèche des sardines , d'un filet à mailles serrées, semblable au bregin. Sur les côtes de Malaga et de Marveilha, on le nomme xabega et loliche. Il y en a, comme par-tout ailleurs, de différentes grandeurs.

Depuis le \^^. septembre jusqu'à la fin de mai, on prend avec ce filet des sardines , des anchois et d'autres petits poissons. Pendant les trois mois suivans, ce sont des bonites , des thons , des aloses, etc. On cale ce filet jusqu'à 3o brasses, et on l'établit à 600 brasses de terre. Le reste de la pêche se fait comme celles que nous avons décrites.

Les pêcheurs sont sujets à corrompre tous les termes propres à leur art. Le bregin se nomme brigin à la Ciotat, et bergin à Antibes. Le bregin de Cette est un sardinal nommé boulejou. Dans plusieurs ports de Provence, on le nomme bourgin, burgin , petit houliech , -petite eissaugiie , traîne, etc.

liC filet que les pêcheurs de Martigues nomment soret est une espèce de petit bourgin 5 ses alas ont 3o cannes de longueur, et la margue, manche ou poche, est de 3 cannes, tant en longueur qu'en largeur. Chaque alas est composé de 3 pièces : la première , qui est au bout opposé à la manche, et qui porte le clava , a ses mailles de 24 au pan , 10 cannes de longueur, et 200 mailles de hauteur. La seconde a sa maille de 3o au pan, même longueur que la première , et 3oo mailles de hauteur. Enfin, la troisième pièce, dont la maille est de 36 au pan, a la même hauteur que la seconde ; mais elle est d'une canne et demie plus longue. La margue ou poche du soret, qui se termine carrément comme le fond d'un sac, a 3 cannes en longueur et en largeur 5 savoir, une canne et demie faisant partie delà troisième pièce d'alas, et une canne et demie d'autre filet, (|ui est de même hauteur, et dont les mailles sont de 40 au pan. Ces deux guirons, qui se trouvent placés immédiatementaprès la dixième canne de la troisième pièce, n'ont que 3 pouces en longueur j leurs mailles sont de. i5 au pan j ils commencent par 3o mailles vers l'ouverture de la manche , et finissent par 2.5 vers le fond du sac.

Le soret diffère des autres filets traînans, en ce qu'il est monté haut et bas sur des sardons dans toute l'étendue des alas. Le sardon du liège a 3 quarts de j)au de hauteur, et sa maille est de 25 au pan, et d'un fil plus fort que la nappe. Le sardon du plomb a un pan et demi de haut, avec ses mailles de 14 au pan. On met ces sardons pour conserver le filet, qui, à cause de la petitesse de ses mailles, est fort cher.

Ce filet sert uniquement à prendre, en automne, des mulets, et on en prend quelquefois plusieurs quintaux d'un seul coup de filet.

BREHAIGNE. Ce mot se dit de tout animal qui ne conçoit point, et par conséquent des poissons qui n'ont ni laite ni œufs.

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BRELOT. C'est un poisson demi-plat, de la famille des spares f le corps est plus large que celui du sarguet 5 sa tête est assez grosse et courte j sa gueule n'est pas grande : on aperçoit sur le devant trois dents assez considérables 5 ses yeux sont grands ; la nageoire qui occupe presque toute la longueur du poisson n'est pas fort large , et les rayons sont inclinés vers la queue. La nageoire du ventre, commençant derrière l'anus et finissant à la même distance delà nageoire de la queue, est beaucoup moins longue que celle du dos ; au reste , il lui ressemble à beaucoup d'égards. Le brelot a derrière chaque ouïe une nageoire large et moins longue que celle de dessous la gorge. La nageoire de la queue est assez large et fendue ; ses ouïes sont d'un blanc argenté , marquées en quelques endroits de taches d'un rouge très-vif.

Suivant cette courte description , le brelot d'Aunis a plusieurs points de ressemblance avec le sarguet ou sargo de Provence j mais on estime qu'il fait un meilleur manger.

Le peuple le nomm^ casse - burgos , parce qu'il brise les coquillages pour se nouri'ir de l'animal qu'ils renferment. Il se jette avec avidité sur les appâts. On prend beaucoup de ce poisson aux haims, dans les nasses et avec des filets à manche.

