‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 86 sur 344 · FLÉ · texte numérisé non relu

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avec les cétacés. On a péché en Angleterre des individus de cette espèce qui pesaient 35o livres , et en Islande on en a pris qui pesaient plus de 400 livres. Ces poissons avaient de 18 à 20 pieds de longueur. Le flétan ou hippoglosse a 107 rayons à la nageoire du dos ; 82 à celle de l'anus; la caudale en croissant; le côté droit ou supérieur brun plus ou moins noirâtre ; le côté gauche, celui sur lequel il nage, blanc ou blanchâtre ; le corps couvert d'écaillés oblongues solidement attachées et recouvertes d'une humeur visqueuse; la tête petite; la bouche large; les mâchoires garnies de dents longues, pointues, courbes et séparées; les jeux tout près l'un de l'autre; l'opercule des ouïes composé de 3 lames ; les nageoires jaunâtres ou brunes; celle de l'anus précédée d'un aiguillon; la ligne latérale formant l'arc.

Habitation, — Les flétans habitent toutes les mers de l'Europe, et principalement la mer du Nord. Les Anglais en tirent une assez grande quantité des environs de Newfounland , et les Français en ont péché auprès de Terre-Neuve.

Nourriture. — Tous les individus de cette espèce sont très-voraces ; ils dévorent les crabes, les gades et même les raies. Ils sont très-friands des lompes qui s'attachent aux rochers. Ils se tiennent plusieurs ensemble dans le fond des mers, et ils y attendent, la gueule ouverte, les poissons qui ne peuvent leur résister; et lorsqu'ils sont très - affamés , ils s'attaquent les uns les autres et se mangent les nageoires ou la queue.

Propagation. — Le flétan va frayer au printemps sur le rivage de la mer, et c'est ordinaii'ement entre les pierres qu'il dépose ses œufs , dont la couleur est d'un jaune rouge pâle.

Ennemis, — Quelque grand que soit le flétan, il a , dans les dauphins , des ennemis dangereux ; et quand il est très-jeune, il est aussi la proie des squales , des raies, et des autres habitans de la mer remarquables par leurs armes ou par leurs forces. Les oiseaux de proie qui vivent sur les rivages de la mer et se nourrissent de poissons , le poursuivent avec acharnement lorsqu'ils le découvrent auprès de l'Océan. Mais si le flétan est gros et fort, l'oiseau de proie périt souvent victime de son audace : le poisson plonge avec rapidité à l'instant où il sent la serre de l'oiseau, et l'entraîne dans les abîmes de l'Océan. Enfin il y a cjuelcjues individus de cette espèce tellement couverts d'insectes ou de vers marins qui s'attachent à sa peau, cju'ils en deviennent malades et sont obligés de venir à la surface de l'eau , où ils sont attaqués par les oiseaux et sur-tout par l'aigle de mer. Cette maladie influe sur le goût de la chair de ce poisson et surlacjuantité de sa graisse. Qualités. — Les habitans du Nord font une grande consommation du flétan, soit frais, soit salé ou fumé. Ces peuples, et sur -tout ceux de la Norwege, le préparent de différentes manières pour le conserver. On donne le nom de mj^aux nageoires et à la peau grasse à lacjuelle elles sont attachées; on appelle rœchel des morceaux de la chair grasse de ce poisson, coupés en long, et on distingue par la dénomination de skare-jflog ou de squarc-queite des lanières de la chair maigre ; ces différens morceaux sont salés , exposés à l'air sur des bâtons, séchés et

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emballés pour être envoyés au loin. On les sale aussi par le même procédé que les harengs. On dit que le meilleur raffeX. le meilleur rakcl viennent de Berghen en Korv>-ege. Mais il paraît qvie ces sortes d'alimens ne conviennent qu'aux estomacs robustes des habitans de la campagne. La tète fraîche du flétan passe pour un mets délicat auprès de Hambourg et en Hollande.

