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I » Cinq parties de cette colle , détrempées à froid et dissoutes à chaud dans 45 parties d'eau , donnent une gelée consistante dans un lieu où la température ne descend pas au-dessous de %5 degrés. Si l'on ajoute 5o parties d'eau bouillante , et que l'on expose la solution pendant 12 heures à la température de 20 degrés, on obtient encore une gelée consistante. (Les colles-fortes du commerce restent fluides dans ces circonstances.) Cette gelée est incolore, sans goût ni saveur sensibles, tandis que la colle de poisson laisse toujours un léger goût; la colle-forte de M. Grenet est donc plus propre que la colle de poisson pour préparer les gelées alimentaires ; elle ne donne aucun signe d'alcalinité ni d'acidité.
33 Essayée par un fabricant, dans la préparation des perles fausses, cette colle lui a semblé légèrement plus colorée que celle de poisson, mais cependant pouvant remplacer celle-ci avec de grands avantages, en raison du prix.
33 Un bijoutier l'a employée dans la monture des pierreries, elle est assez diaphane pour suppléer la colle de poisson dans cet usage.
33 Cette colle-forte est très-convenable dans la préparation des fleurs artificielles. Les apprêteurs de gaze pourraient l'employer avec avantage, lors même qu'elle serait moins blanche et moins translucide.
33 Elle réussit bien dans les préparations pharmaceutiques, dans la fabrication du taffetas d'Angleterre, du cartonnage fin, du papier glacé, etc. »
COLLERET. 11 y a de petits et de grands collerets. Le petit colleret est une petite seine ou seinette , que deux hommes traînent au bord de la mer ou des étangs, ou par le travers d'une rivière. Les grands collerets sont traînés par des chevaux. V. Seine.
Comme les pêches que l'on fait avec ces deux espèces de filets s'exécutent en traîne , elles ne peuvent avoir lieu que sur des fonds unis. Elles sont trèsnuisibles à la reproduction, parce que, les filets étant traînés, leurs mailles se rétrécissent, et cju'ils ramassent des immondices et des herbes, qui empêchent le frai et la menuise de passer par les mailles. Ils sont donc du nombre des instrumens que l'ordonnance de 166g, tit. XXXI, art. 10, a prohibés par cette expression : tous engins et harnais qui pourraient être inventés au dépeuplement des rivières.
L'usage des collerets, corets , traisnes , dranets, draigneux, dravenets et de tous autres filets et instrumens traînans , est également prohibé par la déclaration du roi, du 23 avril 1726, concernant la [jêche en mer.
COLLET. Espèce de nœud coulant ou fil de L':iton employé pour la pêche de la carpe et pour celle du brochet.
COLONNE. C'est ce que les Provençaux appellent Bandigue. V. ce mot.
COMBRIÈRE. Fiiet dont on se sert en Provence pour la pêche du thon. V. Thon.
COMMENDE ou EILLÉRE. C'est en général un bout de corde qui sert à retenir un corps dans une situation fixe çt convenable.
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COMPAGNONS DE RIVIÈRE. Sont ceux qui travaillent sur les ports à décharfrer et à serrer les marchandises. L'art. ^5 du tit. XXXI de l'ordonnance de 1 669 leur défend d'avoir aucun engin à pêcher , sous peine de 100 francs d'amende et de confiscation. V. Pêche.
COMPRIMÉ. Se dit des poissons dont le corps est plus large que long.
CONCÉDON. C'est le nom que l'on donne à la seconde chambre des Eourdigues. V. ce mot.
CONCHYLIOLOGIE , du grec kogchê., coquille, et de logos , discours ; Traité des coquilles. C'est la partie de l'histoire naturelle qui traite des coquilles de mer, d'eau douce et de terre. Plusieurs naturalistes ont divisé les coquilles en univalves , bivalves et multivalves, V. Coquillage et Coquille.
CONDORTES. Faisceaux de cannes disposés pour la construction àes Bourdigues. V. ce mot.
CONDUCTEUR. On donne ce nom à un poisson qui suit les vaisseaux, et qui est plus connu sous celui de Pilote. V. ce mot.
CONGRE, murœna conger. (Lin.) Poisson du genre murène , t^ui ressemble beaucoup à X' anguille, mais qui vit habituellement dans la mer , et qui parvient fréquemment à 10 ou 12 pieds de longueur. On le connaît à Paris sous le nom ôî'anguille de mer, et auprès des côtes méridionales de France sous celui à% filât. Il se nomme en grec goggros ou okogcros ; en allemand, meeral^ en hollandais, congeraal; en anglais, conger ou congereel ; en italien, brancho, et en sarde ^ro«^o.
Histoire. — On voit que , à quelques modifications près, le congre a conservé, dans la plupart des langues de l'Europe , le nom que les Grecs lui donnèrent. La pêche de ce poisson ne doit pas remonter à une époque aussi ancienne que celle de l'anguille. Il habite les profondeurs de la mer^ de grandes couches d'eau le mettent à l'abri des atteintes de l'homme ; supérieur en taille à l'anguille, doué de plus de hardiesse et de force, il dut, par sa ressemblance avec le serpent , effrayer les premiers pêcheurs qui parvinrent à s'en emparer. Aristote l'a très-bien connu ; il en distingue deux espèces : l'une, des congres blancs, qu'on trouve en haute mer 5 l'autre , des noirs , qui se tiennent plus volontiers près des rivages. Cette distinction est exacte quanta la différence des couleurs , mais non quanta celle des espèces. On en prenait , du temps d'Aristote , dont la longueur égalait 14 à i5 coudées 5 et, suivant Eudoxe , dans Athénée, on en voyait près de Sicyone , qu'un homme pouvait à peine porter, d'autres, qui étaient aussi longs qu'un chariot ordinaire. Quand ils atteignaient cette étonnante dimension, les Grecs leur donnaient des noms particuliers. Ils avaient remarqué c[ue les congres se nourrissaient de polypes. A cette occasion , Aristote observe que si l'on trouve de ces derniers dont les bras soient rongés , ce sont les congres qui les ont ainsi mutilés.
On salait ce poisson à la manière du thon. Philémon, auteur de quelques comédies grecques, cité par Athénée , introduit dans l'une de ses pièces tin cuisinier 5 qui, sur la scène, parlant avec en-
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thousiasme et orgueil des merveilles de son art , se félicite de la manière dont il a préparé un poisson , et s'exprime ainsi en ces termes : « Oh ! si l'on m'avait donné un scare tout frais , ou un glaucisque de l'Attique, ô Jupiter sauveur I ou bien un porc d'Argos , ou un congre de l'aimable Sicyone, un congre de l'espèce de ceux que Neptune porte lui-même dans le ciel aux Dieux, oui ! tous ceux qui en auraient mangé seraient devenus autant de dieux ; car j'ai trouvé le moyen de rendre immortel : je ressuscite les morts à la seule odeur de mes plats ! >3 {Athénée.)
Dans les mers d'Italie, ces congres monstrueux n'avaient point d'égaux en taille.
