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le crabe-pagure , ou le tourteau des pêcheurs , qui se trouve sur les côtes de France , et qui a pour caractère le corcelet peu raboteux , avec neuf plis de chaque côté , et qui est très-bon à manger ; le crabe cendré , l'une des espèces les plus communes sur les côtes de France, mais qui ne devient jamais grosse, et qui a le corcelet rivuleux et très-finement ponctué , trois dents de chaque côté et une très-grosse dent à la base interne du doigt mobile.
V. , pour les réglemens sur la pêche des crabes, l'article Pêche maritime , § 3.
CRABE DE BIARRITZ. Duhamel , dans son Traité des Pêches, sec t. 5 ^ PL IV , fig. \'^^ ■ -, donne sous cette dénomination la description de la scoRPÈNE-TRUiE , scorpœua scrofa, Lin. , qu'on appelle aussi en Provence scorpi , scorpone , rascasse rouge.
Description. — Ce poisson (voy. laP/. V des Poissons, Jîg. lo) est beaucoup plus grand que la Rascasse (voy. ce mot) ; il parvient quelquefois jusqu'à une longueur de plus de 4 naètres. Il a la tête grande ; les yeux gros ; l'ouverture de la bouche très-large; de petites dents aiguës qui hérissent la langue, le palais, le gosier et les deux mâchoires; deux grands aiguillons et plusieurs petits piquans aux opercules. Le fond de sa couleur est d'un brun rouge tirant sur le blanc, et marqué de taches brunes; ses écailles sont grandes et rudes au toucher. La membrane des nageoires est bleue, et soutenue par des rayons jaunes et bruns.
Habitation. — Il se trouve dans les mers d'Europe et d'Amérique ^ et il est sur-tout commun dans la Méditerranée.
Nourriture. — Le crabe de Biarritz est un poisson très-fort et très-vivace , qiii attaque avec avantage non-seulement des poissons assez forts, mais encore de jeunes oiseaux aquatiques qu'il saisît par leurs pieds.
Qualités. — La chair de ce poisson est , généralement parlant , maigre et sèche ; elle ne laisse pas néanmoins d'être assez recherchée, sur-tout lorsque le poisson a été pris en pleine mer ou sur des côtes pierreuses. Dans le Nord il n'est point estimé , et les Norwégiens se contentent de tirer de l'huile du foie.
Pêche. — Les pêcheurs de Biarritz , dit Duhamel , vont avec des haims chercher ces poissons jusqu'à 6 lieues au large, tirant au nord-ouest, où ils en prennent avec d'autres poissons. Quoique ces poissons ne soient pas de passage, le temps de leur pêche est depuis le mois de juillet jusqu'au commencement de l'hiver , soit parce que dans cette saison ils se rendent avec d'autres poissons sur les îles, où ils trouvent de petits poissons qui les y attirent , soit principalement parce que , dans les autres saisons, les pêcheurs sont occupés à faire d'antres pêches qui leur sont plus avantageuses. Les crabes .f étant pris sur de bons fonds et en bonne saison , sont assez estimés; leur chair est un peu sèche, mais point coriace; on en fait du bouillon pour les malades.
CRAPAUD DE MER. Les pêcheurs donnent ce nom et celui de diable de mer à tous les poissons qui ont une figure hideuse; et Duhamel, qui a géuéralement adopté les dénominations vulgaires, a
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décrit trois poissons sous les noms de crapaud de mer on chaboisseaii j de diable de /«fActde crapaud de mer du Croisic , qui ne peuvent être le véritable crapaud de mer ou scorpène horrible des naturalistes, puisque ce dernier ne se trouve que dans les Indes orientales ; tandis que les poissons décrits par Duhamel se pèchent sur les côtes de la !Norniandie et au Croisic dans la ci-devant Bretagne. Nous pensons que le crapaud de mer que l'on prend sur les côtes de Normandie n'est autre chose que la rascasse , qui est décrite aussi sous ce dernier nom j)ar Duhamel. V. Rascasse.
Crapaud de mer. C'est aussi l'une des dénominations de la Raie- Aigle. V. ces mots.
CRAPAUDIERE. Lieu bas, humide et sale , où il y a beaucoup de crapauds.