Pèche. — Dans le Groenland , où la pêcKe du flétan est d'une grande importance, on se sert communément d'un instrument que l'on a^^^^eWe gavgvaden ou gangwad , et qui est composé d'une grosse corde d'environ 1,800 pieds de longueur, et à laquelle sont attachées une trentaine de cordes moins "rosses et garnies chacune à son extrémité d'un crochet trèstort. On emploie pour api>at des cottes ou des gades. Des planches qiii flottent à la surface de la mer, et qui tiennent à la grosse corde par des liens trèsforts, indiquent la place de cet instrument lorsqu'on l'a jeté dans l'eau. On retire les cordes au bout de 24 heures , et il n'est pas rare de trouver 4 ou 5 flétans pris aux hameçons. On les tue aussi à coups de javelot , ou bien on les harponne lorsqu'on les surprend couchés pendant la chaleur sur des bancs de sable ou dans les basses eaux ; mais les pêcheurs se gardent bien de les tirer à eux tant que ces poissons jouissent d'assez de force pour renverser leur barque d'un coup de leur queue ; ils attendent cju'ils soient affaiblis et qu'ils aient cessé de se débattre j ils les élèvent alors et les assomment à coups de massue.

^ ers les rivages de la Norvs'^ege , on ne poursuit les flétans que lorsque le printemps est déjà assez avancé pour que les nuits soient claires et que l'on puisse les découvrir facilement sur les bas-fonds. On interrompt la pêche pendant l'été , parce qu'alors ils sont très-gras et ne pourraient pas être séchés convenablement.

FLEUVE. Courant d'eau très-puissant, qui prend sa source dans de grandes chaînes de montagnes, el qui , après un cours ordinairement fort étendu , se jette dans la mer. C'est sur-tout cette dernière circonstance qui caractérise le fleuve : ainsi, toute grande rivière qui se jette dans la mer est \xn fleuve . On accorde néanmoins quelquefois ce nom à des rivières d'une immense étendue, quoiqu'elles se jettent dans un autre fleuve.

La plupart des fleuves sont fort peu de chose près de leur source , et n'acquièrent un volume considérable que par les rivières qu'ils reçoivent dans leur cours. La Seine ^ par exemple, qui prend sa source près de Chanceau, à 8 lieues N.-O. de Dijon , serpente long-iemps dans des prairies, comme un faible ruisseau qu'on peut franchir d'une enjambée.

Les sources Aes fleuves se trouvent communément à une grande élévation dans les montagnes. La Garonne vient des sommets les plus élevés des Pyrénées. Les sources du Rhin sont dans la partie orientale du mont Saint-Gothard, à plus de looo toises au-dessus de la mer. Celles du Rhône sont sur la montagne de la Fourche, dans la partie occidentale du Saint-Gothard, à une éléAation de 900 toises. Elles sont remarquables en ce qu'elles sont toujours à la température de 14 degrés, quoique toutes les

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autres eaux du voisinage soient presque toujours à la température de la glace.

hes fleuves conservent pour l'ordinaire leur nom depuis leur embouchure jusqu'à leur source, comme le Rhin , le Rhône , le Danube , etc. Quelquefois ils ne commencent à le prendre qu'à la réunion des deux rivières, dont le nom est différent du leur : c'est ainsi que la Gironde est formée par la réunion de la Garonne et de la Dordogne.

Le nombre des fleuves dans les quatre parties du monde est considérable ; on en compte plus de 600, dont environ 43o dans l'ancien Continent, et 180 en Amérique.

Les fleuves qui traversent la France sont, i». la Seine f qui en est l'un des plus beaux, et qui prend sa source à Saint-Seine , à quelques lieues de Dijon, reçoit les eaux de l'Aube , de l'Yonne , de la Marne, de l'Oise et de l'Eure, et va se jeter dans l'Océan au Hâvre-de-Gràce, après avoir, dans les nombreuses sinuosités de son cours, parcouru une longueur d'environ i6o lieues.

