G AN
Le Gade-Blénoïde. On le trouve dans la Méditerranée , et il a beaucoup de rapport de grandeur et de forme avec le merlan.
Le Gade-Cali.arias. On le trouve dans la mer du Nord et dans la Baltique, où on le connaît sous le nom de dorse ou dorch en Allemagne. Il a ordinairement un pied de long j la tète petite , tachée de brun ou de noir j le ventre varié de brun et de blanc, et quelquefois de blanchâtre. On le pêche pendant toute l'année sur les côtes de Prusse et des autres contrées du Nord. Sa chair est tendre et d'un excellent eoiit.
Le Gade-Tacaud. V. Tacaud,
Le Gade-Capelan. V. Capclan.
Le Gade-Colin. V. Colin.
Le Gade-Pollack ou le Lieu. V. Lieu.
Le Gade-Meulan. V, Alerlan.
Le Gade-Molve. V, Lingue.
Le Gade-Lotte. V. Lotte.
Le Gade-Mustelle. V. Mustelle.
Le Gade-Merlus. V. Merlus.
GAFFE. Morceau de fer qui porle une pointe et un crochet soudés à une douille, dans laquelle on ajuste une longue perche. Cet instrument est d'un grand usage pour tirer à terre les gros poissons. Les petites se nomment gaffeaux , en quelques endroits on les nomme halle-croq etgaweéon. V. Hameçon.
GAGNOL. C'est le nom que porte , sur les côtes de la Méditerranée, le syngnate- trompette V. Syngnate.
GAI (HARENG). Hareng dans lequel on ne trouve ni laite ni œufs.
GAINES. Nom qu'on donne , à Genève , aux petites truites.
GALANGA. L'un des noms donnés à la baudroie.
GALATINE. La galatine était une préparation en forme de saumure , que , dans le moyen âge , on donnait aux lamproies et aux saumons.
GALERE. Nom que les matelots donnent à la physalide et à la l'ellelle, poissons que l'on trouve dans les mers d'Amérique , et qui , en nageant sur la surface de la mer, ont un peu la forme d'un navire.
GALERIE. La galerie pour la pêche de la morue verte s'établit depuis les haubans du grand mât jusqu'au-delà du mât d'artimon. V. Morue.
GALET. On nomme galets des cailloux roulés qui se sont arrondis en se frottant les uns contre les autres quand la mer les agite. Les fonds de galets sont de mauvaise tenue et endommagent les câbles. On nomme aussi en province ^a/e/ ce qu'on nomme ailleurs bouée ou signal, pour reconnaître la situation d'un filet.
GALINE. Nom de la raie-torpille sur les côtes de la Méditerranée.
GALIOTE. Bateau long et couvert, qui sert de coche pour voyager sur les rivières.
GALLINE ou GALLINETTE. On donne ce nom, sur les côtes de la Méditerranée, à plusieurs poissons du genre des trigles, tels que le grondin, le gurneau y Vhirondelle , \e perlon. V. ces mots.
GALYPES. Nom qu'on donnait , dans le moyen âge, aux barques de pêche de la côte de Bretagne. GANCETTES. Mailles de 3 pouces en carré.
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GANGUEILE. Petit gangui qu'on traîne avec un bateau. On s'en sert, en Provence, à prendre des anguilles. V. Gangui.
GANGUI. C'est ordinairement un filet plus petit que le bregin, et qui a les mailles très-serrées. Le grand gangui est un vrai bregin. Quant au gangui des caramhots et au gangui des oursins, ce sont des dragues qui tiennent au fond de la mer. Celui qu'on appelle gangui à la voile ressemble assez à la tartane.
De la pèche au gangui.