CRAQUELIN. Nom que les pêcheurs donnent sur quelques ports de mer aux crustacés qui viennent de changer de test, et qui sont dans un état mou. Ces crustacés sont très-avantageusement employés à la pèche des poissons de mer. V. Crustacés.
CRAQUELOTS. Harengs peu salés et peu fumés.
CRAQUE LOTIE RE. Femme qui prépare les harengs bouffis , qu'on nomme craquelots ou appétits.
CRAYE. C'est le nom qu'on donne en Picardie aux macreuses.
CREAC. L'un des noms vulgaires de V Esturgeoji. \ . ce mot.
CRIQUE. C'est un enfoncement dans les terres , ou une espèce de petit port formé naturellement le long des eûtes , où les bâtimens cherchent un asile dans le gros temps.
CREVETTE , gammarus. Genre de crustacés qui contient des espèces très-communes, tant dans la mer que dans les eaux douces, et cjui servent de nourriture aux poissons littoraux et aux oiseaux d'eau. On n'en a décrit qu'une douzaine d'espèces; mais il paraît qu'il en existe un bien plus grand nombre. La plus commune de toutes est la crevette des ruisseaux, que Linné a appelée gammarus pulex, et qu'on trouve dans les eaux des fontaines et des ruisseaux; elle a 4 pouces sans doigts, et lo pattes. On Toit ces crevettes, au printemps, accouplées, le mâle emportant la femelle, qui est plus petite que lui.
CRIN D'EMPILE. Crin que l'on choisit trèssolide pour attacher V Hameçon. V. ce mot.
CROC. Grand bâton en forme de perche, armé par le bout d'un fer à pointes recourbées, dont les bateliers se servent pour conduire et arrêter les bateaux.
CROCHET. Instrument de fer ajusté au bout d'une perche, et dont on se sert pour détacher les coquillages des rochers , et tirer les crustacés et quelques poissons d'entre les roches. On traîne sur le sable un double crochet pour faire saillir les vers et les poissons qui sont enfouis. V. la PI. \j , iV°. V.
CROCODILE, crocodilus. Genre de reptiles de la famille des lézards, qui renferme plusieurs espèces , dont deux sont bien constatées, le crocodile du Nil et le crocodile- caïman ou >}C Amérique.
Description. — Les crocodiles sont des animaux redoutables par leur grandeur, leur férocité et les armes dont la nature les a pourvus. Ils ont la peau presque par-tout couverte d'écaillés fortes et solides,
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qui les défendent de la lance et de la balle , si ce n'est à la jonction des cuisses , ou dans les yeux ou dans la gueule; une large gueule qui s'étend au-delà des oreilles, et qui est garnie, à chaque mâchoire, d'une rangée de dents longues, fortes et d'inégale grandeur, au nombre d'environ trente- six à la mâchoire supérieure et de trente à l'inférieure; les yeux très-rapprochés l'un de l'auti-e , placés obliquement au-dessus de la tête , et défendus par une membrane clignotante, ce qui rend leur regard effrayant; la queue comprimée et arrondie en dessous; la couleur générale obscure, avec des bandes et des taches d'un jaune sale ou d'un bronzé rougeâtre. Leur longueur varie ; celle du crocodile du JNil est quelquefois de 3o pieds. Les crocodiles, pendant l'été, ou plutôt au printemps, à l'époque de leurs amours, font souvent entendre des mugissemens presque aussi forts que ceux du bœuF; ils font aussi entendre un bruit produit par le claquement de leurs mâchoires , et qui a lieu même en plein jour.
Habitation. — On trouve des crocodiles dans les mers d'Afrique et d'Amérique , dans les eaux du Nil , du Gange , etc. C'est sur les rivages des grands fleuves, au milieu des lacs marécageux, qu'ils s'établissent de préférence; ils s'y rendent en troupes quelquefois très-nombreuses.
Nourriture. — Ils se nourrissent de gi-enouilles , de poissons , d'oiseaux d'eau , enfin de tous les animaux qu'ils peuvent attraper. Les chiens , les cochons, les bœufs même ne sont point à l'abri de leur voracité. On rapporte qu'ils saisissent ces derniers animaux au museau ou par les jambes lorsqu'ils vont boire , et les entraînent dans l'eau pour les y noyer. Ils peuvent rester fort long-temps sans manger , et tous ceux qui n'habitent pas dans les climats voisins de l'équateur s'enterrent pendant tout l'hiver.