2**. La Loire, c|ui prend sa source dans le mont Gerbier, au nord du Languedoc, reçoit dans son cours, qui est d'environ i5o lieues, les eaux de l'Allier, du Cher, de l'Indre, de la Vienne, de la Sarthe, de la Mayenne, du Loir et de la Sèvre, et celles d'une vingtaine de petites rivières, et se décharge dans l'Océan bien au-dessous de Nantes.

3". Le Rhône , qui sort du glacier de Furca , près la montagne de Grimsel en Suisse , traverse le lac de Genève , se grossit dans son cours rapide , dont on estime la longueur à environ i25 lieues, des eaux d'un grand nombre de rivières, dont la Saône, l'Isère, la Drôme et la Durance sont les plus importantes, et se perd dans la JMéditen-anée.

4°. La Garonne, qui a son berceau dans les Pyrénées au val d'Aran , dont le cours, jusqu'à son embouchure dans l'Océan , où elle se rend sous le nom de Gironde, est d'environ 100 lieues, et qui a pour tributaires trois rivières considérables : le Tarn , le Lot et la Dordogne.

5°. La Meuse , qui prend sa source dans le département de la Haute-Marne^ arrose les frontières occidentales du département des Vosges, traverse les départemens de la Meuse et des Ardennes , une partie des Pays-Bas , et va se jeter dans l'Océan avec le Wal au Rhin occidental, près de Rotterdam, après avoir baigné la partie méridionale de la Hollande, et parcouru dans son cours une longueur de 160 lieues.

Indépendamment de ces fleuves, qui, dans la plus grande partie de leur cours , appartiennent à la France, nous devons mentionner le jR/w'tz, ce grand fleuve d'Europe, qui sort des montagnes du pays des Grisons, sépare le territoire français de celui de l'Allemagne, depuis Bàle jusqu'aux environs de Haguenau , et qui, avant d'arriver à l'Océan, se partage en plusieurs branches, qui prennent successivement différens noms.

Telles sont les rivières de la France, qui, sous les divers rapports de la longueur de leur cours, de la largeur et de la profondeur de leur lit, et de l'abondance des poissons qu'elles renferment, sont les plusimportantespour la navigation et pour la pêche.

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Nous renvoyons à notre Dictionnaire des Eaux et Forêts , articles Cours d'eau et Rivières, et au mot Pêche du présent Dictionnaire, pour les réglemens concernant le droit de propriété et la police de la pêche dans les fleuves et rivières.

FLIBOT. Espèce de petite flûte ou de pinasse, qui sert pour la pêche de la morue. Les grands ont trois mâts et un beaupré, point de perroquet; les petits , au lieu d'artimon, ont une voile d'étai ; ils sont à col rond et ont un gros ventre.

FLINDRE. Poisson du genre Fleuronecte. \'. ce mot.

FLONDRE. V. Flet.

FLOTTANT. Les pêcheurs disent qu'ils pèchent à cordes flottantes ou k Jilets Jlottans ^ quand ils attachent auprès de l'haim un morceau de liège qui les t'ait flotter près de la surface de l'eau. On fait flotter quelquefois la corde avec des vessies pleines d'air. V. Lamecons et Lignes.

FLOTTES ou FLOTTERONS. Ce sont des morceaux de liège ou de bois léger qu'on ajuste aux cordes ou à la tête des filets quand on ne veut pas qu'ils portent sur le fond. Au bourg d'Ault, on les nomme flotterons. V. Cordes et Filet.

FLUE. C'est la nappe fine qui est entre les deux hamaux aux filets en Iramail. En quelques cantons de la Normandie , on donne ce nom aux demi-folles. V. Filet et Folles.

FLUTE. Bâtiment de charge dont les Hollandais se servent beaucoup, ainsi que les Français. Elles sont ordinairement matées en vaisseau. Les Hollandais en font usnge pour la pêche de la morue dans le Nord.

FOIN. Duvet blanc ou brun qu'on trouve sous l'enveloppe crustacée des écrevisses.

