‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 51 sur 344 · CEL · texte numérisé non relu

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ira bien. On en â gardé plusieurs dans des réservoirs lusqu'à parfaire guérison , ce qui va ordinairement à 3 semaines, et il a paru que ces piaies se guérissaient plus promptement aux poissons qu'aux autres animaux.

ce C'est , ajoute le baron de la Tour-d'Aigues , l'opération allemande que je viens de décrire. J'ai aussi essayé l'opération anglaise, dont il est parlé dans les Mémoires de l'Académie , et j'en ai eu des succès. Elle se fait en ouvrant le A'entre du poisson par le côté 5 mais on ne peut pas si bien distinguer les trois conduits ; de plus , à celle-ci, il serait ditiicile de recoudre la plaie : c'est pourquoi on se contente d'introduire dans la plaie un morceau de feutre, pour empêcher l'eau d'entrer dans la cavité de l'abdomen. Yoilà toute l'opération, et pourvu qu'on parvienne à ne pas endommager le conduit de l'urine, on peut être assuré que le poisson guérira promptement; il faut rarement plus de 3 semaines pour que la plaie soit bien cicatrisée , ce que j'ai remarqué dans ceux que j'ai conservés ce temps dans le réservoir.

55 A l'égard des grands avantages qui doivent résulter de cette opération , je ne puis rien vous en assurer de positif, jiarce que je les ai toutes mises dans mon étang , q\ii n'est jamais pêclié à fond, et que je n'ai pu les distinguer dans la grande quantité de poissons qui y est ; mais vous pouvez être certain qu'il est plus aisé de châtrer un poisson qu'un chapon. »

Tel est le fait dont on est redevable à M. de la Tour-d'Aigues; mais il ne paraît point que, depuis plus d'un demi-siècle que cette expérience est connue, on se soit occupé d'en tirer parti.

CATAPHKACTE. Nom spécifique d'un poisson qui fait partie du genre des cottes de Linnaeus, et que Lacépède a placé parmi les aspidophores. On le connaît aussi sous le nom àe pogge.W'- Aspidophore.

CATENIÈRE ouCATONlÈRE. Haut de chaîne qui porte quantité de crocs, que les pêcheurs traînent au fond de la mer pour retrouver leurs filets ou leurs appelets quand ils leur ont échappé.

CATICHES. On nomme ainsi les trous dans lesquels se cachent les loutres au bord des rivières et des étangs.

CATIMARAN. Sorte de radeau fait avec trois pièces de bois, et qui sert sur la côte de Madras à pêcher à la ligne simple.

GAUCHE. Nom qu'on donne sur la Loire à des anses où se tiennent les aloses pendant la chaleur du jour.

CAUDiiETTE , CHALDRETTE , COUDE- LE ETE, CHAUDIÈRE, SAVONCEAU. Ces termes, adoptés dans différens ports, désignent des trubles qui n'ont point de manche, et sont suspendues comme le plateau d'une balance : on les relève a\cc une petite fourche de bois. V. Chaudière.

CAVALAGIL Accouplement de deux tortues pour la génération.

CAVIAR ou CAVIAT. OEufs d'esturgeon, qu'on sale et f|u'on marine en Russie pour les envoyer au loin. On fait aussi du caviar avec les œufs de carpe.

Les Italiens regardent le caviar comme un mets délicat. Y. Esturgeon.

CAVILLONE, trigla cavillone. Poisson du genre des trigles , que l'on a ainsi appelé en Languedoc, à cause de sa ressemblance avec une cheville que l'on y appelle cavil/e. Ce poisson , qui n'a que 4 à 5 pouces de long , est en effet court , arrondi , gros vers la tête, et se termine en pointe. Il n'a que 2 rayons articulés auprès de chaque nageoire pectorale , et la nageoire de la queue lancéolée. II est d'un beau rouge, avec les nageoires pectorales blanches en dessus et brunes en dessous. On le trouve dans la Méditerranée. Ce poisson a la faculté de voler. Sa chair est dure et peu agréable au goût.

CAYMAN. Nom que l'on donne au crocodile d' Amérique. Les Indiens ont le courage de pêcher ce terrible animal, et celte pêche est pour eux un divertissement. Elle est décrite dans le Dictionnaire des Pèches de l' Encyclopédie .

CAZIER ou CAZIAR. Nasse à-peu près semblable aux bourraches , avec laquelle on prend dans le quartier de Saint-Malo des poissons à croule.

CELERET. Filet dont on se sert sur les côtes de Normandie : on l'appelle encore coloret. Y. Seine.

CELERIN ou CELAN. Les pêcheurs appellent ainsi un poisson du genre dupée, c|ui a beaucoup de rapport avec la sardine et le hareng.

