CET
lOO
Le CÉPOLE-TRAcHiPTiRE a les nageoires rudes et garnies de quelques rayons aiguillonnés , et une ligne latérale formée par une rangée d'ccailles , que l'on peut distinguer facilement des autres.
CERCEAU. Les ])êcheurs dans les eaux douces attachent quelquefois autour d'un cerceau , P/. i5, fg. 10, un certain nombre de lignes ou de piles, qui portent des haims amorcés. Ils mettent sur ces lignes, à une petite distance des haims, de petits morceaux de plomb pour les faire entrer dans l'eau , (ît ils attachent au cerceau des flottes de liège, pour qu'il se tienne sur l'eau. On place aussi à la circonférence de ce cercle trois cordes, c|ui se réunissent en d , comme les cordeaux qui soutiennent les plateaux d'une balance. Il y a encore à ce point de réunion une flotte de liège. Enfin , on met quelque part, à la circonférence du cerceau, une corde, qu'on attache au bord de l'eau à \\\\ piquet, pour que le cerceau reste à la place où on l'a posé , à portée des herbiers ou des crônes, en un mot dans les endroits que l'on sait que le poisson fréquente.
Le cerceau se tend le soir, et on le visite le lendemain un peu après le soleil levé. Si on s'aperçoit qu'il y ait du poisson pris, on approche le cerceau du bord, en tirant la corde qui est attachée au piquet ; et avec un graffe, on le soulève par les cordes d , pour le porter tout-à-fait à terre. On détache le poisson; on remplace les appâts qui manquent, et on remet le cerceau à l'eau pour continuer la pêche.
CETACE , du latin cetaceus , formé du grec ketos , baleine , qui a rapport ou cjui ressemble à la baleine. Sous le nom de cétacé, les Grecs comprenaient tous les poissons de gran.le taille.
Les cétacés forment le onzième et dernier ordre des animaux mammifères du système de M. Cuvier.
Les caractères de cet ordre, dont la baleine et le cachalot ïoxvaniiX. les deux premières espèces, sont de n'avoir point les pieds apparens, niais en forme de nageoires. Les cétacés ont sur la tête des évents au moyen desquels ils rejettent avec force l'eau qu'ils ont avalée. Ils cnt le sang rouge et chaud ; deux ventricules et deux oreillettes au cœur; des vertèbres; des poumons; des mamelles; point d'extrémité postérieure.
Ils ont tous les caractères des animaux à double système nerveux ou vertébrés et à sang chaud ; chez eux , la circulation est double comme dans l'hommc et les quadrupèdes vivipai'es ; leur respiration se fait par des poumons, et non jjoint par des branchies, tomme chez les vrais poissons. Le mâle et la femelle ont un véritable accouplement ; celle-ci met bas des petits vivans qu'elle allaite de ses mamelleï, ainsi que le font les quadrupèdes. La forme de leur.s principaux organes, tels que le cerveau , les parties génitales, l'estomac, le foie, le cœur, les poumons, ressemble beaucoup à la firme des mê.-nes organes dans les autres mammifères. Leur peau, lisse, sans écailles et sans poils , est enduite d'une humeur grasse et huileuse. Leur queue est toujours aplatie horizontalement , et non pas verticalement comme chez les poissons. Toutes \ç.& espèces ont des yeux extrêmement petits relativement à leur taille ; la forme de leur corps est généraleirent cylindrique ou elliptique. Des évents, c'est-ù-dire un ou deux
io4
CHA
trous placés sur la tête , servent de conduits pour l'entrée et la sortie de l'air du corps de i'aniinal. Comme ils rejettent l'eau par des jets de la hauteur (le plusieurs pieds en soufflant dans ces narines, ils ont été nommés poissons-souffleurs. Lorsqu'on n'aperçoit qu'un orifice extérieur, c'est que les deux évents sont réunis : la baleine a seule deux évents séparés; dans les autres cétacés, les évents se réunissent à l'orifice. Tous ont une tête plus ou moins aplatie et prolongée en museau. Leur gueule, d'une immense étendue, est tantôt armée de dents coniques, comme dans les dauphins et les cachalots'^ tantôt garnie de fanons , comme dans les baleines , ou d'énormes défenses, comme cliez les narwhals.
