‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 44 sur 344 · CAB · texte numérisé non relu

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CABANEAUX. Petites loges pour faire la cuisine, qu'on fait au bord delà mer, et pour loger leséquipages des bâtimens qui font la pêche de la morue sèche. V. Morue.

CABAS. Panier fait avec de l'auffe. On en fait un grand usage en Provence et en Languedoc pour emballer des fruits secs, des poissons salés,

CABÉLLVU ou CABILLAUD, ou CABLLAU.

C'est le nom que porte la morue, gadus morhua , sur les côtes de France, et sous lequel on la mange i Paris lorsqu'elle est fraîche. C'est par erreur que quelcjues pêcheurs regardent le cabéliau comme une espèce particulière de gade. Le cabillaud salé est encore la morue ordinaire, que les Hollandais pèchent au banc de Terre-Neuve, et qu'ils préparent différemment c|ue les Français : ils la fendent dans toute sa longueur et ils en enlèvent l'épine du dos. V. Morue.

CABLES. Gros cordages de chanvre qui servent tant aux vaisseaux qu'aux bateaux.

Dans le moyen âge, on se servait, pour faire des câbles, de peaux de phoques et de rosniares , à cause de leur solidité.

Ces câbles avaient d'autant plus de valeur, qu'on les employait aussi dans les combats sur mer, pour lier fortement ensemble des bâtimens de guerre qui devaient prendre part à l'action.

Les cordages faits avec le cuir du rosmare fui'ent long-temps un objet de commerce entre le Groenland , l'Islande et la Norwege.

CABLEAU. Diminutif de câble ou synonyme de grelin. Les pêcheurs emploient souvent ce terme pour signifier une petite corde qui sert à amarrer quelque chose.

CABLIERE. Les pêcheurs nomment ainsi une pierre percée , qui leur sert à tenir leurs cordes et leurs filets assujettis au fond de la mer ou sur le sable. On dit pêcher à la petite câblière ^ quand on attache au bout d'une ligne simple une petite pierre, qu'on enfouit dans le sable , et pêcher à la grosse câblière ^ quand on attache de grosses |)ieires aux deux extrémités d'une grosse corde , qui est chargée d'empilés. V. hameçons.

CABOCHE. Poisson fort commun dans la grande rivière de Siam. Les Hollandais en font de grosses provisions, et le font sécher au soleil pour le transporter à Batavia. Ce poisson est long d'un pied et demi , et gros de 10 à 12 pouces. Il a la tête un peu plate et presque carrée. On eu distingue de deux espèces. L'un est gris et cendré , l'autre est noir et le plus estimé.

CABOT. Poisson du genre niugil. ( V. Mugil- Mulet.) C'est mal-à-propos, dit Duhamel, que l'on confond ces deux poissons. Le mulet a la tête allongée et le museau assez menu ; le cabot l'a plus grosse, plus large et plus courte qu'aucune autre espèce de muge. Le terme de faZ»o/est principalement en usage à Narbonno et en Provence. Ce poisson a la gueule assez grande , les lèvres peu épaisses , point de dents, les yeux grands. lise plaît à l'embouchure des rivières, et il entre dans les étangs salés pour y dé

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poser ses œufs. On fait beaucoup plus <?e cas des cabots que l'on prend aux Marligues et à l'étang de Thaii , que de ceux qu'on pêche auprès de Marseille. On prétend cpie les cabots ne remontent point dans l'eau douce On prépare aussi leurs œufs pour faire de la boutargue: mais elle n'est pas tout-àfait aussi estimée que celle qu'on fait avec les œufs des mulets.

CABOT ou CHABOT. V. ce mot.

CABOTIÈRE. Bateau plat, long et étroit, de 3 pieds de profondeur, ayant un gouvernail fort Inng , fait en forme de rame , dont on se sert sur la rivière d'Eure.

CABOT lE. L'un des noms vulgaires du perion , poisson du renre des trigles. V. Perlon.

CABOUTIERE ou CABUSSIÈRE, sorte de tramail, dont on fait iisage dans les étangs de Cette.

CACHE ou CHASSE. C'est un filet tendu sur des piquets en forme de palis. On en met à l'embouchure des parcs, pour déterminer le poisson à y entrer.