Duhamel le distingue du liareng par les traits suivans : le corps plus court, plus gros , le dos plus charnu, les écailles plus grandes; et en le comparant à la sardine , il reconnaît que le célerin est plus arrondi que celle-ci , qui, j^roporlionnellemeni à sa grandeur, a le corps plus aplati. « Enfin, dit-il, les pêcheurs anj^lais et Jes Bretons, qui prennent de grosses sardines et des célerins pêle-n.êie avec les harengs , savent distinguer ces poissons : d'où il suit que les différences sont assez considérables pour être aperçues par les connaisseurs. Joignons à cela que la délicatesse de la chair de la sardine et même du hareng met en état de les distinguer du célerin [lar ceux qui ne les connaîtraient pas à la seule iiisj)ection. »

On ne fait point de pêche particulière pour prendre les célerins : quelques-uns, à la vérité, précèdent les harenj.,s j mais il en reste encore beaucoup lorsque les harengs paraissent. C'est pourquoi on en prend dans les mêmes filets : on en trouve aussi dans les pêcheries de la côte et dans les parcs ; beaucoup se consomment frais à portée des ports où on les prend, et les pêcheurs aux haiins s'en servent à Yarmouth pour amorcer. Quand ce poisson donne abondamment à la côte, on en sale en barils comme les anchois, après leur avoir coupé la tête et lu queue; néanmoins, on ne les estime point autant pour manger : les pêcheurs aux haims les recherchent beaucoup comme appâts , et les achètent le double des harengs salés.

On assure qu'on pêche des célerins aux côtes de l'Epire et d'Albanie, qu'on en sale et (ju'on en saure comme nous faisons les harengs; puis on les transporte dans la mer Adriatique.

Le célan ou célerin de la Manche était péché fort anciennement sur les côtes de France : il en est

parlé dans le Cueilloir des droits de l'archevêque de Rouen^ à Dieppe, et dans les ordonnances de i326 et de i35o, comme d'un poisson salé. Le harerigcélerin, car il est quelquefois ainsi nommé, ne devait point à Paris de droit de coutume. L'espèce en est assez rare aujourd'hui sur les côtes de France sans qu'on puisse ^m assigner la cause \ il fallait qu'alors on en prit chaque année une quantité assez grande, puisqu'on lui donnait la même préparation qu'au hareng. Ce poisson est le jiilchard des Anglais, dont la pèche a lieu sur la côte méridionale de Cornouailles.

Ou pèche dans les lacs de Savoie des poissons qu'on nomme celer ms ^ parce qu'ils ressemblent beaucoup aux célerins de mer ; leurs écailles sont menues , luisantes et peu adhérentes; ils sont trèsgras. On les prend au printemps , et on sale les plus petits , p.irce qu'ils se conservent mieux , avant moins d'huile que les gros.

(ŒNAGE. C'était un droit que l'on payait à cause de la permission de pêcher sur une rivière.

CENE ou PLUTÔT SEINE. On nomme ainsi des nappes propres à prendre du poisson. V. Seine,

CENTRINE. V. Humantin.

CENTROPOME. Genre de poissons établi par Lacépède , et composé de plusieurs espèces qui faisaient partie du genre perche de Linnaeus. Il comprend entre autres espèces le Bar ou Loup , le Alulet et le Sandat. V. ces mots,

CEPHALE. Nom d'un poisson du genre Mugil. V. ce mot.

CEPOLE, cepola. Genre de poissons de la division des thoraciqnes, dans lequel on distingue trois espèces, qui habitent la Méditerranée , et qui sont remarquables par leur giande longueur et leur peu d ' largeur.

LeCÉPOLF.-TANiA. (P/. 5,^/%-. 1^'^.) On le connaît sur les côtes de France sljus le nom de ruban, de spa&e y flamme , flambeau, lame, épée ^ cavarigo , vitta et bandelette , dénominations qui toutes désignent la forme de ce poisson. Il parvient à 2 et 3 pieds de longueur, et n'a que 3 à 4 lignes de large. Il a la tète assez large 5 le museau arrondi; une rangée de dents à la mâchoire supérieure , et deux rangées à la mâchoire inférieure 5 les nageoires dorsales et anales très-longues 5 le corps comprimé, dénué d'écaillés, et si huileux qu'il paraît demitransparent; le dos gris, taché de rouge; le ventre blanc et les nageoires rouges. Il nage avec une grande vivacité , et produit un joli effet par ses ondulations et le brillant de ses couleurs. 11 se nourrit principalement de crustacés ou de petits coquillages , et on se sert de ces appâts pour le prendre à l'hameçon ; mais lui-même n'est guère employé qu'à servir d'appât [jour la pêche des gros poissons, attendu que sa chair est peu estimée.

Le Ckpole serpentiforme , cepola rubescens (Lin.), a le museau pointu; sa couleur est d'un rouge plus ou moins pâle, avec des bandes transversales, nombreuses, étroites et irrégulières; les nageoires du dos et de l'anus sont très-longues et assez basses. On le connaît sur nos côtes sous les noms de serpent de mer, serpent rouge , serpent rongeâtre. Il a les mêmes mœurs qr.e le précédent.

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