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présentent dans la main de cette déesse, que les antiquaires coniondent souvent avec Cérès.
CHUTE. On entend par la chute d'un filet sa hauteur lorsqu'il est tendu. Ainsi on dit qu'un filet a tant de longueur et tant de chute.
CIBAUDIÈRE. La cibaudière , qu'on nomme en quelques endroits mulicr o\x mulotier., est une étente sur piquets, tendue comme les ravoirs, et qui ne diffère des hauts- palis que par la grandeur des mailles qui doivent arrêter des mulets. On tend ces filets sur les écores des bancs et par le travers d'un courant, comme les ravoirs; mais au lieu d'être tendus en droite ligne, on leur donne une forme un peu demi-circulaire. V. la PL 29^ N°.III.
Le sommet de la courbe doit être du côté de la mer , et les bras du côté de la terre. Nous en avons représenté un que l'on tend, et un autre qui est tendu, la marée retirante.
Si en quelques endroits on appelle ces cibaudières des muliers ou mulotiers^ c'est parce qu'on prend avec ces filets beaucoup de mulets.
L'ouverture des mailles de ces filets est de 17 a 18 lignes en carré, ou plutôt de telle grandeur que les mulets s'y emmaillent. Pour arrêter les poissons plats , les pêcheurs ont coutume d'ensabler le pied de ces filets, prétendant qu'à cause de la grandeur des mailles , le frai et la menuise ne sont point arrêtés. Cela pourrait être s'il ne s'amassait pas des herbes et d'autres immondices au pied du filet; mais il s'y en accumule quelquefois assez pour interrompre le passage de l'eau et rompre les filets.
On tend souvent des muliers sans piquets, après les avoir flottés et pierres. Nous en parlerons ailleurs, ainsi que de la tente des muliers en forme de parcs. ClVELLEou CIVETTE. Sorte de petit poisson que l'on pèche dans la Loire, depuis la ville d'Angers jusqu'à la mer, et qu'on croit être de petites anguilles. Ceux qui prétendent le contraire disent que ces poissons ne viennent jamais plus grands; ils ne sont pas plus gros ni plus longs que des aiguilles ordinaires à coudre ; il s'en pêche une très-grande quantité, qui se consomme par les pauvres gens et les riverains. Ils en forment des boules qu'ils nomment pr7z'/z de civelle.
On fait cette pêche en mars ; elle dure 2 à 3 mois ; on ne se sert que de sacs , tamis ou cribles , avec lesquels hommes , femmes et enfans prennent les civelles^ en écumant la superficie de l'eau : ainsi c'est la même pêche que celle des pêcheurs basnormands de la rivière de l'Orne. On la fait la nuit; les pêcheurs ne se servent point de lanterne : s'il arrive que les débordemens des eaux aient rendu les eaux troubles, on pêche de jour sur la Loire.
CINCENELLE. Corde en forme de trait dont les mariniers se servent pour leur aider à monter et descendre les bateaux sur la rivière.
CLAIE, BOURAQUE, PANIER, NASSE et CASIER. Termes synonymes. V.7?o«nz^«e et Nasse. CLAIRET. Espèces de mailles de 3 brasses de la partie supérieure au cul-de-sac d'une manche: la maille est de 24 ourdes au pan, ou d'un peu plus de^ lignes. Les mailles des manches, dites en Provence clairets, ont 4 lij^nes et demie, et celles de l'aissaugue ont de 6 à 7 îignes.
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CLAIRON. C'est une espèce de trompette dont on se sert à la pêche pour attirer le poisson dans les filets.
Oii nomme aussi clairon une torche de paille allumée qu'on porte la nuit sur le bord des eaux , pour éblouir le poisson, et le faire donner dans les filets.
Il est expressément défendu à toutes personnes de se servir de ces artifices en quelque lieu , et sous quelque prétexte que ce soit: , à peine de 5oo livres d'amende. [Art. \ 1 du tit. XXXJ del'ord. de 1669.)
CLAVA. Les Provençaux nomment ainsi une perche ou une canne qu'on ajuste au bout du filet de la tartane, pour le tenir tendu. V. Tartane.
CLAVEAU. Nom que les Bas-Bretons donnent aux haims.