CABROLE. C'est le Caranx glauque . V. ce mot. CACHALOT, physeter. Les cachalots forment un genre de la famille des cétacés. Ils sont, après les baleines, les plus grands animaux de la mer; il y en a même qui sont aussi grands que les plus fortes baleines. Hs sont plus courageux , mieux armés qu'elles, el ils les attaquent avec fureur; ils marchent en troupes nombreuses et ne sont point , comme les baleines, confinés dans qiielcjues parages ; ils voyagent presque dans toutes les mers, où ils portent le ravage dans les bancs de poissons.

JJescn'ption. — On distingue les cachalots des baleines (V. la PL \o^fig. i) par leur tête énorme , et qui forme près de la moitié de tout leur corps; par un seul évent au bout du museau, et par des dents nombreuses, crochues et pointues à la mâchoire inférieure seulement. Il y a dans la mâchoire supérieure des cavités correspondantes aux dents inférieures, et de petites dents plates et enfoncées dans la gencive. Les dents des cachalots arrachées ont la forme d'un concombre et la grosseur du poignet. Leur gueule est d'une largeur énorme, et telle qu'un bœuf pourrait y entrer. Leur estomac est fort large, car on a vu un cachalot blessé vomir un poisson entier de 12 pieds de longueur, qu'il avait avalé d'une seule fois. Quelques espèces sont pourvues d'une nageoire sur le dos ; une simple eminence la remplace dans d'autres espèces. Les yeux des cachalots sont petits, comme dans tous les cétacés, et le canal de l'oreille presque invisible. Les cachalots ont le sang chaud , et respirent par des poumons; leur chair est très-ferme, dure et entrelacée de tendons , de ligamens et de fibres grossières, dans les(juelles le harpon a peine à mordre ; leur peau est douce, veloutée et de couleur grise; leur langue fort petite ; leur mâchoire inférieure plus étroite que la supérieure et placée au-dessous du corps , ce qui les oblige de se retourner pour saisir leur proie.

Habitation. — On rencontre des cachalots dans toutes les mers; mais ils se tiennent plus fréquemment dans les mers polaires. Leur séjour ordinaire, au nord, est vers le détroit de Davis, les côtes de

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Finmarchie; et au sud, vers la péninsule méridionale de l'Afrique. En 1670, 3oo cachalots échouèrent sur les grèves de l'ile Tiréia ; et en 1690, 102 furent jetés sur le rivage près du port de Kairston. Le 14 mars 1784, à la suite d'une tempête, 3i cachalots demeurèrent à sec sur la côte occidentale d'Audierne , en Basse -Bretagne. En échouant, ils poussaient des gémissemens affreux, qu'on entendait de trois quarts de lieue dans les terres. Cet événement répandit la terreur dans les environs, et ce ne fut que peu-à-peu qu'on s'enhardit et qu'on se décida à approcher du [if-u où ces monstres avaient fait naufrage. Us étaient couchés pêle-mêle, comme de vieux chênes qu'un grand ouragan aurait renversés. Le plus petit avait 34 pieds de longueur, et d'autres en avaient /\5. En 1723, après une tempête suivie d'une marée extraordinaire , 17 cachalots furent jetés sur les bancs de Ritzebuttel , près de Hambourg; ils avaient de 40 à 70 pieds de longueur, et huit hommes pouvaient se tenir sur la largeur de chacun d'eux.

Nourriture. — Comme les cachalots sont mieux armés que les baleines , ils se nourrissent de plus gros poissons : ils donnent la chasse aux veaux marins ou phoques, aux cycloptères, aux dauphins et même aux baleines à bec. Le requin lui-même fuit à l'aspect du grand cachalot, et cherche à s'enterrer sous le sable des mers pour se soustraire à la dent meurtrière de son ennemi.

Propagation. — ■ Les cachalots sont vivipares, et s'accouplent comme les baleines : les mâles sont pourvus d'une verge ou d'un balénas rejifermé dans un fourreau; les femelles ont deux mamelles placées près de l'anus , et il parait qu'elles ne portent qu'un ou deux petits à-ja-fois; que la durée de la gestation est de 9 ou 10 mois, comme pour la baleine franche. La taille des petits est d'environ 10 pieds, et ils n'ont en naissant aucune dent. La mère montre pour son petit une affection plus grande encore que dans presque toutes les autres espèces de cétacés.