Mais l'angiiille et le congre ne jouirent pas d'une réputation remarquable chez les Romains, et ce ne fut que sur la fin du Bas-Empire, et notamment après l'établissement de la religion chrétienne, que l'on vit figurer dans les fondations religieuses des donations d'anguilles.
Le congre a été de tout temps l'objet d'une pêche très-étendue dans les déparremens maritimes de l'ancienne Bretagne et sur d'autres côtes de l'ouest de l'Europe. Dès 11 33, cette pêche avait lieu sur les rivages de la Galice, en Espagne. En 1202, les religieux deBeauport, en Bretagne, avaient une pêcherie de congres près de Saint-Brieux.
Le congre séché était alors la matière d'un commerce considérable : c'étaient les Basques qui l'apprêtaient en sec sur les côtes de Bretagne, comme ils ont préparé depuis la morue sur celles de Terre- Neuve. Il est question de congres salés dans l'ordonnance de 1 3 15 et dans plusieurs actes du même temps.
Description. — Les congres {PL "à ., fig. 9) ne se distinguent des anguilles c[ue par des caractères peu saillans ; mais ils sont généralement plus blancs , et ont sur le ventre de grandes taches blanches , qu'on ne voit jamais dans les anguilles.
Habitation. — Les congres se trouvent dans les mers d'Europe, d'Asie et d'Amérique. Ils sont trèsabondans sur les côtes de la Méditerranée et sur celles de l'Océan. On les prend principalement à l'embouchure des rivières , qu'ils remontent quelquefois avec la marée. On cite l'embouchure de la Saverne, en Angleterre, comme pouvant fournir un boisseau de petits congres dans l'intervalle d'une marée à une autre , à un seul pêcheur muni d'une truble , qu'il promène dans les trous où il est resté de l'eau. Ces poissons aiment les fonds vaseux, où ils se cachent facilement dans la boue.
Nourriture. — ils sont très-voraces , et vivent de poissons, de mollusques et de crustacés; ils n'épargnent pas même leur propre espèce; ils aiment beaucoup la charogne , et l'on est sûr d'en prendre dans les lieux où l'on a jeté des animaux morts, ou seulement du sang. On dit qu'ils s'emparent des gros poissons en les entourant et les comprimant avec leur corps, à la manière des serpens : d'où leur serait venu le nom àc filât, qu'ils portent dans cjuelques ports de la Médilerranée.
Propagation. — Oppien a dit que les congres s'accouplaient de la même manière que les serpens^ les naturalistes modernes pensent qu'ils sont en eff-'t vivipares, ou, suivant l'expression de Lacer-
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pède, OTO-vipares, comme l'anguille; mais il paraît qu'on n'a aucun fliit positif qui le prouve.
Ennemis. — Le congre , si vorace, a lui-même (les ennemis, tels que la langouste et les autres gros crustacés, qui lui ouvrent le ventre avec leurs pinces. On assure que sa queue se reproduit quelquefois. Qualités et préparatioji du congre. — Ce poisson a la chair de bon goût; mais comme elle est ordinairement très-grasse, elle est d'une digestioii difficile. On la mange à Paris cuite dans Peau et avec une sauce blanche aux câpres , ou bien cuite sur le gril , et assaisonnée d'une sauce rousse au giMs ou au maigre. Lorsqu'on ne peut consommer sur les lieux tous les congres que l'on prend , on les fait sécher pour les envoyer au loin. Pour cet effet, on les ouvre par le ventre , depuis la tête jusqu'au bout de la queue , et on leur enlève les intestins. On fait des scarifications profondes et longitudinales sur le dos et dans les chairs , qui sont épaisses, pour faciliter à l'air le moyen de les dessécher plus aisément , et on passe un bâton d'une extrémité du corps du poisson à l'autre pour le tenir ouvert, et on le pend à l'air. Quand ils sont bien secs , on en fait des paquets de 200 livres pesant , qu'on envoie à leur destination. Ceux qu'on prépare ainsi sur les côtes de l'Océan passent ordinairement par Bordeaux. Ou dit que ce poisson desséché perd considérablement de son poids dans la garde et dans le transport.
Pêche. — Cette pêche se fait avec les mêmes filets que celle des anguilles , avec des hameçons et avec la truble. Il est difficile de s'emparer des gros poissons de cette espèce, qui se défendent vigoureusement, cassent les filets et les lignes , et qui , lorsqu'ils trouvent des pierres et autres corps fixes, autour desquels ils puissent contourner leur queue, se laissent arracher la mâchoire plutôt que de lâcher prise : ils ont d'ailleurs la vie très-dure.
Voici, au surplus, comment se fait, sur les côtes de Bi'etagne , la pêche du congre, qui est assez considérable : elle commence ordinairement vers la Saint-Jean, et dure jusqu'après la Saint -Michel. Pendant les 3 premiers mois de l'été, les vents d'ouest y sont fort contraires, parce qu'ils empêchent les pêcheurs de sortir des ports et petites baies qui sont le long de la côte. On se sert de grands bateaux, qui ne sont alors montés que par (quatre hommes. Les congres se prennent entre les rochers; chaque matelot a trois lignes; elles sont longues de i5o brasses chacune 5 et de la grosseur des lignes des pêcheurs de Terre-Neuve : elles sont chargées par le bout d'un plomb du poids de 10 livres pour les faire caler; depuis le plomb jusqu'à .5o brasses il y a 25 à 3o piles d'une brasse de long, éloignées , chacune , d'une brasse et demie , garnies d'un claveau , amorcé d'un morceau de la chair du premier poisson que les pêcheurs prennent, soit sèche , orphie , maquereau , etc.
Il faut , pour opérer avec succès, une mer basse et sans agitation , et que le bateau soit à l'ancre. Les pêcheurs d'Audierne, après leur pêche finie, reviennent de temps à autre à la maison : au lien que ceux de l'île des Saints, qui partent de chez eux le lundi , n'y reviennent ordinairement que le samedi.
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Le nombre des équipages d'un bateau pour faire cette pêche n'est point limité : ils sont tantôt plus, tantôt moins, et le plus souvent jusqu'à sept à huit hommes.
Quand ils font leur pêche, ils relèvent leurs lignes de 2 heures en 2 heures , pour en ôter le poisson qui s'y trouve arrêté.
Les pêcheurs sont à la part; le maître et le bateau ont chacun une part et demie , et les autres matelots de l'équipage chacun une part seulement.
CONGRIER. Espace dans une rivière entouré de pieux serrés l'un contre l'autre , et sortant hors de l'eau , dans lequel on enferme du poisson.
Le droit de faire un congrier dans une rivière se nomme aussi congrier.
CONQUES. On appelait ainsi les coquilles de la classe des bivalves.
CONSERVE. On nomme ainsi un réservoir d'eaux destinées à être distribuées dans différens endroits par des aqueducs , canaux et conduits.
CONTRE-MAILLE. C'est un filet de pêche à mailles doubles. V. Tramail.
COJN VERS. Nom vulgaire de jeunes aloses dans quelques contrées de la France.
COQ DE MER. L'un des noms de la Dorée. V. ce mot.
COQUE-LEVANT ou COQUES DU LEVANT.