Propagation. — C'est au printemps que les crocodiles s'accoujîlent. Les femelles pondent en deux ou trois fois, mais à peu de distance les unes des autres, une vingtaine d'œufs, qu'elles enterrent dans les sables voisins des rivières et des lacs , où le soleil les fait éclore. Ceux du crocodile du Nil sont deux fois plus gros qu'un oeuf d'oie; mais ceux du crocodileca'ïman égalent à peine ceux d'une poule d'Inde. Les uns et les autres sont blanchâtres , et leur coque est parfaitement semblable à celle des œufs des oiseaux ; ils sont bons à manger , quoiqu'ils sentent fortement le nausc. Dès que les petits sont nés, ils vont se Jeter à l'eau , et se nourrissent de larves d'insectes et de très-petits poissons. Ce n'est que dans la seconde année qu'ils prennent des dents redoutables, et que leur crâne acquiert une épaisseur suffisante pour les défendre des coups. On pense que la durée de la vie des crocodiles doit s'étendre autant et même plus que celle de l'homme.
Ennemis. — Beaucoup d'animaux , et principalement les mangoustes en Afrique , et les loutres en Amérique , vont à la recherche des œufs et en font une grande destruction. Les jeunes crocodiles sont recherchés par les tortues, les poissons voraces, les animaux amjjhibies , les tigres , les cougouards , et même par les vieux crocodiles; mais lorsque les cro-
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codiles ont acquis touce leui* force , ils n'ont plus d'ennemis capables de lutter avec eux.
(Qualités. — On trouve dans le corps des crocodiles des bézoards , qui ont joui autrefois d'une grande réputation médicale, mais qui aujourd'hui sont , comme tous les autres bézoards , repoussés de la médecine. Les nègres de la Caroline mangent la queue des crocodiles 5 dans Pile de Boutau , on les apprivoise pour les engraisser , et on les tue pour en faire un mets estimé. Nous avons déjà dit que leurs œufs étaient bons à manger.
Chasse ou pêche des crocodiles. — Malgré les dangers d'attaquer ces redoutables animaux , les nègres osent lutter contre eux. Ils tàclient de les surprendre dans les endroits où, manquant d'eau , ils sont obligés de ralentir leurs mouvemens : alors un homme armé d'une hache les attaque et les tue facilement. Dès que les nègres de la Caroline en aperçoivent qui se sont trop écartés de leur retraite , ils se mettent plusieurs à leur poursuite et leur coupent la retraite. On les prend aussi , en Caroline , avec des oiseaux ou de petits quadrupèdes vivans, qu'on lie à un gros hameçon attaché à un arbre par le moyen d'une chaîne de fer.
On lit , dans le Dictionnaire des Pèches de l'Encyclopédie , que les nègres vont hardiment sur le crocodile avec un cuir de bœuf qui entortille leur bras gauche , et un dard à la main droite : ils lui mettent le bras garni de cuir dans la gueule pour la tenir ouverte, et comme sa langue est fort petite, sa gueule se remplit d'eau et l'animal se noie 5 pour hâter sa mort , ils lui crèvent les yeux à coups de dard.
On tend au travers des rivières de Siam trois ou quatre rangs de filets, de distance en dislance : le crocodile épuise ses forces au premier et au second; ensuite les pécheurs siamois accourent dans leurs bateaux et le percent sous le ventre. Quand l'animal est affaibli par la perte de son sang, ils lui serrent fortement la gueule , attachent avec la même corde sa tête à sa queue , et lient ses pattes sur le dos : c'est après avoir pris ces précautions qu'ils l'amènent à terre.
CRONES ou CROSNES. On nomme ainsi certains trous ou cavernes qui sont au bord de l'eau, garnis de racines d'arbres, de grands herbiers, ou autre chose de cette nature : c'est ordinairement là cjue le poisson se retire. V. Carpe.
