‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 46 sur 344 · V. Gros-Yeux · texte numérisé non relu

V. Gros-Yeux

CALIMANDE. Poisson du genre des pleuronectes, qui parvient à un pied de longueur, dont le côté gauche est jaspé de différentes couleurs, et la mâchoire inférieure très-relevée. Il habite les mers de l'Europe ; mais il est rare.

CALINS. Nom qu'on donne à deux piquets ou pieux de l'entrée de la tour de la Paradière. \ .Parc.

CALLARIAS. Nom donné par les Romains à un gade de la Méditerranée, et dont ils faisaient beaucoup de cas. V. Gade.

CALLIONYME. Genre de poissons, qui comprend, d'après Lacépède , cinq espèces, dont la plus intéressante pour la pêche est la lyre , qu'on appelle aussi doucet, souris de mer , lavandière et laceret. V. Lyre.

CALLIQUE. Nom qu'on donne à un poisson de la famille des aloses, qui se prend à Agde. W Cèle riu .

CALLUAUX. V. Feinte.

CALMAR, scpia lo/igo, ( Lin. ) C'est le nom que l'on donne, sur les bords de la Méditerranée, à une espèce de sèche , qui a les ailes demi-rhomboïdales et le bord du sac à trois lobes. Elle se trouve dans les mers de l'Europe.

Le nom de calmar lui a été donné à cause du rapport qu'il a par sa figure avec une écritoire , ou parce qu'il peut fournir une espèce d'encre à écrire. Il s'accouple comme la sèche off.cinale , et a plusieurs rap]>orts de configuration avec elle, par les pieds , la langue et la tête ; sa chair est cependant bien plus molle. Cet animal a 8 filets assez courts, une espèce de bec fort dur, et des nageoires qui servent à l'élever au-dessus de l'eau. Il vit de petits poissons , d'écrevisses et de langoustes de mer. Lef

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loups de mer recherchent volontiers les calmars pour en faire leur proie ; mais ceux-ci se dérobent à leur poursuite par un artifice ingénieux : ils jettent une liqueur noire contenue dans deux canaux qui sont situés sous leur ventre : cette liqueur trouble l'eau et voile leur fuite ; le poisson s'élance alors dans l'air et échappe à la poursuite de son ennemi mortel. Le calmar se trouve abondamaiont sur les côtes du Portugal : on le pêche, quoiqu'il ne soit pas regardé comme un bon poisson. Celui qu'on péchait autrefois dans le golfe d'Ambracie était fort estimé des Romains. Y. Sèche.

GALOPS. Poisson du genre des Labres. V. ce mot.

CAME, CHAMA. Genre de coquilles bivalves, dont le caractère est d'avoir les valves inégales et adhérentes aux rochers , une charnière composée d'une seule dent oblique, épaisse, crénelée ou raboteuse, et articulée dans une cavité de la valve opposée. Les anciens auteurs comprenaient dans le genre came beaucoup de coquilles dont on a formé quatre nouveaux genres.

Les cames proprement dites vivent ordinairement à une petite profondeur dans la mer , attachées aux rochers ou aux coraux , ou groupées ensemble. On les mange comme les huîtres. Il y en a une douzaine d'espèces , parmi lesquelles il faut remarquer la carne feuilletée f qui se trouve dans la Méditerranée et dans toutes les mers entre les tropiques , et dont le caractère est d'être couverte de feuillets lâches , tuiles, déchiquetés, et dont les bords sont légèrement plissés j la came grypîioïJe, qui se trouve dans les mêmes eaux, etqiî est couverte de feuillets serrés, tuiles, plissés, ou épineux, et dont les valves sont légèrement striées en dedans et sur leurs bords.

CANARD. Espèce de filet de 5o brasses de longueur et de 8 pans de large, soutenu par des roseaux. La pêche de mer où on emploie ce filet dure pendant les mois de juillet, août et septembre.

CANAUX. Fossés ou saignées faites pour contCiiir de l'eau , la conduire d'un endroit à l'autre, ou la faire écouler.

Par l'art. 44 du tlt.XXVH de l'ord. de 1669, il est défendu de détourner l'eau des rivières navigables et flottables, et d'en affaiblir ou altérer le cours par tranchées, fossés et canaux, à peine d'être puni comme usurpateur.

Les lois des 16 septembre 1807 6l 12 avril 18:0 ont ordonné des impositions extraordinaires pour confection de routes et canaux, et pour la navigation des fleuves et rivières. Elles contiennent le détail des travaux à exécuter.