Ce sont de petits fruits ou baies grosses comme des pois , qu'on envoie des Indes orientales, et qui enivrent tellement les poissons, qu'ils paraissent morts à la surface de l'eau. On ne doit pas employer cette substance pour la pêche, attendu qu'elle détruit le poisson et qu'elle est dangereuse prise intérieurement. La négligence à bien vider un poisson pris par ce moyen peut occasionner des accidens graves, peut-être la mort.
D'ailleui's , l'ordonnance de 1669, *^^' X.XXI, art. 14 ) défend d'en jeter dans les rivières, sous peine de punition corporelle, et l'art. 4^2 du Code pénal punit d'un emprisonnement d'un à 5 ans et d'amende celui qui emploie le poison pour la destruction des poissons dans les étangs, viviers ou réservoirs.
La déclaration du roi , du 23 avril 1726, art. 33, défend pareillement, sous peine de 3oo fr. d'amende, d'en jeter dans les eaux de la mer.
COQUILLADE. Poisson du genre Blcnnie. V. ce mot.
COQUILLAGE et COQUILLE. On entend par le mot coquillage la coquille et l'animal qui l'habite, tandis que par le mot coquille on n'entend que l'enveloppe pierreuse qui entoure l'animal.
Nous nous écarterions du but de notre ouvrage , si nous voulions entrer dans les détails de l'histoire des coquillages. Il nous suffira d'en exposer trèssommairement les caractères généraux, et de dire un mot des systèmes de classification adoptés par les naturalistes , et pour cela nous ferons un bref extrait des articles Conchyliologie et Coquillage du Nouveau Dictionnaire d' .Histoire nature lie , articles que l'on doit au savant M. Bosc.
Tout le monde connaît les coquilles, ces solides et ambulantes maisons des animaux les plus mous de la nature; plusieurs auteurs se sont occupés de
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les disposer en ordre métliodic[ue. D'Ai-geriville, qui surpassa ses devanciers , les divisa en coquilles marines, coquilles fluviatiles et coquilles fossiles ^ division vicieuse , attendu que ce n'est point le lieu où l'on trouve une coquille qui en forme le caractère ; mais il a formé trois classes de chacune de ces divisions : les coquilles univalves , bivalves et multivalves , et ces classes naturelles ont été adoptées par les autres conchyliologistes.
Les UNI VALVES, dans la méthode de d'Argenville, comprennent quinze familles; savoir, \es patelles, les oreilles-de-mer, les tuyaucc , les nautiles, les limaçons à bouche ronde , les limaçons à bouche demi-ronde, les limaçons à bouche aplatie^ les buccins^ les tIs , les volutes , \es rouleaux , les rochers, les pourpres, les tonnes et \es porcelaines.
Les BIVALVES renferment six familles : les huîtres^ les cames , les moules , les cœurs , les peignes et les manches-de-couteau.
Les MULTivALVEs sont comprises dans six familles: les oursins , les vermisseaux , les glands-de-mer et les pousse-pieds. '
Linnaens , qui vint ensuite , l'emporta sur tous ses prédécesseurs; on peut le regarder comme ayant établi les vrais principes qu'on doit suivre dans l'étude et la détermination des coquilles, et comme ayant posé les bases de nos connaissances en cette partie. Il a adopté la division des coquilles en univalves , bivalves et multivalves , et créé, le premier, des mots génériques simples , des définitions concises, des noms spécifiques propres, et il a établi des phrases caractéristiques fondées sur les différences extérieures et essentielles des coquilles. Les premiers auteurs n'avaient point cherché à faire entrer les caractères des animaux que renferment les coquilles dans leurs méthodes conchyliologiques ; Linnœus s'en est occupé ; cependant ce qu'il a fait à cet égard n'était qu'une indication de ce qu'il fallait faire , et il était réservé à deux Français, Adanson et Geoffroy , de fournir des modèles à cet égard. Depuis ces auteurs , un grand nombre de naturalistes, au nombre desquels se trouve Lamarck, ont publié des systèmes ou des méthodes conchyliologiques. Enfin , une classe particulière de naturalistes , les oryctographes , s'est occupée de la recherche des coquilles fossiles.
Les travaux de Linnaeus et de Lamarck se distinguent de tous les autres. Voici la série des divisions et la nomenclature des genres établis par Linnseus :
SYSTÈME DE LiNNAEUS.
Section I^e. — Les testacés multivalves , chiton, patelle , pholade.
Sj;ction II. — Les testacés bivalves, mye , solen, telline , bucardc , mactrc , donace , venus , spondyle, came , arche, huître., anomie, moule et puine.
Section IIL Les testacés univalvcs : argonaute, nautile, cdne ^ porcelaine , bulle, volute., buccin, strombe ^ rocher, sabot., hélie , nérite , haliolide , patelle, dentale , sahelle , taret et serpulc.
Le système de Lamarck est beaucoup plus divisé: il se compose de deux ordres, dont chacun forme deux sections.
Le premier ordre est celui des mollusques cépha-
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lés. La première section de cet ordre renferme les mollusques céphalcs , nus., et contient 17 genres. La seconde section du même ordre se divise en trois paragraphes : 1°. les mollusques céphalés, extérieurement conchylifères , qui forment 6 genres; 2°. les coquilles univalves , uniloculaires , spirivalves ^ qui lorment 6i genres; 3°. les coquilles univalves, multilocularres , qui forment 11 genres.
Le second ordre est celui des mollusques acéphales. La première section de cet ordre comprend les mollusques acéphales , nus, et renferme 3 genres; la seconde s(!Ction comprend les mollusques acéphales conchylifères, et se compose de 60 genres. Les animaux qui habitent les coquilles sont ou des mollusques gastéropodes , c'est-à-dire qui ont un pied propre à ramper et une tête distincte , ou des mollusques acéphales , c'est-à-dire qui n'ont point de tête distincte , et dont le pied , lorsqu'ils en ont, n'est pas propre à ramper.
Les vers ou animaux des coquilles sont complètement mous j et ils ont une organisation particulière, qui ne permet pas de les comparer à aucune classe d'animaux. Ceux qui ont une tête demeurent tous dans des coquilles univalves, et sont appelés gastéropodes par Cuvier, parce qu'ils ont une espèce de pied , qui leur sert à marcher; et ceux qui n'ont point de tête sont presque tous des bivalves, et sont appelés acéphales par le même auteur. Quant aux animaux des multivalves , une partie est acéphale, et l'autre a une organisation particulière qui les éloigne des vers.
Les gastéropodes ont une tête ronde, armée de deux ou de quatre cornes mobiles , qui varient par leur structure. Dans Vhélice-escargot ^ il y a quatre cornes , deux grandes et deux petites: ce sont des tuyaux creux , au bout desquels sont placés les yeux , et qui sont susceptibles de rentrer en euxmêmes; mais il parait qu'aucun gastéropode marin ou fluviatile n'a réellement que deux cornes ou tentacules , et que les deux autres ne sont que des appendices.
Les yeux des coquillages varient dans leur position sur la longueur des cornes , et ils sont tantôt saillans , tantôt enfoncés , gros ou petits.