CROUSILLES. On nomme ainsi en Provence des enceintes de filets ou des espèces de parcs qu'on établit au bord des étangs salés , et qui ont de 5o à 55 brasses d'étendue. Cette enceinte est faite avec de gros piquets, sur lesquels on tend les filets qu'on nomme paradièrcs. On forme une espèce de labyrinthe aux coins, et au fond on ajuste des guideaux ou verveux , qu'on nomme couves ou louves. Les mailles de ces manches de filets sont très-serrées, et ces paradières ont 1 4 ou \5 lignes d'ouverture en carré. La hauteur des paradières est d'environ 5 pieds.
On prend dans ces pêcheries des loups , des muges, des plies , et principalement des anguilles; on doit les détendre dans le même temps qu'on dépique ou déclôt les Bourdigues ( V. ce mot) , pour lais-
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ser aux poissons la liberté de remonter dans les étangs. V. Parc.
CliUSTACES. Classe d'animaux dont le caractère est d'avoir le corps enveloppé d'une croûte a demi calcaire , formée d'une pièce très-grande et de plusieurs autres plus petites , ou d'une suite d'anneaux presque égaux; de respirer par des branchies distinctes ; d'être pourvus de mandibules, munis de palpes , de plusieurs mâchoires , d'un ou de deux yeux , de deux ou quatre antennes , et de pattes nombreuses et articulées.
Les naturalistes ont classe les crustacés tantôt parmi les poissons , tantôt parmi les insectes , en en formant une classe à part.
Les crustacés diffèrent des poissons et des mollusques, avec lesquels ils vivent pour la plupart, parce qu'ils ont des membres articulés; ils diffèrent des insectes, avec lesquels ils ont, à l'extérieur, les plus grands rapports d'organisation, parce qu'ils ont des branchies, un cœur musculaire, qu'ils changent de peau tous les ans , et qu'ils engendrent plusieurs fois dans leur vie.
La nature de cet ouvrage ne permet pas de traiter de l'histoire naturelle des crustacés, qui est d'ailleurs très -difficile. On peut consulter à cet égard les ouvrages de MM. Cuvier, Laraarck , Latreille , Olivier, Bosc , etc.
Nous nous bornerons à dire que les crustacés aquatiques comprennent les écrevisses , les langoustes f les homars, les squilles ., les crabes , les cancres. Ils habitent les étangs marins, l'embouchure des rivières , les lieux limoneux et les fentes des rochers. Leur chair est plus ou moins agréable au goût , mais difficile à digérer.
CUIRIER. Sorte de tablier de cuir lié à la ceinture , avec une bavette qui va jusqu'au menton , dont se servent les pêcheurs picards et normands.
CUL -DE -LAMPE D'UN ÉTANG. Enceinte qu'on forme derrière les bords d'un étang, au moyen d'une chaussée , pour retenir l'eau et empêcher qu'elle ne se perde. V. Etang.
CUL-DE-SAC , CUL-DE-PEIVAN , ou CUL- DE-CHAUDRON. C'est le fond de la manche de Vaissaugue et des auti'es filets du même genre.
CLL E^OND, CUL CARRÉ, QUEUÊ-D'OI- SON. Noms qu'on donne à différens bateaux du Pollet, suivant la forme de la poupe.
CULAIGNON. Partie de la manche des filets , ef qui en forme le fond. V. Tartane.
CULETiN. Nom d'une voile que les pêcheurs de morue mettent pour précipiter la dérive d'un vaisseau qui , étant en pêche , va côté en travers.
CURAGE. C'est l'action de curer un ruisseau, une rivière.
CURURES. Se dit de la lie et de l'égout d'iui étang ou d'une mare qu'on dessèche.
CYCLOPTÈRE. Genre de poissons de la divisioji des branchiostèges, qui présente pour caractères des dents aiguës aux nu\choires ; les nageoires pectorales simples, et les ventrales réunies en forme de disque. Ce genre renferme douze espèces.
Le Cycloptèhe-Lompe , cju'on appelle aussi lièvre de mer ou bouclier, et qui habite dans les mers du nord de l'Eiirope. Il a environ 2 pieds de longueur;
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le corps couvert de plusieurs rangs de tubercules très-durs; la tète courte et large en devant; les deux nageoires ventrales rondes et réunies de manière à représenter un bouclier lorsqu'elles sont développées; une couleur qui varie suivant l'âge et le sexe, le plus souvent noire sur le dos , blancluitre sur les côtés , et orangée sous le ventre. Ce poisson se tient habituellement au fond de la mer, ou attaché sous \es rochers au moyen de sa nageoire clypéiforme ; on ne le prend que par hasard dans les filets, et le plus souvent on ne l'emploie qu'à faire des appâts, sa chair étant dure, huileuse et de mauvais goiit. Ce poisson passe pour avoir les sens moins obtus que les autres poissons.
