‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 64 sur 344 · DR A · texte numérisé non relu

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gueur. Ou volt en a a , ^r^. 6 , une lame ou espèce de couteau de fer plat, qui doit porter sur le terrain , et en l'inclinant plus ou moins , on fait qu'elle mord dans le terrain, suivantle désir des pêcheurs; car pour draguer des huitres il faut qu'elle morde plus que lorsqu'on pêche des poissnns plats.

Les lettres ahba indiquent une tringle de fer courbée , rivée qtx aa aux extrémités de la lame.

Les lettres ad,a d,c d sont trois tringles droites , dont deux sont rivées aux extrémités de la lame , etla troisième, c<^j soudée au milieu de cette lame. Toutes trois se réunissent en d^ où est un organeau, qui sert à attacher le balin e. Four fortifier cet assemblage, il y a des traverses en crochet, qui sont soudées sur la lame aa, en ^ sur la barre contournée, et en^ sur les barres droites ad, ad, cd. Le bas de l'embouchure de la manche est attaché à la lame a a, et le reste de la circonférence de cette embouchure l'est àla tringle contournée abha. Ainsi l'ouverture de la manche est comprise entre la lame et la barre contournée. Cette manche >^/>(:,^^. 7,ade5à6 brasses de longueur. \^qs mailles de l'entrée sont assez larges 5 mais elles se réti-écissent à mesure qu'elles approchent de l'extrémité , où elles sont fort serrées.

Comme ce filet est destiné à être traîné sur des fonds qui assez fréquemment pourraient l'endommager, on attache à la lame une peau de bœuf d'Irlande Ib^yig. 6, sous la manche auprès de l'armure. Quelques pêcheurs se contentent de faire le dessous de la manche avec des lanières de cuir tressées , et le dessus avec de fortes ficelles.

Quand la drague est montée , on frappe un petit câbleau e sur l'organeau; sa longueur doit être proportionnée à la profondeur de l'eau.

La manœuvre de cette pêche est la même que celles que nous avons décrites ci-dessus. Les pêcheurs s'établissent à une petite distance du rivage , comme un demi-quart de lieue, sur au plus 7 à 8 brasses d'eau et autant qu'il est possible de basse mer 5 car il est avantageux pour toutes les pêches cju'on fait à la traîne que l'eau ne soit pas profonde. C'est pourquoi ces pêches sont plus avantageuses en été qu'en hiver, attendu que, durant cette dernière saison, il faut aller chercher les poissons dans les grands fonds , où ils se retirent pour trouver une eau moins froide. Au reste, on pèche indilféremment de jour et de nuit. Cependant les pêcheurs aiment mieux le clair de lune que l'obscurité.

On pourrait faire cette pêche pendant toute l'année 5 mais les pêcheui's l'interrompent pour se livrera d'autres pêches, telles que celle du maquereau.

Lorsqu'on traîne la drague avec un bateau à la voile, on ajoute un petit halin à celui qui répond à la drague 5 puis on en amarre un à bâbord, et un autre à tribord ; an moyen de quoi, la drague suit le bateau.

Quelqueiois un môme bateau haie deux dragues: l'une amarrée à bâbord, et l'autre à tribord , PL 3q^

On ne traîne pas au-delà d'un quart de lieue sans relever, ne iùt-ce que pour vider la chausse, qui se trouve toujours remplie de varecs, de pierres, d'huîtres et d'immondices. Quand les pêcheurs l'ont vidée, et qu'ils en ont retiré le poisson, ils remettent le filet à l'eau pour faire un nouveau trait.

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Comme cet instrument pèse quelquefois 200 livres, il laboure et bouleverse les fonds et détruit beaucoup de poisson et de frai, d'autant qu'on le traîne auprès des côtes , où les poissons déposent leur frai.

§11. De la drague pour les huîtres.

Comme nous parlerons en détail de la pêche des huîtres, à l'article qui traite de ces coquillages, nous nous bornerons à dire ici un mot de la drague avec laquelle on les pêche. Cette drague ou chausse est une espèce de filet qu'on fait en entrelaçant des lanières de cuir de bœuf, en sorte que les maillesaient 2 pouces en carré d'ouverture. La chausse a ordinairement 4 pieds de long, sur 1 2 ou 1 5 pouces de large j sa hauteur est d'environ 3 pieds et demi. L'embouchure est montée sur un châssis de ier ^Jig. 8, lequel, raclant le banc, en détache les huîtres, qui tombent dans la manche. Quelquefois on emporte 200 huîtres d'un seul coup de drague. Cette pêche se fait parles beaux temps, depuis le mois d'octobre jusqu'à Pàque.

