‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 68 sur 344 · ÉCR · texte numérisé non relu

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écrevisses, on ne sait rien de positif à cet égard. La queue est terminée par cinq pièces plates, minces , ovales , un peu convexes en dessus et concaves en dessous , articulées au dernier anneau de la queue : ce sont de véritables nageoires. C'est à la base de celle du milieu , en dessous, qu'est l'anus.

Les écrevisses respirent l'eau et l'air par des ouïes assez sem blables à celles des poissons. L'ouverture de ces ouïes est placée au - dessous de la tête , sous la partie antérieure et latérale du test du corcelet.

Les pattes des écrevisses ont leur attache, le lon^ du dessous du corps, à une peau dure et écailleuse; les deux antérieures ouïes pinces sont fort longues, grosses et divisées en cinq parties articulées entre elles par des membranes : la plus éloignée du corps, ou la cinquième , s'appelle la main ou la serre. C'est avec les pinces que l'écrevisse prend sa proie, et qu'elle se défend ; elle serre avec tant de force que pour lui faire lâcher prise il faut lui casser la patte ou lui brûler la queue.

Les huit autres pattes sont longues, effilées et divisées, chacune, en cinq articles un peu aplatis.

Propagation. — Les pattes des éci'evisses de l'un et de l'autre sexe ont xine particularité des plus remarquables, c'est d'être le siège des organes de la génération. On peut distinguer le sexe d'une écrevisse en la regardant en dessous.

Les organes du mâle sont placés à la base du premier article des deux pattes postérieures, et indiqués par une cavité arrondie remplie par une masse charnue, où se terminent les vaisseaux spermatiques.

L'écrevisse femelle présente , au même article des deux pattes de la troisième paire , ime grande ouverture ovale , qui est faite pour donner passage aux œufs : les deux ovaires aboutissent à cette ouverture. Entre les pattes de la troisième et de la quatrième paire, on voit, au- dessous du corps , une plaque écailleuse, élevée, formée ])ar deux pièces triangulaires, mises bout pjar bout. Dans la femelle, cette plaque se trouve couverte, au temps de la ponte , d'une matière calcaire, jaimâtre, qui y tient fortement, et que Roesel a soupçonné être la semence du mâle.

Baster rapporte , sur la foi d'autrui , que l'accouplement se fait ainsi : lorsque le mâle attaque la femelle , elle se renverse sur le dos, et alors ils s'embrassent très-étroitement par le moyen des pattes et de la queue 5 après quoi, au bout de 2 mois, la femelle se trouve chargée d'œufs.

Les écrevisses ponden t une grande quantité d'œufs, qu'elles ont l'art d'attacher aux filets mobiles qui se trouvent au-dessous de leur queue , et qu'elles y portent constamment juscju'à ce que les petitvS éclosent. A cette époque, les petits sont transparens, mous , mais en tout semblables aux grosses écrevisses 5 ils restent quelque temps ainsi abrités sous la queue de leur mère. 11 n'est personne qui n'ait été dans le cas de manger des écrevisses garnies de petits. Lorsque la mère est tranquille dans l'eau , on voit sortir ces petites écrevisses d'entre ses jambes, et se hasarder à ramper autour d'elle, et puis , au m.oment du danger, se retirer tous ensemble dans leur asile. Elles abandonnent cependant leur mère peu à peu, à mesure qu'elles grandissent, et l'on

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