La mise en ferme de la pêche dans les canaux, et les produits des francs-bords et des plantations qui appartiennent à l'État, sont attribués à la direction des ponts et chaussées. ( Décr. du 23 dëc. 1810.^

CANCHALAVAR. Nom que les pêcheurs des Açores donnent à une espèce de truble.

CAISGRE. Ce mot désignait autrefois tous les crustacés plus ou moins aplatis , plus ou moins approchant de la forme ronde , et dont la queue est courte et cachée entièrement sous le ventre. Il est aujourd'hui synonyme de crabe. V. Crabe et Ciustacê.

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CANESTEAU. On nomme ainsi, en Provence, le panier dans lequel les pêcheurs roulent les cordes chargées d'empilcs et de haims. Ces paniers ont une bordure de liège, qu'ils nomment ^a/-/a/zc?e.

CANICULE. V. Milandre.

CANNES ou PERCHES. Le mot canne vient du latin caniia , qui signifie roseau. On désigne aussi sous le même nom toute espèce de brin de bois façonné de manière à servir à la promenade. La perche est un brin de bois long et menu.

La perche du pêcheur est ordinairement composée de trois pièces principales, qui s'ajustent les unes at» bout des autres, et qui sont la canne, la baguette et le scion. Sa longueur varie suivant l'étendue de la nappe d'eau où l'on se propose de pêcher, et sa grosseur doit aussi être proportionnée aux lignes qu'on y attache.

Les personnes qui pèchent pour leur agrément ne se donnent point la peine de fabriquer elles-mêmes leurs perches ou cannes : elles les achètent toutes faites chez les marchands d'ustensiles de pêche. M. Kresz, cjui tient une fabric^ue de ce genre à Paris , quai de la Ferraille , a donné , dans son Pêcheur français , la description de trois modèles de cannes les plus usitées, et qui suffisent pour toutes sortes de pêches dans les rivières.

Nous allons les faire connaître; après quoi, nous parlerons de la manière de préparer soi-même les perches à pêcher.

La première espèce de canne décrite par M. Kresz sert à la pêche des petits poissons 5 sa longueur est de 9 à 10 pieds, et elle se compose de trois pièces : la première est un bambou creux, d'un 2)0uce de diamètre , dans lequel est un autre bambou de 8 lignes de diamètre , également creux et proportionné au premier. La diminution, qui se prolonge d'une extrémité à l'autre, doit être la même dans chacune de ces pièces, afin qu'elles puissent s'ajuster parfaitement. Dans cette seconde pièce est un scion de 4 lignes de diamètre à son gros bout, et d'une ligne à l'autre extrémité, qui se trouve terminée par un bouton de fil poissé, auquel on fixe la ligne. ïl se compose lui-même de deux pièces entées l'une sur l'autre : la première est en bois de troëne, la seconde en baleine unie. Pour monter la canne , on visse ces trois pièces les unes au bout des autres \ pour la démonter, on met le scion dans le bambou du milieu, puis les deux dans le premier, aux extrémités duquel on visse une pomme et un bout , ce qui fait alors une véritable canne de promenade.

La deuxième sorte de canne pour la pêche des moyens poissons «e diffère de la première qu'en ce qu'elle se compose de quatre pièces, dont trois en bambous, et un scion semblable à celui dont on vieivt de parler. Sa grosseur doit être double de celle de la première, et sa longueur de i5 à 16 pieds, afin d'atteindre commodément les endroits éloignés des bords, dont ces poissons approchent rarement.

hà fîg. 16, PI. Il, représente une canne : le bambou a b est la première des quatre pièces j à son extrémité b s'ajuste le bout a du bambou n». 2, qui reçoit également à son bout b celui a du n". "à, dont l'extréniité cassée est réunie au

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n". 4f 1"i présente le scion, autour duquel est roulée une ligne, pour donner l'idée de la manière dont on l'attache. ^

La canne étant démontée et la ligne détachée du scion, on place ce scion n". 4 dans le bambou uo. 3; celui-ci dans la pièce no. 2, qui entre elle-même dans celle a b , fig, 16. A l'extrémité a de celle-ci, on visse la pomme C, et à l'autre b le bout en cuivre d.

La troisième sorte de canne n'est employée c[ue pour la pêche des saumons, truites et brochets. Elle se compose de trois pièces d'une longueur de 5 pieds cliacune,^^. 17, et qui toutes sont pleines : les deux premières sont en bois de frêne , le plus sec possible 5 et l.i troisième, qui forme le scion, est un bambou des Indes orientales, garni d'une baleine à son petit bout. Ces trois pièces s'ajustent l'une sur l'autre; et la canne, étant montée, doit avoir au gros bout a , n». 1,18 lignes de diamètre, qui se réduisent à une seule ligne à l'extrémité h du scion n°. 3.