La bouche est fort petite dans les animaux à coquilles univalves ; elle est, dans les hélices , armée d'osselets ou dents propres à couper l'herbe dont elles se nourrissent, et dans les pourpres ^ d'une trompe rétractile, avec laquelle elles peuvent sucer de loin les animaux dont elles font leur proie.
Tous les animaux des univalves ont le cou plus ou moins long , et leur corps prend la forme de la coquille, ou , mieux, donne la forme à la coquille. Rien ne ressemble mieux à un pied que le gros muscle, qui s'étend sur le cou et sur une partie de la poitrine des animaux des univalves.
Le manteau est une membrane musculeuse, qui tapisse les parois intérieures de la coquille et enveloppe le corps , excepté la tête et le pied ; il varie de forme dans chaque espèce. Dans quelques coquillages , il tapisse non-seulement le dedans, mais encore le dehors de la coquille , et dans beaucoup de coquillages il se prolonge en avant ou forme de tube, souvent fort long , qui sert à faciliter la mar-
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che en se fixant aux corps solides et à sonder le terrain. Le manteau porte une ou deux ouvertures, dont la situation varie : l'une sert à absorber l'eau , et par suite l'air qui y est contenu , et l'autre à la sortie des excréniens.
LiQS gastéropodes terrestres et aquatiques, quoiqu'ils diffèient entre eux à quelques égards, ont le laème système d'organisation , et qui est fort diftérent de celui des acéphales. Ces derniers n'ont point de tète, par conséquent point d'yeux, et ils se distinguent encore des gastéropodes par les organes de la génération. \ . le mot Coquillage dans le Dictionnaire d'Histoire naturelle.
Dans quelques iinivalvcs , le sexe est distinct 5 on reconnaît des individus mâles et des individus femelles dans les buccins , les sabots y les volutes , et probablement les genres voisins. Dans les autres , le sexe est réuni , on les appelle en conséquence hermaphrodites : tels sont les hélices f \es planorbes, les bulimes, etc.
Quant aux coquilles bivalves , il parait qu'il n'y a pas d'accouplement , et que chaque animal se suffit à lui-même. On sent en effet c|ue celles qui sont fixées pour toute leur vie, telles que \es Huîtres (voy. ce mot) , ne pourraient pas avoir les squqs séparés , à moins que la semence du mâle ne fût portée par les flots sur les femelles; ce que l'observation ne permet pas de supposer.
On distingue deux sortes d'hermaphroditisme dans les coquillages univalves : celui qui, réunissant en lui les organes mâle et femelle au même point ou dans des points très-voisins , peut être fécondant et fécondé en même temps ; et celui qui , ayant ces organes placés à quelque distance, ne peut faire l'office de mâle ou de femelle avec le même individu , mais bien avec un troisième. On voit des exemples de la première de ces manières dans les hélices , et de la seconde dans les bulimes de Brugnière ou lymnées de Lamarck : ces derniers montrent souvent au printemps des rangées fort considérables d'individus accouplés, les uns à la queue des autres , dont le premier n'agit que comme mâle et le dernier que comme femelle 5 tandis que tous les intermédiaires agissent à-la-fois comme mâles et comme femelles.
Les coquillages diffèrent beaucoup dans la manière de faire leurs petits : les uns , et c'est la plupart des univalves, sont ovipares; tandis que la plupart des bivalves sont vivipares.
Les œufs, les petits que font les coquillages, sont ordinairement fort nombreux.
Les petits des bivalves sont contenus entre leurs branchies, c'est-à-dire dans leurs poumons, et sont revêtus de leurs coquilles, même avant de sortir du ventre de leur mère. On voit également la coquille déjà formée à ceux des ovipares avant leur sortie de l'œuf.
Dans les coquillages qui sont destinés à changer continuellement de place, la coquille naissante est tort nette ; mais dans ceux qui doivent rester fixés toute leur vie , elle est d'abord couverte d'une matière mucilagineuse, capable de la coller aux différens corps auxquels elle peut toucher; et c'est par ce moyen que se fait la première adhésion, qui se
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fortifie ensuite par le sac pierreux qui forme la coquille.
Quelques coLjuillages bivalves s'assujettissent au fond des eaux par difterens fils qu'on appelle bissus, et qui sont filés par le pied de l'animal.
Les coquillages se divisent, d'après leur habitation , en coquillages terrestres , d'eau douce et de mer.
Les coquillages terrestres aiment les endroits frais et humides. C'est au printemps , époque où ils sont le plus en mouvement pour chercher leur nourriture ou pour travailler à leur propagation, qu'on les trouve le plus facilement, lis s'enfoncent dans la terre ou dans les fentes des rochers aux approches de l'hiver , et ferment l'ouverture de leur coquille avec un opercule calcaire ou membraneux, et qui tombe au printemps. Ils restent dans un état complet d'engourdissement pendant tout l'hiver, et c'est dans cet état que l'on recherche les grosses espèces, telles que V hélice j pour la nourriture de l'homme.
Les coquillages jluviatiles sont beaucoup moins nombreux que les terrestres ; ils s'enfoncent pendant l'hiver dans le sable et la vase. Leurs genres se réduisent en Europe , parmi les univalves , auxjoatelles , nérites , baleines, Ijmnées qX. planorbes , et parmi les bivalves, aux anodontes , muleties et cyclades.
Les coquillages marins sont les plus abondans en genres et en espèces : les uns se cachent dans le sable , les autres dans la vase ; les uns s'attachent aux rochers , les autres à des poissons ; enfin les uns creusent les pierres , et les autres les bois les plus durs.
Ainsi donc , si la côte est garnie de rochers , il faudra chercher dans l'intérieur de ces rochers les pholades et les moules lithophages ; dans les fentes , les moules à bissus , et sur la surface les patelles. On cherchera d'autres genres dans le sable , dans la boue : si cette côte est diguée ou boisée , on trouvera sur les poutres , sur les racines des arbres , des anatifs , des balanites, des huîtres-^ et dans leur intérieur des tarets.
Pêche des coquillages.
Nous indiquons, au mot Pêche., les différentes manières dont se fait la pêche des coquillages à la basse eau et à pied. V. Pêche ^ section ire.^ § j,
La manière la plus simple et la plus employée est de suivre le flot lorsqu'il se retire, et de prendre les coquilles à la main sur la grève , ou de fouiller avec une bêche les endroits où le sable est percé de trous, et d'où il sort de l'eau ou des bulles d'air : c'est dans ces endroits que sont enfouis des buccins^ des venus , et en général les espèces de coquilles qui ont un pied capable de creuser la terre.
11 est des côtes où la mer est si peu profonde et si transparente, que l'on peut pêcher sous l'eau avec la main ou en plongeant; mais cette circonstance est rare : aussi, pour se procurer les coquillages qui se tiennent toujours au fond de l'eau , il faut employer des moyens industriels.
L'instrument qu'on emploie pour cet objet s'appelle drague à Marseille : c'est un triangle de fer ,
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ordinairement plus large que haut, derrière lequel on attache un filet 5 la base de ce triangle est taillée en biseau pour pouvoir mordre sur le sable, et un morceau de cuir lui est attaché en arrière, pour empêcher le filet d'être déchiré par les pointes des rochers. On promène ce triangle au fond de la mer par le moyen de cordes attachées à ses angles^ et on le retire lorsqu'on juge qu'il est garni de coquillages, d'après son augmentation de poids.