Ils tiennent le milieu entre l'état de Carnivore et d'herbivore , et se nourrissent en effet de zoophytes ou de crustacés, de mollusques et de poissons; et comme cesalimensse présentent en abondance , que les cétacés ont un estomac très-ample, et qu'il leur suffit d'ouvrir la gueule pour que les substances vivantes s'y précipitent, ils en font une prodigieuse consommation.
On connaît quatre genres principaux de cétacés : 1°. celui des Baleines, qui renferme huit espèces; 2°. celui des Cachalots , qui en renferme six; 3''. celui des Narwhnls f qui se compose de deux espèces ; 4°. celui des Dauphins , dont on connaît dix espèces. V. ces mots.
CÉTOPHAGES. Mot composé, tiré du grec, qui signifi'! mangeur de gros poissons. On donnait ce nom aux habitans des côtes de la mer Rouge.
CHABLEAU. Corde longue et de moyenne grosseur, qui sert à tirer et remonter les bateaux sur les rivières : on la nomme aussi cincenelle.
CHABLER. C'est attacher un fardeau à un cable, le haler, l'enlever.
CHABISSEAU , CHABOISSEAU et CHABUIS- SEAU. Tous ces noms paraissent s'appliquer à la Chei-anne. (V. ce mot.) Celui de cl; ahuisseau est . suivant Duhamel, donné par les pêcheurs du Poitou, d'Aunis et de La Rochelle, à un petit poisson de 2 à 3 pouces de long, f|ui a la tête petite, les écailles petites et blanches, une bande longitudinale d'un bleu clair et luisant; une petite nageoire sur le dos, une derrière l'anus, la nageoire de la queue fourchue, deux nageoires sous la gorge et une derrière chaque ouïe.
CHABOT, cottus gohio. (Lin.) Poisson du genre cotte , que l'on nomme aussi âne , tête d'âne , meunier et têtard.
JJescription. (V. la PI. 5 ., Jig. 9.) — Ce petit poisson, dont la longueur est de 2 décim. (7 pouces,) a la tête plus large que le corps, la forme générale un peu conique; deux nageoires sur le dos; deux aiguillons recourbés sur les opercules des branchies, et le corps couvert d'écaillés à peine visibles ; 12 rayons à la nngeoire de l'anus, 7 à la première dorsale <;t 17 a la seconde. Son corps est couvert d'une matière visqueuse très-abondante; il est brun, tacheté de noir, jaunâtre en dessous chez les mâles et blanc chez les femelles. Ce poisson nage avec la rapidité de l'éclair.
Habitation. — On trouve le chabot dans presque tous les fleuves et les ruisseaux de l'Euro[ e dont le
CMA
fond est pierreux ou sablonneux 11 aime les courans rapides et se cache entre les cailloux, ou se creuse des trous dans le sable.
Nourriture. — Il se nourrit d'insectes aquatiques, do vers, de frai et de petits poissons. 11 est extrêmement vorace , et n'épargne pas même sa progéniture.
Propagation. — Il fraie en avril et en mars ; il multiplie considérablement, mais ne couve pas ses œufs, comme l'avaient prétendu quelques naturalistes , qui l'avaient remarqué dans des trous où des ceufs de ce poisson avaient été déposés.
Ennemis. — Il a des ennemis redoutables dans le brochet, le saumon, la perche et la truite.
Qualités. — Sa chair est très-délicate , quoique grasse : elle devient rouge par la cuisson, comme celle du saumon. On le mange ordinairement frit; mais on en fait peu d'usage, à cause de la ressemblance de sa têle avec les têtards des crapauds.
Pêche du chabot.
L'hiver est la saison la plus favorable pour le prendre. On ne le pêche pas à la ligne, parce qu'il ne mord pas à l'hameçon : on le prend avec les nasses et avec une truble, qui réussit principalement dans les ruisseaux de peu de profondeur, et dont on agite l'eau de tous côtés pour le fiiire sortir de son trou et donner dans le filet. On le prend aussi avec la fouane , quand l'eau est claire et qu'on le voit endormi. Dès le temps d'Aristote , on savait que , pour le prendre avec facilité, il fallait frapper sur les pierres qui bii servaient d'abri, et qu'il sortait étourdi, pour se livrer à la main ou au fîlet.