On prétend que cette pêche nous vient d'Espagne, où on la nommait guanguil , d'où l'on a fait gangui. Quoi qu'il en soit, ce filet est formé, comme l'aissaugue , d'une chausse accompagnée de deux ailes ou bandes de filets , auxquelles on donne plus ou moins d'étendue, suivant l'aisance des pêcheurs. Les pêcheurs augmentent ou diminuent à volonté l'étendue de leurs filets comme ils le font pour l'aissaugue et le boulier : d'où il suit cj^u'on ne peut pas en fixer les dimensions. Un autre point plus important, qui distingue la plupart des ganguis d'avec tous les autres filets du même genre dont nous avons parlé, c'est que les mailles sont communément plus serrées, et que ce filet, quoique plus chargé de plomb, est ordinairement traîné avec plus de vitesse, et on verra que quelques ganguis se rapprochent fort des Dragues ( V. ce mot ), sur-tout quand les pêcheurs mettent à l'avant de la manche une armure qui gratte et entame le fond.
Quelques pêcheurs nomment bregins tous les filets à manche et par conséquent le gangui. Il y a effectivement de grands ganguis qu'on tend au large comme les bregins j mais les petits ne s'emploient que près de la côte ou dans les étangs salés.
Quoiqu'on ne puisse pas donner de dimensions précises du gangui , nous allons néanmoins , pour fixer les idées , décrire les ganguis qui sont le plus en usage.
On sait déjà que le filet du gangui est formé d'une manche, nasse ou sac a, PL 87, N'^. VIII, dont l'embouchure est précédée par deux bandes de filets ou ailes b c, comme au boulier. Ces ailes ou jambes n'ont que 8 à 10 pieds de hauteur, sur 3o pieds de longueur. Comme cette pêche n'a jamais été véritablement permise , et que par conséquent l'ouverture des mailles n'a été fixée par aucune ordonnance, chaque pêcheur les fait comme il le juge à propos. Les deux bandes de filet sont m.ontées haut et bas sur deux cordes de jonc ou de sparte. La corde de la tète a un pouce de circonférence , et celle du pied 2 pouces. C'est à cette ralingue qu'on attache 9 livres de plomb par brasse , quoiqu'il soit défendu de mettre sur chaque brasse des filets de ce genre plus d'une livre et demie de plomb. On attache à la ralingue de la tête du filet des flottes ou nattes de liège, à un pied les unes des autres.
La bourse, nasse, chausse, sac ou manche <zc?, iV^. VIII, a 3o pieds de longueur, souvent cependant beaucoup moins, pour la proportionner à la force des équipages. Ordinairement on met à la marge ou gorge de la manche en dedans et en dehors un cercle de bois de 3 pieds de diamètre c ,
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JV"°, V, pour tenir cette partie ouverte. Quelques pêcheurs en mettent encore d'autres moins grands dans la longueur de la chausse, qui diminuent un peu de diamètre à mesure qu'ils approchent de l'extrémité de la chausse, ou qu'on s'éloigne de la gorge. Sur quelques côtes , on ajuste au cerceau qu'on met à la gorge de la manche un goulet de filet, qui permet au poisson d'entrer, mais qui s'oppose à ce qu'il sorte. La manche est, en ce cas, un vrai verveux.
Quand ce filet est destiné à être traîné par un seul batelet g , N°- VI> comme les ailes se rapprocheraient presque au point de se toucher , on attache à la ralingue de la tête une perche de 3 brasses de longueur e, N°^. V et VIII, qui est fermement liée par ses bouts au haut de chacune des ailes, en traversant de l'une à l'autre. Cette perche , qu'on nomme partèque , est d'autant plus nécessaire, que les halins des petits ganguis sont fort courts, et que les ailes se trouvant toujours éloignées l'une de l'autre , elles doivent former un entonnoir qui conduise le poisson dans la manche. C'est aux extrémités de cette perche qu'on attache les halins de jonquinne,qui ont quelquefois 7 brasses de longueur; et lorsque les ganguis sont fort petits , la perche touche presque au bateau. Mais les lialins sont toujours attachés au bateau par bord et tribord g , N° . VI; ce qui fait que le bateau peut filer à pleines voiles. Le filet, qui est chargé quelquefois de 80 ou loo livres de plomb, drague le fond, à moins que , rencontrant une roche , une ancre ou une carcasse de navire, la corde qui est au bas des ailes, et qui entraîne tout ce qu'elle rencontre , ne rompe j car un bateau ainsi garni de toutes ses voiles a beaucoup de force.