Pêche du cachalot et de ses produits.

Quoique la pêche du cachalot ne soit point aussi productive que celle de la baleine, elle a cependant fixé l'attention des gouvernemens , <|ui ont accordé à cette pêche des encouragemens particuliers.

Nous faisons connaître à l'article Pêche maritime, § 1 1 , les actes du gouvernement français qui déterminent la quotité des primes qui sont accordées aux armateurs des ports , et les formalités à remplir pour les obtenir. V. cet article.

Les cachalots ne fournissent qu'une assez petite quantité d'huile , et leur graisse est remplie de tendons et de filamens. Ils nagent d'ailleurs avec encore plus de rapidité que les baleines , et plongent beaucoup plus de temps, parce qu'ils éprouvent moins souvent le besoin de respirer. Ils résistent aussi plus long-temps aux blessures que leur font la lance et le harpon des pêcheurs ; on ne leur arrache que difficilement la vie , et on assure qu'on a vu des cachalots respirer encore, quoique privés de parties considérables de leur corps. Leurs coups de queue sont moins violens que ceux des baleines;

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néanmoins, ils sont assez forts pour briser les nacelles des pêcheurs.

La grosse tête des cachalots n'est pas entièrement remplie par leur cerveau , qui est même assez petit 5 mais tout l'espace qui existe entre la cervelle et le crâne est rempli de cellules contenant une huile très-limpide , qui se fige à l'air, et produit le blanc de baleine, qu'on a bien mal à propos nommé sperme de haleine {sperma ceti). Cette substance se retrouve encore dans toute la graisse de leur corps , mais en moindre quantité. En effet, l'huile retirée du lard des cachalots devient grenue , et dépose une foule de cristaux en flocons semblables à de la neige : c'est du véritable blanc de baleine , quoique moins beau et moins considérable que celui de la tête. Un cachalot de 80 pieds de longueur rend communément 36 quintaux d'huile et plusieurs tonnes de blanc de baleine. La qualité de cette huile n'est pas inférieure à celle des baleines. Il convient d'observer que l'huile qui se vend sous le nom à!'huilc de baleine ne se tire pas seulement des animaux cétacés : on en tire d'un grand nombre de poissons, par exemple, du foie des morues et des chiens de mer, et même des harengs et de tous les poissons de marée , à l'aide de la chaleur et de la pression.

Les cachalots sont fort difficiles à harponner , parce qu'ils sont sauvages, et que le harpon pénètre avec peine dans leur chair, excepté au-dessus des nageoires latérales.

L'un des produits très-remarquables du cachalot est Vambre gris, qu'on rencontre fort souvent dans ses intestins , et particulièrement dans le cachalottrumpo. C'est une matière de nature résineuse , qui se fond comme de la cire, d'un parfum très-agréable , onctueuse , opaque , légère , d'une nuance cendrée, et remplie de paillettes ou de taches blanchâtres. La chaleur ramollit cette substance, exhale son odeur, et celle-ci se développe sur-tout lorsqu'on la mélange à des poudres aromatiques : on l'emploie en médecine comme cordiale et antispasmodique.

C'est principalement dans les mers des tropiques et de la zone torride que se rencontrent les masses d'ambre gris flottant sur les eaux , ovi s'amassant sur les bords de quelques îles, comme les Maldives, les rhilippines, le canal de Mozambique, les îles Lucaics , les Bermudes, etc. Les oiseaux marins, les poissons, les cétacés, sont très-friands d'ambre gris, et le recherchent pour le dévorer.

On prétend que les baleines et sur-tout les cachalots, se nourrissant de poulpes et de sèches, c[ui eux-mêmes contiennent de l'ambre gris , peuvent le former dans leurs intestins, et le rejeter avec leurs excrémens ou par vomissement. Il est certain qu'on en a trouvé dans l'estomac de plusieurs cétacés, et <jue les Lidiens, les insulaires, qui ramassent cette matière, la regardent, en général, comme un excrément de baleine. On trouve des masses d'ambre gris d'une f,Tosseur prodigieuse : on en a vu du poids de ■82 livres , de 225 livres et même de plusieurs quintaux. Quoique cette matière soit assez commune, elle est cependant très -chère : celle de 225 livres fut vendue 52, 000 fr. L'ambre, en sortant de la mer, répand une odeur désagréable et très-forte, mais qui devient suave par la suite.