§12. Pêches d la drague qui se pratiquent dans différens ports.

Dans la baie de Bourgneuf, et près des îles de Bouin et de Noirmoutiers , les pêcheurs vont avec des bateaux non pontés, du port de 8 à lo tonneaux, à une lieue au large. L'équipage consiste en un maître, un matelot et quelc|uefois nn mousse. La drague a 5 brasses de longueur, sur 4 d'embouchure ; ses mailles ont un pouce et demi en cairé. On y prend des raies , des soles , des merlans , des turbots , etc.

A Saint'Malo, des vieillards qui ne naviguent plus ont de petits bateaux, depuis 4 jusc^u'à 10 tonneaux, pour aller autour des rochers pêcher des soles avec la drague.

A la Hougue, on prend nombre de petits poissons plats , et quelques grands, avec une drague de fer, qui laboure les fonds , détruit le frai et gâte même la rade , où mouillent souvent des barques et de petits navires qui y relâchent.

A Olone, les petits pêcheurs ont des dragues de 2 brasses de largeur sur 4 de longueur, dont les mailles ont un pouce et demi en carré, avec lesquelles ils prennent des soles, des raies, des plies, des turbots, des merlans, des vives, congres, sardes, barauds, merlues, chiens de mer, etc. Cette pêche se fait souvent à deux ou trois lieues au large, hors des fonds de rochers. Pour cette pèche, sept hommes; savoir, le maître, cinq matelots et un mousses'embarquent dans une chaloupe de 2 à 3 tonneaux. Ils sortent pour cette pêche tous les jours et rentrent les soirs.

D'autres pêcheurs se servent de barques non pontées, du port de i5 tonneaux. Leur drague a 4 brasses de largeur et 18 de longueur. L'ouverture des mailles est d'un pouce et demi en carré : ils rentrent tous les soirs dans le port et vendent leur poisson à des chasse-marées, qui les transportent dans les bourgs et villes où s'en fait la consommation.

Les pêcheurs d'Oléron, ayant des filets dont les mailles sont très-serrées , détruisent beaucoup de frai et de menuise, outre le tort qu'ils font aux fonds en les labourant avec leur drague.

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Il y a peu de ports où l'on ne fasse bien usage des dragues, qui diffèrent un peu les unes des autres j mais ce que nous venons de dire suffit pour donner une idée de ces diflérenccs, qui ne sont pas considérables j d'autant qu'à l'occasion des pèches particulières, nous aurons plusieurs fois occasion de parler de la chausse et de la drague.

DRAGUEUR. Bâtiment de 'Haute -Normandie pour la pêche de la morue, du hareng , du maquereau , au Nord , à Yarmouth , aux côtes d'Irlande, etc.

DRAIGNAUX. L'usage en est défendu, ainsi que de tous les filets et instrumens traînans. {Déclar. du roi , du 23 avril 1726. ) V. Pêche maritime.

DRAINETTE, DRIVONNETTE , DROUIL- LERTE , par corruption de derivette. Filet dont on se sert à la dérive pour prendre plusieurs sortes de petits poissons ronds : c'est un manet. V. Maiiet.

DRANETS ET DRAVENETS, synonyme de colletet. L'usage en est prohibé par la déclaration du roi , du 23 avril 1726. V. Seine.

DRANGUELLE. Sorte de drague, ou chausse simple qu'on traîne sur le fond au moyen d'un petit bateau. Il y a des dranguelles claires et d'autres épaisses. V. Drague.

DREIGE. Pêche considérable qu'on fait dans l'Océan avec un grand tramail qui est trainé par un bateau nommé nef. On donne aussi ce nom , en Bretagne , à une manche qui est tenue ouverte par un châssis de bois , et dont le bas est chargé de plomb et de fer : c'est une vraie dreige.

A l'article Tramail {\oy . ce mot), nous parlerons des tramaux pierres et flottés qu'on tend sédentaires à la basse mer, sur les grèves ou en pleine eau , ainsi que des pêches où le filet est abandonné au cours de l'eau.

Ici nous traiterons de l'une des plus grandes pêches que l'on fasse avec le tramail à la mer, et que l'on nomme dreige sur les côtes de Normandie et de Picardie. Ce nom lui vient apparemment de ce que le filet gratte ou drague le fond de la mer j néanmoins, il ne faut pas le confondre avec les dragues , qui sont des manières de pêcher très-différentes , et dont nous avons parlé au mot drague.