CLAVELADE. Nom vulgaire de la raie bouclée, sur les côtes de la Méditerranée. V. Raie.
CLAVIERE, sparus claviera^ ou labrus varius. (Lin.) Poisson qui est très-abondant dans la Méditerranée ; il a les dents de la mâchoire supérieure larges et serrées; la caudale arrondie; la couleur générale variée de pourpre, de bleu, de vert et de noir; deux taches d'un rouge de pourpre au bas du ventre. C'est un très-beau poisson dont la chair est tendre et délicate.
Ce poisson est très-remarquable par la distribution de ses couleurs. Il fait partie du genre des labres de Lacépède. V. Labre.
CLEF DOUBLE, CLEF et DEMI-CLEF. Sorte de nœud qui sert à attacher les haims aux empiles , les cailloux aux cordes et les cordes aux piquets. V. hameçon.
CLINCART. Terme adopté à Saint-Valery pour signifier un bâtiment employé à la pêche du hareng. Quelques-uns disent trincart.
CLIQUETTES. Pierres ou cailloux troués par le milieu , que les pêcheurs attachent au verveux pour le faire aller à fond. Il en faut trois à chaque verveux.
On appelle aussi de ce nom un filet garni de morceaux de bois, qui, dans le mouvement du filet, font du bruit par leur approchement; ce qui rassemble le poisson dans l'enceinte qui en est entourée. Ce filet est prohibé par les ordonnances de 1 326,1 388, i4o2, i5 i5 et i55o, citées par Saint- Yon , p. 224, et auxquelles se réfère l'ordonnance de 1669, tit. XXXI, art. 10.
Nous avons rapporté dans notre Recueil des Réglemens forestiers j t. I ^ p. 368, une sentence de la maîtrise de Paris , du 8 juin lySS, qui condamne un pêcheur pour avoir fait usage du filet dit cliquette.
CLORIS. Poisson du genre caranx, qu'on nomme aussi Verdier. V. ce mot.
CLOSETS ou CAHOSSETS. Ce sont de petits hauts parcs , formés d'un filet en manets et tendus sur des perches. Un bout de filet tendu droit forme une chasse, et l'autre bout, formant un crochet, fait le corps du parc. V. Parc.
CLOYERE. Petit panier dans lequel on met un assortiment de poissons pour la provision d'une maison.
CLUPÉ, clupea. Genre de poissons de la division des abdominaux, qui pi-ôsente pour caractères
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tm corps comprimé , à ventre dentelé et couvert d'écailles de moyenne grandeur; une bouche garnie de petites dents ; une cavité ou un enfoncement oblong ;iu-dessus de la tête; 8 rayons à la membrane des ouïes. Ce genre renferme des espèces dont la pêche est d'une grande importance pour les peuples de l'FAuope. Tels sont V Alose, V Anchois, la Feinte, le Harengs la Sardine. V. ces mots.
COBITE , cobitis. Genre de poissons de la famille des abdominaux, qui contenait cinq espèces, d'après Linnœus, et qui, d'après Bloch, n'en contient plus que trois : la loche d'étang ^ la loche de rivière et la loche franche. V. Loche.
COCHON. V. Grondin.
COCHON MARIN. L'un des noms donnés au squale humantin. V. Humantin.
COCHON DE MER. Dénomination vulgaire du marsouin.
COIFFE. Evasement à grandes mailles que l'on fait à l'embouchure d'un filet long , pour embrasser plus d'espace et déterminer le poisson à y entrer.
COINS POUR LA MARQUE DES FILETS DE PÈCHE. Les conservateurs des forêts ont reçu de l'Administration des coins pour la marque des filets: il leur a été recommandé, par l'article j5 de l'Instruction du 23 mars 1821 , d'en faire déposer l'empreinte au greffe des tribunaux, et de donner des ordres pour que les fermiers de la pêche, ou porteurs de licences, ne puissent se servir de filets non plombés.
L'ordonnance de 1669, tit. XXXI, art. 1 3, prescrit aux pêcheurs de faire sceller en plomb leurs harnais et engins , et de ne faire usage que de ceux sur lesquels le sceau aura été apposé, à peine de confiscation et 20 francs d'amende.