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Lorsqu'on harponne le cachalot , il vomit soU' vent et rend ses excrémens : il est inutile alors de chercher l'ambre gris dans ses entrailles; mais si l'animal est malade, engourdi, dans ce cas il ne rejette rien , et l'on peut espérer de rencontrer cette précieuse matière. C'est principalement dans les individus maigres et malades qu'on la trouve ', elle est placée dans une poche intestinale du cœcum, et souvent entourée de matières focales. Cet ambre gris est plus mollasse que celui qu'on trouve dans la mer, mais l'air lui donne bientôt de la solidité. Dans le ventre du cachalot, l'ambre a presque l'odeur et la couleur des déjections de cet animal, qu'il perd promptement par son exposition à l'air et au soleil.

Quoique beaucoup de probabilités semblent se réunir pour faire penser que l'ambre gris est produit par les cachalots, il est possible que ces animaux l'avalent tout formé, de même que les poissons , les oiseaux et les quadrupèdes, qui en sont fort avides.

Espèces de cachalots.

Lacépède adonné, dans son Histoire des Cétacés, la description de quatre espèces de cachalots : le macrocéphale , le tninipo , le svineval et le cachalot blanchâtre ; et il a formé deux genres, sous les noms de physales et ào. plijsétères , de quelques autres cétacés, que plusieurs naturalistes avaient renfermés dans le genre des cachalots. Nous les comprendrons tous dans cet article, pour éviter les renvois.

Grand cachalot, pliyseter macrocephalus. (Lin.) PL 10, fig. 1.) Suivant Anderson, le nom de cachalot lui a été donné sur les rives occidentales de la France méridionale, et signifie animal à dents. il se nomme en hollandais potvisch , kaizilot^ en allemand , pottfisch , caschelott ', en norwégien , kaskelot, trold-hual , etc.; en islandais, rod-kammen (peigne rouge); en anglais, spcrma ceti.

Description. — Cet énorme cétacé a en cjuelque sorte la figure d'une crosse de fusil. Sa tête, volumineuse, et qui comprend le tiers de sa taille, paraît comme une grosse masse tronquée vers le museau : c'est de sa cavité que s'extrait le blanc de baleine. La mâchoire inférieure, plus courte, plus étroite que la supérieure, est placée en dessous. Ses dents Inférieures, fortes, saillantes de quelques pouces, pointues et un peu recourbées , sont reçues dans autant de cavités de la mâchoire supérieure , entre lesquelles se trouvent des molaires aplaties. Sa langue est courte, carrée, rouge, et ressemble à une grosse masse de chair. L'œil est situé plus haut que dans plusieurs cétacés , et n'a qu'un très-petit diamètre. On peut à peine distinguer l'orifice du conduit auditif. Les deux évents se réunissent à l'extérieur, et n'ont qu'une seule sortie; l'eau qui est lancée par cette ouverture, au lieu de s'élever verticalement, décrit une courbe dirigée en avant. Sur le dos s'élève insensiblement une sorte de callosité longitudinale, et qui présente la figure d'un triangle rectangle. La pectorale est un peu ovale, ordinairement longue de plus d'un mètre. La nageoire de la queue se divise en deux lobes, dont chacun est échancré en forme de faux. Le dos est noir ou noirâtre, quelquefois mêlé de reflets verdâtres ou de nuances grises. Le ventre est gros , arrondi et blan-

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châtre. La verge du mâle est renfermée dans un fourreau; la femelle porte deux mamelles, cachées chacune dans une cavité longitudinale. La graisse n'a que 6 pouces d'épaisseur; la chair est rouge, comme celle du cochon.

Habitation. — Le cachalot macrocépliale appartient à presque toutes les mers : il se trouve dans la Méditerranée ; on l'a vu dans les parages du Spitzberg ; auprès du cap Nord et des côtes de Finmarck ; dans les mers du Groenland ; dans le détroit de Davis ; dans la plus grande partie de l'Océan atlantique septentrional; dans le golfe britannique; auprès de l'emboucliure de l'Elbe; aux environs de Bayonne ; non loin du cap de Bonne-Espérance ;

firès du canal de Mosambiquc , de Madagascar et de 'Ile-de-France ; dans la mer qui baigne les rivages occidenlales de la Nouvelle-Hollande; vers les côtes de la Nouvelle-Zélande ; près du cap de Corientes , du golfe de Californie ; autour des îles Gallapagos, à la vue de l'ile Mocha et du Chili ; dans la mer du Brésil , et enfin auprès de notre Finistère.