Pour se procurer de belles coquilles , les Indiens les font pêcher par des nègres-plongeurs. On leur descend un panier rempli de pierres, cjue les plongeurs ôtent à mesure qu'ils le remjîlissent de coquilles. Pour la pêche des huîtres et autres coquilles qui s'attachent aux rochers et aux arbres , on les arme d'un fer jiointu , qui leur sert en même temps à les détacher et à se défendre contre les poissons dangereux. Dans d'autres pays , les plongeurs sont munis d'une serpette ou espèce de faucille, avec laquelle , coupant les principales attaches qui retiennent les coquilles, ils en retirent une quantité, attachées les unes aux autres par une matière visqueuse et collante, ha. drague, que l'on emploie sur nos côtes et dont nous avons parlé , a l'inconvénient d'endommager quelcjuefois la coquille.
Utilité des coquillages.
On mange beaucoup de coquillages marins, soit parmi les Univalves , soit parmi les Bivalves^ mais ce sont principalement les genres Bucardc^ Came , Huître , Moule et Spondyle , qui fournissent les espèces les plus abondantes, les meilleures , et celles ciue par conséquent l'on préfère. V. ces mots.
C'est du coquillage nommé murex que les anciens Tyriens tiraient cette pourpre estimée dont ils faisaient une marque de dignité pour leurs souverains et un ornement pour leurs dieux. Le buccin servait aux Romains de trompette dans leurs expéditions militaires. Dans les républiques grecques, les coquilles servaient aux citoyens pour donner leurs suffrages, et c'est sur une coquille que le juste Aristide écrivit lui-même l'arrêt cjui le condamnait à l'ostracisme : les anciens suppléaient par le hissus à l'usage de la soie, et cette méthode est renouvelée de nos jours chez les Corses.
Les modernes ne le cèdent point aux anciens pour l'usage qu'ils font des coquillages : celui qu'on nomme pucelage sert de monnaie en Guinée, au Sénégal , à Bengale , aux îles du Cap-Vert et dans ([uelques Philippines 5 les Canadiens en font des ceintures et des colliers; il y a des Indiens qui s'en couvrent les parties naturelles , et les Egyptiennes font des colliers et des bracelets d'autres coquillages. Les Grecs modernes les brisent, les mélangent avec du citron, et en composent un fard dont ils se frottent le corps. Les Turcs et les Levantins garnissent de cauris les harnais de leurs chevaux , et en couvrent dos vases avec une telle adresse , qu'ils .semblent formés d'une seule pièce. Dans l'île de .Sainte- Marthe, on les emploie à orner les nattes de palme cjui couvrent les murailles. Des ouvriers ont l'art de tirer du burgau une belle nacre , dont on iait des ouvrages incrusti's d'or. Les cames servent à faire des bagues sculptées; les huîtres produisent
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des perles qui balancent souvent par leur éclat celui du diamant. Des personnes industrieuses forment, en Bretagne, des bouquets de fleurs avec des coquilles, et l'art avec lequel on mélange celles cuii sont diversement colorées fait souvent illusion. Les nautiles servent dans cjuelques pays à faire des coupes. Les Anglais se servent de coquilles pour blanchir la cire ; ils les emploient aussi , de même que les cultivateurs de Sicile et de Sardaigne, à fertiliser les terres. En France, on calcine quelquefois les écailles d'huîtres pour faire de la chaux et pour blanchir des toiles. Les sauvages, dans leurs danses, forment avec les coquilles des espèces de lyres qui ne sont pas destituées d'harmonie. Dans la Chine , on les pile ou on les enfouit dans la terre , et on les fait servir dans la composition de la porcelaine. Enfin , il y en a, tels que les huîtres , les moules et les lépas, qu'on regarde comme des alimens délicieux, et qui trouvent place sur nos tables les plus délicates, soit pour exciter l'appétit, soit pour le satisfaire.
COR. V. Corbeau.
CORACIN. Poisson du genre scienne , qu'on appelle aussi corbeau, Cest la Scienne- Timbre. V. ces mots.
CORAIL, corallium. Genre àe polypiers dont le caractère est d'avoir la substance intérieure pierreuse , solide , striée à sa surface , et recouverte d'une enveloppe corticiforme , charnue, poreuse et polypifère.
Le corail est, après les perles, la production la plus précieuse de la mer; elle a, de tout temps, fait l'objet d'un grand commerce pour les habitans des bords de la Méditerranée.
Quelques naturalistes avaient considéré le corail comme une production minérale, comme une pierre végétale ; mais la plupart l'avaient regardé comme appartenant au règne végétal , parce cju'ils lui voyaient des racines, un tronc et des branches. On sait aujourd'hui que le corail, ainsi que les gorgones et genres voisins, sont des loges d'animaux, des productions polypeuses. Il n'en reste pas moins vrai que le corail ressemble complètement à un arbrisseau sans feuilles ; il a un large pied qui l'attache fortement aux rochers, et une tige c|ui se divise en un petit nombre de branches, lescjuelles se divisent elles-mêmes et se subdivisent irrégulièrement en un grand nombre d!autres. La plus grande hauteur de l'arbre du corail, dans la Méditerranée , est d'environ un pied et demi, et son plus grand diamètre de 8 lignes. Toutes ses parties sont identiques, excepté l'écorce , qui est moins compacte que le cœur; la partie intérieure a la dui'eté du marbre, même au fond de la mer, excepté à l'extrémité des rameaux , où elle est plus tendre que l'écorce. Lors- (ju'on fait calciner une branche de corail , on voit qu'elle est formée de plusieurs couches concentriques.
Il résulte des observations faites sur la nature du corail , .qu'en dehors il est cannelé ou strié ; qu'à ses cannelures s'attache une pellicule médiocrement molle, composée de petites membraxxes pleines de vaisseaux et de glandes; ([ue toutes ces parties forment ensemble un corps réliculaire avec de petits
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vaisseaux remplis d'un suc blanchâtre 5 qu'à ces membranes sont attachés plusieurs corpuscules fort menus, et liés l'un à l'autre par d'autres petites membranes. C'est îl ces corpuscules qu'il faut attribuer la formation de la partie dure intérieure, comme ils doivent eux-mêmes leur origine aux polyies.
L'écorce est formée de petites membranes trèsdéliées, ou de petits fils auxquels sont attachés une immense quantité de corpuscules 5 elle est traversée, dans sa longueur, par des tubes desquels sortent des vaisseaux plus petits, d'où coule une liqueur laiteuse. Cette écorce, qui est glissante et tuberculeuse lorsque le corail est nouvellement péché , s'enlève aisément 5 mais lorsqu'elle est desséchée, on ne peut plus l'ôter qu'en la réduisant en poussière. Les tubercules ont des bases larges et rondes, et leur sommet est terminé par une petite lèvre divisée en huit parties. L'écorce du corail finit à l'extrémité de ces parties, qui sont creuses et tubuleuses.
