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n'en voit plus guère avec elle vers la fia de la preinièi'e quinzaine de leur naissance.
Mue des écrevisses. — Les écrevisses , comme tous les autres crustacés ^ changent de peau au commencement de l'été ; il se forme, entre leur test et leur chair, un intervalle viJe, qui augmente de manière que si , à cette époque, on presse leur dos , on s'aperçoit qu'il fléchit sous le doigt, et peu après on les trouve avec une peau molle , et l'on voit dans les environs les restes de l'ancienne.
Lorsqu'une écrevisse veut changer de peau, elle frotte ses |>attes l'une contre l'autre , et se donne de grands mouvemens. Après ces préparatifs, elle gonfle son corps plus qu'à l'ordinaire , et le premier des segmens de sa queue paraît plus écarté de son corceletj la membrane qui les unit se^rise, et son nouveau corps paraît.
Les écrevisses ne travaillent pas à se débarrasser de leur test immédiatement après que la rupture précédente a été faite; elles restent quelque temps en repos, et ce n'est qu'à diverses reprises qu'elles se dépouillent de leurs jambes et de toutes les autres parties recouvertes par le corcelet. Ce travail est très-fatigant pour les écrevisses , et Réaumur en a vu souvent mourir dans l'opération , sur-tout parmi les jeunes. Lorsque les jambes sont dégagées, l'écrevisse se débarrasse de son corcelet; elle étend brusquement sa queue , et par ce mouvement s'en débarrasse aussi. Après cette dernière action de vigueur , l'écrevisse tombe dans une grande faiblesse ; ses jambes sont si molles, qu'elles se plient comme un pnpier mouillé. Si pourtant on appuie le doigt sur son dos, on sent ses chairs beaucoup plus solides qu'elles n'étaient auparavant : l'état convulsifdes muscles est peut-être la cause de cette dureté contre nature.
Quand le corcelet est une fois soulevé et que les écrevisses ont commencé à dégager leurs pattes , rien n'est capable d'arrêter l'opération.
L'écrevisse, après s'être débarrassée de ses parties extérieures , est couverte d'une membrane molle , qui prend en 2 ou 3 jours, et quelquefois même en 24 heures, la consistance de l'ancienne.
Les écrevisses prêtes à muer ont toujours deux pierres connues sous le nom ^yeux d? écrevisse, qui sont placées aux côtés de l'estomac, mais qui ne se voient plus à celles qui ont mué. 11 résulte encore des expériences de Réaumur que ces pierres sont destinées à fournir la matière ou partie de la matière du test; car , si le lendemain de la mue , lorsque le test n'est encore qu'à moitié durci , on ouvre une écrevisse , on remarque que ces prétendus yeux sont diminués de moitié, et si on l'ouvre le troisième jour, on n'en voit plus qu'un atome, ensuite plus du tout.
Réaumur a mesuré des écrevisses avant et après la mue, et a acquis les preuves qu'elles augmentaient environ d'un cinquième ; mais il est ])robable que cette augmentation n'est pas la même à tous les âges, et qu'elle est décroissante dans les âges plus avancés. On en peut conclure que ces animaux croissent avec lenteur: et en effet, les pêcheurs rapportent qu'une écrevisse de 7 à 8 ans est à peine mar-hande. On cite des écrevisses qu'on a supposées de l'âge de bo ans.
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Un fait très-étonnant, que présente encore l'histoire naturelle des écrevisses et des autres crustacés, c'est que, quand leurs pinces ou leurs pattes sont lompues ou arrachées par quelque accident , il leur en repousse de nouvelles au même endroit.
Habitation. — Les écrevisses de rivière se plaisent principalement dans les eaux courantes et pierreuses des montagnes. On les trouve aussi dans les lacs et les étangs ; mais là , leur chair , à moins que ces amas d'eau ne soient alimentés par des sources voisines, n'est pas aussi bonne. Elles se cachent pendant le jour dans des trous qu'elles se creusent , ou sous des pierres, des racines d'arbre, etc.
Les écrevisses de mer aiment les côtes pierreuses, où il y a des rochers dans les fissures desquels elles puissent se cacher. Elles se trouvent dans toutes les mers, et ne sont point rares sur les côtes de l'Europe.
Multiplication artificielle des écrevisses. — M. Bosc, dans son article Ecrevisse du Nouveau dictionnaire d' Histoire naturelle.^ ah nous avons puisé la matière de ce que nous venons de rapporter, observe qu'il est extrêmement difficile de peupler t^écrevisseswn ruisseau, etencoreplus un réservoir où il n'y en avaitpas. Peu d'animaux aquatiques sont plus délicats sur la nature de l'eau où elles doivent vivre. On les a vues, à la suite de ces transplantations , sortir de l'eau et venir mourir sur la terre ; cela arrive sur-tout lorsqu'on les prend dans une eau vive pour les mettre dans une eau stagnante , quoique cette eau ne leur soit pas mortelle , et qu'il n'y ait que les eaux en état actuel de putréfaction qui les tassent périr : ce n'est donc qu'à force de sacrifier des individus qu'on parvient à en accoutumer quelques - unes à leur nouvelle habitation.