Voici la manoeuvre que font les matelots : ils s'élèvent au vent , puis ils lèvent leur gouvernail. Ils jettent le filet à la mer , d'abord par la manche, les ailes suivent; puis ils filent les halins, dont ils amassent le bout dans l'intérieur du bateau. Alors ils prennent des bordées, et en peu de temps ils labourent toute l'étendue d'une plage ou d'un étang salé.
A la côte de Cette, la pêche au gangui se fait avec les mêmes bateaux {N'^.IV,A) et les mêmes équipages qui servent pour la pêche de la sardine. Souvent pour de petits ganguis il n'y a que deux hommes , et ils mettent au bout de la manche un signal de liège qu'ils nomment gallet, et qui leur sert à retirer le filet quand un halin vient à rompre; sans quoi, ils courraient risque de perdre leur tessure. Cette bouée se nomme gayot en Catalogne.
Sur la côte de Narbonne , on se sert, pour cette ])èche, de bateaux qui portent des voiles latines et des avirons. Leur port est de 4 ou 5 tonneaux. Il y a trois ou quatre hommes d'équipage avec un garçon de bord. Lorsqu'ils pèchent dans les étangs, ils se servent de plus petits bateaux.
A la Ciotat, la plupart des bateaux n'ont point de voiles ; et quoique la pêche du gangui ne s'y fasse pour l'ordinaire que par quatre hommes , ils sont à rames.
Il est rare de voir les pêcheurs au gangui attacher leurs halins à poupe et à proue, comme en c, PL Sy, JVo. V, se halant avec leur voile, le côté en travers
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Comme les petits bâtimens ainsi armés vont lentement, il en résulte un moindre dommage pour le poisson ; mais aussi leur pêche est peu abondante. C'est pourquoi nous nous réservons de parler de cette façon de pêcher en traitant de celle que l'on nomme Tartane. (V. ce mot.) Ainsi, quand lèvent n'est pas fort, les pêcheurs , pour faire beaucoup de chemin en peu de temps, s'associent deux; et chacun prenant un halin et se tenant à l'écart l'un de l'autre ù une distance convenable, ils tii-ent, de concert, le gangui iVo. Vy d. En ce cas, les ailes étant plus écartées embrassent une plus grande étendue du fond. 11 V a une grande pèche qu'on fait de cette façon avec de grands filets et des bateaux plus forts. On la nomme la pêche aux bœufs ou du bœuf. Nous en parlerons dans un instant; mais il faut auparavant dire quelque chose de la pêche au moulinet.
On sait que les pêcheurs à la seine, qui ont de grands filets et peu de monde, parviennent à faire leur pêche en s'aidant de treuils ou moulinets, qu'ils assujettissent au bord de l'eau. Il en est à-peu-près de même à l'égard du gangui. Pour faire cette pêche, on mouille l'ancre ou le grapin du bateau , et on attache à sa bouée, ou plutôt à son crin, un des halins du filet, qui a ordinairement les mailles fort serrées. Ens^te on fait à la voile ou à rames une enceinte avec le bateau. A mesure qu'on avance, on jette le filet à la mer; puis on rapporte le bout qui tient au bateau à l'endroit où l'on avait laissé l'ancre. On enveloppe ainsi tout le poisson qui a pu se rencontrer dans l'étendue qu'on a fait parcourir au filet. Quand les deux bouts du filet k, N°. VI, sont réunis, on haie le filet dans le bateau au moyen d'un treuil, vireveau ou moulinet; car comme cette pêche se fait avec un petit bateau plat et deux ou trois hommes, ils ont besoin de ce secours pour tirer leur filet à bord. Nous avons représenté un bateau en grand f, N°. VI , pour rendre l'ajustement des moulins plus sensible.
Quand les pêcheurs ont vidé leur filet, ils le rejettent à la mer , filant leurs halins et remettant à la voile, ou se servent de rames pour recommencer leur chasse.
Cette pêche se pratique fréquemment dans les étangs de Cette; elle est destructive, à cause de la petitesse des mailles , qui ramassent le frai et toute la menuise.