CHALAND. Bateau plat et de moyenne grandeur, qui sert à amener à Paris ce qui descend la rivière.
On nomme aussi chalands les bateaux de la Loire, parce qu'ils sont fort légers et vont à la voile.
CHA^ LATTES ou ECAULATTES. Espèces d'échelles de menuiserie dans lesquelles on suspend aux ainettes les harengs qu'on veut saurer.
CHALON, Instrument de pêche dont l'usage est défendu par l'art. 10 du tit. XXXI de l'ordonnance de 1 669 , sous peine de 1 00 francs d'amende pour la première fois, et de punition corporelle pour la seconde.
Le chalon est un grand filet que les pêcheurs traînent dans les rivières avec deux bateaux auxquels il est attaché.
CHALOUPES. Petits bâtimens qu'on embarque dans les vaisseaux, et qui sont d'un grand service dans les rades : on s'en sert pour la pêche. Il y en a qu'on nomme lamaneuses , qui servent à entrer les vaisseaux ('ans le port.
CHALUS ou CHALUT. C'est un filet en chausse, sans ailes, ou une drague qu'on traîne. Il y en a qui sont montés sur des espèces de traîneaux de bois. V. Drague.
Les filets de pêche dits rets-traversiers ou chalut , et petit chalut à la chevrette , font l'objet d'une ordonnance du roi, du i3 mars 1818, qui règle la forme et l'emploi de ces filets. V. le Recueil à la fin de ce Dictionnaire.
CHANDELIERS. On nomme ainsi sur les bar-
CHA
(jues et les chaloupes, des espèces du fmirclies de bois ou de fer, sur lesquelles on uiel les avirons, les gaffes ou les vergues quand elles sont abattues.
CHANTAGE ou HUAGE. On appelle une pèche chantage ou huage , quand on fait du bruit pour engager le poisson à donner dans le filet. V. Folles.
CHAiSTEPLEURE. C'est une fente qu'on luiss.^ dans les murailles qui sont près des rivières, ou qui sc)utiennent des terrasses, pour y laisser entrer et écouler les eaux. Elles sont permises , ainsi cjue les ventouses et autres ouvertures qui servent à cet écoulement. (Ord. de 1669, tit. XXX, art. 22.)
CHANVRE, cannabis sativa. (Lin.) Plante annuelle dont les filamens servent à faire des cordes , des voiles pour les vaisseaux et toutes sortes de toiles. Le rouissage de cette plante pour en retirer la filasse se fait dans les rivières et étangs 5 mais de grands inconvéniens sont attachés à cette pratique : les eaux reçoivent de la décomposition de cette plante des qualités malfaisantes, qui peuvent faire périr le poisson et occasionner des maladies épidémiques j le lit des rivières s'encombre des terres et des pierres dont on se sert pour appuyer le chanvre qu'on y met à rouir ; et le chanvre luimême forme un obstacle au libre écoulement des eaux et à la navigation. Il a été proposé une foule de moyens pour suppléer au rouissage 5 mais jusqu'à ce jour, aucun de ces moyens n'a atteint complétementle but qu'on s'était proposé. V.iloK/^^a^e.
CHAPE. On nomme ainsi, en Provence, une espèce de lisière qu'on met autour des filets pour les fortifier. Les mailles de chape ont i5 lig. en carré.
CHAPEAU. Sorte de truble dont on se sert à Calais pour prendre des chevrettes, qu'on y nomme grenades.
CHAPERON. Couverture de paille qu'on met sur les paniers de poissons. C'est aussi une espèce de filet à chausse dont on se sert en Auvergne pour prendre toutes sortes de poissons : il a du rapport avec la savanelle.
CHARBONNÉE (MORUE). C'est celle sur laquelle il y a une poussière roussâtre ou brune. Charhonné ou bramé signifie la même chose.
CHARBONNIER. C'est le nom vulgaire d'un poisson du genre des gades, du Colin. V. ce mot.
CHARDON, rs om viilgaire d'une espèce de Raie. V. ce mot.