COLAC. Nom qu'à Bordeaux on donne kV Alose. V. ce mot.
COLAS. V. Corbeau.
COLIART. Nomvulgairede \a.raie-bdtis.\ . Raie.
COLIBET. Nom que les pêcheurs de morue donnent à un morceau cartilagineux assez délicat, qui se trouve dans la langue des morues.
COLIN, cadus carbonarius. (Lin.) Poisson du genre des gades, que l'on connaît aussi sous le nom de morue noire, de poisson-charbon, àe poisson-charbonnier, et que l'on nomme en allemand hohler, kohlniund ^ en danois kollemisse, et en anglais coalfish , ou paars quand il est petit , et billet quand il a un an.
Description. — Le colin a ordinairement près d'un mètre de longueur ; la tête étroite 5 l'ouverture de la bouche petite; le museau pointu 5 les écailles ovales, et les nageoires jugulaires très-étendues. On l'a nommé poisson-charbon à cause de ses couleurs, qui sont d'une teinte olivâtre dans sa jeunesse, et noires lorsqu'il est adulte; les nageoires sont entièrement noires, excepté celle de la queue qui n'est que brune.
Habitation. — On trouve le colin non-seulement dans l'Océan de l'Europe , mais encore dans la mer Pacifique. Dès le mois de février et de mars, il s'approche des côtes d'Angleterre, pour y déposer et féconder ses œufs. A cette époque , on en prend beaucoup sur ces côtes.
Pêche- —La pèche de ces poissons en Norwege,
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près de Valdrehone, entre Berghen et Dronthelm, se fait à 4 j 5 ou 6 lieues des côtes , sur des bancs c|ui sont en très-petit nombre, et qui n'ont pas plus de 5o, 60 et 70 brasses de longueur, sur 3o ou 40 de largeur; ils ne sont i-ecouverts que de 5, 7, 9 brasses d'eau , quoique la mer qui les environne en ait plus de 40 ou 5o de profondeur : en sorte que ces bancs sont dans la mer comme des dunes ou des montagnes isolées.
La Providence semble les avoir placés dans ces endroits pour servir de retraite à une innombrable quantité de jeunes colins, qui garnissent ces dunes depuis le pied jusqu'au sommet, et qui trop jeunes apparemment pour se risquer dans les abîmes profonds de la mer, y trouvent un abri contre la voracité de plusieurs espèces de poissons dont ces mers sont remplies , et vraisemblablement la nourriture qui leur convient.
Ces poissons séjournent sur ces bancs pendant toute l'année; et malgré la quantité immense qu'on en prend journellement, on ne s'aperçoit pas que leur nombre diminue.
C'est depuis la Saint-Jean jusqu'à la Saint-Michel qu'on eu fait une pêche plus abondante ; pendant toute cette saison , ils se nourrissent d'un trèspetit hareng , qu'on nomme brisling , et d'une sorte d'insecte nommé rouge- ote ^ qui se trouve en si grande quantité sur les bancs, que la mer en paraît rouge, et qu'en puisant avec la main on lesprend par milliers: alors les colins sont gras , charnus, ont de gros foies qui fournissent beaucoup d'huile, qu'on estime assez; ce qui rend cette pêche très-lucrative.
Le filet dont on se sert pour cette pêche , a , tout monté, 1 6 brasses en carré ; les mailles ont un pouce et quelques lignes d'ouverture; il est fait avec du fil un peu plus gros que le fil à voile ordinaire. Ce filet est monté tout autour sur une corde de la grosseur du doigt, et de deux côtés seulement; il est en outre bordé d'une autre corde plus grosse , qui dépasse les quatre coins du filet d'environ 3 brasses. Lorsqu'on le monte, on serre les mailles sur la ralingue, pour que le filet fasse un fond au milieu d'environ une brasse et demie de profondeur. Ce filet, qu'on nomme en Norwege nott ou nett., n'est point garni de flottes, ni lesté; le poids du fil, qui est assez gros, et celui des cordes qui le bordent, suffisent pour le faire caler. Il faut pour faire cette pêche quatre bateaux ou yoles , que les Norwégiens nomment fîeurring., et chacun doit être monté de trois hommes.