Chacune de ces cellules donne retraite à un polype blanc, mou et un peu transparent, qui a huit tentacules ou cornes, et la bouche située au milieu de ces tentacules 5 plus bas est le ventre de l'animal. Dès qu'on tire le corail de l'eau ou qu'on le touche, tous les poljpes se contractent , les appendices des tentacules rentrent en elles-mêmes et la bouche se referme. Pour pouvoir observer cette manœuvre, il faut plonger le corail dans l'eau de mer aussitôt qu'il est péché.
Le corail est ordinairement d'un rouge vif, et quelquefois de couleur de rose ou jaunâtre ; mais toujours la tunique intermédiaire est blanche , et l'écorce est de plusieurs teintes et plus faiblement colorée que l'intérieur. C'est par erreur qu'on a dit qu'il croissait toujours la tête en bas. Il paraît, d'après les observations de Spallanzani , que sa reproduction est assez rapide pour qu'en peu d'années un endroit épuisé par la pèche en soit de nouveau garni : on a même remarqué que lorsqu'une branche de corail a été séparée du tronc , elle continue à croître au fond de la mer et s'y fixe de nouveau. Cette remarque a donné lieu de penser qu'on pourrait peut-être, dans un lieu déterminé, essayer de former une sorte de pépinière de corail , et qu'une ordonnance devrait prescrire aux pêcheurs de rejeter à la mer sur-le-champ les sommités de toutes les branches qui leur sont inutiles.
On trouve le corail, dans la mer Rouge et dans la Méditerranée , attaché aux rochers dans toutes les directions possibles.
JDe la pêche du corail.
On pêche le corail dans la Méditerranée , autour de la Sicile, à l'embouchure de la mer Adriatique et sur les côtes de Tunis. Ce sont principalement les habitans de Marseille, de la Catalogne, de la Corse, et de quelques autres îles qui s'occupent de cette industrie et du commerce du corail. La pêche a lieu pendant les 3 mois de la plus grande chaleur: elle est tantôt fructueuse, tantôt infructueuse, selon l'habileté des pêcheurs et le hasard des circonstances. Tel bateau qui, pendant \5 jours, n'aura pas ramassé pour un écu de corail^ en trouvera pour
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cent le 16^. jour. Les pêcheurs de corail, qu'on appelle coraillcrs , emploient pour cette pêche une machine qu'à Marseille on appelle salaire, et qu'ils construisent de la manière suivante : ils attachent ensemble deux chevrons ou forts bâtons en croix, qu'ils entortillent négligemment de chanvre de l'épaisseur d'un pouce , et au point de réunion des deux bâtons, ils attachent d'un côté un boulet ou un corps pesant pour les faire tomber à fond , et de Tautre deux longues cordes, dont l'une tient à la proue et l'autre à la poupe de la barque. A chacune des extrémités de ces bâtons est un filet de ficelle, à larges mailles, et fait en forme de bourse ouverte. Ils laissent aller cette machine au courant et au fond de l'eau, en la traînant sur les rochers et en l'introduisant sous les saillies , le tout ordinairement à tâtons. Les pieds coraux qu'elle rencontre sont brisés; leurs branches s'entortillent à l'étoupe ou s'arrêtent dans les filets, mais il en tombe plus qu'il n'en reste ainsi accroché. En général , le corail se pêche à 60 ou 80 pieds de profondeur 5 mais on le tire quelquefois à plus de 100 pieds. On emploie cinq à six personnes pour tirer la machine et pour arracher le corail , qui reste attaché à la filasse ou qui tombe dans la bourse. Si le corail tombe dans la mer, il y a quelquefois des plongeurs tout prêts pour le repêcher. Lorsque le corail est gros, il est sujet à être percé par un ver, et alors il perd considérablement de sa valeur. *
Réglemens.
Comme la pêche du corail fournit la matière d'un commerce considérable , le gouvernement français a cherché à en tirer parti, V., à l'article Pêche maritime, le § 12.
De l'emploi du corail.
C'est principalement à Marseille que l'on travaille le corail, et dans l'Orient cju'on le débite. Il y sert à garnir les armes, à faire des bijoux et des chapelets; les Arabes mettent un de ces chapelets entre les mains de ceux de leurs parens qu'ils enterrent. Le corail est aussi très-recherché dans l'Inde ec en Afrique ; il a été fort à la mode en France.
Le corail était beaucoup employé dans l'ancienne médecine, où il était regardé comme absorbant, diurétique, tonicjue, astringent, etc.; mais on a cessé de lui reconnaître ces propriétés. On en forme un opiat pour nettoyer les dents.
CORAILLÈKE. Petit bâtiment provençal qui sert pour la pêche du corail et aussi pour celle du poisson. Il porte un petit mât, point de vergues, une grande voile carrée et un foque. Quelcjues-uns disent coraline.
CORBEAU. On donne ce nom à deux poissons de genres différens: a.\si scienne-umbre {xoj • Timbre) et à la trigle-hirondelle , c]ue nous avons décrite sous le nom de Perlou. V. ce mot.
CORBEILLE. C'est en effet une corbeille d'osier revêtue de cuir de cheval , dont les Anglais se servent assez adroitement pour la pêche.
L'emploi d'un panier ou d'une corbeille pour prendre du poisson est un délit qui rentre dans l'application de l'art. lO du tit. XXXI de l'ordon-
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nance de 1669. {Arr. de la C. de cass.^ du 7 août 1823.)
CORCERONS. Ce scmt de petits morceaux de liège qu'on attache aux empiles , poui- que les Kaims se délachen t du fond . Ce mot est synonyme de/loties.
CORDE D'AUFFE. On en emploie de trois grosseurs, qu'on distingue par les noms de Vignette ou brujuelf le baudou et \q filet -prin. Ces cordes se vendent par balles assorties. V. Cordes et Hameçon.
CORDEAUX. Ce sont plusieurs morceaux de lignette ou ficelle , attachés de distance en distance à la corde de la ligne de tond.
On appelle cordeau de nuit la ligne de fond pour les ancuilles.
CORDÉE. Ficelle de la longueur de quelques brasses, à laquelle sont attachés plusieurs hameçons avec appât , pour prendre des anguilles ou autres poissons.
CORDES. Pêcher aux cordes, c'est pêcher avec une longue corde à laquelle on attache , de distance en distance, des lignes ou empiles garnies d'haims. C'est cette corde que , dans la Méditerranée , on appelle palangre. Lorsque les cordes sont chargées de plomb ou de cailloux, on les appelle cort/e^/^aryo/zc?; quand elles sont soutenues par des flottes de liège , on les appelle cordes JlotLantes. La principale corde s'appelle maîtresse corde ou hauffe dans l'Océan , et maître de palangre dans la Méditerranée. Les pêches aux grosses cordes diffèrent de celles aux lignes, parce que les cordes sont plus grosses et ordinairement plus longues. V. hameçon et Ligne.
Des cordes y hauffes ^ lignes et empiles.