CHARNIERS ou FOASSIERS. Futailles dans lesquelles les pêcheurs normands déposent les foies de morue pour en faire de l'huile.
CHARRUE. Filet en manche d'usage en Basse- Bretagne , semblable au chalus. V. Drague.
CHASSE ou CHATTE. Ancien instrument de ])êche, dont l'usage est prohibé par les ordonnances de 1326, i388, 1402, i5i5 et i55o, citées dans Saint- Yon , page 224» et auxquelles se réfère l'ordonnance de 1669, tit. XXXI, art. 10.
CHASSE. C'est aussi le nom qu'on donne à de petites tessures qu'on tend dans le bassin d'Arcachon , et aux halins qui servent à tirer les grands filets. V. Tramail.
CHASSE-MARÉES. Marchands qui transportent promptement la marée, ou à dos de cheval, ou dans des fourgons, aux endroits où s'en fait la vente.
CHA
io5
On donne aussi le nom àa chasse- marée à un bateau qui sert à distribuer le poisson le long des côtes en Bretagne.
CHASSEURS (HARENGS DE). On appelle ainsi, en Hollande, les harengs que des allèges prennent des pécheurs, et livrent promptement aux marchands.
CHAT. Petit grapin dont se servent les pêcheurs pour retirer du fond de la mer leur tessure, cjuand elle leur a échappé.
CHAT MARIN. Poisson du genro des squales, qu'on nomme aussi Roussette. V. ce mot.
CHAT-ROCHIER. Poisson du genre des squales. V. Rochier.
CHATAIGNE-DE-MER. On donne quelquefois ce nom aux oursins.
CHATOUILLE. Espèce de petite lamproie cj^u'on emploie pour Appât. V. ce mot.
CHAUDIÈRE ou CAUDRETTE. L'instrument qu'on nomme chaudière, chaudrette , caudelette , savon ceau , etc., tous noms adoptés dans différens ports, est, à proprement parler, une truble sans manche, qui est suspendue par des cordes et qui a peu de fond. Il sert principalement à prendre des crabes , des homars , des langoustes , etc. On distingue de petites chaudretles et àe grandes.
Les petites chaudrettes, dont on se sert à Saint- Valery enCaux et en plusieurs autres endroits, sont formées, PL 24, N°. VII , Jîg. 12, d'un cercle de fer qui a 12 ou i5 pouces de diamètre : les mailles du filet ont 4 lignes en carré. On met au fond , pour appât, c[uelques crabes attachés au filet. On suspend le filet comme le plateau d'une balance par trois cordons c , qui se réunissent à un cordon cl , Vi environ 18 pouces au-dessus du cercle. Au point de réunion est attachée une ligne qui n'a que 2 pieds de longueur. A son extrémité est une flotte de liège a , cjui sert à soutenir les lignes c, et à em~ pêcher qu'elles ne retombent sur la caudrette. Au même point d est amarrée une baguette d'environ 18 pouces de longueur, à laquelle on attache une ligne b , qui est terminée par une flotte. Cette ligne doit être assez longue pour qu'elle gagne la surface de l'eau , et cpa'on aperçoive la flotte , qui indique oii est la caudrette. Les pêcheurs jettent ces instrumens à mer basse entre les rochers 5 et de temps en temps ils les retirent , en passant une fourche comme celle qui est à côté de la^^. i3, sous la flotte de liège, ou à la réunion des lignes; ce qu'ils continuent tant que la basse eau !« leur permet. On prend beaucoup de chevrettes à cette pêche , qui se pratique depuis le printemps jusqu'à l'automne.
Le cercle des grandes chaudières ,/Ç'^. i3, a jusqu'à 2 pieds de diamètre. Il est garni d'un lilet délié , qui fait sac, et cpii est proportionné à la grandeur du cercle. On y ajuste aussi les cordes c, la petite ligne a, la flotte et la baguette ordinaires 5 mais on couvre la caudrette avec plusieurs ficelles formant comme un filet à larges mailles , auxquelles on attache des appâts de poissons frais, comme orphies, crabes, etc. Deux ou trois hommes ,^^. B, iV". III , se mettent dans un bateau avec sept ou huit caudrettes, qu'il calent jusqu'à 5 ou 6 brasses de profondeur , et ils les relèvent de temps en
io6
CHA
temps pour prendre les crabes, les araignées, les homars , les langoustes qui ont mordu aux appâts ; car on ne prend guère à cette pêche que des «rustacés.
