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DENTALE ou DANTALE, spams dentex. (Un.) Poisson du genre des spares, qu'on appelle aussi denté , dentelé^ et dans quelques provinces méridionales de la France dentillac .^ noms qui se tirent de ce qu'il a plusieurs dents assez fortes, plus longues que les autres, et qui avancent au-delà des mâchoires.
Description. — Ce poisson a communément un pied de long, et l'on trouve des individus qui ont jusqu'à 2 pieds. Il a 1 1 rayons aigtiillonnés et 1 1 articulés à la nageoire du dos 5 3 rayons aiguillonnés et 8 rayons articulés à celle de l'anus 5 quatre dents plus grandes que les autres à chaque mâchoire 5 les yeux rapprochés l'un de l'autre; la dorsale, les pectorales, l'anale et la caudale garnies en partie de petites écailles; la couleur générale, ou blanche ou pourpre, ou d'un jaune argenté; la tête comprimée; les deux mâchoires également avancées, et garnies, chacune, d'une rangée de dents pointues et recourbées; la tête variée de doré, d'argenté et de vert; les nageoires dorsale et caudale jaunes à leur base , et bleues à leur extrémité; les pectorales rougeâtres; les thoracines et l'anale d'un jaune foncé. Ce poisson change de couleur avec l'âge ; il devient pourpre quand il est vieux. On dit aussi que ses teintes varient avec les saisons , et qu'il est blanc ou presque blanc en hiver. Duhamel dit qu'il n'est pas rare de pêcher des dentés qui pèsent de 8 à 10 livres , et qu'on en a pris qui pesaient 20 , iS et 3o livres ; mais Duhamel ne le dit que sur le rapport d'autrui. Ce ne peut être que par une confusion dans la dénomination des poids du nouveau système , que Lacépède annonce que le denté pèse communément de 2 à 5 myriagrammes (de 40 à 100 livres ) .
Habitation.-^— \,Q denté ou dentale habite la Méditerranée, et il est très-commun auprès de l'ile de Sardaigne, de la campagne de Rome, de Venise et de la Dalmatie. Duhamel dit qu'on ne le connaît point dans l'Océan , qu'il est plus commun en Provence qu'en Languedoc , et qu'il se tient ordinairement dans les rochers près des bords de la mer, et quand il ne fait pas chaud, à 8 et 10 brasses de profondeur.
Pêche. — Le denté est si vorace que quelquefois on le voit , au moment oii le pêcheur tire un poisson avec sa ligne , se jeter sur ce poisson. Alors le pêcheur remet à la mer un autre hameçon amorcé d'un poisson et encapelé à une forte ligne, pour prendre le denté. A Narbonne , où il se tient volontiers auprès des côtes , on le prend communément avec le boulier, filet qui diffère peu de la seine ; enfin, on le prend avec toutes sortes de filets.
Qualités. — On estime ce poisson à JSÎarbonne, et on dit que les Albanais, qui prennent une grande quantité de dentales, les font mariner dans des barils , et vont les vendre à Ancône. Ces poissons, ainsi préparés , se conservent pendant 3 ou 4 mois.
DENTE. On donne ce nom à plusieurs poissons des genres Cycloptcre , Labre, Salnionc , Spare , et à Ta Raie- Torpille. V. ces roots.
DÉFENDEURS. Ouvriers qui Atent les ainettes des chanlattes, lorsque les harengs sont suffisamment desséchés et fumés. V. Hareng.
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DÉPEUPLEMENT. Les filets et engins et les appâts prohibés causent le dépeuplement des rivières, de même que la pêche dans le temps de frai.
Le trop grand nombre de chasseurs dépeuple les campagnes de gibier.
DERADER. C'est désagréer un bateau quand la saison de la pêche est finie.
DERBIO. Poisson. V. Caranx glauque.
DÉRIVER, y .Déborder.
DÉRIVETTE. V. Manet.
DÉSOSSER UNE MORUE. C'est lui ôter la grosse arête.
DESSERRE. Relâchement d'une rivière glacée , quand le dégel arrive.
DÉTOURNER UNE RIVIÈRE. Il est défendu de détourner le cours des eaux. V. Cours d'eau dans notre Dictionnaire des Eaux et Forêts.
