‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 88 sur 344 · FOU · texte numérisé non relu

FOU

FORCFAU, PAUFORCEAU. C'est un pîquet sur lequel on appuie un filet ou un piège , et qui le retient de force.

FORCIBLEMENT. Nom qu'on donne à un matelot vigoureux employé à la pêche du hareng dans la JNIanche, et qui est chargé d'attacher les barils au halin au moyen des bandigues, et de les détacher quand on tire le filet à bord.

FORGERON. Poisson du genre des zées , dont nous avons parle sous le nom de Doré. V, ce mot.

FOSCINA ou FUSCINA. C'est ainsi qu'on nomme à Raguse une sorte de harpon, avec lequel on perce très-adroitement les poissons qu'on aperçoit. Quand cette pèche se fait la nuit, on s'éclaire avec un morceau de sapin allumé. V., au mot Pèche , l'article Des différentes sortes de pêches à basse eau.

FOUANE. Instrument propre à percer les poissons pour les prendre. 11 y en a de bien des formes : les unes sont une broche terminée par un dard, d'autres une lame barbelée 5 d'autres sont formées de deux , trois , ou un plus grand nombre de lames ; quelquefois ce n'est qu'une fourche. Ces instrumens étant ajustés au bout d'une perche, on en perce les poissons qu'on aperçoit au fond de l'eau , ou on les enfonce dans la vase aux endroits où l'on juge qu'il y a des poissons.

La PL 17, N°. IV^ représente, sous les lettres t et /7ï, plusieurs sortes de fouanes.

La Ibuane est au nombre des instrumens dont l'emploi dans les rivières est prohibé.

La pêche faite avec une fouane, même dans une rivière non navigable, est passible de l'amende déterminée par l'art, lodutit. XXXI de l'ordonnance de 1669. \Arr. de la C. de cass. , du 20 avril 1^ in.) V., au mot Pêche ^ l'article Des différentes sortes de pêches à basse eau.

FOUE. Les pêcheurs d'Oléron nomment ainsi une manche de filet qu'ils mettent au fond de leur courtine.

FOUENE ou FOUENNE. V. Fouane.

FOUGNE. C'est une fourche de fer à deux on trois fourchons, avec laquelle on darde les poissons qui sont restés aux endroits qui n'assèchent pas de basse mer : la fougne est un liarpon. V., au mot Pêche ^ ce qui cfincerne la. pêche d la basse eau.

FOUINE. V. Fouane.

FOULE. Sorte de pêche. V. Plyetter.

FOUR. On nomme grand four qX. fort four des manœuvres qui servent à appareiller le bourset de ladreige. y . Dreige.

FOURCHE. Espèce de fouane à deux fourchons, emmanchée de bois, comme celles dont on se sert dans les fermes pour charger les gerbes; d'autres sont à trois fourchons, comme celles qui servent à charger le grand fumier. On se sert aussi de petites fourches de bois pour relever les caudrettes. V. Caudrettes.

FOURCHE MARINE. C'est le Malarmat. V. ce mot.

FOURCHETTE. Perche de 6 à 7 pieds de long, qui se partage à l'un de ses bouts en tieux ou trois

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fourchons , et qui sert de manche au filet appelé Truble. y. ce mot.

FOUREE. Espèce de bas parcs. V. Parcs.

FOURQUETTE. Les Provençaux nomment ainsi une croix de fer ou de cuivre qui porte des lignes et des haims, et qui est attachée à une longue ligne pour la descendre au fond de la mer et la retirer quelque temps après. On nomme awssï fourquette on fourchette une petite fourche de bois, à laquelle on entrelace la ligne des bricoles , pour que le poisson qui a mordu à l'hameçon ne rompe pas la ligne.

FRAI ou FRAIE. Mot qui vient défrayer et du latin yr/care , frotter, action de frayer. 11 se dit de l'action propre aux poissons pour la multiplication de leur espèce, et son étymologie semble venir de ce que les femelles , au moment de déposer leui's œufs, se frottent et s'appuient sur les pierres et autres corps durs, pour faciliter, par la pression de leur ventre, la sortie des œufs.