Le gangui dit badail, ou gangui de la voile, tient encore plus de la drague que tous ceux dont nous avons parlé; car, outre qu'il est fort chargé de plomb, on met à l'entrée de la manche ou nasse une armure de fer , cpii consiste en un demi-cercle qui aboutit à une bande de fer plate, un peu tranchante, et soutenue par une pièce de bois de 4 pouces d'épaisseur. Ainsi, c'est une vraie drague qu'on a nommée ^a/z^Mi, comme on appelle ^aw^«/.<? des huîtres, des oursins, du carambot, etc., des engins , grands destructeurs de poisson, qui sont de vraies dragues, et dont nous parlerons ailleurs.
On a encore donné le nom de ganguis à des filets dormans, lorsqu'on a employé les filets du gangui pour garnir des parcs ou pour iormer des tonnelles. Mais il v a de très-petits ganguis, que quelques
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pêcheurs ont nommés b regins. Us ne sont guère d'usage que clans les marais salés, qui s'étendent depuis Frontionan jusqu'à Aigues-Mortes. Ils ne diffèrent des petits ganguis que parce que le filet est encore plus petit 5 que ses mailles sont extrêmement étroites, et qu'il est fort chargé de plomb. Ainsi, c'est encore un diminutif du gangui, qui est remorqué par un petit bateau plat, qu'on nomme betlc sur cette côte. L'équipage n'est que de trois liommes dans les étangs salés où il y a peu d'eau; ils font en petit la même manœuvre que les pêcheurs au gangui font , soit à la mer , soit dans les étangs où il y a une grande profondeur d'eaxi.
Les pêcheurs ont néanmoins dans leur bette un ■vireveau non-seulement pour tirer à bord leur filet, comme nous l'avons expliqué , mais encore pour le traîner quand le vent leur manque. En ce cas , ils allongent de 60 brasses leurs halins; puis s'étant éloignés du filet de cette quantité , ils s'amarrent sur leur grapin , et tirent à eux le filet au moyen du vireveau. Ces petits ganguis à moulinet, qu'on nomme gang uieis à Narbonne, servent à prendre des anguilles, et ils sont tolérés pendant le carême, quoiqu'ils labourent et endommagent beaucoup les fonds. Cette pêche fait d'autant plus de dommage qu'elle se pratique dans des endroits où il y a moins d'eau.
La pêche qu'on nomme boitez en Catalogne est un très-petit gangui.
De la pêche au gangui , dite du bœuf, des bœufs, ou aux bœufs.
2sous avons déjà dit que deux pêcheurs s'associaient pour faire ensemble leur pêche , prenant chacun un halin et traînant de concert leur tessure chacun par un bout bd^ N°. V^, PL ?>j. C'est peut-être cette petite pêche qui a fait naître l'idée d'une fort grande, qu'on nomme du bœuf o\\ aux bœufs, probablement parce qu'on a comparé les deux bateaux qui traînent de concert un même filet à une paire de bœufs qui sont attelés à une voiture. Quoi qu'il en soit de cette étymologie peu importante, la pêche dont il s'agit se fait avec le filet nommé gangui, qui est formé d'une manche , nasse ou coup ( car ces termes signifient la même chose ) , qui a quelquefois 6 à 7 brasses de longueur de a eji d, N°. VIII, et de deux bandes de filets ou bras, qui ont chacun 8 , 10 et 12 brasses de longueur b c. Ainsi, la tessure a en tout une longueur de 28 à 3o brasses plus au moins, à la volonté des pêcheurs, et 8 brasses de chute. Les mailles du coup ont de 5 k 6 lignes d'ouverture. Au reste , ce filet est semblable au grand gangui que nous avons décrit, excepté qu'il est fait avec du fil un peu plus fort. La première corde qu'on attache au bras du filet est ordinairement à'' herbage ou à^anffe. Mais pour que la pesanteur des halins ne retarde pas la marche du filet, on ajoute à chaque halin 5 pièces de corde de chanvre de 60 brasses chacune, qu'on nomme OTa/Z/e-^. Ainsi, chaque halin a au moins 000 brasses de longueur. On met , outre cela , des flottes sur les halins. ( V. Ja FI. 37, jsr°. Vin. )
On emploie pour cette pêche deux bateaux , qui
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sont quelquefois du port de 8 à 10 tonneaux, et montés chacun par cinq ou six hommes.