DEUX-DOIGTS. Les filets du boulier dits de deux-doigts ont leurs mailles d'un pouce et demi en carré. V. Boulier.
DÉVRILLER UNE CORDE. C'est la détordre.
DIABLE DE MER. On a donné ce nom à plusieurs poissons de mer d'une forme hideuse , à un monstre de la mer d'Afrique , qui a 4 pieds de long et un pied d'épaisseur, deux petites cornes noires et pointues sur la tête , et qui est féroce pendant sa vie et venimeux après sa mort; à un autre, qui a une seule corne , et presque aussi hideux que le premier , mais moins venimeux, qui, dans sa colère, s'enfle et se gonfle comme une boule, dont la queue est en forme de rame, et qui a une nageoire sur le dos et une autre sous le ventre ; à un poisson cartilagineux, connu sous le nom Aq pêcheur marin ^ à une raie^ qu'on trouve sur la côte d'Or et sur celle d'Yvoire , et qui a 25 pieds de long, 18 de large et 3 d'épaisseur , la queue semblable à un fouet , la peau rude comme celle du requin, quatre yeux et six cornes, et dont la chair est de mauvais goût. La baudroie se nomme aussi diable de mer. V. Baudroie.
DIDEAU. C'est un grand filet qui sert à barrer une rivière pour arrêter tout ce qui passe.
Il est permis aux pêcheurs de pêcher la nuit aux endroits où se tendent les dideaux, pourvu que ce ne soit aux jours de fêtes. ( Ord. de 1 669, tit.XXXI, art. 5.)
Il est défendu de mettre des bires ou nasses d'osier à bout des dideaux pendant le temps du frai, à peine de 20 fr. d'amende et de confiscation des harnais pour la première fois, et de privation delà pêche pendant un an pour la seconde. {Ib., art. 8.)
On peut mettre seulement pendant ce temps des chausses ou sacs du moule de 18 lignes en carré, et non autrement sous les mêmes peines; après le temps du frai passé , on peut mettre des bires ou nasses d'osier, dont les verges soient éloignées les unes des autres d'un pouce au moins. {Ib. , art. 9.) V. , comme complément de cet article, les mots Guideau et Diguiaux.
DIGITALE. Les pêcheurs donnent ce nom aux plus petits saumons.
DIGON. Morceau de fer barbelé ou terminé par un demi-clard ajusté au bout d'une perche , et dont
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on se sert pour piquer et prendre le poisson. Il est représenté PI. 17, N'^. IV-,fg' s.
DIGOT ou AIGUILLETTE. Petit instrument qui sert à tirer du sable les manches-de-couteau , qui sont une espèce de poisson. Y. Pêche.
DIGUET. Synonyme d'élangueur. V. Morue.
DIGUIAUX. Ce sont de grands guideaux ou des manches, tels que celui qui est représenté PL 28, iV"o. III, Jïg. a, où ce filet est relevé. On le voit étendu dans l'eau de puits b d jusqu'en c. Sa longueur ordinaire est de 55 pieds, et la circonférence de son embouchure, en supposant que la largeur de l'arche du pont où ce filet est attaché soit de 38 pieds, doit être de 80 pieds.
Le filet , même PL, No. IV, est fait de très-gros fil retors ou de bonne ficelle. Toute son embouchure est bordée des deux côtés d'une forte corde b c.
Pour tenir l'embouchure du filet ouverte, on scelle au massif des arches du pont, à côté des éperons, des matreaux y, K°. III •, qui s'élèvent jusqu'à la naissance du parapet.
On voit, au iV». IV, fig- 2 , qui est dessiné plus eu grand, comment la corde qui borde le filet est tendue sur les matreauxy, pour que l'embouchure soit tenue ouverte. Ainsi, la portion supérieure b, qui doit demeurer tendue à la surface de l'eau, comme on le voit en e d, iV». ///, est arrêtée à un collier de corde d d, N°. IV, qui embrasse le mât y,' et la portion de la bordure inférieure c , fig. 2, laquelle doit être tendue sur le fond de la rivière, est indiquée par la ligne ponctuée e d, iV. III, et tenue en cette situation par un ajustement plus composé que le simple collier de corde d d à-xx N^. IV. 11 est représenté dans la^/%". 3.