Quelquefois on s'établit pour faire cette pêclie sur un rocher. Si les bords du rocher étaient inclinés , on ne pourrait pas faire entrer la caudrette dans l'eau ; en ce cas, on établit sur le haut du rocher une perche qui se termine par une fourcho. La corde qui soutient la caudrette est portée en dehors au moyen de cette fourche : le pêcheur haie sur la corde pour tirer la caudrette hors de l'eau, et il l'approche de lui avec un crochet.
Poiu" que la pêche à la caudrette soit avantageuse, il faut que les eaux soient chaudes , parce qu'alors les crustacés s'approchent de la cAte en plus grande abondance.
Ce qu'on nomme dans la Méditerranée si labre de fond ressemble beaucoup à la caudretle que nous venons de décrire.
On fait , au petit port de Saint - Palais , dans la ci-devant amirauté de Marennes, un établissement singulier , et qui mérite d'être décrit , pour la pêche des salicots ou chevrettes. A portée de ce port , il y a beaucoup de rochers qui ne découvrent pas assez de basse mer pour y faire la pêche des chevrettes à pied 5 cependant il se retire beaucoup de belles chevrettes entre ces roches. Pour les prendre, les pêcheurs de ce petit lieu ont imaginé de faire un échafaudage sur ces rochers , d'où ils peuvent mettre à la mer des chaudrettes, dans lesquelles ils prennent beaucoup de chevretles. (P/. 24, iV^. IV.)
Pour faire cet échafaud, ils plantent sur les roches cjuatre petits sapins h, h, h, qui ont seulement 22 à 24 pieds (le hauteur. Ces sapins, piqués dans le fond , d'environ 2 pieds , forment un carré. Ils les rapprochent les uns des autres et les inclinent, afin c|ue l'échafaudage ayant plus de pied , il en soit plus solide.
Environ à 5 pieds du haut des perches , un peu au-dessus de l'eau, ils attachent des traverses i, k, qui communiquent d'un montant à un autre pour former une espèce de plancher qu'on couvre de clayonnage. A 2 pieds et demi ou 3 pieds au-dessus de ce plancher, ils mettent encore des traverses, qui s'étendent d'une perche à l'autre, pour former comme un garde-fou ou un parapet, qui empêche qu'on ne tombe à la mer.
On établit de file quatre, cinq ou six de ces cages b, c ; et comme elles sont éloignées de la côte d'environ 10 brasses à la pleine mer, les pêcheui's forment, pour y arriver, une espèce de pont, ou , comme ils disent, une galerie , qui est d'une construction bien simple : ils plantent, depuis le rivage jusqu'à une des cages, une file de sapins ou de perches, qu'ils enfoncent le mieux qu'ils peuvent dans le fond; ils y attachent deux rangs de traverses, qui répondent du rivage jusqu'à une des cages; la file la plus i)asse leur sert de marche -pied : ils se tiennent avec les mains à celle qui est plus élevée, et ils parviennent ainsi de la côte aux cages.
Ils descendent du haut de ces cages avec des cordes a a, assez menues, jusqu'au fond de la mer, des espèces de caudrettes qu'ils nomment trouil-
CHE
lottes y dont le filet a des mailles de 4 lignes en carré. Communément ces trouillottes sont faites d'une croix de bois , qui soutient le filet , et qu'on charge de quelques pierres pour la faire caler. On met dans le filet des crabes déchirés par morceaux, pour servir d'appât. Cette pêche ne se fait que de haute mer, et seulement depuis les mois de mars et d'avril jusqu'à la fin de juillet; il n'y a guère que les femmes et \q5 filles qui s'en occupent. Chacune cale quatre ou cinq trouillottes, et elles les relèvent de temps en temps pour prendre les chevrettes qui ont été attirées par l'appàl.