Chacun des deux bateaux qui font de concert la pêche du bœuf prend un des halins ; et s'écartant ordinairement l'un de l'autre de 5o à 60 brasses chemin faisant ils jettent à la mer les halins et le filet, qui, moyennant l'éloignement des bateaux, a, à son embouchure, 4i 5 ou 6 brasses d'ouverture comme on le voit iV"". V, b d. Le filet étant tendu les deux bateaux courent à toutes voiles, vent arrière, et tirent le filet avec une rapidité qui équivaut à un fort courant qui s'entonnerait dans le filet. Ce courant porte dans la manche non-seulement tout le poisson qui se trouve sur son chemin mais encore ceux qui sont à quelque distance sur les côtés. S'il en échappe au filet, ils sont tellement épouvantés , qu'ils abandonnent la côte.
Il résulte de cet exposé que la pêche au gangui dite du. bœuf., est la plus préjudiciable de toutes celles qu'on fait à la traîne : d'abord parce que son filet a beaucoup d'étendue j parce que les mailles en sont petites, et qu'il est chargé de beaucoup de plomb ainsi que de cordages, et en outre parce que ce filet traîne avec force et vitesse , drague et bouleverse le fond, arrache les herbes, ne permet à aucun poisson de s'échapper, et endommage beauéoup les bons poissons qui s'entassent dans la manche ; enfin, une troisième raison, c'est que cette pêche se fait toute l'année , en tout temps et à toutes les hauteurs.
Aussi s'aperçoit-on de la rareté du poisson dans les endroits où on pratique cette pêche. Mais comme elle peut se faire avec peu de monde, les arrêts du conseil et déclarations du roi qui l'ont interdite n'ont pu jusqu'à présent empêcher de la pratiquer.
Il y a des pêches au gangui, où l'on ne vient point à terre pour relever 5 on tire le filet à bord ; mais pour lors', il faut de forts équipages.
Réglemens. — V., pour les réglemens sur la pêche au gangui^ l'article Pèche maritime, § 2 et 4, et le Recueil des Réglemens, à la fin de ce Dictionnaire.
GARBATEAU ou GARB07 IN. Noms vulgaires que l'on donne à la Chevanne. V. ce mot.
GARBELLE. Petit vertoulet à mailles très-serlées , dont on se sert dans le Comtat-Venaissin pour prendre des truites.
GARÇON DE BORD. On appelle ainsi un jeune homme qui se loue pour aider à la pêche. Il ne fournit point de filets, et ne partage point dans le profit de la pêche : c'est un grade au-dessus des mousses, qui , étant plus jeunes et moins forts, ont une paie très-faible.
GARÇON DE COUR. Ouvrier qui préside, en l'absence du maitre-saleur , aux salaisons des harengs.
G AB DE-COTE DU CROISIC. C'est un poisson qu'on appelle aussi Coyau. V. ce mot.
GARDE-PÊCHE. V. le mot Pèche dans ce Dictionnaire, et le mot Garde dans le Dictionnaire forestier.
GARDON , cyprinus rutilus. Poisson du genre cyprin, que l'on nomme aussi rosse , cyprin rose , et en Gascogne siège. Ce poisson était connu sous le
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nom à.Q gardon dans le moyen âge. Les anciennes ordonnances en parlent souvent, soit parce qu'elles en proliibent la pêche durant le frai , soit pa qu'elles fixent la longueur qu'il doit avoir pour ê
rce être
vendu dans les marchés.
Description. — Le gardon ( PL <^^fig' 5 ) tient le milieu entre la carpe etla brème; sa longueur commune est de 1 o pouces, rarement d'un pied , et il pèse, lorsqu'il est parvenu à son accroissement , depuis une livre jusqu'à une livre et demie. Il est remarquable par ses nageoires rouges ; il a 12 rayons à celle de l'anus et i3 à la dorsale; le corps large, les écailles amples , le dos bleu et voiité , la tête verdàtre , les côtés argentés et brillans, le ventre blanc ou rou- «leàtre. Ce poisson est fort vif et léger : c'est pourquoi, lorsqu'on parle d'un homme vif et dispos , on dit qu'il est frais et vif comme un gardon.