La coupe du matreau/", N°. III, est représentée \^^ f,yig- 35 %)fig' 2 et 3, est un morceau de bois qu'on appelle la courbe , qui est cintré pour embrasser une partie de la circonférence du matreau^I 11 y a , aux deux extrémités h de cette courbe, des crochets, auxquels on attache, au moyen d'une anse de corde /, qu'on nomme harviau, la bordure inférieure c du filet, laissant en e, /îg. 2. une portion de la bordure du filet plus ou moins grande, selon la profondeur de la rivière, pour former l'ouverture t c de l'embouchure du filet 5 car il faut concevoir que la portion b de l'embouchure est à la surface de l'eau. La portion c repose sur le fond, et la portion e demeure aux deux bouts à-peu-près verticalement j ce qui tient l'embouchure du filet plus ou moins ouverte suivant que l'eau a plus ou moins de profondeur. Le piquet o , qu'on enfonce dans le terrain au milieu de l'ouverture de l'arche, comme on le voit No. III, et sur lequel sont des crochets ou des clous plus ou moins éloignés , sert à tenir l'entrée du filet également ouverte au milieu et aux extrémités. Derrière la courbe^, N ■ IV, est une bride de fer h, dans l'œil de laquelle passe une corde ou une cheville de fer, qui tient à un bout de chevron tz , et à l'autre extrémité de ce chevron est une grosse corde m, qu'on nomme levière , et qui se voit en g, iV°. ///. Ces cordes , qui tiennent aux treuils ou moulinets h , N. III, servent à relever la bouche du filet quand on le juge à propos-
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Pour tendre un filet , on déroule les câbles qui sont sur les moulinets /t. Le poids du filet de la corde qui en borde l'embouchure, et celui des chevrons / font glisser les collets d et i , qui embrassent le màt /', et les deux cordes b c tombent à l'eau. Mettant le pied sur les chevilles n, on fait enfoncer la courbe g et tout ce qui en dépend, jusqu'au fond de l'eau; puis, avec un croc, on place le collier c^de façon que la corde b soit à 3 ou 4 pouces sous l'eau, afin que la paille , les herbes, les copeaux de bois, enfin tous les corps légers qui flottent sur l'eau passent pai'dessus le filet et ne s'entonnent pas dedans.
L'embouchure du filet étant ainsi disposée, avant de mettre la pointe du filet à l'eau , on y a attaché en c la corde k, N. III, et cette corde est roulée sur un moulinet l, qui est établi au-dessus de la clef de l'arche. On déroule peu- à-peu la corde kj des pêcheurs qui sont dans un bateau, et qui ont embarqué la nasse, bire ou bure , iV°. IV,fig' 4) reçoivent la pointe du filetj et se laissant aller au courant, ils étendent le filet à l'eau dans toute sa longueur. Alors ils détachent du filet la corde k, et retenant dans le bateau le bout du filet, qui a environ 2 pieds et demi d'ouverture , et qui peut se fermer avec des coidons comme une bourse , ils passent la partie m de la bure dans le filet; ils tirent les cordons de la bourse qui serrent la bure à l'endroit n, fig. 4; ils bouchent l'ouverture avec le tampon q, celle r avec un autre tampon s ou t^ enfin ils embrassent le cornion p , Jîg. 4? avec une corde assez menue, qu'ils attachent aux mailles du filet en p, N°. III, à environ 3 brasses de la bure. On ajoute cette corde pour que le cornion se tienne dans une position perpendiculaire au courant. Sans cette corde, le cornion étant frappé par le courant , il se mettrait dans sa direction , et alors il ne produirait pas l'effet qu'on en attend. Tout étant ainsi disposé , on jette la bure à l'eau ; et prenant l'extrémité de la corde k, qu'on a réservée dans le bateau , on va l'attacher quelque part vers d ; puis on visite l'embouchure du filet pour s'assurer si elle est bien disposée comme nous l'avons dit. Le filet reste en cet état dans la rivière 12 ou 18 heures , jamais plus de 24, sur-tout durant l'été , parce cju'un plus long séjour le fatiguerait beaucoup.