Il faut du beau temps et du calme pour faire cette pêche avec succès. L'échafaudage étant fait assez à la légère , il est sujet à être endommagé par les ouragans; et quoique les pêcheuses ne se servent point de bateaux, elles sont quelquefois exposées à des accidens lorsqu'elles veulent relever leurs trouillottes , soit qu'un coup de vent renverse la cage où elles sont, soit que les perches qui leur servent de niarche-[)ied viennent à rompre; et c'est beaucoup si cet établissement dure toute une saison sans avoir besoin d'une réparation considérable.
CHAUSSE. Instrument de pêche qui est prohibé parles ordonnances de i388, 1402 et i5i5, citées dans Saint-Yon , page 225, et auxquelles se réfère l'ordonnance de 1669, tit. XXXI , art. lO.
La même ordonnance , art. 9, veut que la chausse qu'on met au bout des grands filets, tels que les dideaux , pour la pêche dans les rivières , ait la maille de 18 lignes en carré. V. Dideaux.
CHAUSSE ou MANCHE DE BREGIN. Elle diffère de l'aissaugue en ce qu'elle est plus large ; les mailles du cul-de-sac sont si petites, que ce filet semble une toile claire. L'usage en est prohibé par la déclaration du roi, du 23 avril 1726. V. cette Déclaration à l'article Pêche maritime. V. Brégin.
CHAUSSÉE D'UN ÉTANG. C'est une levée ou une digue qu'on fait avec beaucoup de soin pour retenir l'eati ; il y au milieu une bonde pour le vider. V. Étang.
CHAUVE-SOURIS. V. Hirondelle.
CHAUX. L'art. 14 du tit. XXXI de l'ordonnance de 1669 défend d'en jeter dans les rivières, sous peine de punition corporelle.
La déclaration du roi, du 23 avril 1726, art. 33, défend, sous peine de 3oo fr. d'amende et de 1000 fr. en cas de récidive, d'en jeter dans les eaux de la mer , aux embouchures des rivières et dans les étangs salés. V. cette Déclaration à l'article Pêche maritime.
CHEFS DE BRÈMES. On remarque en Allemagne des brèmes sur lesquelles la couleur rouge domine, et que les pêcheurs nomment chefs de brèmes, parce qu'elles sont toujours suivies de la troupe. V. Brème.
CHEMIN DE HALAGE. V. Halage, dans notre Dictionnaire des Forêts.
ClIÉTODON. Genre de poissons de la division des thoraciques , établi par Linnasus, et qui a été refait avec des améliorations notables par Lacépède. Ce genre , tel qu'il est aujourd'hui composé par le célèbre naturaliste français, renferme quarante-deux espèces, mais qui, habitant toutes des mers fort
CHE
éloignées, et n'étant d'aucun intérêt pour les pêcheurs français, ne doivent pas trouver place dans ce Dictionnaire.
CHEVAL DE MER. Nom donné au morse , animal amphibie. V. Morse.
CHEVAL MARIN. Nom vulgaire des poissons du genre syngnathe , et plus particulièrement d'une espèce commune dans la Méditerranée, du syngïuithe-hippocampe. V. Syngnathe.
CHEVALET. Instrument qui sert ù faire des haims , et fait partie du barbelet. On le nomme quelquefois rencontre du barbelet.
CHEVALIER (OMBRE-). Poisson du genre salmone. V. Ombre-Chevalier.
CHEN ALIER AMÉRICAIN. C'est un très-beau poisson , dont le fond de la couleur est d'un jaune d"or , avec le dos brun et trois bandes noires bordées de blanc. Il est figuré dans le Dictionnaire d'Histoire naturelle, t. V^f p. 3o2. Ce poisson habite les mers de l'Amérique.
CHEVANNE ou MEUNIER, cyprinvs geses.
(Lin.) Poisson du genre cyprin , qui est connu aussi sous plusieurs autres noms, tels que chevance, chevesne , vilain, têtard, barboteau, garbotin , gcirbateau et chaboisseau. Le nom de meunierXni vient de ce qu'il se tient auprès des moulins; celui de vilain, des endroits fangeux où il se plaît; celui de têtard, de ce qu'il a une grosse tête^ et celui de barboteau , de ce qu'il a quelque ressemblance avec le barbeau.