La dreige , ou drège , ou droige , est une pêche qui exige de forts équipages , de grands frais , et qui forme d'excellens matelots. Elle se fait au large, avec des bateaux pontés, auxquels on donne divers noms, suivant les différens ports où on la pratique. A la Rochelle, ce sont des traversiers ^ dans une partie de la Picardie, des dreigeurs ^ à Dieppe, on y emploie les crevelles , qui servent à faire les grandes pêches du canal , et les mêmes équipages 5 dans les environs de Boulogne, on se sert de bateaux moins grands , qui n'ont que huit à dix hommes d'équipage, y compris le maître et un mousse : dans ce cas, les filets sont proportionnellement plus petits, et ces petits dreigeurs vont, dans la saison, à la pêche du hareng. Il y a donc des dreiges beaucoup plus grandes les unes que les autres. Comme nous décrirons la pêche d'une grande dreige, nous ne parlerons point des petites, qui en sont un diminutif.

Pour prendre une idée de cette pêche , il faut imaginer un très-grand tramail op, PL 35, N\ III,

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qui porte sur le fond de la mer, et qu'il faut traîner de façon que les deux extrémités 7? o soient le plus ouvertes que possible. On emploie pour cette opération un seul bâtiment /^,quiempruntelesccoursd'un corps flottant /C, auquel on donne le i\o\w à^hourset ou horset. Il est évident que si ces doux bras £• et o étaient amarrés à proue et à poupe du bâtiment A y les deux bouts o et p du filet se toucheraient : au lieu qu'ils sont tenus fort écartés l'un de l'autre au moyen du bourset IC , qui est bien éloigné du bâtiment A. Cette manœuvre se montre déjà fort ingénieuse ; mais elle paraîtra bien autrement admirable quand nous aurons suivi en détail toutes les opérations de cette belle pêche.

On distingue deux espèces de pêcheurs à la dreige : les uns, qui l'exercent toute Pannée ; les autres, qui ne dreigent que pour prendre des vives, et ne doivent chasser, d'après les ordonnances , que depuis le lundi-gras jusqu'au samedi-saint. Or, les filets des pêcheurs qui exercent leur métier toute l'année doivent avoir les mailles des hamaux de 9 pouces d'ouverture en carré, et celles de la flue de 21 lignes.

Mais les tramaux employés pour les vives peuvent avoir les mailles de leur flue de i3 lignes en carré, sans changer celles des hamaux.

Il est sensible que ce tramail doit pu-endre plus de petits poissons que l'autre, qui a les mailles plus ouvertes. On n'en tolère l'usage qu'en considération de l'approvisionnement du carême 5 d'ailleurs, la destruction du frai n'est pas autant à craindre dans cette saison cjue dans celles qui sont plus avancées.

La tessure op des dreiges a 6 pieds de chute, et de 25o à 280 brasses de longueur, suivant la force des équipages ; elle est comj)Osée d'un nombre de pièces de tramail qui ont depuis 1 5 jusqu'à 1 8 brasses de longueur, qu'on réunit les unes aux autres.

Comme ce filet est fort cher, il n'appartient pas en entier à un pêcheur : chacun en fournit une ou deux pièces, et il a 2)art au profit de la pêche proportionnellement à ce qu'il a fourni. L'étendue qu'on donne au filet ne dépend pas uniquement de la force de l'équipage , car toutes les marées ne permettent pas de traîner un fort grand filet 5 et dans ce cas, les pêcheurs qui ont deiix pièces de filet n'en fournissent qu'une. Un filet ne dure ordinairement qu'une saison, même lorsqu'on a soin de le radouber ou ramamder à tous les démarrages.

Nous avons dit ailleurs cpie pour tous les tramaux , il fallait que la flue fût considérablement plus étendue que les hamaux, dont les mailles doivent être fort grandes. A l'égard du filet de la dreige, il faudrait qu'une maille de hamaux contînt sept mailles de la flue ; cependant cela varie , suivant qu'on fait les mailles de la flue plus ou moins serrées , celles des hamaux restant les mêmes.