Habitation. — Ce poisson habite les lacs et les rivières de l'Europe et de l'Asie septentrionale. Il aime les eaux limpides et les fonds sablonneux ; cependant on le trouve en très-grande quantité dans les marais de l'Oder, et même dans les étangs et grandes mares des environs de Paris. Il est assez commun en France, où il est connu principalement sous le nom de gardon, qu'on lui avait donné , parce qu'il vit plus long-temps que beaucoup d'autres poissons dans un vase plein d'eau. Il se trouve aussi dans la mer , et remonte les fleuves pour frayer. On a observé que lorsque les gardons remontent les rivières , ils se suivent par troupes séparées, composées alternativement de mâles et de femelles, et que si l'ordre de leur marche est interrompu par les filets des pêcheurs, ils ne tardent pas à la reprendre. Les individus qui composent ces troupes nagent très-serrés jusqu'à cent et plus de file.
Nourriture. — Le gardon se nourrit de plantes et d'insectes aquatiques.
Propagation. — Il a la vie dure , et multiplie beaucoup : on a compté jusqu'à 85, 000 œufs dans une femelle, il fraie vers le milieu du printemps. On appelle roussaille ou blanchaille les jeunes familles de gardons.
Ennemis. — Comme ce poisson reste ordinairement fort petil , il sert de nourriture aux poissons voraces, tels que le brochet, la perche et l'anguille, et aux oiseaux pêcheurs.
Qualités. — La chair du gardon est blanche et d'assez bon goût, sur-tout si on l'apprête quand le poisson vient de sortir de l'eau , et qu'il a été péché dans une eau vive; mais elle est si garnie d'arêtes fourchues, qu'on le sert rarement sur la table des riches; cependant quand le poisson a un pied de longueur on est moins incommodé par les arêtes. Les gardons que l'on prend dans les étangs ont encore moins de valeur que ceux que l'on pêche dans les rivières.
Pêche du gardon .
Le gardon est vif et méfiant; il donne difficilement dans les pièges du pêcheur, et s'il entend le moindre bruit, il ne quitte pas le fond , ou bien il fuit et ne revient pas de long-temps : il faut donc, pour le prendre à la ligne, de l'adresse, du silence et de la patience.
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1^0. pêche à la ligne se pratique de plusieurs manières et avec différens appâts.
Pêche avec l'épine-vinette. — On commence cette pêche au mois de mai, dès que les cerises et les groseilles rougissent, et l'on prépare ainsi l'appât : on met dans un sac de peau un tiers de vers de viande et deux tiers de son, par exemple, plein une calotte de chapeau de ces vers et deux calottes de son ; on ferme hermétiquement le sac , et on laisse le tout ensemble pendant 10 ou 12 jours, suivant que la température est plus ou moins élevée ; le ver subit une métamorphose et se convertit en nymphe rouge comme une cerise, que les pêcheurs appellent épine-vinette , sans doute à cause de sa ressemblance avec le fruit de cet arbuste. ♦
On se sert de la ligue à gardon ordinaire , garnie d'un hameçon n°, 12, empilé sur une seule racine très-fine; on proportionne la longueur de la ligne à la profondeur de l'eau , mais de manière que l'hameçon tombe à 2 pouces du fond. L'endroit le plus convenable pour pêcher est une eau peu courante , dont le fond soit uni et qui n'ait pas plus de 6 à 8 pieds. Lorsqu'on a trouvé un endroit ainsi disposé, on prépare des pelotes de terre grasse, dans lesquelles on mêle la composition dont nous venons de parler et du crottin de cheval : on ne donne aux pelotes que la consistance nécessaire pour qu'elles puissent descendre au fond de l'eau , où elles doivent se dissoudre. Après y avoir jeté ces pelote.s , on amorce l'hameçon avec une épine-vinette , et l'on pêche dans l'endroit où l'on a fait descendre les amorces de fond. Il faut, au moindre mouvement que l'on remarque à la flotte, piquer vivement le poisson ; car l'amorce , ne tenant pas beaucoup , serait bientôt emportée. On a soin d'amorcer le fond de 2 heures en 2 heures avec les pelotes. Cette pêche doit se faire par un temps calme, parce que le moindre vent, agitant la flotte, et le gardon mordant légèrement, on aurait de la peine à distinguer l'agitation qui serait causée par le vent de celle que pourrait occasionner le poisson. On peut s'amuser à cette pêchependant 2 mois,etlorsqu'on a l'habitude de la pratiquer, on y obtient un succès complet. Pêche avec du blé cuit. — On se sert de la ligne ordinaire, mais on fait usage de l'hameçon n°. 10, parce qu'à cette pêche on prend de gros gardons : on a soin de bien faire cuire le blé , qui doit être d'un beau grain, et l'on y ajoute une poignée de sel pour l'empêcher de s'aigrir. On amorce en mettant à l'hameçon un seul grain de blé , et comme les gardons que l'on prend ainsi sont plus gros que dans la pêche précédente, il faut moins de vivacité pour les piquer.