Description. — La chevanne a le corps gros et robuste; la tête grosse; le museau arrondi; les écailles grandes ; le dos bleu et le ventre argentin ; la ligne latérale droite et marquée de points jaunes, et deux rangées de dents à chaque mâclioire. Elle parvient à une grosseur considérable; son poids ordinaire est de 6 à 8 livres, et il y a des individus qui pèsent jusqu'à lo livres et plus. Ce poisson nage extrêmement vite.
Habitation. — On trouve la clievanne dans toutes les rivières de l'Europe , principalement dans les courans rapides, auprès des bancs de sable et des moulins , et quelquefois dans les endroits fangeux et remplis d'ordures.
Nourriture. — Elle se nourrit des insectes qui viennent à la surface de l'eau.
Propagation. — Elle fraie vers le milieu du mois d'avril ou au commencement de mai , sur le gravier et dans un petit fond d'eau ; le temps du frai dure une huitaine de jours. Ce poisson multiplie beaucoup ; mais il croît lentement, car un individu d'un an a à peine 5 pouces de long.
Qualités, — La chair du meunier est blanche, grasse et d'assez bon goût , mais un peu molle et très-garnie d'arêtes ; elle prend une teinte jaune lorsqu'elle est cuite. En général , on en fait peu de cas.
Pêche de la chevanne.
On prend ce poisson assez facilement avec toutes sortes de filets, et dans des nasses, où on l'attire avec du sang caillé, comme cela se pratique pour les ables.
Comme il est goulu et qu'il a la gueule grande, on le prend aussi avec toutes les lignes et un grand
CHE
nombre d'appâts. Les petites chevannes se pèchent avec la ligne à fouetter en même temps qu'on prend des ablettes ; les moyennes avec la ligne à gardons, et les grosses avec la ligne à la volée. Dans l'arrièresaison , on en prend encore avec les jeux, et avec la ligne à anguilles en amorçant avec du goujon. Lorsqu'bn pêclie avec la ligne à soutenir et qu'on amorce avec de la viande ou des vers à queue , on en prend qui sont assez grosses.
La pêclie à la ligne des chevannes ou meuniers commence dans le mois de juin.
Les méthodes suivantes sont indiquées par le Pêche u r français .
1°. On "choisit un Haï (V. ce mot), où l'on fait descendre à fond un sac ou filet à petites mailles , contenant du sang caillé, et auquel est attachée une pierre pour l'amarrer sur le fond; on s'assure de la profondeur de l'eau , et l'on dispose sa ligne pour que l'hameçon puisse descendre jusqu'à 2 pouces du fond; on coupe ensuite du sang en petits morceaux , et on en amorce l'hameçon. On pêche dans l'endroit où l'on a descendu le sac : les parcelles de sang qui se détachent et montent continuellement attirent le poisson, qui, rencontrant l'amorce du hameçon , l'avale eoulument et se fait prendre. On peut aussi se servir de la même ligne amorcée avec des cerises, du raisin, des sauterelles, des hannetons , des grillons , enfin avec des chenilles ; mais si l'on emploie des chenilles pour amorce , on se sert des hameçons n". 2. En péchant ainsi dans les hais, on ne prend que des meuniers, rarement quelc[ues vandoises.
Comme le sang employé pour amorce tient peu à l'hameçon , il faut beaucoup d'adresse pour s'en servir : on doit piquer ferme dès que l'on sent les plus petits mouvemens, et avoir soin de renouveler souvent l'amorce.
Cette pêche dure 2 mois , et il est avantageux de la faire le plus matin possible ; on peut néanmoins, dans le temps des grandes chaleurs, pêcher le soir, de 6 à 8 heures , quand la fraîcheur se fait sentir.
1°. Pour pêcher la chavanne avec la ligne à Li volée , on choisit un gravier où l'eau vive et courante n'ait pas plus d'un pied d'épaisseur. On lance la ligne le plus loin possible, pour que toutes les flottes soient étendues sur l'eau , et on ne laisse que 6 pouces de fond entre l'hameçon et la première flotte. Il faut toujours avoir les yeux fixés sur cette flotte, et aussitôt qu'on la voit filer, on doit tirer pour piquer le poisson.