Elle est garnie, dans toute sa longueur, de plusieurs anneaux de 2 lignes de diamètre , placés à une distance de 2 pieds l'un de l'autre, ainsi qu'on le voit aux trois pièces : cette disposition est nécessitée par la force des poissons à la pêche desquels cette canne est destinée. Ces anneaux servent à conduire la ligne le long de la canne ; ils l'amènent ainsi jusqu'au bout a de la pièce n». \ifig- 1 7, où l'on voit un moulinet en cuivre D. On roule sur le moulinet la ligne, qui doit avoir une longueur qui varie de 5o à 100 aunes, et on la dévide lorscju'il est nécessaire de la laisser suivre le mouvement du poisson , qui, opposant une résistance opiniâtre quand il se sent piqué , parviendrait à la rompre sans cette précaution.

M. Kresz observe que les deux premières sortes de cannes doivent être en bambou d'Amérique , parce que tout autre bois creusé dans sa longueur présente l'inconvénient de se fendre , ou de se déjeter par l'effet de l'humidité ou de la chaleur du soleil j ce qui empêche de retirer les pièces les unes des autres. On peut cependant pêcher avec une gaule à l'extrémité de laquelle on place un scion de noisetier, orme, cornouiller, troène, épine ou tout autre bois flexible.

Manière de fabriquer les perches. — Les pêcheurs qui fabriquent eux-mêmes leurs perches emploient un bois léger et élastique , tel que celui du coudrier, du saule, du peuplier, du tremble, du micocoulier. Le choix et la préparation de ces perches exigent quelques précautions : elles doivent avoir au moins g pieds de longueur, [^ o\x S pouces de grosseur au gros bout, et pas tout-à-fait un pouce à l'autre extrémité 5 être bien droites et exemptes de nœuds, qui en trancheraient le bois. Il faut les couper en hiver; et pour qu'elles ne se courbent pas en se desséchant , on porte souvent l'attention de les lier chacune sur une forte règle de bois, bien dressée à la varlope. Walton conseille même, lorsqu'on les a coupées, de les coucher à plat dans un four modérément chauffé, où on les laisse jusqu'à ce qu'elles soient refroidies, et de les tenir ensuite dans un lieu sec pendant un mois ; puis de lier for-

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tement chaque brin sur une forte pièce de bois carrée. On s'occupe ensuite de percer le brin dans toute sa longueur j et à cet effet, on prend un gros fil de fer de chaudronnier , cpi'on a2)pointit par un bout ; on fait chauffer ce bout dans un feu de charbon, jusqu'à ce qu'il soit rouge à blanc, et on s'en sert pour percer la gaule, en l'enfonçant dans l'axe et le tenant toujours droit; on perce tantôt par un bout et tantôt par un autre, jusqu'à ce que les deux trous se rencontrent. On se sert, pour augmenter ce trou, de broches de fer dont le diamètre augmente de plus en plus, et qu'on fait également rougir jusqu'au blanc. Il est entendu que le trou doit diminuer de diamètre par degrés , depuis le gros bout jusqu'à l'autre extrémité, où il doit être plus étroit.

Lorsque cette canne , qui forme la première pièce de la perche , est ainsi préparée et travaillée proprement, tant à sa surface qu'à l'intérieur, on la fait tremper dans l'eau pendant 2 jours; puis on la transporte dans un lieu couvert, où on l'expose à la fumée jusqu'à ce qu'elle soit parfaitement sèche. Cette canne doit faire environ la moitié de la longueur de la perche , et le trou dont nous venons de parler sert à recevoir deux baguettes.

Pour faire la baguette qu'on doit ajouter au bout de la canne creuse , on coupe aussi en hiver un beau jet de coudrier, que l'on fait sécher de la même manière que la canne ; ensuite on dresse cette baguette : on la réduit à une grosseur convenable , pour qu'elle entre dans le trou de la canne du côté du gros bout, et jusque vers la moitié de sa longueur. Pour compléter la perche, on choisit des scions ou nouvelles pousses , droites et déliées , d'épine noire, de pommier sauvage, de néflier ou de genévrier : on dépouille ces houssines de leur écorce ; on les fait sécher, après les avoir réunies en faisceaux d'un certain nombre, qu'on a liés fortement avec une bonne ficelle, et avoir diminué leur grosseur de manière qu'elles puissent entrer dans le trou de la canne , du côté du petit bout.