BRÈME , cyprinus brama. ( Lin. ) Poisson du genre cyprin , qu'on trouve dans les lacs, les étangs et les rivières d'Europe. Il était connu dès le XIIl^. siècle sous le nom de bresna ou brena.

Description. — Ce poisson {PL ()ijig- 1 1 ) a la tête tronquée , la bouche petite, la mâchoire supérieure un peu avancée. Son corps est plus aplati que celui de la carpe , et il a aussi les écailles plus grandes. La tète tire sur le bleu , son dos sur le noir, et son ventre sur le blanc. On remarque une tache noire en croissant au-dessus des yeux, et des points sur la ligne latérale. Ses nageoires sont ordinairement violettes, et les ventrales toujours portées sur une appendice.

Les jeunes brèmes s'appellent éperlans bâtards , et les plus âgées brèmes gardonnées , parmi les pêcheurs de la Seine.

On trouve quelquefois en Allemagne des brèmes oîi la couleur rouge domine 5 on les nomme chefs des brèmes.) et les pêcheurs rejettent celles qui tombent dans leurs filets, persuadés que les brèmes ordinaires les suivent et qu'elles quitteraient les parages où ils exercent leur industrie. Bloch pense que ce sont des mulets pi'ovenant de la brème et du rotengle , cyprinus erythrophthalmus. On en trouve encore une autre espèce qui tient de la bordelière , cj'prinus bnllerus , et que le même naturaliste croit être le produit de la brème avec ce dernier poisson.

Habitation. — La brème habite la mer Caspienne, et elle vit aussi dans presque toute l'Europe. On la trouve dans les grands lacs et dans les rivières dont les eaux coulent paisiblement sur un fond composé de marne, de glaise et d'herbages. Elle se tient ordinairement au fond de l'eau, et lorsqu'elle aperçoit un brochet , elle se précipite dans la vase et la trouble pour se soustraire à son ennemi.

Propagation et accroissement. — Les brèmes quittent le fond de l'eau au printemps, à l'époque du frai, et recherchent des rivages unis ou des fonds de

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rivières garnis d'herbes , où les femelles déposent leurs œufs ; elles recherchent même alors les eaux courantes, et lorsqu'elles le peuvent, elles remontent les rivières : chaque femelle est ordinairement suivie de trois ou quatre mâles 5 elles font un bruit assez grand en nageant en troupes nombreuses. Les plus grosses brèmes pondent les premières, ensuite les moyennes , puis les jeunes.

Dans le temps de la ponte, il vient sur les écailles des mâles, comme dans les autres espèces de ce genre, de petits boutons, qui font croire aux pêcheurs que ce sont d'autres poissons. Ces boutons disparaissent au bout d'un mois.

Les femelles sont sujettes à périr lorsqu'il survient un temps froid pendant leur frai.

Bloch a compté 137,000 œufs à une brème femelle qui pesait 6 livres : aussi ce poisson , malgré qu'il ait un grand nombre d'ennemis, est-il trèsabondant dans les eaux qui lui conviennent, et l'un des plus importans pour les propriétaires d'étangs , principalement dans le nord de l'Europe. On en prend quelquefois des milliers à chaque coup de filet , dans les lacs de la Prusse ; on cite un de ces coups qui en rapporta 5o,ooo , pesant 18,000 livres, du fond d'un lac de Suède.

Les brèmes croissent assez vite 5 mais elles parviennent rarement à plus d'un pied de longueur. Cependant il y a des individus de cette espèce qui ont jusqu'à 18 pouces, et qui pèsent jusqu'à 10 kil. ( 20 livres ).

En France, les brèmes ne sont pas aussi abondantes que dans le Nord 5 toutefois il est des étangs où elles fourmillent. Lorsqu'elles sont bien nourries, elles croissent aussi vite que la carpe, et quoique plus petites, elles ne donnent gtière moins de bénéfice à leur propriétaire. On peut les transporter facilement, sur-tout pendant l'hiver , d'un étang à un autre, même sans les tenir dans l'eau. On peut encore plus facilement peupler un étang qui n'en a pas, en empilant dans un seau, avec un peu d'eau , les hcrLes sur lesquelles les femelles ont frayé.