On fait pour de petites pêches, comme celles à la canne, des lignes fines avec du crin ou de la soie j mais pour les grandes pêches, les maîtresses cordes, de même que les lignes et les empiles, sont faites avec de bon chanvre, premier brin, filé plus ou moins fin, suivant la grosseur que doivent avoir les lignes. On commet ordinairement ces fils en aussière et rarement en grelin : les aussières sont faites de deux ou trois fils , ou trois faisceaux de fils simplement commis les uns avec les autres, et les grelins sont faits avec trois aussières commises ensemble. Au reste, on proportionne la grosseur des tordes et celle des lignes à l'espèce de poisson qu'on se propose de prendre.
Lorsque les piles ou empiles doivent être grosses, on les travaille ordinairement comme la maîtresse corde , avec la seule différence qu'elles sont plus menues, comme on le voit en 6r, H .^ J ,fig. 24, PL 1 1 ; mais quand les hairas sont petits , on les attache immédiatement à la ligne, qui est faite d'un fil retors, formé de deux bons brins de fil à coudre , PI. 1-2. jfig. 6, A y B. Alors la ligne sert d'empilé; c'est cj fil double qu'on appelle du bitord : nous dirons dans la suite comment on le fait. Quand on se propose de prendre des poissons qui couperaient les empiles avec leurs dents, on fait les piles avec du crin, PL i?> ^fig. 1 et 2. Quelques personnes trouvent plus avantageux de tordre les fils de crin pour en former un cordonnet, comme nous l'expliquerons dans la suite en parlant de la pèche à la canne j mais il vaut mieux faire ces empiles avec
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du fil de laiton, tantôt simple, PL x'X.^fig. 7; tantôt double, PL 1 y ., fig. 23, ou encore roulé en forme de cordonnet. Quelquefois aussi, comme nous le dirons dans la suite , on fait avec ce fil une espèce de chaînette.
Sur la maîtresse corde A B ., PL 1 ^ifig. ^Ai sont attachées , par un nœud qu'on nomme une double clef, des cordes latérales semblables à CC, que nous avons dit se nommer lannes , semelles, et en Provence bresseaux. C'est à l'extrémité de ces lannes que sont attachées les piles ou empiles G, H. On donne aussi le nom de lannes aux cordes Z>, qui attachent les cailloux £ à la maîtresse corde.
C'est aux piles G, H , J , que sont attachés les hairas marqués par la lettre K.
11 y a des piles ou empiles simples, PL 12, fig. ire.j Q ^ G ,' d'autres doubles, même planche, fig. 2 et 3. On les nomme ^//e5 ovales et quelquefois estroppes.
Nous avons représenté sur la PL 1 i^fig- 24, un caillou Ej attaché à la maîtresse corde A B .^ par une lanne JD , au moyen d'un nœud qu'on nomme demi-clef.
ha. fig. 4, PL 12, fait voir en grand le nœud F , qu'on nomme une clef} et le caillou £, même planche, est amarré à la maîtresse corde B C, par une lanne double D.
Quand la maîtresse corde n'est pas trop grosse , les cailloux y sont souvent attachés immédiatement, comme on le voit PL i-x^fig. 6.
La plupart des lignes ou cordes qui sont faites de chanvre sont tannées, quelquefois même goudronnées : ce n'est pas seulement pour les faire durer plus long-temps ; mais encore pour que le poisson , trompé par la couleur, prenne la ligne pour du varec, et en soit moins effarouché. C'est pareillement dans cette vue qu'on les teint quelquefois en vert. Nous décrirons ces différentes préparations dans la suite.
On prétend que les Groenlandais empilent leurs haims avec des lannes fines et longues , prises des barbes de baleine, dont ils savent aussi faire des filets.
Au Brésil et dans plusieurs îles de l'Amérique , on fait de très- bonnes lignes avec du fil de pitte : on sait que ce sont des filamens qu'on retire des feuilles d'une espèce d'aloès ou aloïdes.
Les voyageurs disent cju'en Guinée , à la Côted'Or, on fait les cordes pour la pêche avec des écorces d'arbres.
Suivant un mémoii'e du Canada, on se sert indistinctement pour la pêche, ou de cordes de chanvre tirées d'Europe, ou de celles qu'on fait dans le pays avec de l'écorce d'un bois blanc, lesquelles, bien préparées , sont aussi régulières que celles de chanvre. Ainsi, elles reviennent à-peu-près aux cordes qu'on fait en France avec l'écorce de tilleul ou celle de mûrier.
Sur la Méditerranée, on fait cjuelquefois les maîtres de palangre avec une espèce de jonc qui vient du Levant, et qu'on nomme auff'o, auffe ou sparte. Cette plante croît abondamment en Espagne et à Malte, où on en fait différens ouvrages, comme paniers ou couffes, nattes, cordages, iilels. 11 y en a de deux espèces 5 savoir,
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i". Spartum herba Plinii, qui est le spartum primum C/usii, que Linné (Sp. plant., ii6) a nommé stipa tenacissima , scu stipa aristis basi pilosis , pa- Jiiculà spicatd foliis fiUformibus .
■2.^ . Spartum alterum Cliisii, que Linné a nommé {Sp. plant., 78) ligeiim, et spartum, proprement dit. Celui-ci se trouve en Espagne, dans des champs argileux.
£n conséquence le n°. i , qui vient dans le sable , est plus fin et plus propre à faire de bons ouvrages que le n". 2. On trouve, dans Clusius, une énumération exacte de toutes les propriétés du sparte.
Dans quelques endroits, on fait de gros cordages pour la pèche avec des sarmens de vigne , ou avec de jeunes branches pliantes de différens arbres , comme le saule, le peuplier, l'osier, etc.
JDc la manière de fabriquer les cordes, lignes et empiles pour la pêche.
Les principales cordes ou les empiles pour les gros haims sont faites par les cordiers , qui choisissent le meilleur chanvre , et le travaillent avec tout le soin dont ils sont capables.
Il paraît convenable de donner ici la connaissance d'un métier^qu'on emploie, sur les côtes de Picardie et de Normandie, pour faire les lignes et empiles fines de clianvre.
lues peilles , piles ou peies, auxquelles pendent les haims des pêcheurs - cordiers , ne sont autre chose que des bouts de bitord. Rien ne serait plus aisé que de retordre et doubler ces bouts de fil à la main, pour en faire du bitord propre à empiler les haims , comme font les charretiers pour mettre des touches à leurs fouets ; mais à l.i quantité qu'il en faut aux pêcheurs-cordiers, cette opération serait fort longue, au lieu qu'elle devient très-courte, au moyen d'une machine assez simple, dont se servent quelques femmes qui vendent les piles toutes faites aux )>êcheurs. Cette machine , qu'elles nomment un carré , peut former 18 à 20 peilles à-la-fois en 8 ou 10 minutes.
Le carré, PI. i3, est composé d'une pièce de bois A B C, évidée dans le milieu de sa hauteur, et soutenue plus ou moins haut, suivant la longueur des peilles que l'on veut faire par ses tenons ^, au moyen de chevilles mobiles sur deux pendans évidés de même , qui sont fixés à quelque soliveau du plancher. Dans le vide B C est un rang de plusieurs poulies de bois, faites en manière de bobines , et nommées en Picardie toulettes. Elles sont fixées par de l'étoupe chacune à leur broche verticale, qui porte un crochet au-dessous des bobines. Ces broches peuvent tourner librement dans les trous hauts et bas qu'elles enfilent dans la pièce de bois ABC. On voit en Pet (î deux autres toulettes qui tournent librement autour de leurs axes, fixés horizontalement dans la même pièce de bois, et qui font uniquement l'office de poulies de renvoi.