On traîne ce filet sur des fonds qui n'ont quelquefois que 5 à 6 brasses d'eau , et d'autres fois dans des endroits où il y en a de 35 à 40 •

Pour que le filet puisse résister à l'effort qu'on

fait pour le traîner, on le borde tout autour avec

une ralingue, ou, comme disent quelques pêcheurs,

un boucfîetj aux angles duquel on fait des anses

I pour y amarrer les cordages, ou liras qui servent à

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le traîner. Il faut , pour empêcher le filet de se coucher sur le terrain , et pour qu'il traîne sur le fond dans une situation à-peu-près perpendiculaire , attacher des lièges sur la ralingue d'en haut; et sur celle d'en bas, des bagues de plomb, dont douze à quatorze pèsent ordinairement une livre. Suivant l'ordonnance, il est défendu de mettre plus d'une livre et demie de plomb par brasse de filet : ainsi, il faut de 24 à 26 livres de plomb pour garnir une pièce de filet de 18 brasses. Il est évident qu'en chargeant le pied du filet de beaucoup de plomb, on le fatiguerait, ainsi que l'équipage, lorsqu'il faudrait amener la tessure à bord. Ce n'est cependant pas dans la vue de ces ménagemens, soit de l'équipage , soit du filet, que le poids du lest a été fixé par l'ordonnance , mais afin de favoriser la multiplication du poisson, et d'empêcher que les pêcheurs ne bouleversassent les fonds, comme ils le faisaient en joignant à beaucoup de plomb des barres de fer et des chaînes, qui labouraient le fond à-peu-près comme l'eût fait une charrue.

Voilà, au moyen du plomb , une force qui lire en bas le pied du filet, pour qu'il se place verticalement dans l'eau : il faut appliquer à la tète du filet une force contraire , qui tende à le porter vers la surface. Pour cela, comme nous venons de le dire , on garnit la ralingue de la tête avec des morceaux de liège qu'on nomme flottes^ corcerons ^ corches ^ tous termes synonymes. On choisit les lièges les plus épais , et on les distribue sur la ralingue de la tète à environ ao pouces les uns des autres, plus ou moins, suivant la bonté du liège 5 car le liège le moins ligneux a le double avantage d'être plus léger et de s'imbiber plus difficilement d'eau , que celui qui est dur et poreux.

On prétend que pour la dreige des vives, il faut que le filet soit tendu plus verticalement que pour les autres pêches à la dreige. Cette raison doit engager à y multiplier les Hottes 5 mais d'un autre côté, comme le liège qui est long-temps dans l'eau perd de sa légèreté, il s'ensuit que les dreiges qui pèchent toute l'année doivent être flottées davantage que les autres. Ainsi il faut que la tête des dreiges soit bien garnie de flottes, puisque, si, dans les dreiges ordinaires, elle venait à battre le fond, on ne prendrait rien.

Il y a des circonstances plus ou moins favorables pour la pêche à la dreige. Supposons que l'on se propose de pêcher à la di-eige , dans la Manche, à un endroit où le canal commence à se rétrécir au point de n'avoir que 20 à 22 lieues de largeur, les ])êcheurs , pour y faire plus avantageusement et plus ;iisémenc la pêche, ont besoin d'un vent traversier, que nous supposons être dans cet endroit de la Manche le nord-est et le sud-ouest. Il faut encore que ce vent traverse la marée; car les vents qui seraient d'accord'avec la marée ne leur permettraient j)as d'établir leur pêche, ainsiqu'on le verra plus loin.

Les gros vents ne conviennent pas aux dreigeurs , parce que, comme ils relèvent leur tessure à force de bras, cette manœuvre serait très-pénible et même impossible par un vent forcé.

Les marées trop molles et trop fortes ne sont pas j ropres à cette pêche ; celles de morte-eau sont les

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moins favorables. Ainsi , les plus avantageuses sont celles des demi-vives-eaux, sur-tout s'il y a un peu d'agitation à la mer, parce que les petites motures engagent le poisson à quitter le fond.

Quand la mer est tranquille , les grandes viveseaux sont très-bonnes ; cependant les grandes marées seraient fort à craindre si le filet venait à s'accrocher : car les pêcheurs ne pouvant s'arrêter et le bateau ainsi que le bourset liaient de même bord, ils rompraient infailliblement le filet , que nous avons dit être fort cher.

Quand les eaux sont chaudes , on peut s'approcher des côtes; mais lorsqu'elles sont froides, il faut aller chercher les poissons dans les grands fonds. De plus , les pêcheurs prétendent qu'ils font de bonnes pêches lorsqu'il y a eu de fortes gelées pendant l'hiver, parce qu'alors les poissons, ajant quitté les baies et les bas -fonds, se sont retirés dans la grande eau , où la dreige va les chercher. Quelle qu'en soit la cause, on convient généralement qu'après les hivers doux, les pêcheurs reviennent le plus souvent à retour, c'est-à-dire que la dépense et les avaries excèdent le produit de la pêche.