Ennemis et maladies. — Outre l'homme et les poissons voraces, la brème a principalement pour ennemis les oiseaux d'eau. On rapporte cjue les grèbes et les plongeons se réunissent dix à douze ensemble , chassent, en plongeant, les jeunes brèmes vers le bord, où ils les acculent et les mangent. On dit aussi que la bondrée ou buse d'eau cherche assez souvent à contenter sa faim aux dépens des grosses brèmes, mais qu'elle est quelquefois victime de sa voracité, ces brèmes l'entraînant au fond de l'eau.

Nous avons dit que les femelles des brèmes étaient sujettes à périr lorsqu'il survient un temps froid pendant leur frai. Il paraît, au rapport de Bloch, que les brèmes qui périssent de cette cause ont le ventre très-enflé , et que leurs œufs sont en partie décomposés. Les brèmes sont aussi très-sujettes à renfermer des vers intestinaux , et très-exposées à une phthisie mortelle.

Qualités. — La chair des brèmes est blanche, délicate 5 elle varie en saveur, suivant les saisons et les lieux où elles ont vécu. Elle prend un goût et même une odeur très-désagréables dans certains étangs vaseux. Les grosses brèmes se cuisent sur le

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gril, et se servent avec une sauce blanche aux câpres; elles se mettent aussi en étuvée comme la carpe 5 les petites se mangent frites. Les meilleures brèmes sont celles qu'on prend dans une eau vive, et dont la grosseur est médiocre 5 car les petites sont remplies d'arêtes , et les grosses n'ont pas la chair délicate.

Pèche des brèmes. — On prend la brêrae avec la seine, le trémail , l'épervier, la nasse et autres engins ordinaires. On la prend aussi très-aisément à la ligne amorcée de vers de terre. La brème s'effarouche au moindre bruit, et l'on assure qu'en Suède, dans les villages situés sur les bords des lacs où il y a beaucoup de brèmes , on s'abstient de sonner les cloches dans le temps de la pèche et du frai. Lorsqu'on les pèche avec la seine dans les rivières du même pays, on a soin de les chasser vers le filet, au moyen du son du tambour.

C'est pendant l'hiver qu'on prend le plus facilement et le plus abondamment de brèmes 5 elles viennent respirer l'air au trou qu'on a fait dans la glace , quelquefois en telle abondance , qu'on ne voit pas l'eau où elles nagent j et avec un truble ou tout autre filet, on en enlève , chaque fois , autant qu'un homme peut en soulever.

La pêche à la ligne commence en juin et finit en septembre; mais c'est en juillet et août qu'elle est plus abondante.

Quand on pêche avec l'épervier, on amorce, le soir, avec du son ou du blé cuit , et l'on vient jeter l'épervier le matin ; on est presque toujours sûr d'en prendre , mais avec d'autres poissons , tels que des gardons.

BREME DE MER. Les pêcheurs donnent ce nom à un poisson du genre spare, sparus brama. ( Lin. ) On l'appelle aussi carpe de mer. Ce poisson se trouve dans les mers d'Europe et d'Afrique.

Description. — (V. la PL (i.,fis,. 7.) Il a 10 rayons aiguillonnés et 12 rayons articulés à la nageoire dorsale ; 3 rayons aiguillonnés et 10 rayons articulés à la nageoire anale ; les dents de la mâchoire supérieure plus larges et plus serrées que celles de l'inférieure j la ligne latérale large ; les écailles rudes au toucher; le dos gris ; les côtés de couleur argentée et dorée, et le ventre blanc.

Nourriture . — La brème de mer vit d'œufs de poissons et des petits qui en proviennent.

Pêche. — On la prend au filet et à la ligne , pendant l'été sur-tout.

Qualités. — Sa chair est blanche , molle et peu agréable au goût. Cependant les brèmes de mer que l'on prend dans des endroits pierreux sont assez bonnes, sur- tout si on les mange grillées et assaisonnées avec une sauce aux anchois.

BREMOTÏE. Nom que les pêcheurs de la Seine donnent aux jeunes brèmes.