Le Cycloptère épineux, qui habite avec le précédent , et qui a la même grandeur et partage les mêmes habitudes.
Le Cycloptère menu, qui habite l'Océan et qui a trois tubeixules sur le museau.
Le Cycloptère-Souris, qui se trouve sur les côtes de France et qu'on appelle souris de mer au Havre. Il a 5 rayons à la membrane des branchies , 35 à la dorsale; les deux mâchoires presque égales et garnies de dents très-fines ; les écailles à jieine visibles ; la couleur grise en avant et d'un gris brun vers la queue. Il ne parvient pas à plus de 2 à3 pouces de long.
Le Cycloptère-Liparis , qu'on nomme aussi barbue y et qui habite les mers du Nord. Il a un pied et demi de longueur, 7 rayons à la membrane des branchies, et les na£eoires du dos, de la queue et de l'anus réunies.
Le Cycloptère rayé , qui habite les mers d'Europe, et qui a des raies longitudinales sur le corps , et les nageoires du dos , de la cpieue et de l'anus réunies.
Les autres espèces habitent les mers des Indes, du Kamtschatka , de l'Amérique.
CYPRIN , cyprinus. Genre de poissons de la division des abdominaux , qui renferme plus de la moitié des poissons vivant exclusivement dans les eaux douces. Le caractère des cyprins consiste ù aA'oir 3 rayons à la membrane des ouïes ; la bouche souvent sans dents , et le nez creusé de deux sillons. Gmelin compte jusqu'à cinquante espèces de cyprins , qu'il divise en plusieurs sections. Voici ceux qui se trouvent en France : Dans la l'e. section, qui renferme les cyprins ayant des barbillons à la bouche , on compte le barbeau , la carpe , le goujon et la tanche.
Dans la 26. section, renfermant les cyprins qui ont la nageoire caudale non échancree, on trouve le carassin , qu'on a])pelle aussi hamburge ^ et le cyprin-gibèie.
Dans la troisième section, qui renferme les cyprins , dont la queue est fourchue, on compte le cyprin-vairon ou véron , le cyprin-vandoise , qu'on appelle aussi dard^ le cyprin-dobule , le cyprinrosse ou gardon , le cyprin-chevane , le cyprinnasse^ le cyprin-spirlin , le cyprin-bouvière y le cyprin-able , le cyprin-bréme , le cyprin-bordclière.
Comme nous donnons , suivant l'ordre alphabétique, et d'après leurs noms spécifiques, la description de ces poissons et la manière de les pêcher ,
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nous renvoyons aux articles particuliers qui les concernent , c'est-à-dire aux mots Able ^ Barbeau y Bordelière , Bouvière , Brème , Carpe , Cavassin , Chcvane , Gardon , Gibèle , Goujon , Spirlin , Tanche y Vairon, Vandoise , e\.c,
DACTYLE. On donne ce nom , sur les bords de la Méditerranée, à la moule lithophage. V. Moule et Pholade.
DACÏYLOPTERE. Genre de poissons établi par Lacépède pour placer deux espèces qui faisaient partie des trigles de Linnœus , et qui sont ie pirapède et le dactyloptère japonais.
La première espèce est connue sous les noms de poisson volant, à!' arondelle , à!' hirondelle, de ratepenade , de rondole , de chauve-souris y de pirapède , etc. V. Hirondelle.
DAMO (POISSON). C'est le Caranx glauque. V. ce mot.
DANE ou DANNE. Cabane pratiquée au pied du grand mât des gondoles qui servent pour la pêche à Yarniouth, et qui se démonte pour celle du maquereau.
DARD. Poisson du genre cyprin , et que l'on connaît plus généralement sous le nom de Vandoise. V. ce mot.
DARDER. Il y a des sauvages qui sont trèsadroits à lancer un dard sur les poissons qu'ils aperçoivent : c'est ce cjui s'appelle darder. V. , au mot Pêche , l'article des Pêches à basse eau.