Cette pêche est facile , parce que le poisson, prenant l'amorce et se sauvant, entraîne les flottes ; ce qui donne le signal du moment où l'on doit le piquer. Elle se fait le matin et le soir, et jamais dans la journée , ni en aucun instant , lorsqu'il fait du vent. Elle exige du silence; néanmoins on peut, si le rivage le permet, se promener; et cela est même utile , parce qu'on doit de temps en temps changer de place , puisqu'on n'amorce que l'hameçon.
La pêche dont nous parlons commence en juin ;
pendant ce mois , on amorce avec des hannetons el
des chenilles; et pendant juillet et août, avec des
sauterelles vertes et grises, et même avec des mon-
"■ches noires.
io8
CHE
CHEVAUX MARINS. On appelle ainsi des poissons du genre SyjigTiathe. V. ce mot.
CHEVESNE. V, Chevanne.
CHEVHjLE. Nom qu'on donne en Languedoc à la trigle Cavillone. V. ce dernier mot.
CHEVRETTE ou CHEVRON. C'est le nom vulgaire des crustacés nommés palœmon par Fabricius. Il ne faut pas les confondre avec les crevettes , qui forment un autre genre de la même classe. V. Crevettes.
Les deux espèces de palœmon les plus connues sont la sqiùlle et la locuste^ appelées sur nos côtes chevrettes y crevettes , salicoque , caramol , etc. On en fait un grand usage comme aliment et comme appât pour la pêclie des poissons de mer. Elles sont grises , tachetées de brun , et deviennent d'un rouge pâle par la cuisson. Elles vivent, comme les autres crustacés, d'animaux marins que le flot a fait périr, de petits polypes et d'autres vermisseaux. Dans leur état ordinaire, elles nagent en devant et sur leurs pieds; mais lorsqu'elles veulent se sauver, elles Si:mettent sur le coté et nagent à i-eculons. On en prend beaucoup à l'emboucliure de la Seine, de la Loire et de la Garonne , par le moyen d'un filet en forme de sac et à-peu-près semblable à une truble, mais plus large et moins longuement emmanché, qu'un homme en marchant dans l'eau conduit devant lui et dirige toujours vers les bords. Leur assaisonnement consiste à les mettre sur le feu avec du sel et du vinaigre. Elles ont la chair tendre, douce et d'un goût agréable ; elles se corrompent très-rapidement après leur mort, et il faut les faire cuire immédiatement si on veut les conserver quelques jours. Lorsqu'elles ont des œufs, c'est-à-dire au printemps, elles sont beaucoup plus délicates.
La sqiiille ou la chevrette des Français a le corcelet uni , le bord à cinq dents et le rostre denté en dessous. Elle se trouve dans les mers d'Europe.
La locuste ou la salicoque des Français a le correlet uni; le rostre épais, dentelé en dessus , uni en dessous ; les doigts allongés et filiformes. Elle se trouve dans toutes les mers d'Europe.
V. , pour les réglemens sur la pêche des Chevrettes, Vaïûcle Pèche maritime f § 3,
CHEVRON , MANIGUETTE , MENUE GUIL- DRE ou GILDRE. Termes qui sont synonymes, et désignent, parmi les pêcheurs, toutes sortes de petits poissons ou le frai en général. Les réglemens en ont défendu la pêche, qui se faisait avec deux sortes d'instrumens : le premier est une espèce de verveux roulant, composé d'un demi-cercle anêté par une traverse, et garni d'un sac de grosse toile ou de serpillière, formé en pointe, de la longueur de 2 brasses ou environ ; le manche de cet instrument, qui est fourchu, est arrêté aux deux côtés du cercle. Les pêcheurs qui s'en servent le tirent derrière eux, au rebours de ceux c|ui se servent du botiteux ou bout-de-quièvre, qui se pouSvSe en devant. Le clievron se traîne à un pied d'eau au plus sur les vases et les bas-fonds. L'autre instrument avec lequel on faisait la même pêche est la basèle , espèce de guideau. V. Pêche , et le tit. XXXI de l'ord. de i66(^.