BRESSEAUX. Terme provençal qui signifie les lignes menues qu'on attache sur la maîtresse corde ou le maître de palangre. V. Laniie.

BRETEL. On donne ce nom au maquereau sur plusieurs côtes de la Bretagne.

BRÉTELIÈRES. Demi-folle, qui sert à prendre de petits chiens de mer , que sur plusieurs côtes de Normandie on nomme brcttes ou bretelles. \ . Folles.

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BREUILLES. Ce sont les entrailles des mornes et des autres poissons ^ qu'on emploie quelquefois pour appâts.

BREVEUX. On nomme ainsi, sur la cAte d'Isigny, un crochet de fer dont on se sert j^our tirer les homars et les crabes d'entre les rochers.

BRICOLES. Les bricoles sont de longues lignes terminées par un ou plusieurs haims amorcés , et qui , au lieu d'être attachées à une perche, le sont au bord d'une rivière à une branche d'arbre ou à un pieu qu'on enfonce à portée des endroits où l'on juge qu'il y a du poisson. (P/. 14, fîg' 38. ) On évite de les placer trop près des forts herbiers , ainsi que des arbres dont les branches tombent dans l'eau.

On amorce les haims pour cette pêche comme pour celle à la perche. L'endroit où l'on veut pêcher étant reconnu , on attache un liège à la ligne , à 3 ou 4- pieds de l'haim, suivant la profondeur de l'eau 5 et ayant ployé la ligne en entrelacs, q, autour du pouce et du petit doigt , on la pose ainsi ployée sur le plat de la main droite, et on met pardessus le liège et rhaiin garni de son appât 5 puis, retenant avec la main gauche le bout de la ligne opposé à Vhaini , on jette dé toute sa force la ligne et VhainLy pour que l'appât se trouve à l'endroil (ju'on juge être le plus favorable. Alors on attache le bout de la ligne qu'on avait retenu dans la main gauche à quelque branche d'arbre ou à un piquet q {PL i4) 5 ^lui se rencontre au bord de l'eau.

On tend quelquefois le long d'une rivière , ou au bord d'un étang y 20 ou 3o bricoles semblables dont nous venons de parler; et on tient les lignes de différentes longueurs , pour que les haims ne se rassemblent pas au même endroit.

L'heure de tendre les bricoles varie suivant les saisons : en été , entre 3 et 4 heures de l'après-midi 5 en hiver, entre 2 et 3 heures. On les relève le lendemain matin sur les 8 à 9 heures. C'est ordinairement dans les eaux dormantes ou peu rapides qu'on tend ces pièges.

BRIDER UJN FILET. Un des inconvéniens des mailles en losange, c'est de changer beaucoup de forme , suivant qu'on tire le filet dans un sens ou dans un autre, et on y remédie en le bordant ou en le bridant. V. Filet.

BRIGNE. Quelques pêcheurs français donnent ce nom au loup ou bar, perça punctata» V. Bar.

BRISANS. On appelle de ce nom des rochers qui , s'èlevant à lleur d'eau, forment des lames ou petites vagues : et on donne aussi ce nom aux vagues formées par ces rochers , qui annoncent qu'il y a des écueils à une petite profondeur sous l'eau.

BRISE-GLACE. C'est un rang de pieux de grandeur inégale, recouverts d'un chapiteau, et posés devant une [lalée de pont, du côté d'amont, pour briser les glaces et conserver la palée.

BROCHET, csox luciiis. (Lin.) Espèce de poisson du genre ésoce. On le nomme, quand il est bien jeune , lançon , lanceron ; quand il est d'une grosseur moyenne, poignard; (juand il est plus gros, carreau. Dans quelques provinces, le brochet s'appelle héquet , béchet, lues .^ liipule.

Histoire. — Ce poisson était peu estimé des Ro-

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mains ; il contractait une odeur fangeuse dans les marais de l'Etrurie , où il était pêehé.

Le brochet était connu dans le Nord dès les temps les plus anciens. 11 était commun dans la plupart des contrées de l'Europe , sur-tout en France. Dès 1239, ^^ ^®^ ^^^^ mention du brochet avec le saumon et la lamproie, dans un acte relatif à la pêche des poissons de la Seine: les ordonnances de i3i2, 1028 et i35o, celles de 1387 et 1402 en parlent également. On voit que dans plusieurs rivières, et notamment dans la Saône, il était défendu de le pêcher avant la Saint-Laurent.