Les macrocéphales , pour se livrer à leurs amours avec moins d'inquiétude et de trouble , se rassemblent auprès des rivages les moins fréquentés. Le capitaine Colnett dit que les environs des îles Gallapagos sont, dans le printemps, le rendez-vous de tous les cachalots macrocéphales des côtes du Mexique , du Pérou et du golfe de Panama.

Pêche et produits — Ce que nous avons dit delà pèche des cachalots en général s'applique à la pêche des macrocéphales.

CaCHALOT-SvINEVAL ou PETIT CACHALOT , phy-

seter catodon. [ Lin. ) Le nom de svineval ou svinchval lui a été donné en Norwege, et celui de petit cachalot par les naturalistes , cjuoiqu'il en existe encore une espèce plus petite.

Ce cétacé a la tête arrondie ; l'ouvertui-e de la bouche petite; la mâchoire inférieure plus étroite que celle d'en haut, et garnie de dents qui correspondent à des alvéoles creusés dans la mâchoire sufiérieure; l'orifice des évents situé à l'extrémité de a partie supérieure du museau; une éminence raboteuse et calleuse sur le dos.

Les svinevals vivent en troupes dans les mers septentrionales. Vers la fin du dernier siècle, 102 de ces cachalots échouèrent dans l'une des Orcades, au port de Kairtson : les plus grands n'avaient que 8 mètres (24 pieds) de longueur.

Cacha LOT-TnuMPo, p^y^e^er trumpo. (Bonnat.) Cette espèce a jusqu'à 24 mètres (72 pieds de longueur), et 14 mètres (42 pieds) de circonférence dans sa plus grande grosseur, à l'endroit où finit sa tête et où commence le corps. Il a une tête énorme, dont la longueur peut surpasser la moitié de la longueur totale du cétacé; la mâchoire supérieure beaucoup plus longue et plus large que l'inférieure; la partie supérieure de la tête convexe dans presque tous les sens; les dents de la mâchoire inférieuie, le plus souvent au nombre de dix -huit de chaque côté, droites, grosses, pointues, blanches comme de l'ivoire, et longues d'environ 1 décim. (7 pouces); l'œil petit, placé au-delà de l'ouverture de la bouche et plus élevé que cette ouverture ; à l'extrémité du museauj une bosse dont la sommité présente l'ori-

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fice des évents; au-delà de cette sommité et sur la tète, une grande convexité, séparée de celle du dos par un enfoncement très-sensible; près de la queue, sur le dos, une bosse épaisse d'un pied; les bras ou nageoires pectorales extrêmement courts; la peau douce au toucher et d'un gris noirâtre en dessus, et plus pâle en dessous du corps.

Ce cachalot est très-agile et plein de courage : lorsqu'on le blesse, il se tourne sur le dos, et se défend avec sa gueule à toute outrance.

Il se plaît dans la mer qui baigne la Nouvelle- Angleterre et auprès des Bermudes; mais on l'a vu aussi dans le Groenland, le Golfe britannique et dans celui de Gascogne. La graisse du trumpo fournit une huile qui , dit-on , est moins acre et plus claire que l'huile de baleine franche.

Un trumpo mâle qui échoua, en avril 174I) près de la barre de Bayonne, donna 10 tonneaux d'adipocire (blanc de baleine), d'une qualité supérieure à celui du macrocépliale, et qu'on retira de la cavité antérieure de sa tête. On trouva aussi dans son intérieur une boule d'ambre gris , du poids de i3 livres.

Cachalot blanchâtre , catodon albicans. Ce cétacé paraît de loin avoir beaucoup de rapport avec la baleine franche ; mais il en diffère par la forme de sa tête , plus allongée , et par son museau nioi;:s arrondi. 11 a les dents fortes , mais émoussées à leur extrémité, comprimées et courbées. Sa couleur est d'un blanc mêlé de teintes jaunes. Sa longueur n'excède souvent pas 5 à 6 mètres. On l'a rencontré dans le détroit de Davis.