On amorce le fond en y jetant une poignée de blé lorsqu'on pêche sur un gravier où il n'y a qu'une profondeur de 4 à 5 pieds , et il est avantageux d'amorcer le soir pour le lendemain matin, sur-tout à l'arrière-saison , époque où les rivières sont débarrassées des herbes qui croissent dans le fond. On ne peut, dans les grandes chaleurs, pratiquer cette pêche que le matin. 11 arrive souvent, à celte pêche, de prendre des brèmes : il faut alors se munir d'une ligne composée de neuf crins au lieu de six, et d'un haraeron n". 8.
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Pêche avec des vers de terre. — Pour cette pêche, on se sert des jeux garnis des hameçons n". 8, empilés sur une seule racine , et qu'on amorce avec des vers rouges moyens; on laisse descendre le plomb au fond, et les liameçons suivent le fil de l'eau. Comme toutes les espèces de poissons mordent au ver rouge, on prend avec ces jeux, en novembre , époque où les poissons habitent les fonds, non-seulement des gardons, mais encore des brèmes , des barbillons, des vandoises, et quelquefois des goujons.
Il faut, dans cette j>èche comme dans toutes les autres , observer le plus grand silence.
Pèche avec du pain, — Cette pèche se fait dans les étangs, où l'on pratique d'ailleurs toutes celles dont nous venons de parler. On amorce le fond en y jetant du {>ain mâché, et l'on pèche ensuite dans l'endroit amorcé , après avoir garni les hameçons avec de petites boulettes de mie de pain tendi'e roulée dans les doigts. On prend aussi de cette manière de petites carpes.
Pêche avec des sauterelles vertes. — Cette pêche se fait encore dans les étangs , et on se sert de la I du réservoir 5 ensuite , à 2 toises du piège , on tend
L'endroit où elle est établie doit avoir au moins i5 ou 3o pieds en carré , afin qu'on puisse y étendre en rond un tramail.
Quand l'enceinte est marquée, on prend vingt ou trente fixgots de branchages tortus, longsde 6 ii-j pieds, de la grosseur du corps et liés par les deux extrémités. On en met un certain nombre en rang dans le fond de l'eau, en les éloignant les uns des autres d'environ un pied : on en place d'autres en travers sur les premiers, et on continiie ainsi jusc[ii'àce que ce tas de fagots monte à demi-pied de la surface de l'eau. On charge ensuite de pierres et d'herbes cette fascine pour la tenir en état, et si le courant était trop violent, on l'appuierait de pieux de bois ferrés par un bout. On doit observer que les fagots de ces garennes soient rangés de manière qu'il s'y trouve autant de plein que de vide, afin cjue le poisson puisse s'y retirer. On doit aussi construire le réservoir environ i5 jours avant la pêche, afin d'accoutumer le poisson à cette retraite. Au bout de cet intervalle, on va pêcher aux environs de la garenne, afin d'obliger le poisson à s'y retirer 5 on bat l'eau autour
ligne ordinaire ; on la pratique dans le mois d'août, époque où l'on trouve des sauterelles dans les champs pour amorcer les hameçons. Elle a lieu avant le lever ou après le coucher du soleil : on y prend de gros gardons.