On joint, les unes au bout des autres, ces trois pièces, au moyen d'écrous et de vis, de sorte que les trois morceaux ne fassent qu'une perche.

Quand on ne pêche pas, les deux allonges se placent dans le trou de la canne , l'une par le gros bout et l'autre par le petit, et, au moyen d'une pomme qu'on place à la partie supérieure de la canne et d'un bout en cuivre à la partie inférieure , cette canne peut servir pour la promenade comme une canne ordinaire.

Mais, ainsi qu'on l'a fait observer au commencement de cet article, ces cannes ne valent jamais celles qu'on fait avec des bambous ou roseaux des Indes. On s'épargne au surplus bien de la peine lorsqu'on renonce à mettre des allonges dans la première canne ; alors on ne perce point la canne : on met les trois parties qui doivent composer la perche dans un sac, d'où on les tire quand on veut pêcher, et on les joint les unes au bout des autres sans employer de vis de métal ; on se contente de faire entrer l'extrémité des unes dans un trou cju'on fait au bout de celle à laquelle elles doivent s'ajuster, ensuite on les arrête avec des goupilles, pour qu'elle*

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ne se séparent pas lorsqu'un gros poisson tire fortement la ligne.

On t'ait encore des perches très-propres et trèscommodes, de trois, quatre ou six morceaux, qui s'assemblent les uns au bout des autres à mi-bois. Pour cela , on taille en flûte les deux bouts qui doivejit se joindre, et on ménage à une des perches une petite dent, qui entre dans une coche qui est à l'autre ; il faut que ces deux parties, taillées en flûte, se touchent exactement dans une longueur de 4 'i 5 pouces. On frotte les faces qui doivent s'applicjuer l'une sur l'autre, avec de la cire grasse de cordonnier, et on les lie par des révolutioiis d'un bon fil retoi-s, ciré, ou enduit de poix grasse. Lorsqu'on A'eut que la perche soit propre , on se sert , au lieu de fil , d'un cordonnet de soie verte frotté d'un peu de cire blanche.

Pour bien assujettir, les unes aux autres, les pièces entaillées à mi-bois , au moyen du cordonnet de soie ou du fil retors ciré , et pour arrêter l'extrémité du fil, il faut, lorsqu'il ne reste plus que cinq à six révolutions à faire , coucher le bout du fil sur la perche, mettre par-dessus le doigt étendu, et faire les six dernières révolutions eu enveloppant le fil et le doigt. Ces révolutions étant faites, on retire le doigt, et on serre le plus que l'on jjeut ces dernières révolutions les unes après les autres ; on finit par tirer le bout du fil qui excède : de cette façon, il est très-bien arrêté , et on le coupe avec des ciseaux tout près des révolutions du fil.

On doit toujours proportionner la force des perches à la grosseur des poissons} et si on se propose de pêcher avec des lignes amorcées d'insectes naturels ou factices , il faut que les perches soient trèslégères. Dans ce cas, on les fait avec des cannes ou roseaux de Provence , qu'on termine par une baguette de baleine, ou, mieux encore, avec des scions d'épine noire, de néflier, coudrier, genévrier, cyprès, qu'on fait sécher en les liant en faisceaux , 2:)our qu'elles soient toujours bien droites. V., pour le complément de cet article, les mots Appdt , Hameçon et Ligne.

CANNES. Petite ville du département du Var. Il y a dans cette ville une juridiction de Prud'hommes-Pêcheurs. V. ces mots.

CAIS'NIERE. On nomme ainsi, en Basse-Normandie , une espèce de bretelière qui sert à prendre des cliiens de mer. V. Folle.

CANON. Bâton ajusté au bout des seines pour tenir le filet tendu. V. Seine.

CANONNIERE. Ouverture qu'on pratique au fond des écluses ou parcs de pierre, pour laisser échapper l'eau.

CAiNOT. Petite chaloupe. Les Canadiens font des canots, creusés dans de gros corps d'arbres, ou avec de l'écorce de bouleau soutenue sur des membres fort miiices.

CANTE. L'un des noms vulgaires d'un poisson du genre spare. V. SpnraiUnn,

CANTllÈNE , CANTIIÈU]-: , spams canlhams. (Liji.) Poisson du genre des s|)ares , qu'on nomme cantheno en Provence , en liangucdoc et en Espagne , et tanado ou tanna à Gênes, et (jui a j)Our caraclôrei ; j i rayons aiguillonnés et i3 rayons ar-

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