FOlSSlER. Les pécheurs granvillois nomment ainsi le baril où l'on dépose les foies de morue pour en retirer l'huile. V. Morue.

FOLIO. Nom qu'on donne en Italie à un poisson de mer qui ressemble à la sole, et dont les écailles sont grandes et en losange, et la ligne latérale mince comme une corde de luth. Sa chair n'est pas d'un goiit agréable , parce qu'il se nourrit d'algues.

FOLLES, DEMI -FOLLES et RIEUX. On nomme ainsi des filets à larges mailles, c^u'on tend de façon qu'ils fassent des plis dans tous les sens; et c'est probablement cette disposition des filets qui leur a fait donner le nom àe folles. On les nomme aussi rieux , terme qui parait être une corruption de rayeux , parce qu'ils servent à prendre des poissons plats et particulièrement des raies.

Les gros poissons, dit Duhamel, ne pouvant s'emmailler, on a imaginé, pour les prendre, d'autres filets que les Mancts (V. ce mot). Les filets que l'on emploie particulièrement pour la pêche de ces gros poissons se nomment folles : elles ont des mailles tort grandes, et il est de leur essence de n'être pas tendues fermement ; elles forment des sacs ou des poches dans lesquels le poisson s'embarrasse. C'est pour cette raison qu'on donne beaucoup de chute aux folles, qu'on tend sur des piquets assez courts. Cet usage des folles est avantageux pour prendre de gros poissons plats; cependant ce n'est pas là proprement la manière de tendre cette

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espèce de filet : celle qui lui convient le mieux est d'être pierre et flotté.

§ 1 • — Idées générales des folles pierrées et flottées.

Le filet qu'on nomme proprement yb//e est une nappe simple, et lorsqxi'on veut tendre sans piquets un filet de ce genre, la ralingue de la tête est garnie de flottes, et celle du pied est chargée de pierres ou de plomb.

Ce filet est fait d'un bon fil de chanvre assez délié : il a à -peu -près une brasse et demie de chute, et chaque pièce a communément de 5 ou 6 brasses de longueur • mais on en joint quelquefois un grand nombre les unes au bout des autres.

Les mailles ont 5, 8, i3 et i8 pouces d'ouverture en carré, et quelquefois plus de i8 lorsqu'on se propose de prendre des tires, des anges ou d'autres gros poissons.

La tête du filet est bordée par une ralingue a, PL 33, iVo. VI, qui est un funin ou quarantenier de douze à quinze fils, et qui passe à travers des rondelles de liège b b , cju'on met environ à 2 pieds les unes des autres.

Le pied du filet est bordé par deux pareils funins c, entre lesquels sont amarrés avec des lignes fines les cailloux dd , qui forment le lest. On les met à environ 3 pieds les uns des autres; mais pour que les deux cordes c ne se roulent pas l'une sur l'autre quand on les meta l'eau, il faut avoir l'attention de mettre leur tors en sens contraire : de sorte que si l'une est commise de droite à gauche, l'autre le soit de gauche à droite.

Quand on a joint les uns aux autres un nombre suffisant de pièces de flottes pour former une tessure, on attache aux deux extrémités de la ralingue d'en bas une grosse pierre percée, oucàblière/, garnie d'une anse ou estrope de corde k, qui sert aussi à attacher une corde ou orin, que plusieurs pêcheurs nomment drame , et à l'autre bout de laquelle est amarrée une bouée, formée de douves de barriques comme //z, ou de morceaux de liège comme n, au choix des pêcheurs. On voit en o les signaux que portent les bouées : ce sont de petits pavillons qui servent à faire apercevoir de plus loin les bouées qui flottent à la surface de l'eau. On met quelquefois de distance en distance une petite câblière sur la ralingue d'en bas quand les tessures sont fort longues; on se sert d'un grapin avec son càblot pour rechercher au fond de l'eau ime partie de la tessure , quand par accident elle est restée à la mer. Il y a un autre petit grapin qui est quelquefois encapelé sur le premier. On voit en t un gaffot pour harponner et tirer à bord de très-gros poissons.

