ESP
ESCLIPOT. Caisse dans laquelle on laisse la morue tranchée et habillée.
ESCOPE. Grande cuiller de bois dont les matelots et les marinières se servent pour vider l'eau de leurs bateaux quand ils sont trop petits pour avoir des pompes.
ESNARDS. Lignes qu'on attache à la tête d'un tilet, et qui tiennent à une grosse ilotte de liège pour soutenir un filet entre deux eaux.
ÉSOCE , esox. Genre de poissons de la famille des abdominaux , qui renferme plusieurs espèces, dont le Brochet et le Bélone. V. ces mots.
ESPADON , xiphias gladius. (Lin.) Poisson du genre des xiphias , qu'on nomme aussi épée-de-mer, mais qui est différent du cétacé , dont nous avons parlé sous ce dernier nom. On l'appelle encore empereur ^ et en Languedoc imperador. il se nomme en Prusse hornefisch ^ en Hollande, z-waard-wisch ; en Portugal, grand- esp ados ', à Gênes, imperator , et à Venise , spada.
Histoire. — Ce poisson était connu des Grecs, dont il avait fixé l'attention par la forme particulière de sa mâchoire supérieure , et comme il déchirait souvent les filets des pêcheurs, ceux-ci faisaient, particulièrement lors de la pêche du thon , des sacrifices à Neptune pour obtenir que leurs filets fussent respectés par l'espadon. On le péchait à la ligne , et , suivant Oppien , on amorçait l'hameçon avec l'hippure, dont l'espadon est trèsfriand. Aristote avait observé qu'il était tourmenté , de même que le dauphin, par un insecte dont les piqûres le faisaient sauter hors de l'eau. Strabon a dit le premier qu'il s'en trouvait dans la mer Tyrrhénienne^ dont la longueur égalait celle d'une barque. Enfin, il résulte des rapports d'Athénée et de Xénocrate que l'on salait la chair de l'espadon , comme cela se pratique encore en Sicile. On le péchait souvent dans les madragues , où il s'engageait en poursuivant le thon et d'autres poissons du genre des scombres. Il fut beaucoup mieux décrit par Albert et Vincent de Beauvais qu'il ne l'avait été par les anciens 5 et cependant Albert le confondait sous le même nom avec le requin.
Description. — L'espadon (V. la PL 4 1 fig' 1) est un des plus gros poissons des mers d'Europe j il rivalise, par ses dimensions et sa force , avec les cétacés, et il est pourvu d'une arme redoutable, avec laquelle il peut se défendre de ses plus puissans ennemis. Pline dit qu'il surpasse souvent le dauphin en grandeur , et Hamilton rapporte qu'on en prend sur les côtes méridionales de l'Italie, qui ont de 1 8 à 20 pieds de long, et qui pèsent de 4 à 5oo liv. 5 mais il n'a ordinairement, dans les mers du Nord, que 5 à 6 pieds de long. Ce poisson a le corps allongé, rond , uni et couvert d'une peau mince \ la tête aplatie et assez grosse 5 la bouche large, et garnie d'un grand nombre de petites dents; les deux mâchoires se prolongeant en pointe, la supérieure d'un tiers plus longue , ferme, plate en dessus et en dessous , tranchante sur les côtés, terminée en pointe obtuse, enfin ressemblant à une épée ; la langue libre et volumineuse; les narines en avant des yeux, qui sont eaillans 5 les ouvertures des ouïes derrière les yeux; la ligne latérale formée de petits points noirs ; le