Il y a souvent, dans la bonne saison, 2 et 3oo bateaux qui pèchent journellement sur ces bancs, et sur un banc il ne peut s'établir tout au plus que deux à trois filets ensemble ; ceux-là sont suivis par d'autres , qui le sont à leur tour par ceux qui reviennent pour recommencer leur pêche; ils s'empressent, à force de rames, de s'emparer du poste.
En été, où il n'y a point de nuit dans le pays, cette pêche se fait continuellement; en automne, qu'il commence à y avoir de la nuit, les pêcheurs restent tranquillement inoulllés auprès de leur bouée pendant 2 ou 3 heures, en attendant le commencement du jour; mais en hiver, ils se rendent à terre tous les soirs, et partent le lendemain 3 heures
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avant le jour pour y être rendus lorsqu'il commence à paraître.
Tous les colins se sèchent au vent, et leur préparation ne diftère en rien de celle du stuckjîsh.
On donne à ce poisson , en Norwege, divers noms, suivant la grandeur où il est parvenu } depuis 3 pouces jusqu'à 6, les habitans le nomment morte; depuis 6 jusqu'à j3et i4) ils l'appellent /7a/t?. Passé cette grandeur, ce sont de petites seyesy jusqu'à ce qu'il soit laite et ocuvé. Alors on le regarde comme des ,sey es parfaites. Quand ils ont acquis toute leur grandeur, ce sont àe grandes seyes.
Qualités. — Les jeunes poissons de cetle espèce sont un mets délicat dans leur jeunesse ; mais quand ils sont vieux, leur chair est dure et coriace. On les prépare de la même manière que les morues.
COLLE D£ POISSON. C'est une espèce de colleforte que l'on fait avec la vessie aérienne ou les membranes qui l'avoisinent , des esturgeons et d'autres poissons du genre acipensère, V. Esturgeon.
Les anciens connaissaient cette fabrication , qui , au rapport d'Elien, avait lieu sur les bords de la mer Caspienne. « Les habitans, dit cet auteur, font 3î bouillir les intestins du huso , et en obtiennent 33 une colle propre à beaucoup d'usages; elle s'atta- 33 che à tous les corps sur lesquels on l'applique , 33 sans rien perdre de sa transparence, et y adhère 33 si fort qu'elle peut être mouillée pendant lo jours 33 sans se dissoudre ni même s'altérer. Les artistes >i qui ti-availlent l'ivoire s'en servent avec succès, 33 et en font des ouvrages d'une grande beauté. 3>
Dioscoride parle aussi de la colle qu'on fabriquait avec la peau de ce poisson, etqu'on tirait du royaume de Pont; elle était préférée à toutes les autres.
La colle de poisson est la plus solide que l'on connaisse; elle est rare et se vend fort cher. Il i-ésulte d'essais faits en petit qu'on pourrait en fabriquer avec les parties membraneuses des poissons cartilagineux , et principalement des raies et des squales. Les Lapons en font de très-bonne avec la peau de la percheiluviale.
On trouve dans le commerce des colles cjue l'on annonce pouvoir remplacer celle de poisson. Nous nous bornerons à parler de celle préparée par M. Grenet iils , à Rouen, et pour laquelle ce fabricant a obtenu une médaille d'or de la Société d'encouragement.
Voici l'extrait du lapport fait par M. Payen , au nom du comité des arts chimiques, et prononcé en séance générale, à Paris, le 26 octobre }825.
ce La force d'adhérence de la colle de M. Grenet est de beaucoup supérieure à celle des colles du commerce. Elle peut convenir aux menuisiers , aux. emballeurs, aux ébénistes^ leur ouvrage serait plus solide ; mais les ouvriers observent qu'elle prend trop vivement pour leur laisser le temps de diriger certains placages difficiles de l'acajou.
» Un fabricant d'instrumens de musique (violons) l'a essayée et l'a trouvée aussi trop forte et trop peu hygrométrique; elle ne permet pas de démonter les pièces sans arracher le bois. Il serait facile d'atténuer la force de la colle de M. Grenet, au point de la rendre très-convenable à ces emplois: un mélange de mélasse et d'un sel déliquescent suffirait sans doute.