Il y avait alors sur les bords de la Somme des étangs qui s'a.^^eXaàenX. fosses aux bequeiz , et qui étaient spécialement employés à contenir des brochets : on les y nourrissait avec de petits poissons, qu'il était permis de pêcher dans cette rivière sans encourir la peine de la loi contre ceux qui détruisent le frai , pourvu qu'on ne leur donnât pas une autre destination que celle de servir de pâture aux brochets.

Description. — Le brochet, dit Laeépède , est le requin des eaux douces , il y règne en tyran dévastateur comme le requin au milieu des mers ] insatiable dans ses appétits, il ravage avec une promptitude effrayante les rivières et les étangs 5 féroce sans discernement, il n'épargne pas son espèce, il dévore ses propres petits ; goulu sans choix, il déchire et avale avec une sorte de fureur les restes mêmes des cadavres putréfiés. Cet animal de sang est d'ailleurs un de ceux auxquels la nature a accordé le plus d'années : c'est pendant des siècles qu'il effraie, agite, poiu'suit , détruit et consomme les faibles habitons des eaux douces qu'il infeste, et comme si, malgré son insatiable cruauté, il devait avoir reçu tous les dons , il a été doué non-seulement d'une grande force , d'un grand volume, d'armes nombreuses, mais encore de formes déliées , de proportions agréables , de couleurs variées et riches.

L'ouverture de sa bouche s'étend jusqu'à ses yeux; les dents qui garnissent ses mâchoires sont fortes , acérées et inégales ; les unes sont immobiles, fixes et plantées dans les alvéoles; les autres, mobiles et seulement attachées à la j^eau, donnent au brochet un nouveau rapport de conformation avec le requin. On a compté sur le palais 700 dents de différentes grandeurs , et disposées sur plusieurs rangs longitudinaux, indépendamment de celles qui entourent le gosier ; le corps et la queue, très-allongés, très-souples et très-vigoureux, ont, depuis la nuque jusqu'à la dorsale , la forme d'un prisme à quatre faces, dont les arêtes seraient effacées.

Pendant sa première année , sa couleur générale est verte; elle devient, dans la seconde année, grise et diversifiée par des taches pâles, qui, l'année suivante, présentent une nuance d'un beau jaune

Parvenu à une certaine grosseur, il a presque toujours le dos noirâtre et le ventre blanc, avec des points noirs.

L'œsophage et l'estomac montrent de grands plis pâles ou rouges , par le moyen desquels l'animal peut rejeter à volonté les substances qu'il ne peut digérer.

Le sens de l'ouïe du brochet est plus parfait quecelui

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de tous les aufres poissons osseux. Cet avantage lui donne un nouveau trait de ressemblance avec le requin et les squales; il lui donne, de plus, la facilité d'éviter de plus loin un ennemi dangereux , ou de s'assurer de l'approche d'une proie difficile à surprendre 5 et d'après l'organisation particulière de son oreille , on doit être moins étonné que l'on ait remarqué , du temps même de Pline, la finesse de son ouïe, et que sous Charles IX, roi de France, des individus de l'espèce que nous décrivons, réunis dans un bassin du Louvre, vinssent, lorscj^u'on les appelait , recevoir la nourriture qu'on leur avait préparée.

La vessie natatoire du brochet est simple , mais grande , et sans cet instrument ce poisson ne parcourrait pas , avec la rapidité qu'il développe , les espaces qu'il franchit contre les courans des fleuves impétueux, et au milieu des eaux les plus pures et par conséquent les moins pesantes et les moins propres à le soutenir.

Habitation. — C'est en effet dans les rivières, les fleuves , les lacs et les étangs qu'il se plaît à séjourner. On ne le voit dans la mer que lorsqu'il y est entraîné par des accidens passagers, et retenu par des causes extraordinaires, qui ne l'empêchent pas d'y dépérir j mais on l'a observé dans prescjue toutes les eaux douces de l'Europe.