Quand on veut relever le filet , on prend dans le bateau la corde k; on se transporte à l'endroit où est la bure; on la saisit avec un croc , et on la met dans le bateau ; on ouvre l'extrémité du filet pour en dégager la bure, et l'on attache le bout c du filet à l'extrémité de la corde k; puis on suit la petite corde qui répond du cornion au filet, et on la détache : alors on tire le poisson qui est dans la bure ainsi que dans le cornion. Sur-le-champ, en tournant le moulinet /, on haie sur la corde k, et on relève la pointe c du filet , qu'on ramasse dans le bateau. A mesure que les pêcheurs l'embarquent, ils le secouent pour faire tomber les immondices dans la partie évasée du filet. Lorsqu'ils sont rendus auprès de l'arche , comme est le bateau m en tournant le moulinet /, on élève la pointe du filet ; et quand elle est à-peuprès à la hauteur de l'arche, pour ôter du filet toutes les immondices qui se sont rassemblées à la partie évasée, on détache un des côtés, par exemple celui
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qtii est marqué e. Le courant range alors le filet vers d. La bouche du filet étant lâclie, les pêcheurs en tirent la plus grande partie des immondices, puis ils Tont rattacher en e le filet comme il l'était. Ensuite, se portant au côté d, ils détachent le filet, qui va de lui-même se ranger au côté e ; ils en tirent les immondices et viennent le rattacher en d^ enfin, au moyen du moulinet l , ils l'élèvent jusqu'à ce que i'embouchure soit au-dessus de l'eau : pour cela , la pointe du filet se roule sur le moulinet comme la corde.
Quand on a amené l'embouchure du filet au-dessus du niveau de l'eau, ceux qui sont au moulinet en embarrcnt les leviers avec la commende ou eillère c ,fig. 5 , N°. IVj et ayant passé deux menus cordages , l'un à droite, l'autre à gauche, entre les mailles, à environ un tiers de l'épaisseur du filet, ils lient les cordes q ^ ]Sf". III, aux montans des potencesdu moulinet, comme end, fïg. 5, N^.IJ^^ le filet étant ainsi suspendu par les cordes q , I^°. III , on déroule le moulinet et on laisse pendre la pointe du filet, comme on le voit en r, N°. III. Alors le filet est étendu et en état de sécher.
La nasse c|u'on appelle la bure, ailleurs la bire , est faite d'osier. Son embouchure m,Jig. 4 7 iV^°. IV, a 2 pieds de diamètre; elle est bordée d'un assez gros bourrelet, et se rétrécit en approchant de la partie n n , qu'on nomme \ft grand corps. Le dedans de cette capacité est terminé par un large goulet. Le grand corps n n se rétrécit pour former comme le col d'une bouteille vers o, et on ferme cet endroit par un tampon q. Sur le côté de ce grand corps, cjui a 6 pieds de longueur, est ajustée une petite nasse de 4 pieds et demi de long , qu'on appelle le cornion, comme nous l'avons dit*, le grand corps communique avec le cornion par un goulet cjiii est assez étroit. L'ouverture r du cornion est fermée par un tampon s ou t ^ et pour prévenir qu'on ne vienne pendant la nuit en tirer le poisson, le tampon est traversé par une cheville de fer u , cjui porte un œil pour recevoir un cadenas.
On met le cornion sur le côté et non pas au bout du grand corps, efin que les ordures qui s'entonnent dans la bure ne l'emplissent jas, et que les poissons qui sontdans la capacité du grand corps s'entonnent dans le cornion, où ils restent pris.
LiA Jig. 5, N°. IV, représente en grand un des moulinets ^ / du N°. III ; AA,fig. 5, représentent une portion du parapet; db, db sont des potences appuyées contre le parapet A A. Elles servent à porter le rouleau du moulinet ou treuil hors de l'aplomb du pont. On voit en e e les bras ou leviers qui servent à tourner le treuil, et en c une commende c[ue les bateliers nomment eillère. Elle saisit, quand on veut, un des leviers, et sert à arrêter le treuil à volonté, pour soutenir le filet à la hauteur qu'on juge convenable.
Les mailles du filet ont plus de 4 pouces d'ouverture en carré auprès de l'embouchure ; elles se rétrécissent peu-à-peu à mesure qu'on approche de la pointe.
Les pêcheurs tannent leurs filets et les conservent avec soin ; car un filet coûte de i5o ù 200 fr.