La pêche est ordinairement bonne quand la mer est devenue praticable après une tourmente.

Il est encore sensible que le succès de la pêche dépend du choix du terrain où l'on s'établit. On perdrait son filet et on ne prendrait rien sur un fond de roche; et sur les fonds inégaux, beaucoup de poissons s'échappent par-dessous le filet : mais entre les fonds doux et unis, il y en a qui méritent la préférence non -seulement à cause de l'abondance du poisson , mais encore à cause de sa bonne qualité. On regarde comme excellens les fonds qui sont de fragmens de coquilles, que les pêcheurs distinguent par le nom de pailleux ; on estime ensuite les fonds de sable, pour les poissons plats. Il en est à-jieu-près de même des fonds vaseux, mais la qualité du poisson y est inférieure.

Nous aurons occasion de faire remarquer, dans Ja suite , que les poissons perdent assez pi'omptement le goût de vase quand ils ont séjourné dans une eau vive. C'est pour cela qu'à un cap qui s'étend à la mer, on prend quelquefois de bon poisson d'un côté, et de très-médiocre de l'autre.

Enfin les pêch.eurs qui ont une grande pratique d'une côte cojinaissent des endroits plus fréquentés que d'autres par certains poissons : c'est sur quoi on ne peut prescrire aucune règle.

Maintenant que nous avons donné une idée de la pêche à la dreige, des bàlimens qui y servent, des filets qu'on y emploie , des temps et des parages qui y sont favorables, il faut parler des apparaux nécessaires pour cette pêche.

Le bâtiment qui doit y servir, son gréenient et ses apparaux, appartiennent presque toujours à un bourgeois , qui a part au profit de la pêche. Il n'y a que les filets qui appartiennent aux pêcheurs.

Détail des ustensiles nécessaires pour cette pèche.

Les halins^ citasses ou gre//«.J dont on fait usage sont représentés en a. Pi. 35, N^. VIII. On voit en h des matelots qui les portent au bateau fl?, qui est dégréé ; c indique des matelots qui portent une

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graiiJe voile à bord ; en c sont des barils vides, dont on se sert pour soutenir sur l'eau la vergue du boursct. Il faut en outre des bouées, des càbiières, des grapins, des gaffes, et autres ustensiles, qui sont représentés sur la PI. 33, N'^. VI. Les chasses, cablots, orins et halins sont des cordages qui ont àpeu-près 4 pouces de circonférence} et ordinairement la chasse-foraine , qui répond au bourset , est fdus menue que celle qui tient au bateau. L'une et 'autre chasse ont de loo à 120 brasses de longueur. Gréement du boursct. — Le corps flottant qu'on nomme bourset, PI. 35, N°. V, est composé d'une voile Cy c'est proprement elle qui forme le bourset. Elle a 17 aunes de chute } 6 à 7 aunes de large , ou environ 64 pieds de hauteur, sur x8 de largeur par la tète ou à l'envergure, et 27 par le bas ou le pied. Elle est fortifiée tout autour, comme les autres voiles, par une ralingue : cette ralingue forme des annelets dans lesquels passe une autre manœuvre , qui sert pour recueillir la voile, et lui faire prendre la courbure que les pêcheurs jugent convenable, afin que la marée et le courant s'y entonnent, ainsi qu'on l'expliquera par la suite.

Cette voile est tannée et quelquefois goudronnée , pour qu'elle résiste mieux aux impressions de l'eau, dans laquelle elle doit être perpétuellement plongée ; cependant son milieu doit être d'une toile douce et molle, pour qu'elle se prête à l'effort de l'eau. La tête, ainsi que le bord le long des ralingues , sont d'une toile plus forte. Le bourset est encapelé par la tête sur cette vergue dd, PI. 35, iV°. y, qui a 19 à 20 pieds de longueur.

Au bout de cette vergue sont frappés les bras d'eau e e , c[ui se réunissent et s'amarrent au halin f, qu'on nomme du bourset om forain. Au bas du bourset ou aux points de la voile, sont frappées les écoutes d'eau h et les câblières g, qui servent de lest pour faire entrer dans l'eau la voile du bourset : elles pèsent de 8 à 12 livres, plus ou moins, suivant fa force de la marée.