Croissance. — Le brochet parvient jusqu'à la longueur de 2 à 3 mètres (6 à 9 pieds) , et jusqu'au poids de 40 ou 5o kilogr. (80 à 1 00 livres) . 11 croit très-promptement. Dès sa première année , il est très-souvent long de 3 décim. (11 pouces); dès la seconde , de 4 (près de i5 pouces); dès la troisième, de 5 ou 6 (18 à 21 pouces) ; dès la sixième, de près de 20 '6 pieds) ; dès la douzième , de 25 (7 à 8 jjieds) ou environ , et cependant cet animal destructeur arrive jusqu'à un âge très-avancé. Rzaczinsky parle d'un brochet de 90 ans. En i497) ^^ P"'' ^ Kaiserlautern , près de Manheim , un autre brochet qui avait plus de 6 mètres Ci 8 pieds) de longueur, qui pesait 180 kilogr. (36o livres) , et dont le squelette a été conservé pendant long-temps à Manheim. Il portait un anneau de cuivre doré , attaché par ordre de l'empereur Frédéric Barberousse 267 ans auparavant. Ce monstrueux poisson avait donc vécu près de 3 siècles.

Nourriture. — Le brochet cependant n'est pas seulement dangereux par la grandeur de ses dimensions , la force de ses muscles , le nombre de ses armes , il l'est encore par les finesses de la ruse et les ressources de l'instinct,

Lorsqu'il est élancé sur de gros poissons, sur des serpens, des grenouilles , des oiseaux d'eau, des rats, de jeunes chats , ou même de jeunes chiens tombés ou jetés dans l'eau , et que l'animal qu'il veut dévorer lui oppose un trop grand volume, il le saisit par la tête , le retient avec ses dents nombreuses et recourbées, jusqu'à ce que la portion antérieure de sa proie soit ramollie dans son large gosier, en aspire ensuite le reste et l'engloutit. S'il prend une perche ou quelque autre poisson hérissé de piquans mobiles, il le sert dans sa gueule , le tient dans une position qui lui interdit tout mouvement et l'écrase, ou attend qu'il meure de ses blessures.

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On dit (jue dans le lac de Zirknitz en Carniole , il y a en grande quantité des brochets de 10 , 20, 3o et 40 livres , dans l'estomac desquels il est assez ordinaire de trouver des canards entiers.

Propagation. — Tous les brochets ne fraient pas à la même époque : les uns pondent ou fécondent les œufs dès la lin de février , d'autres en mars et d'autres en avril. Il paraît que le frai dure les 3 mois du j^rintemjjs ; que les jeunes femelles commencent, et que les plus âgées terminent : ces dernières s'appellent brochets à grenouilles en Allemagne, parce qu'elles pondent en même temps que les grenouilles. A cette époque , celles qui sont dans les étangs ou dans les lacs cherchent à remonter les rivières qui s'y jettent , et toutes approchent du bord pour déposer leurs œufs sur les pierres et sur les plantes assez peu couvertes d'eau pour c|ue l'influence solaire puisse les atteindre : alors elles sont si occupées de leur opération qu'on peut les prendre avec la main.

On donne le nom de brochetons aux très -petits brochets , celui de lancerons ou lançons aux brochets d'une taille médiocre , et celui de brochetscarreaux à ceux qui sont très-gros.

On lit dans les Mémoires de l' Académie de Stoclholm cju'un brochet, mesuré et pesé à différens âges, a présenté les poids et longueurs ci-après indiqués : longueur. poids.

A i an , 33 pouces i once et |-,

Ennemis et maladies. — La multiplication des brochets serait immense si le frai et les brochetons n'étaient la proie de plusieurs autres poissons , même des gros de leur espèce, et de la plupart des oiseaux d'eau ; car on a compté 148,000 œufs dans une femelle de moyenne grandeur.

Les brochets sont aussi tourmentés par des vers intestinaux; on a trouvé, dans un brochet qui ne pesait que 3 livres, jusqu'à trois cents vers du genre des vers intestinaux.