L'opinion la plus commune touchant la génération des poissons est qu'à une certaine époque , appelée le temps du frai , les femelles viennent déposer leurs œufs dans diflérens lieux : ces œufs ou ce frai sont en masses plus ou moins grandes , et enduits d'une matière mucilagineuse qui les réunit. Les poissons mâles viennent ensuite répandre sur les œufs une liqueur qu'on appelle laile : la clialeur fait éclore ces œufs , et les petits poissons en sortent après avoir rompu leur enveloppe. Ces œufs sont très-petits et si nombreux, qu'on en a compté jusqu'à 342,144 7 dans une carpe. Cette prodigieuse fécondité empêche la destruction des poissons, qui, dans leurs diftérens états et dans leurs différens âges, sont exposés à une foule d'accidens.

Beaucoup de poissons se nourrissent du frai des autres , et il y a aussi des quadrupèdes et des oiseaux qui le mangent.

C'est ordinairement au printemps , vers les mois d'avril et de mai , que les poissons fraient; la plupart des espèces viennent près des rivages et dans les eaux tranquilles déposer leurs œufs. Il paraît que les gros poissons jettent leur frai les premiers. La lotte fraie en hiver, et paraît ne pas craindre le froid. On prétend que les raies fraient plusieurs fois par mois; d'autres espèces fraient aussi plusieurs fois chaque année. V. , à l'article Poisson, le paragraphe qui traite De la génération des poissons.

M. Dralet , dans ses Considérations sur l'histoire naturelle des poissons , lemarque que généralement on n'a point fait assez attention aux époques de l'année où a lieu le frai des poissons, et que nos réglemens sur la pêche se trouvent , par suite de ce défaut d'observations, souvent en contradiction avec les lois de la nature. « Ce n'est point , dit-il , à des époques fixes de chaque année qu'arrive , dans les eaux , le moment de la reproduction ; il est déterminé par l'état de la température, qui varie suivant la latitude et la hauteur des lieux qu'arrosent les cours d'eau. Suivant quelques observateurs, la truite commence à frayer au mois de septembre; quelques autres fixent cette époque en octobre ou novembre, d'autres en décembre et janvier, d'autres enfin en février. Lorsqu'on examine cette différence dans les

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opinions, on ne peut s'empêcher de croire que le fait qui en est l'objet dépend des circonstances relatives aux localités; que l'époque indiquée par cliaque naturaliste est bien celle où la truite fraie dans le lieu où il a fait ses observations j mais que , dans cette matière comme dans beaucoup d'autres , l'erreur vient de ce que chacun a tiré une conséquence générale d'un fait particulier et local.

w Le frai de la truite commence avec les premiers Iroids : l'époque est plus ou moins avancée suivant la hauteur des lieux , et , à hauteur égale , suivant leur éloignement de l'équateur; car tout le monde sait que l'hiver se fait sentir beaucoup plus tôt sur la cime des montagnes que dans les vallées , et dans les vallées que dans les plaines : on sait aussi que la même progi-ession se remarque à mesure que l'on s'éloigne des pôles. 11 résulte de là que le frai de la truite a lieu beaucoup plus tôt à la source d'une rivière qu'à son embouchure, et que dans deux lacs éloignés l'un de l'autre , c'est le plus septentrional où le frai commencera plus tôt. Ce que j'avance ici n'est point conjectural , c'est le résultat des observations que j'ai laites en divers temps et en divers lieux.

35 Par exemple , la truite fraie près des sources de la Garonne dès le mois de septembre , tandis qu'à 8aint-Réa! , dont l'élévation est de 5o2 mètres audessus du niveau de la mer, le frai ne se fait remarquer dans ce fleuve qu'en octobre ou au commencement de novembre , et environ un mois plus tard à Toulouse, qui n'est élevée que de i32 mètres.

« Quant aux autres poissons d'eau douce, comme c'est le retour de la belle saison et une chaleur tempérée qui les disposent à l'acte du frai , le climat doit aussi influer sur l'époque de ce frai, mais dans un sens contraire à ce qui arrive à la truite ; c'està-dire que dans les lieiix où l'hiver est plus court ces poissons doivent frayer plus tôt que dans ceux où les froids se prolongent jusqu'au printemps : c'est ainsi que les barbeaux se rapprochent plutôt dans la partie de la Garonne qui arrose nos plaines méridionales, que près de l'embouchure de la Seine.

» Il en est de même des autres espèces, même de celles qui peuplent les mers j le temps du frai n'est pas le même sur les bords de la Méditerranée et sur ceux de la Manche, et il varie dans l'une et l'autre de ces mers, suivant que le retour de la chaleur est plus ou moins avancé. »

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