DAUPHIN , delphinus. Genre d'animaux de la famille des cétacés, qui contient une dixaine d'espèces, au nombre desquelles sont le Dauphin ordinaire, le Dauphin à deux dents, le Marsouin, VEpaulard ou Orque ^ VEpée-de-mer. (V. ces mots. ) Nous ne parlerons dans cet article que du dauphin ordinaire (V. la PL 10 ^^g. 4) , après avoir dit un mot de l'histoire des dauphins chez les peuples anciens , et des caractères cjui distinguent ce genre de cétacés.
Histoire. — Le dauphin, chez les Grecs , fut plutôt l'objet d'un culte que celui de la pêche ; ils ne virent en lui qu'un ami de l'homme, un poisson favorisé des dieux, et dont l'intelligence l'emportait de beaucoup sur celle des autres espèces.
Les Grecs remarquaient avec le plus vif intérêt que les dauphins nageaient en troupes : d'où ils concluaient avec raison qu'ils avaient les mœurs sociales. Hésiode, contemporain d'Homère , décrivant le bouclier d'Hercule, parle des dauphins d'argent qui le décoraient. Les Grecs pensaient aussi que, entre tous les animaux qui habitent la terre ou la mer, le dauphin se distinguait par sa vitesse étonnante. Leur imagination avait créé pour le dauphin un assemblage de perfections morales et physiques, dont la réunion est une des faveurs que le ciel dispense rarement aux mortels : il ne faut donc pas s'étonner s'ils l'entourèrent d'une vénération religieuse ; ils placèrent son image dans leurs temples , sur leurs monnaies et leurs médailles. Neptune fut adoré dans plusieurs villes sous la forme d'un dau-
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phin. Ce poisson, fut consacré aussi à Apollon, à Vénus, à Bacchus, à l'Amour, à Cérès et à C y bêle.
Le dauphin fut associé au culte de toutes ces divinités grecques , d'après des motifs puisés dans l'affection qu'elles étaient présumées lui porter , ou qui avaient leur source dans un sentiment de reconnaissance. Une tradition populaire attribuait à un cétacé de cette espèce la gloire d'avoir sauvé les jours d'Arion , et l'on citait l'acte de sensibilité rare d'un autre dauphin , qui n'avait pu survivre à la perte d'un jeune enfant qui s'était associé à ses jeux.
Les Romains donnaient le nom de dauphin à une de leurs machines de guerre employées dans les combats de mer : cette machine avait la forme du dauphin. Plus tard , le prestige de l'opinion étant dissipé , on confondit le dauphin avec le marsouin, et on les pécha indifféremment. Dans les temps modernes , les idées religieuses, qui s'étaient opposées à la pêche du dauphin dans la Méditerranée, ne subsistaient plus; mais il était au moins considéré comme une sorte de type dignitaire, et il figurait dans les armoiries. Les comtes de Viennois mirent dans leur écusson un dauphin d'azur : l'un d'eux prit même le nom de dauphin. Ce nom s'étendit à l'une de nos provinces , et ce fut à la condition que le fils aîné de nos rois le porterait, que cette province fut donnée aux rois de France.
Description. — On les distingue des autres cétacés en ce qu'ils sont armés de dents aiguës aux deux mâchoires , et qu'ils ont sur le front un seul évent en forme de croissant, dont les cornes sont tournées du côté du museau : leurs yeux sont petits et noirs ; ils portent presque tous une nageoire sur le dos : cette dernière est placée horizontalement, comme dans tous les cétacés. Leur forme est celle des poissons; ils ont la peau lisse, nue et de couleur noisette ; la figure ovale ; la tête terminée en pointe ; le milieu du corps large et épais ; la langue crénelée sur ses bords ; point de nerfs olfactifs ; deux petits conduits pour l'ouïe derrière les yeux, et les mâchoires d'une longueur égale, et bordées d'une rangée de dents pointues.