Pêche aux Jilets. — On prend les gardons à tous les filets ; mais on ne fait pas une pêche particulière avec ces instrumens.
On pêche avec un carrelet les petits gardons que l'on destine à amorcer les hameçons employés à la pêche des gros brochets d'étang.
Dispositions réglem en taires .
T L'ordonnance de 1669, tit. XXXI, art. 12, prescrit aux pêcheurs de rejeter dans l'eau les gardons qui ont moins de 5 pouces entre l'œil et la queue, sous peine de 100 fr. d'amende et de con-
flSCâtlOTl •
GARDON-BRÈME. M. Dralet, dans ses Considérations sur les poissons, observe qu'il paraît exister deux espèces de gardons , celle dont nous avons parlé , et une espèce, cjue l'on disiingue sous le nom de gardon-bréme , c{ui devient plus grosse que l'autre , et qu'on nomme ainsi, parce cju'elle a, par sa couleur et sa forme , des rapports avec la brème. C'est sans doute, ajoute-t-il, cette espèce qui se trouve dans la Garonne, où l'on en pêche qui pèsent jusqu'à 3 livres.
GARDl . C'est le nom cp'on donne à la troisième chambre de la Madrague. V. ce mot.
GARE. Nom qui vient de l'ancien mot français garer ^ se conserver , prendre garde à soi. C'est un lieu préparé sur les rivières ou canaux étroits, afin que les bateaux s'y puissent retirer pour laisser passer ceux qu'ils rencontrent, soit en montant, soit en descendant , ou pour se mettre à couvert des glaces et des inondations.
GARENNE A POISSON. C'est une espèce de réservoir qu'on fait dans les rivières ou étangs dont l'eau n'est pas profonde et dont le lit est uni. La garenne se place au milieu de l'eau ou sur le bord.
un tramail bien garni de plomb par le bas et de liège par le haut , de manière qu'on enferme entièrement le réservoir : alors on se sert de crochets pour tirer les fagots hors de l'eau ; on fouille avec une perche au fond de la garenne pendant environ une demi-heure, et on termine cette manœuvre en enlevant le filet où le poisson se trouve renfermé. Comme il y a beaucoup de rapport entre cette pèche et celle du fond, voy. Fond.
GARER. (T. de rivière.^ Garer un bateau , c'est l'amarrer , l'attacher dans une gare : garer un train de bois , c'est le lier.
GARNI ou POCHE. Instrument de pêche dont on se servait en Angoumois et dans la rivière de la Loire, et qui est prohiba par les ordonnances de iSaô, i388, i402, i5i5 et i55o, citées dans Saint- Von , p. 224 , et auxquelles se réfère l'ordonnance de 1 66g, tit. XXXI, art. 10.
GAROU. L'un des noms vulgaires d'un poisson du genre des spares. V. Smaris.
GARRIZO. On donne ce nom , dans le pays vénitien , à un poisson qui se prend avec les sardines au filet appelé traita.
GARN. Mot des langues du Nord , qui signifie filet. Les Norwégiens nomment gam-soëttnïng le filet qui leur sert à prendre des morues.
GARUM. Les anciens Romains donnaient ce nom à une espèce de saumure; on la faisait en pilant des poissons salés ou sèches , et en les laissant exposés à l'air, après les avoir suffisamment imbibés d'eau salée pour qu'il se fit un commencement de décomposition et qu'il se développât de l'ammoniaque : on y joignait du laurier, du thym et autres aromates. Cette liqueur était noire, très-piquante, très-propre à exciter l'appétit , et servait d'assaisonnement aux mets dans les repas de luxe. On l'estimait tant sous les premiers empereurs, qu'elle se payait aussi cher c[ue les parfums les plus précieux : c'étaient principalement l'a/zc/io/*, le maquereau et le smaris qu'on employait à la composition du garum; mais il est probable que la plupart des.