Nourriture. — Les écrevisses, comme tous les autres crustacés, ne vivent que de substances animales : les petits poissons, les petits coquillages, les larves d'insectes, et tout ce qui se noie dans les eaux , forment la base de leur subsistance pendant l'été, et en cas de disette, sur-tout quand elles changent de peau , elles se mangent entre elles ; l'hiver, elles restent sans manger ou sans presque rien manger.
Ennemis.—- Elles ont pour ennemis presque tous les animaux qui fréquentent les eaux , tels que les loutres , les rats d'eau , les oiseaux aquatiques, les poissons voraces , les larves d'insectes, etc.; cependant , comme elles multiplient beaucoup , et que le nombre de leurs ennemis diminue à mesure qu'elles avancent en âge et acquièrent de la force , il suffit de ne pas pêcher pendant quelques années un ruisseau épuisé, et de veiller sur les loutres et les hérons, pour qu'il y en ait autant qu'auparavant; cependant leur nombre se borne d'après la quantité de subsistance qu'elles peuvent se procurer.
Pêche des écrevisses de rivière.
La pêche des écrevisses de rivière se fait de plusieurs manières.
Poches simples des écrevisses de rivière . — 1 °. On se met dans l'eau , et avec le bras on furetle dans les endroits où se logent les écrevisses : cette pêche est
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dangereuse , parce qu'au lieu d'écrevisses on prend quelquefois des serpens.
2°. On tue un vieux chat ou un vieux lièvre , qu^on laisse pourrir 8 jours dans le fumier ; on le lie ensuite avec une corde, et on le jette dans l'eau : le lendemain, on retire son cadavre couvert d'écrevisses. On ajoute une précaution pour empêcher les écrevisses de s'échapper quand on retire l'appùt , c'est de mettre le chat ou le lièvre au milieu d'un fagot d'épines ou de bois tortu : la pèche est alors plus sîire et plus lucrative.
3°. Une morue salée fait le même effet que le chat ou le vieux lièvre. Quand on enlève sa proie , il faut avoir soin de passer au-dessous un panier qui reçoive les écrevisses qui se laissent couler au fond de l'eau. Le sel est si fort du goût de ces animaux, que quelques pêcheurs se contentent de laisser tremper dans l'eau de vieux sacs qui ont servi à le renfermer , et ils prennent avec cet appât un grand nombre d'écrevisses.
Méthode ordinaire pour la pêche des écrevisses de rivière. — Ayez une douzaine de petites perches longues de 5 pieds , et grosses comme le pouce 5 fendez-les par le petit bout, et mettez-y pour appât une grenouille ou de la chair corrompue ; prenez ensuite ces perches par le gros bout j et portez l'autre à l'entrée des trous oii vous soupçonnez que se retirent les écrevisses. S'il y en a réellement , elles sortiront pour s'attacher à votre appât ; si vous vous en apercevez, vous prendrez une petite truble ou un panier attaché au bout d'une perche, et vous le glisserez dessous les écrevisses sans les toucher; vous lèverez en même temps votre appât, et l'écrevisse ne le quittera que pour tomber dans le filet.
On attache aussi un filet au pourtour d'un cercle de fer ou de toute autre matière pesante, et on fixe au milieu de ce filet un morceau de viande quelconque, laplus corrompue est la meilleure; le cercle est attaché à un long bâton par le moyen de trois ficelles : on le met dans l'eau à la brune , moment où les écrevisses quittent leurs trous. Bientôt après , on les voit accourir, attirées par l'odeur et parla vue de l'appât , sur lequel elles se jettent avec avidité : alors, on lève le bâton, on retire le filet, et on choisit les plus grosses écrevisses. Cette pêche est très-productive.
On peut remplacer le filet dont nous venons de parler par un panier plat, ou même par un morceau de toile, au milieu duquel on place l'appât.
Il faut observer que c'est dans les sources d'eaux vives qu'on trouve en abondance les écrevisses , et que pendant le jour elles se retirent ordinairement dans les trous, sous les racines d'arbre ou entre 1 es gros cailloux : c'est aussi l'asile d'une espèce de serpent. Pêche des écrevisses de rivière au moyen d'un batardeau. — Cette pêche demande le concours de plusieurs personnes : on fait provision de bêches et de pioches, et avec cet attirail on va dans l'endroit où l'on soupçonne le plus d'écrevisses.
On plante des piquets en travers du ruisseau , et quand il y en a un nombre suffisant , on les entrelace par une grosse perche pour soutenir le fil de l'eau : on coupe ensuite des gazons , et on les met contre les pieux , pour fermer le passage à l'eau et l'obliger à prendre son cours ailleurs.