Si , partant de ZT, on passe un fil sans fin sur la poulie F, faisant ensuite faire à ce fil une révolution autour de chaque toulette, toujours d'un même sens , pour revenir par la poulie G en «7 et IJ , il est évident qu'en tirant continuellement ce fil de G, J, vers /f, toutes les toulettes tourneront continuel-
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lement sur leurs centres d'un même sens , et avec elles leurs axes ou broches à crochets. Elles feront ici l'office des molettes des rouets dont se servent les cordiers.
On donne à ce carré plusieurs autres formes qui ne changent rien à son usage. On observe plusieurs circonstances sur le choix du bois des toulettes ; sur la manière de les faire porter pour qu'elles tournent librement , etc. Il faut remarquer r[ue la première toulette vers C n'est point non plus fixée sur son axe : c'est son axe qui est fixé par de l'étoupe dans la pièce de support. Cette toulette ne fait que l'office de poulie pour maintenir le fil dans la direction du milieu des autres , qui ont des broches à crochets, et qui doivent être en nombre pair.
Au bas de la figure, sont des poids de plomb plus ou moins lourds, suivant la grosseur du fil à retordre, cjui portent chacun une broche à crochet, et sont rangés à terre sous les toulettes en nombre moitié moindre de celui de ces toulettes.
KL est une règle de bois léger nommée la solette, sur l'épaisseur de laquelle on a ménagé des appen* dices m m ^ à rainure en demi-cylindre, c'est-à-dire figurées comme des demi-poulies, et qui doivent être espacées entre elles proportionnellement aux toulettes du carré, comme on le voit à la figure et à la coupe n.
L'ouvrière ayant sa pelote de fil ou de ficelle auprès du carré, dans un petit baquet d'eau, attache le bout de ce fil par un nœud au premier crochet du côté de o de la première toulette à broche ; de là le fait jjasser dans le crochet du premier plomb qui est à terre ; le ramène axi crochet de la seconde toulette, où elle le noue, et tout de suite le passe au crochet suivant, de là au crochet du second plomb j le ramène et le noue au quatrième crochet d'en haut j puis le passe au troisième crochet d'en bas, etc., jusqu'au bout du carré. Ensuite avec un couteau elle coupe le fil dans les intervalles des toulettes , et alors , en termes de corderie , les bitords sont ourdis. Le crochet du plomb pendu au pli d'en bas de chaque fil va servir i^érnérillon ^ et le poids, en s'élevant de terre à mesure que le fil se raccourcira, servira de ce qu'on appelle le carré dans les corderies. Mais afin que les deux parties de ce même fil , qui doivent former chaque brin de bitord , ne se réunissent pas trop tôt , il faut mettre un toupin entre deux : c'est à quoi servira la solette.
L'ouvrière la prend par une de ses oreilles K ou L ; la présente auprès des crochets des toulettes en rao, pour faire entrer aisément chaque appendice mm dans l'un des intervalles entre les deux parties de chaque brin ; puis abaisse en même temps la solette jusqu'à quelques pouces des crochets des plombs en KL.
Tout étant ainsi disposé, elle tire ce fil sans fin dans le sens de GJ^ et en bas pour faire tourner les toulettes. Alors les deux portions de chaque brin de fil se retordant fortement, et se raccourcissant à pro|)ortion, commencent à se doubler au-dessous de la solette, en faisant tourner le plomb dès qu'il perd terre. Il arrive en même temps que chaque appendice m m àe la solette se trouve , par la duplicature du fil, plus comprimé dans le bas de sa rai-
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nure que dans le haut ; ce qui fait glisser la solette, et la repousse vers les toulettes sans que l'on y touche. Quand la solette parvient eu remontant à quelques pouces des toulettes vers no, l'ouvrière l'enlève d'entre les fils, cesse de lirer le fil JH , décroche les plombs, et les peilles sont faites. Elle les décroche des loulettes , et recharge son carré de nouveau fil pour en faire d'autres.
CORDIER. Un lyêcheur-cordier est celui qui pêche avec des cordes garnies d'hairas. On l'appelle , dans la Méditerranée , pa/awg-r/e/-. V. Corde , Hameçon.
On appelle ^a/eûM-cor^/ez-celui qui va ùcette pêche.
CORESSE ou CORETTE. On appelle ainsi àDunkerque les magasins où on fait les harengs saurs.
CORLASSEAU. V. Coyau.
CORMORAN ou CORMARIN, ou CORMA- RAR AN, pelicanus carbo. ( Lath.) Oiseau du genre pélican et de l'ordre Aes palmipèdes. C'est un oiseau de proie aquatique assez semblable au corbeau ; il a un bec long, crochu et tranchant à l'extrémité, dont il se sert habilement pour saisir le poisson. Il prend quelquefois sa proie avec un pied, et l'apporte au rivage en nageant de l'autre ; d'autres fois il plonge dans l'eau pour l'attraper ; quand il saisit un poisson, s'il ne peut l'avaler commodément en commençant par la queue , à cause des écailles , il le jette habilement en l'air, en lui faisant faire un demitour, afin que sa tête retombe la première 5 il le ratrappe alors avec une adresse infinie.
11 se tient presque toujours au bord de la mer et s'éloigne peu des embouchures des grandes rivières. Il se perche sur les arbres qui sont à proximité. II prend beaucoup de graisse , mais sa chair a une odeur forte et elle est de mauvais goût.
En Hollande, les cormorans arrivent vers les premiers jours de mars, et y restent jusqu'en novembre; ils causent de grands dommages aux pêcheries.
Dans quelques pays , comme à la Chine , et autrefois en Angleterre , on a su mettre h. profit le talent du cormoranpour la pêche, et en faire, pour ainsi dire, un pêcheur domestique , en lui bouclant d'un anneau le bas du cou, pour l'empêcher d'avaler sa proie, et l'accoutumant à revenir à son maître, en rapportant le poisson qu'il tient dans le bec. Un pêcheur peut aisément en goi^verner un cent. Ils se l)erchent sur le bord du bateau , et quand ils sont arrivés au lieu de la pêche , au moindre signal ils partent tous et se dispersent sur les eaux; ils cherchent, ils plongent, ils reviennent cent fois à la charge jusqu'à ce qu'ils aient trouvé leur proie. Ils la saisissent avec le bec et la portent à leur maître. Quand le poisson est trop gros, ils s'entr'aident mutuellement : l'un le prend par la tête , l'autre par la queue , d'autres par les nageoires et ils l'amènent ainsi jusqu'au bateau. On leur présente alors de longues rames, ils s'y perchent avec leur poisson et ne l'abandonnent que pour en aller chercher d'autre.
V. , à l'article Pêche, le paragraphe qui traite de la pêche qu'on fait avec des oiseaux.
CORNÉS (HARENGS). Ce sont les harengs prêts à frayer, dont la chair est molle , la laite petite et û[ui deviennent coriaces dans le sel.