Les deux écoutes h se réunissent aune manœuvre plus menue, qu'on nomme \q petit-four , et qui n'a qu'une demi-brasse de longueur. On fait ce petitfour avec un vieux cordage usé , pour qu'il rompe quand la tessure est accrochée au fond de la mer à une roche , et éviter par là la rupture du filet.

Le petit -four est prolongé par une manœuvre plus longue/, qu'on ivoxvLVCvQXçi fort four om. Xa grandfour, et qui va s'attacher au halin du bourset , qu'on nomme aussi la chasse-foraine f. Ce point d'attaché est environ à i4 brasses du bout qui tient à la vergue d.

Les câblières g tiennent les angles ou points de la voile C sous l'eau.

Quoique la vergue dd, qui est de sapin, flotte sur l'eau, elle pourrait bien n'avoir pas assez de légèreté pour soutenir la tête de la voile à fleur d'eau : c'est pourquoi on attache au milieu de cette vergue un baril vide h, qui est sur son roule. Cette futaille, t.nfoncée par les deux bouts, est garnie de dix-huit cercles , cinq sur chaque bout et huit sur le bouge. La plupart de ces futailles ou barils ont à la douve du bûndon une anse ou poche, dans laquelle passe une manœuvre qui sert pour l'amarrera la vergue;

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d'autres entourent la futaille d'une estroppe, qui sert pareillement à l'attacher ;\ la vergue.

On frappe, encore sur le halin-forain , à environ 25 brasses de la vergue, un orin 7^, long de 9 brasses, qui répond à une bouée m. C'est assez souvent un baril conique , lequel est amarre par un de ses fonds , pour que l'autre , flottant sur l'eau , soit plus aisé à apercevoir. Cette bouée, que les pêcheurs nomment éprevier, sert à soutenir en partie le halinforain , et est fort utile pour gouverner le bourset. On attache un bout du filet à l'extrémité du halinforain ou de la chasse du bourset, et on ajoute en cet endroit une câblière plus ou moins grosse, suivant la force de la rnarée.

Gréement du bateau. — Ajîrès avoir exposé en détail le gréement du bourset , il faut parler de celui du bateau, PL 35, N°. IV. La grande voile d est destinée à être jetée à l'eau pour augmenter la dérive du bateau , lorsqu'il est démâté , comme on le voit en A. Cette voile d et la vergue c, sur laquelle elle est encapelée, sont celles du bateau , et servent quand le vent manque , ainsi qu'on le verra dans la suite. Cette vergue c est retenue au bateau par une manœuvre qu'on nomme travcrsinne : elle a environ 36 brasses de longueur, et est un peu plus forte que le halin de la dreigef, iV°. V. Les bras d'eau gg, iV". IV, de la grande voile, sont les mêmes qui servaient au gréement du bateau. A l'égard des écoutes h, celles du bateau seraient trop courtes, et ordinairement on les fait avec de vieux halins.

Tous ces agrès étant préparés à terre, les matelots les portent au bateau d, comme on le voit dans le N°. VIII de la même planche. Ils élèvent le mât, parent la grande voile, gréent le bâtiment pour se porter au large, et rangent la tessure sur un bord , les cordages sur l'autre , et appareillent pour se rendre à l'endroit où ils se proposent d'établir leur pêche, comme nous allons l'expliquer.

Les pêcheurs amènent sur le bord la vergue et la grande voile, sans la plier on ferler : si elle l'était, elle serait moins bien disposée pour être jetée à l'eau; puis ils amènent leur màt sur un chandelier, comme ou le voit Qjx a, N°. VII. Quand le bateau est démâté , on dérape , ou l'on détache les écoutes et écouets de la grande voile , pour frapper à leur place les écoutes d'eau h , N°. IV. On frappe aussi la traversinney^ au milieu c de la vergue. A l'égard des bras g g^ on se contente de les allonger quand il en est besoin. Enfin , on amarre aux points ou angles de la grande voile , à la place des écoutes et écouets , les écoutes d'eau h , qu'on fait ordinairement, comme nous l'avons dit, avec de vieux halins.

Tout étant ainsi disposé, on pare ou arrange sur le bord le bourset de dreige , qui a été précédemment gréé et armé de ses câblières.

De la pêche, — Lorsque tout est prêt, le maître commence à faire la manœuvre, soit à l'avant, soit à l'arrière du bâtiment , suivant l'établissement du vent et sa direction.

On jette d'abord le bourset à la mer, en le croisant par le travers du flot, pour que l'eau s'y entonne et qu'elle enfle la voile; ce qui est nécessaire pour qu'il tire bien son halin : car, comme nous

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