Cachalot cylindrique, physale cylindrique de Lacépède , phjsalis cylindricus. C'est le -walvisch-wangst Aqs Hollandais. (V. la PL 10, Jig. 2. )

Description. — La position des évents de ce cétacé a déterminé Lacépède à le séparer de la famille des cachalots, et à en former un genre particulier, auquel il a donné le nom àc pliysale. C'est, de tous les grands animaux , celui dont les formes ont le plus de régularité, et qui, vu de loin, ressemble peut-être le moins à un être animé. La forme cylindrique , qu'il présente dans la plus grande partie de sa lo.jgueur , le ferait prendre pour un immense tronc d'arbre , si on connaissait un arbre assez gros pour lui être comparé. Sa tête , sur-tout, ressemble d'autant plus à un cylindre colossal, que la mâchoire inférieure disparaît, pour ainsi dire, au milieu de celle d'en haut, et que le museau, qui paraît tronqué, se termine par une surface énorme, verticale , presque plane et presque circulaire. La tète du ph\- «ale peut être aussi longue que la moitié du cétacé, et sa hauteur peut égaler une très-grande partie de sa longueur.

Le physale cylindrique a la mâchoire inférieure un peu plus courte que celle d'en haut, et d'ailleurs plus étroite ; l'ouverture de la bouche plus longue que large, et d'autant plus effrayante, que la mâchoire inférieure est hérissée, sur ses deux bords, de dents pointues , recourbées , et qui deviennent plus fortes à mesure qu'elles sont plus près de l'extrémité du museau. Ces dents, au nombre de vingtquatre ou vingt-cinq de chaque côté , entrent dans des cavités correspondantes de la niùchoii-e supé-

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rieure. La langue est mobile, mais étroite et courte. L'œsopKage , au lieu d'être resserré comme celui de ia baleine franche, est assez large pour que, suivant quelques auteurs , un bœuF entier puisse y passer. On a trouvé dans un iiidiiidu que l'estomac avait 2"»! 1 décim. (6 pieds4 pouces) de longj il renfermait des arêtes , des os et des animaux à demi dévorés. L'orifice des évents est situé à une assez grande distance de l'extrémité supérieure du museau, pour répondre au milieu de la longueur de la mâchoire d'en bas. L'œil est placé un peu plus loin encore du museau que l'ouverture des évents. La partie supérieure du corps est une continuation du cylindre Formé par la tète, et c'est vers la fin de ce long cylindre que l'on voit une bosse, dont la hauteur est ordinairement d'un pied et demi , lorsque sa base est d'environ 4 pieds. La queue, qui commence audelà de cette bosse, est grosse, conique, et trèscourte à proportion de la gi-andeur du physale 5 cependant la caudale a très-souvent plus de 12 pieds de laj-geur , depuis l'extrémité d'un lobe jusqu'il l'extrémité de l'autre. La base de chaque pectorale est très-près de l'œil , presqu'à la même hauteur que cet organe; celle nageoire n'a guère plus de 3 pieds de longueur. Le ventie est un peu arrondi; la verge du mâle a près de 6 pieds de longueur, et un 2:)ied et demi de circonférence à sa base ; l'anus n'est pas éloigné de cette base. La couleur du jjhysale est noirâtre; sa chair a une assez grande dureté pour résister aux lames tranchantes, au harpon et aux lances.

On rencontre ce cétacé dans l'Océan glacial et dans la partie boréale de l'Atlantique septentrional. Dans la tête du physale est une grande cavité , divisée en deux portions, situées l'une au-dessus de l'autre. On a trouvé dans la portion supérieure de cette cavité 700 livres d'une substance huileuse, fluide, très-fine et très-blanche, qui se coagulait dès qu'on la versait dans l'eau froide ; et l'on vit les compartimens de la portion inférieure , lorscju'ils furent vidés, se remplir d'une liqueur semblable à celle dont nous venons de parler. Cette liqueur y était versée par l'orifice d'un canal qui se prolongeait ie long de la colonne vertébrale jusqu'à l'extrémité de Ja queue. On retira de cette portion inférieure de la cavité 1 100 livres d'un adipocire (blanc de baleine), qui, mis dans l'eau froide , y ])renait la forme de flocons de neige, mais qui était d'une qualité inférieure à celui de l'autre portion de la cavité.