Après ce que nous avons dit de la grandeur des mailles des (biles , on conçoit bien que ces filets ne sont destinés qu'à prendre de gros poissons plats, qui ne s'emmaillent point par les ouïes, comme font les harengs, les maquereaux, etc. ; mais , attendu que l'instinct des poissons n'est pas de reculer, il-; font effort pour traverser le filet et franchir l'obstacle qu'ils rencontrent. Par ces efforts , ils s'embarrassent de plus en plus dans le filet, qui à la fin les enveloppe de façon i\ ce qii'ils ne puissent se débarrasser. Pour cela, il faut que le filet soit souple et

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tenJu iMolleraeut : la grandeui* des mailles et la finesse du fil le rendent souple ; et afin qu'il ne soit pas trop tendu, on ne met au bas que ce qu'il faut de cailloux pour que les lièges ne le fassent point ilotter. Il est cependant nécessaire que les fils soient forts quand on se propose de prendre de gros poissons , sur-tout des chiens de mer.

Le nom àe folle peut avoir été donné à ce filet, en partie parce que , n'étant pas fort chargé de lest, le moindre mouvement de la mer l'agite : de sorte qu'il est presque dans un mouvement continuel. Cependant les ancres ou les càblières qu'on met aux extrémités, et quelquefois d'espace en espace, dans sa longueur, empêchent que le filet ne s'écarte beaucoup du lieu où on l'a tendu ; et pour cette raison , on doit le regarder comme sédentaire. Les folles sont donc toujours tendues par fond, et on ne les traine point j mais on les tend ou en pleine eau ou au bord de la mer. Nous donnons, aux mots Tentes et Parcs f la manière de les tendre sur picjuets 5 et il ne nous reste qu'à expliquer comment on les tend pierrées et flottées au bord de la mer et en pleine eau.

§ 2. — Des folles que l'on tend au bord de la mer.

Comme ces filets restent sédentaires , on peut les tendre entre les rochers. On les tend aussi sur les sables au pied des bancs , ou dans les fonds qui se trouvent entre les bancs , lors même qu'il y reste de l'eau après que la mer est retirée.

On tend ce filet un peu en demi-cercle AB ou CjD, PI. oZ, iX'f'. F. Quand on l'établit sur un terrain dur, ou qu'il reste un peu d'eau à l'endroit où on le tend , on ajoute aux cailloux qui bordent le pied du filet quelques càblières comme E ; mais si le terrain est de sable , on y enfouit le pied du filet, et le reste demeure libre , étant soutenu par les flottes et retenu contre le courant par les bandinguesy. Comme le filet, qui a presque 2 brasses de hauteur, fait toujours une poche ou foliée , les poissons s'y engagent.

Les grandes marées sont avantageuses à cette pêche , ainsi qu'à toutes les tentes à basse eau. Cependant il arrive que les tourmentes et les grands courans bouleversent et emmêlent le filet, comme on le voit en gj ou bien ils le couchent sur le terrain , et alors on prend peu de poissons.

Ces folles n'ont pas , à beaucoup près , autant d'étendue que celle dont nous allons parler dans le paragraphe suivant 5 mais elles ont l'avantage qu'un seul homme peut sans bateau tendre et relever son filet ; et comme les poissons rangent volontiers la côte durant les chaleurs, c'est la saison où cette pêche est la plus fructueuse.

Dans les endroits où il reste de l'eau , il y a des pêcheurs qui tendent deux fois de suite leur filet avant de le faire sécher. Quand ils l'ont tiré à bord , ils le démêlent, le réparent et sur-le-champ recommencent une seconde pêche.

Il arrive communément aux pêcheurs folliers , tant grands que petits, de laisser leurs filets à l'eau pendant qu'ils vont à terre vendre le poisson qu'ils ont pris; mais il ne faut jamais mettre plus de deux fois les filets à l'eau sans les faire sécher et sans les radouber, ou, comme ils disent, ramender : ceux

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