Qualités et usages du brochet. — La chair du brochet est blanche, ferme, feuilletée , de bon goût et de facile digestion. Elle n'est jamais très-grasse», ' et fournit en conséquence une bonne nourriture aux convalescens et aux personnes dont l'estomac est faible, sur-tout quand elle provient d'un jeune poisson. Elle varie, au reste, beaucoup , comme celle des autres poissons, selon l'âge, le sexe, le temps de l'année , et sur-tout le lieu d'où les brochets proviennent. Ceux qui habitent les eaux limpides et abondantes en nourriture sont beaucoup meilleurs que les autres. Ceux de certains lacs d'Allemagne et de Suisse sont extrêmement réputés. Il est quelquesuns de ces brochets , péchés dans les eaux vives , qui, quoique vieux , ont le dos vert et la chair de même couleur aux environs de l'épine dorsale. On les préfère aux autres, et on les paie quelquefois très-cher.

On prépare le brochet d'un grand nombre de manières. La plus générïilement en usage lorsque le poisson est d'une certaine grosseur, celle qui lui

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conserve son goût propre, est le court-bouillon. Pour cela , après avoir vidé et lavé le poisson , on le met dans un vase appelé poissonnière , avec du beurre , du sel , du poivre d'un côté , et de l'autre un gros bouquet de persil, de ciboule , d'ail , de thym, de laurier, de basilic, le tout attaché ensemble; quelques tranches d'oignons , de carottes et quelques têtes de girofle 5 on couvre le tout de vin blanc, auquel on ajoute de l'eau lorsqu'il est trop généreux, et on le met sur le feu. Il est important que le poisson ne soit pas trop cuit , pour qu'il ne se brise pas en le sortant de la poissonnière, parce qu'on le sert entier, en place de rôti, sur une serviette , sans l'écailler. On le mange avec de l'huile et du vinaigre.

On sert aussi fréqucmmentles brochets, lorsqu'ils ne sont pas gros, en entrée dans le même court-bouillon, après les avoir coupés en tranches et écaillés ; mais alors on les mange à la sauce aux câpres ^ ou au coulis, ou en fricassée de poulet. Presque toujours on en met dans les matelotes , on en fait des pâtés froids et chauds d'un excellent goût; on les mange rôtis sur le gril , avec une sauce Robert ou telle autre de haut goût , etc., etc.

Dans beaucoup d'endroits, on sale les brochets , après les avoir vidés , nettoyés et coupés par morceaux.

Sur les bords du Jaïk et du Volga , on les sèche ou on les fume , après les avoir laissés pendant 3 jours dans la saumure. Dans le vaste lac de Tschany , en Sibérie, la pêche du brochet se fait particulièrement en été au filet ; en hiver , on le pêche à l'hameçon sous la glace. Celui que l'on prend en été se sale et se sèche , au lieu que celui d'hiver se transporte tout gelé jusqu'à Tobolsk. On en fait des envois considérables par voitures , et on les vend à très-bon marché. Les pêcheurs sont, pour la plupart, des paysans qui ont abandonné leurs campagnes et se sont établis dans des cabanes sur les rives du Tschany,

Dans d'autres contrées , et particulièrement en Allemagne, on fait du caviar avec les œufs du brochet. Dans la Marche électorale de Brandebourg, on mêle ces mêmes œufs avec des sardines; on en compose un mets que l'on nomme netzin , et que l'on regarde comme excellent. Cependant ces œufs de brochets passent, dans beaucoup de pays , au moins lorsqu'ils n'ont pas subi certaines préparations, pour difficiles à digérer, purgatifs et malfaisans.

Castration. — (j'est sur des brochets qu'on a essayé particulièrement l'opération de la castration , par le moyen de laquelle on est parvenu à engraisser les individus auxquels on l'a fait subir.

Multiplication des brochets dans les étangs. — Si l'on veut se procurer une grande abondance de gros brochets , il faut choisir pour leur multiplication des étangs qui ne soient pas propres aux carpes, à cause d'ombrages trop épais, de sources trop froides ou de fonds trop marécageux : les brochets y réussiront , parce que toutes les eaux douces leur conviennent. On y placera , pour leur nourriture, des cyprins ou d'autres poissons de peu de valeur, comme des rotengles et des rougeâtres , si le fond de l'étang est sablonneux , et des bordelières ou des hamburges , si ce même fond est couvert de vase.

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