Cacuaiot-Michops, physeter-microps de Lacépède , ou cachalot à dents en faucille des pêcheurs , le physeter microps de Linné et de Bonnaterre, le ataiir-himijig des Norwégiens , et le tuagusik des Giocnlandais. C'est un des plus grands, des plus cruels et des plus dangereux habitans de la mer.

Il parvient jusqu'à 70 et 72 pieds de longueur. Sa lête égale la moitié de sa longueur totale lorsqu'on lui a cou[)é la nageoire de la queue. Les auteurs varient sur le nombre de dents qui garnissent la mâchoire inférieure : Ips uns disent qu'elles sont au nombre de seize ; d'autres au nombre de vingtdeux, et Artédi et Gmelin assurent qu'il y en a quarante-deux. L'orifice commun des deux évents

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est à une petite distance de l'extrémité du museau. L'œil est aussi petit que celui du gade aglefin, poisson qui n'a ordinairement que 3 pieds de longueur : c'est la petitesse de cet organe qui a fait donnera ce cachalot le nom de microps, qui signifie petit œil. Ciiaque pectorale a 3 pieds de longueur. La nageoire du dos est droite , haute et aiguë comme un pieu. La cavité située dans la partie antérieure et supérieure de la tête , et qui contient plusieurs tonneaux d'adipocire (blanc de baleine), a été comparée à un vaste four. Sa chair est un mets délicieux pour les Groenlandais et les autres habitans du nord de l'Europe et de l'Amérique. Sa graisse est très-blanche. La peau est unie, douce et d'un brun noirâtre.

Cet énorme cétacé, qui a besoin d'une grande quantité de nourriture, donne la chasse aux bélugas, aux marsouins, aux phoques, et même aux jubartes et aux jeunes baleines. Quelques pêcheurs ont rapporté que la rencontre des microps annonçait l'approche des plus grandes baleines.

Il habite dans les mers voisines du cercle polaire. En 1723, 17 microps furent poussés par une violente tempête dans l'embouchure de l'Elbe, où ils furent trouvés sur le sable. Les mâles étaient couchés chacun auprès de leur femelle.

La pêche du microps est accompagnée de beaucoup de dangers. Elle présente d'ailleurs des difficultés particulières : la peau de ce cétacé est trèspeu épaisse , et sa graisse ramollit trop sa chair pour que le haipon soit facilement retenu.

Caciialot-Of.thodon. Anderson avait considéré ce cétacé comme une espèce de cachalot. Lacépède en a fait la seconde espèce de son genre des physétères. V. Ortliodon.

Cachalot-Mular. C'est le physéter-mular de Lacépède. V. Alular.

CACHE ou chasse. Filet tendu sur des piquets , en forme de palis. On en met à l'embouchure des parcs, pour déterminer le poisson à y entrer.

CAGARELLE. Nom que l'on donne à la mtadole , poisson du genre des spares. V. NLendole.

CAGE, CLAIE, CASIEll. Sorte de nasse. On donne aussi ce nom à une barrière ou grillage de bois, qu'on fait à la bonde d'un étang pour empèclier que le poisson s'échappe quand on ouvre la bonde.

CAGNO ou SQUALE GLAUQUE ou BLEU, squalus glaucus ( Lin. ) ,• galeus glaucus ( Rond. ). Ce scjuale est connu sous les noms de cagnot bleu ou blanc , de chien de mer bleu, et de chien de mer glauque. H se nomme en anglais blue shark , et en allemand blautr-hay.

Description. — C'est un grand poisson cartilagineux , qui parvient ordinairement à 1 5 pieds de longueur. On a même vu des individus de cette espèce , dans la Morwege, qui avaient jusiiu'à 5o pieds de longueur. Lorsque ce squale a 8 pieds de long, il en a 4 <le circonférence et pèse 200 livres. Il a la tête un peu aplatie; l'ouverture de la gueule également éloignée du bout du museau et de la base des nageoires pectorales; les dents triangulaires, allongées, aiguës et sans dentelures ; la nageoire dorsale plus près de la tèle que les nageoires ventrales; une

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