On a observé que les animaux du genre des dauphins ont un cerveau proportionnellement plus considérable que les autres cétacés ; qu'ils sont plus intelligens , d'un instinct plus parfait , d'un naturel plus susceptible de sociabilité , plus vif et plus sensible. Bien différensdes baleines, qui sont pesantes, .sauvages , stupides , et retirées dans les glaces polaires , où elles vivent presque solitaires, et se nourrissent de mollusques et de vers , ils sont agiles, vivent en troupes , se répandent dans presque toutes les mers, et portent le ravage dans les bancs de poissons. Ils sont en quelque sorte les ennemis des baleines , et se réunissent quelquefois en troupes pour les attaquer. Leurs mœurs sont turbulentes et actives , et ils poursuivent les poissons dans tout l'Océan.
Toutes les espèces de ce genre sont extrêmement agiles à la nage , et surpassent dans leur rapidité celle du vol des oiseaux. Ce sont en général des animaux gais , qui aiment ù se jouer au milieu des eaux, et qui ont beaucoup d'attachement entre eux et sur-tout pour leurs petits. On les voit souvent
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bondir à plus de 5 à 6 pieds , et retomber en faisant plusieurs culbutes. Si l'on frappe l'un de leur troupe, il pousse un gémissement qui fait accourir toute la société pour le défendre ou épouvanter l'ennemi par leur présence et leurs murmures.
Habitation. — Les dauphins se trouvent, comme nous l'avons dit , dans presque toutes les mers ; ils se tiennent ordinairement dans les hautes mers, et ils s'approchent rarement des côtes, à moins que quelque tempête ne les y jette et ne les fasse échouer, ou que, poursuivant les poissons, ils ne les suivent jusque sur les rivages et dans l'embouchure des fleuves. Ils nagent presque toujours courbés , le dos hors de l'eau. Lorsqu'ils dorment, ils élèvent leur tête pour respirer, et ronflent assez fort.
Nourriture. — Ils sont très-voraces , et s'élancent sur tout ce qu'ils rencontrent. La plupart ne suivent les vaisseaux que pour avaler les immondices qu'on en rejette. Ils font la guerre aux poissons , et vont les atteindre jusqu'au fond des mers sans reprendre haleine.
Propagation. — Les animaux de ce genre sont vivipares, et s'accouplent à la manière des hommes ; les femelles portent pendant j o mois , et ne font ordinairement que deux petits , qu'elles déposent sur le rivage, dans une eau peu profonde; elles les allaitent avec beaucoup de tendresse, les transportent sur leur dos ou entre leurs nageoires lorsqu'ils ne peuvent encore nager facilement , et elles les détendent avec inti'épidité. Les dauphins prennent tout leur accroissement dans l'espace de lO années , et acquièrent de lo à i5 pieds de longueur; mais V épaulard , le dauphin a deux dents et le butzkopf, acquièrent jusqu'à 20 ou 0.5 pieds : ils vivent de 25 à 3o ans. Lorsqu'ils sont privés d'eau , ils périssent en 3 jours, et si on les tient au fond de l'eau, ils sont bientôt suffoqués.
Qualités. — La chair des dauphins est huileuse , noirâtre , grasse comme celle du cochon ( d'où vient le nom de marsouin, en allemand meer-schwein , cochon de mer ) ; le goût en est rance , et son odeur est forte et rebutante. Les Groenlandais la laissent pourrir à moitié pour l'attendrir avant de la faire cuire, et la mandent dans leurs meilleurs repas.
Le Dauphin ordinaire, delphinus delphis{h\n.) (V. la PI, 10, yïg. 4) , est long de 9 à 10 pieds ; il a le corps ovale , le museau allongé , et aplati comme le bec d'une oie; des dents coniques et pointues aux deux mâchoires; une nageoire recourbée en arrière sur le dos; les yeux à l'angle de la mâchoire, entre eux un évent en forme de croissant, tourné du côté du bec ; les nageoires des côtés ovales, et situées au bas de la poitrine; la queue formant deux lobes échancrés en lune ; le dos noirâtre , le ventre blanchâtre ; une raie blanche qui va des yeux aux nageoires pectorales; la peau dure et lisse, sans écailles et sans poils ; des paupières bordées de cils; un petit trou auriculaire; les nageoires pectorales renfermant tous les os du bras et des mains de l'homme. Sa langue, semblable à celle du cochon , est courte , large et mobile. Sa voix ressemble à un gémissement d'homme , et il pousse des soupirs quand on le blesse ou qu'il échoue.